Initiation… seuls au monde

Initiation… seuls au monde

L’avantage d’être en décalage avec les week-ends c’est de profiter d’une montagne bien calme…

Avec Laure, Aurélien, Yohann et Edson, on monte dimanche en croisant les 200 participants au Grand Parcours… Avec le mauvais temps de ce dimanche, c’est un peu la débâcle. Tout ce joyeux monde fuit vers la vallée. Pour nous, il semblerait qu’un petit créneau nous soit annoncé pour le lundi matin donc on monte!

Personne au refuge, c’est la désertification totale. Les 2 gars qui aurait pu partager la nuitée avec nous ne croient pas à une possibilité du matin et préfèrent plier boutique… Personne non plus au refuge des Ecrins. Nous sommes seuls au monde!

Le matin, je me réveille une première fois vers 3h30… C’est bien bouché. Oupss. Réveil une heure plus tard : c’est dégagé, branle bas de combat!

Les averses de la veille ont déposé 10cm vers 3000m, plus au dessus. C’est magnifique… On a juste le créneau pour monter au Pic d’Arsine! Au sommet, la vue se bouche vite. On descend en même temps que le plafond nuageux… Bon timing!

Initiation… improvisation!

Initiation… improvisation!

Que c’est bon d’être dans le secteur du Glacier Blanc, seuls au monde, dans cette ambiance de blancheur immaculée! Et avec bien entendu une météo de rêve comme on avait oublié que ça existait!

Coup de bol donc pour Lionel, Christophe et Benoit… On passe une première soirée intime au refuge du Glacier Blanc en compagnie de Nico et Vincent, 2 sympathiques sudistes, qui se délestent volontiers des kilos de pastis et de cacahuètes qu’ils trimballent…

Pour rallier le refuge des Ecrins, nous gravissons le Pic du Glacier d’Arsine où j’avais fait la trace le week-end précédent… Le pari du sans raquettes est pour l’instant gagné, on perce un peu la croûte par moment mais ça fait! Mon pote Tom et Mélanie sont aussi là (par hasard) et nous font une trace 4 étoiles… Nico et Vincent nous suivent également sur ce sommet. On se retrouve tous les 8 au sommet en même temps, convivial!

Pour rejoindre le refuge du Glacier Blanc, c’est « presque » de la descente… Évidemment la côte de la mort (les 100 mètres de montée sous le refuge), en plein cagnard fait son petit effet sur le groupe… Carbonara, bière et… sieste… c’est aussi ça la montagne!!

L’idée du Dôme des Ecrins qui faisait partie du programme initial, celui qu’on fait tranquillement chez soi, est abandonnée vu les conditions actuelles… Il nous faut faire quelque chose de plus court si on veut pas transformer ces beaux moments en une immonde galère… Roche Faurio bien tracé est une option. Neige Cordier pas tracé en est une autre. Le suspens est maintenu jusqu’au bout, on verra au réveil en fonction du regel.

4h30 du matin. On prend la direction du Col Emile Pic. Ca brasse un peu mais c’est raisonnable. En montant vers l’épaule qui permet d’accéder à la pente du Col Emile Pic, un beau couloir attire immanquablement l’œil. Il file droit vers Roche Emile Pic. Tout le monde est en forme, les conditions sont bonnes, on file la dedans…. Le couloir est magnifique, 250 mètres soutenus à 40-45° avec de courts passages plus raides. On déboule à une brèche au soleil de laquelle un peu de mixte et une courte arête samivélienne nous mène au sommet… Belle improvisation!

Merci à vous trois pour m’avoir fait confiance!

Initiation… place aux piétons!

Initiation… place aux piétons!

Il fallait bien que ça finisse par arriver!Un créneau de beau! Premier we initiation alpinisme qui ne tombe pas à l’eau ou dans les Calanques, ça fait plaisir!

Les premiers chanceux sont Yannick, Morgane, Matthias et Nadine.

La neige est encore présente en grandes quantités là haut et surtout assez bas… On prend donc avec nous des raquettes pour éviter de trop brasser, d’autant plus que les seules traces en présence sont surtout des traces de skieurs.

Pour le premier jour, la montée au refuge du Glacier Blanc nous fait déjà un peu cramponner et plus suer qu’habituellement quand il suffit de marcher tranquillement sur le sentier d’été… Pour l’aprem, on se trouve un petit bout de glace sur le glacier, pas bien large mais suffisant pour voir les bases du cramponnage. Le vent nous congèle un peu mais la montagne est magnifique, comme rarement je l’ai vu à cette période!

Le lendemain on met le cap sur le Pic du Glacier d’Arsine. Il faut un peu faire la trace vu qu’on est les premiers « piétons » mais ça reste très raisonnable. On rejoint l’arête sommitale complètement Samivélienne… De monstrueuses corniches bavent sur le versant Arsine et on ne voit presque pas un seul caillou dépasser… Le sommet est entièrement en neige… Tout le monde est heureux d’être là haut d’autant plus qu’il n’y a pas un souffle d’air et qu’on peut vraiment profiter du sommet…

Descente sans souci jusqu’au refuge, p’tit casse dalle et on file vers la vallée…

Stage initiation alpinisme Ecrins

Stage initiation alpinisme Ecrins

4 journées magnifiques à vivre au rythme des ascensions et des après midi de récup. Le pied!
Par ces temps de canicule, on est pas fâché d’aller trouver un peu de fraîcheur dans les montagnes.

  • Le premier jour, pour l’école de glace et de rocher, nous échappons à la saucée bien orageuse qui s’abattra en fin de journée sur le massif.
  • Le deuxième jour, un rude réveil montagnard à 7h! Nous partons gravir le Pic du Glacier Blanc en faisant un petit crochet par le coeur du Glacier Blanc pour peaufiner les apprentissages en terrain glaciaire. A cette époque de l’année, le Pic du Glacier Blanc par sa voie normale est une course rocheuse facile. Ici, plus que de véritables capacités de grimpeur, ce qui importe c’est d’avoir le pied montagnard. Et mes trois lascars, à ce jeu là ne s’en sortent pas mal du tout! Si ce n’est la crainte du coup de soleil, nous serions tous torses nus pour cette ascension, c’est pas courant fin août à 3500m! Nous gagnons en début d’aprem le refuge des Ecrins. Programme ardu pour cette après midi : collation et bière obligatoire pour tout le monde avant une sieste à rallonge.
  • Troisième jour. Pas de grasse mat’ ce coup là. Pour la Roche Faurio, mieux vaut partir un peu tôt pour profiter des meilleures conditions de neige à la montée comme à la descente d’autant que le coup de chaud des derniers jours a fragilisé certains ponts de neige. Pour mes trois chamois, les difficultés du jour sont une formalité! Nous savourons le plaisir d’être en montagne par une si belle journée. Nouvelle rude après midi à regarder tomber la pluie par la fenêtre du refuge.
  • Last day. Depuis le temps qu’elle nous nargue la grosse bosse blanche, fallait bien qu’on y traîne nos crampons. Bien acclimatés par les journées précédentes, nous monterons à bon rythme jusqu’au Dôme pour un levé de soleil tout là haut. Si c’est pas la classe ça!
Mont Rose

Mont Rose

Le mauvais temps persiste sur le massif du Mont Blanc. Les vents violents associés aux chutes de neige importantes compromettent pendant plusieurs jours l’itinéraire des 3 Monts que nous avions envisagé de parcourir avec Brigitte et Sylvain… Quand je les retrouve dimanche à la terrasse d’un café Chamoniard, accompagné de toute la petite famille, il y a déjà longtemps qu’ils ont tiré un trait sur l’objectif initial…

La mauvaise nouvelle c’est que nous ne ferons pas le Mont Blanc, la bonne c’est que cela nous ouvre une infinité de possibilités pour la suite! D’autant que la météo vire au grand beau dès la fin du lundi…

Sylvain et Brigitte ont pris à coeur leur préparation pour un voyage en altitude. Les 10 jours précédents, ils ont passé plusieurs nuits d’acclimatation dans différents refuges (Robert Blanc, Trient, Téodulo, …) et avalé les dénivelés! C’est donc des compagnons motivés, entraînés et acclimatés que je vais accompagner… Après quelques coups de fil et hésitations sur la suite du programme, je réserve 3 places à Citta di Mantova, un des refuges servant de départ à l’ascension du Mont Rose… Il semblerait même que l’on puisse profiter  d’un court créneau matinal pour monter au refuge avant la drache prévue l’après-midi. Rendez-vous est donc donné le lendemain à Gressonney à 8h30.

Le Mont Rose est plus une constellation de sommités qu’un unique sommet… Le point culminant du massif, troisième sommet des Alpes (après le Mont Blanc et le Mont Blanc de Courmayeur) est la pointe Dufour qui s’atteint (versant italien) par une arête mixte et aérienne requérant une bonne expérience préalable de l’alpinisme… En revanche, de nombreux sommets sont beaucoup plus accessibles comme la pointe Zumstein (4 563 m), la pointe Gniffetti (4 554 m), la pointe Parrot (4 432 m), le Ludwighöhe (4 341 m), le Corno Nero (4 322 m), la Pyramide Vincent (4 215 m) et j’en passe….

Retrouvailles donc à Gressonney sous un soleil radieux… On se laisse tranquillement transporter par les nombreuses remontées mécaniques qui nous mènent de Staffal au Salati sans forcer. Les brumes enveloppent de temps à autre le téléphérique, mais pour l’instant le mauvais temps se tient à distance… nous profitons de ce court sursis météo pour faire une petite école neige et glace sur le glacier qui descend de la pointe Giordani (encore un 4000m!). Les premières gouttes floconneuses nous attrapent à la fin de la montée à Citta di Mantova et nous sommes vers 12h au chaud quand les éléments commencent à se déchaîner… En début de soirée, le ciel se déchire nous offrant un paysage fantastique… il a bien neigé en altitude, le Lyskamm est plâtré… Mais la voie que nous comptons parcourir demain ne présente pas de pentes dangereuses comme au Tacul ou au Maudit. Pas de séracs menaçants non plus. Les vacances quoi!

Départ du refuge vers 5h15, le temps est splendide… Le soleil embrase un à un les sommets des Alpes. La vue est époustouflante sur quasiment l’ensemble des Alpes. C’est le bonheur! Au loin le Mont Blanc qu’aucun de nous ne regrette! Arrivé au Col du Lys, on trouve le soleil et la vue s’élargit encore sur le Valais et l’Oberland… Un vrai festival oculaire!

Les 30 à 40cm de neige qui se sont déposés la veille donnent aux lieux une ambiance bien hivernale surtout quand le vent soulève quelques bourrasques de neige. Mais il ne fait pas froid…

Vers 9h30, après une courte arête bien aérienne, nous foulons la pointe Zumstein… Tout le monde est en forme alors nous enchaînons sur la pointe Gnifetti. Le seul sommet des Alpes où la buvette est au sommet! On ne traîne pas trop là haut car les aller retour de l’hélico qui dépose là haut des donzelles endimanchés contrastent trop avec le rêve que nous sommes en train de vivre…

En « descendant », nous remontons sur la Pointe Parrot, le passage le plus technique du jour. Une pente à 45° suivi d’une longue arête de neige très effilée… Ambiance complètement Samivélienne! Un petit saut à la Ludwighöhe (comment prononcer le nom de ce sommet sans avoir l’air idiot?) viendra conclure ce fantastique voyage sur les hauts sommets des Alpes.

C’était bien plaisant en tous cas de découvrir ces lieux avec vous deux. La bonne humeur et le plaisir sont les carburants du montagnard! Merci de m’avoir fait entièrement confiance pour ce plan improvisé…

Dôme des Ecrins

Dôme des Ecrins

Après les deux journées précédentes, deux cordées sont rodées pour l’autonomie. Jean Marc et Isabelle d’un côté et Augustin et Sylvain de l’autre. Pour ma part je m’encorde avec Gérard…

Bien efficace le matin, nous partons dans les premières cordées…. L’ambiance est parfaite. Le ciel tapissé d’étoiles… Nous attaquons à bon rythme les pentes du Dôme. Tout le monde est en forme pour vivre cette belle journée. Le soleil nous cueille déjà bien haut dans la face. Comment se lasser de ce spectacle?

Un peu avant 7 heures nous foulons tous le sommet. Le vent n’incite pas trop au laisser aller mais la vue est parfaite! Nous trouverons sous la rimaye un petit abri pour déguster tous ensemble une petite rasade de génépi made in Jean Marc. Encore de bons moments partagés là haut!

Ecole de glace et Roche faurio

Ecole de glace et Roche faurio

Quelques photos de 2 journées bien marrantes passées en présence de Augustin, Sylvain, Jean-Marc, Isabelle, Gérard, Pascal, Bruno et Céline sous la houlette de 2 guides au sérieux légendaire j’ai nommé Sylvain et ma pomme… Sans oublier Julien, Steph, Pierre et Maxime qui nous accompagne sur l’école de glace!

La première après midi est dédiée à la découverte du cramponnage sur le Glacier Blanc.
Le lendemain un p’tit tour à la Roche Faurio, première course en autonomie pour certains, première course tout court pour d’autres!

2 pures journées de montagne sous un soleil de folie. Une vraie invitation au plaisir!

Pour une partie du groupe, l’expérience se prolonge demain au Dôme des Ecrins… A suivre

Dôme des Ecrins en 3 jours

Dôme des Ecrins en 3 jours

3 jours de bonheur et de bonne humeur en haute montagne le tout sous une tempête de ciel bleu! Que demander de plus?

Jour 1 : nous sommes 7 à décoller du refuge du Glacier Blanc ce lundi en direction du Glacier Blanc. Un groupe composite avec des provenances et des objectifs différents ce qui n’empêchera pas la mayonnaise de prendre rapidement! L’objectif de cette première journée est de réviser ou d’apprendre les bases du cramponnage… Après quelques torsions chevillesques, tout le monde semble opérationnel pour s’enfoncer plus profondément dans le glacier. Michel, Mathieu et Antoine évolue en autonomie tandis que Daniel, Christine et Jérôme restent sur ma corde. Sortis des 2 longueurs raides, je laisse le soin à la cordée autonome de nous trouver la clé du labyrinthe de glace… On se rend vite compte que le concept de ligne droite est complètement inadaptable à la progression sur un glacier!! A la fin du dédale, nous rejoignons la trace classique de montée au refuge des Ecrins. Arrivée pour l’apéro avec un accueil toujours aussi excellent de l’équipe du refuge des Ecrins.

Jour 2 : première course en montagne pour Daniel, Christine et Jérôme avec qui je m’encorde tandis que Michel, Antoine et Mathieu évolueront en autonomie à nos côtés. Passé la concentration du matin pour descendre la côte de la mort, on peut enfin se laisser vivre sur le grand plat qui conduit vers le fond du Glacier Blanc… Ces moments à cheval entre la nuit et le jour sont toujours magiques! Au pied de la Roche Faurio, le soleil pointe son nez….

Dans la vie tout est question de rythme, alors nous tachons de trouver la bonne cadence pour gravir les 700m de la Roche Faurio tout en ménageant au maximum les organismes… Les conditions sont parfaites : pas de glace, la neige crisse sous les crampons et la températures est idéale. La bonne humeur règne! Bien que vécu collectivement, une ascension est aussi quelque chose de personnel, d’intérieur qui va remuer chez chacun de nous de profonds sentiments. La belle émotion de Christine à l’arrivée sur la crête en sera un magnifique témoignage!

Nous abandonnons Daniel et Christine au pied de l’arête rocheuse où le caractère de la course change radicalement. Pour Antoine et Michel, c’est l’occasion de pratiquer l’assurage en mouvement en exploitant au maximum le terrain pour s’assurer. L’ambiance là haut est prenante, sur le fil de cette arête plein ciel. N’est ce pas Jérôme! De beaux moments encore au sommet, où la joie et la fierté est palpable chez mes compagnons…

Nous attaquons tranquillement la descente. Aujourd’hui, rien ne nous presse! Pas un nuage à l’horizon, la journée parfaite! Un air de liberté souffle dans les montagnes. Une véritable invitation à la flanerie! Un bon gueuleton et une sieste réparatrice viendront conclure en beauté cette journée magnifique.

Jour 3 : tandis que Daniel et Christine se repose au refuge, nous partons avec Jérôme, Mathieu, Antoine et Michel pour le Dôme des Ecrins. La journée démarre par une belle descente au flambeau jusqu’au glacier. Rôdés par la journée d’hier, nous trouvons rapidement la bonne cadence bien régulière dans le premier raidillon. Tout le monde semble en forme! A 6h pétante, le soleil sort son nez et le Dôme devient tout rose! Beaucoup de cordées présentes ce jour iront à la barre et nous nous retrouvons vers 7h30 tranquilles en haut du Dôme. Tout le monde est heureux. Qu’ils sont bons ces instants!

A la descente, nous récupérons Dan et Christine qui ont suivi attentivement toute notre ascension avec la lunette du refuge et nous nous quittons au refuge de Glacier Blanc après quelques bons mots et encore des rires.

L’aventure se prolonge encore demain avec Antoine, Mathieu et Michel.

Jérôme : pleins de bonnes choses pour la suite de tes aventures familiales!

Dan et Christine : promis si je passe à Nancy, je ne manquerais pas de vous appeler! Bonne route vers vos sources!

Dôme des Ecrins

Dôme des Ecrins

Tentative au Dôme des Ecrins avec les « touristes de Lambesc » j’ai nommé Oliv, Seb, Pierrot et Seb, les 4 potes d’enfance. L’ambiance dans l’équipe est pas triste et le courant passe vite! Très vite les vannes, les blagues foireuses et les projets fusent…

L’ascension démarre sous un ciel étoilé de rêve. Le long plat montant est l’occasion de laisser filer tranquillement ses pensées et de se rendormir un peu. Nous attaquons dans les premières cordées le premier raidillon et tout le monde semble bien suivre… A 6h, nous contemplons un levé de soleil dont le Dôme a le secret! L’ascension s’arrêtera vers 3900m, le mal des montagnes ayant eu raison d’un des touristes malgré un beau combat… Belle leçon d’amitié en tous cas les gars pour les encouragements portés à votre pote et pour avoir accepté la décision dans la bonne humeur! Le rêve reste intact…

Rendez-vous au printemps pour quelques courbes pourquoi pas sur le Dôme!

Dôme des Ecrins

Dôme des Ecrins

Je retrouve Patrick, Karrel et André au refuge du Glacier Blanc… Nous partons sur le Glacier pour apprivoiser ces outils étranges sous nos chaussures. Dès lors que l’on fait confiance aux crampons, tout est permis en glace! Nous poussons ensuite l’exploration du Glacier Blanc en passant en plein centre du glacier. On se rend compte que la ligne droite n’existe pas sur un glacier. Au détour d’une crevasse, on tombe vers 2900m sur les restes disloqués de ce qui ressemble à un avion de tourisme. Il est connu qu’en 1964 ou 1965, un pilote de l’Alpe d’Huez s’est crashé (sans conséquence grave pour lui) sur le haut du Glacier, environ 2km plus haut. Enquête à suivre.

L’ascension du Dôme le lendemain se passe comme sur des roulettes. Nous partons dans les premières cordées sous un ciel étoilé d’une grande pureté. La neige croustille sous les crampons, c’est très bon ça! Le levé de soleil nous cueille (nous scotche!) à mi face. Un spectacle incroyable à découvrir (et re-découvrir!)… Même quand on vit régulièrement ces moments, l’émotion est toujours là! Ces instants uniques où le Dôme s’embrase…  Vers 7h, nous arrivons au sommet. L’émotion est palpable, pour tout le monde. La cordée qui nous précède nous laisse vite seuls au sommet où nous restons une petite demi-heure. La vue est dégagée à 360°. Les fonds de vallée envahis par une mer de nuage à perte de vue! Les sommets de Suisse (Mont Rose, Grand Combin, Cervin) sont bien visibles, le Mont Blanc bien sur, toute la Vanoise, le Dévoluy, les Alpes du Sud, le Ventoux… et quelques bourrasques de vent nous emmènerai presque quelques embruns méditerranéens! La vie est belle!

A bientôt tous les 3 et bonne chance pour le Mont-Blanc!

Dôme des Ecrins en 3 jours

Dôme des Ecrins en 3 jours

3 jours de haute montagne avec Pascal, Laurent et Manu dans le cadre du stage Dôme des Ecrins en 3 jours. Premier pas en école de glace pour mes 3 compères.Au programme torsion de chevilles et planté de piolet. Quand la base est maîtrisée, on part pour une petite balade au coeur du Glacier… De quoi se mettre bien dans l’ambiance de ce onde si particulier… Retour à l’écurie (refuge du Glacier Blanc) pile poil pour le repas. Pas mal le timing!

Pour le 2ème jour, nous cheminons dans les dernières bandes de neige du Pic d’arsine. Dans la dernière pente, un court passage en rocher après un raidillon à 40° vient pimenter l’ascension… Le sommet est plus épargné par le vent que nous le pensions. Il ne nous en faut pas plus pour se plonger intensément dans une sieste réparatrice. On se sait jamais de quoi le lendemain sera fait alors il serait dommage de ne pas prolonger ces moments de bonheur et de lâcher prise, loin de tout! Quelques bourrasques finissent quand même par nous chasser… Direction le refuge des Ecrins où nous attend un petit festin avant une bonne après midi de récup’. Prendre le temps en montagne, c’est le luxe ultime! La météo nous annonce du beau temps, ça s’annonce bien.

Départ pour le Dôme. La météo est bien moins bonne que prévue. Pas mal de vent et un fichu nuage collé sur le Dôme. Les rafales nous bousculent un peu et le grésil vient fouetter nos visages. Pas glop. Des conditions pas faciles. Vers 3800m nous faisons demi-tour : un des membres de la cordée est trop fatigué pour continuer. Qui plus est pas de beau panorama a espérer aujourd’hui et ce vent glacial qui commence à refroidir nos extrémités n’est pas une belle invitation. D’un commun accord, nous renonçons. Aucun regret à avoir ce jour vu les conditions. La montagne doit rester du plaisir. Nous garderons ce jour la beauté du levé du soleil dans ce ciel chargé de nuages!

Rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine pour d’autres escapades! A bientôt les gars et merci pour ces 3 sympathiques journées!

Roche Faurio – Voie normale

Roche Faurio – Voie normale

Pour ce quatrième jour de stage, nous gravissons avec Hans et Catherine la voie normale de la Roche Faurio qui se termine par une courte arête rocheuse très aérienne… Hans mène la course dans toute la partie neige. L’occasion d’apprendre à varier la longueur d’encordement en fonction des risques identifiés. Tout un art! Les conditions d’enneigement actuelles permettent de monter directement dans une pente à 40° au lieu de faire le crocher à gauche. Pour la courte arête sommitale, je reprend la tête. Pour le côté pédagogique de la chose, je propose à Hans et Catherine de grimper en crampons sur le rocher, ce qui est fréquent sur les courses mixtes. Ah le doux crissement du crampons sur le caillou! Après 20 minutes de ce petit jeu, nous voilà au sommet de la Roche Faurio dans une ambiance fraîche! On profite quand même bien de ces moments apaisants suspendus au dessus du monde des hommes…

Atelier neige à la descente en redescendant face à la pente s’il vous plaît le raidillon à 40°… Nous sommes de bonne heure au refuge pour la traditionnelle omelette (et bière pour les amateurs). Programme de l’après-midi : farniente de chez niente!  Histoire de mettre de côté toute l’énergie pour la Barre des Ecrins. Allah wak Barre!

Stage Dôme Ecrins en 3 jours

Stage Dôme Ecrins en 3 jours

Nous partons 3 jours, avec Sandra et Julien qui ont quitté les chaleurs oppressantes du sud pour découvrir les belles et fraîches montagnes des Hautes Alpes. Notre objectif est de gravir le Dôme des Ecrins en 3 jours. Pourquoi 3 jours alors que 2 suffisent? Prolonger le temps passé en montagne, répartir les efforts, prendre le temps d’apprendre, apprivoiser le milieu, déconnecter, laisser aux organismes le temps de trouver un nouveau rythme… les raisons sont multiples!

Le premier jour, nous le consacrons à la technique et à la découverte du monde glaciaire… Une école de glace efficace pour Sandra et Julien qui très vite sont à l’aise! On termine l’après-midi par un tour dans le labyrinthe de crevasse dont certaines se cachent encore sous des ponts de neige à la solidité douteuse! Toutes les bases techniques sont acquises pour les jours suivants. On redescend au refuge du Glacier Blanc.

Ce deuxième jour, nous traînons nos crampons du côté du Pic d’Arsine. Les conditions sont excellentes avec un regel dès 2900m. Nous ne quittons quasiment pas la neige jusqu’au sommet. Plutôt que l’aller retour par la voie normale, nous corsons le jeu en empruntant un petit couloir en face est avoisinant les 40°. Arrivée au sommet dans une violente tempête de ciel bleu! Nous passons une heure là haut à se laisser envahir par la beauté des lieux. Qu’ils sont bons ces instants suspendus hors du temps! Arrivée en fin de matinée au refuge des Ecrins où nous n’avons plus qu’ à farnienter jusqu’au lendemain… C’est bon la montagne comme ça!

Dernier jour : nous allons cueuillir le Dôme! Sandra et Ju sont d’une efficacité redoutable le matin et nous nous retrouvons la première cordée sur le Glacier! Le vent qui s’est levé dans la nuit a empếché le regel mais comme la trace est bonne, cela ne gêne pas trop la progression. A bon rythme nous attaquons les pentes du Dôme au petit jour… En quelques jours, la neige a bien fondu et certains ponts de neige deviennent fébriles! Cela ne semble pas trop inquiéter ce gars en solo qui nous suit, rassuré par la présence d’autres cordées. Après quelques explications sur les possibles conséquences d’une chute en crevasse en solo, il finira par sagement faire demi-tour 250m sous le sommet. A cet endroit, un passage de crevasse devient délicat et le pont de neige qui suit ne devrait plus faire très long feu! Nous passons sans encombre le court mur au dessus de la crevasse… Encore un peu d’attention à la rimaye avant la pente sommitale et c’est le sommet que nous sommes la première cordée à fouler ce jour! Le Dôme est empaqueté dans un mauvais nuage qui nous gâche un peu la vue… Quelques petites éclaircies nous laisse quand même bien goûter au plaisir d’être là haut…

A la descente, pour éviter de croiser les autres cordées dans des passages délicats, je décide de tracer la voie « normale » qu’il sera bon d’emprunter maintenant, vu la dégradation des conditions sur la variante directe… on brasse un peu!

Merci à tous les 2 pour ces 3 journées bien paisibles! Et bonne continuation pour tous ces beaux rêves (un peu fous!) qui vous habitent!

Dôme des Ecrins

Dôme des Ecrins

De nouveau au Dôme aujourd’hui avec toujours le même plaisir! Les conditions sont excellentes et la bande de potes que je guide est bien funky! J’ai nommé Gus, Quentin, Romain et Mathieu. Hier nous avons fait une petite école de glace avant de monter au refuge. Ca a permis à tout le monde de bien se caler sur les crampons avant l’ascension…

Pas mal de monde ce dimanche pour le Dôme. L’équipe avance à bon train et on se retrouve dans le wagon de tête dès les premières pentes. Un levé de soleil toujours aussi scotchant nous attrape dans la montée… Sur le coup des 7h c’est la félicitation collective au sommet! Dans la catégorie insolite : Romain nous fait 20 pompes au sommet… Du rarement vu là haut!

La descente à l’image de la montée est menée à bon train et vers 10h30 nous sommes de retour au refuge du Glacier Blanc pour un repos bien mérité.

A bientôt les gars pour concrétiser d’autres rêves d’ascensions!

Stage Dôme des Ecrins en 3 jours

Stage Dôme des Ecrins en 3 jours

Un stage de 3 jours pour aller au Dôme dans un festival de beau temps (presque) et de bonne humeur! Quoi de mieux pour démarrer l’été en beauté?

Premier jour : je retrouve dans la vallée Victoria, Loïc, Floriane et Christophe. En quelques minutes le contact est établi et l’ambiance au beau fixe! Notre objectif pour la première journée est de monter sur le Glacier Blanc pour faire une école de glace. La découverte du milieu glaciaire avec ses armes que sont les crampons est un véritable enchantement pour tout le monde. Le groupe est vite à l’aise avec les techniques de base, on en profite donc pour corser un peu le jeu dans des profils de plus en plus raide! Sous un ciel bien menaçant, nous partons pour un p’tit tour sur le glacier, dans la zone bien crevassée… On expédie ça au triple trôt vue l’ambiance climatique…. finalement nous ne couperons pas à la petite saucée de fin d’après-midi et nous arrivons un poil humide au refuge du Glacier Blanc!

Deuxième jour : grasse matinée jusqu’à 4h! L’objectif du jour est la traversée du Pic d’Arsine. Des pentes de neige au début jusqu’à 40° puis un petit couloir bien esthétique nous mène sur l’arête sommitale. Les conditions de regel sont idéales et la météo parfaite. Grâce à l’école de la veille, l’ascension se déroule à merveille et toute la troupe foule le sommet à 8h15… Malgré son altitude modeste, ce petit sommet offre un panorama de rêve… Nous profitons du reste de la matinée pour faire quelques exercices de chute en neige et de secours en crevasse, sans oublier les longues pauses contemplatives qui sont la base du plaisir en montagne! On gagne le refuge des Ecrins pour un petit grignotage avant une bonne après – midi de farniente mais alors niente du tout!

Troisième jour : aouch! Prends toi un réveil un 2h50! On a beau s’y attendre, c’est pas drôle de se réveiller si tôt! La récompense, c’est pour les yeux la pureté de ce ciel étoilé, pour les oreilles ce silence envoûtant à peine troublé par le crissement des crampons sur la neige durcie par le gel et pour l’esprit ce moment hors du temps, suspendu, loin des affaires du quotidien…. Dans les premières pentes, nous trouvons collectivement le rythme qui convient à tous. Sans à coups. Le soleil vient embraser de ses premiers rayons cette grosse meringue qu’est le Dôme. Un spectacle dont je ne me lasse pas. Quelques dizaine de milliers de battements de coeur plus tard nous arrivons tous au sommet. L’émotion est palpable chez tout le monde… Un grand moment de bonheur que nous faisons durer au maximum!

Remplis de ces belles vibrations nous redescendons comblés vers des terres moins hostiles à l’homme avant de nous quitter au refuge du Glacier Blanc car pour moi le rêve se prolonge en altitude!

Bravo à tous pour ces belles ascensions et surtout merci pour ces 3 belles journées. La bonne humeur du groupe, le partage d’émotion et la profondeur de nos échanges font toute la beauté de ce métier! A bientôt

Mont Blanc – Voie normale

Mont Blanc – Voie normale

C’est avec une bien sympathique troupe de 6 Bordelais et 3 guides que nous prenons aujourd’hui le chemin du Mont Blanc. Les jours précédents, de grandes quantité de neige se sont déposées jusqu’à basse altitude et les prétendants de la veille ont du vraiment s’amuser pour faire la trace qui nous profite bien!

A cause des travaux sur le tramway du Mont Blanc, les moyens mécaniques ne nous transportent pas au dessus de Bellevue soit 600m plus bas qu’en temps « normal », lorsque le TMB va jusqu’au Nid d’Aigle. Du coup, la première étape jusqu’au refuge du Goûter s’arrache au prix de 2000m de déniv’! Une belle mise en jambe qui laisse des traces pour le lendemain! Vers 17h, nous sommes tous autour du Goûter réuni devant un bon apéro. Pour demain, la météo est au beau fixe mais le vent souffle pas mal. Une accalmie serait la bienvenue…

… 1h45 : branle bas de combat au refuge du Goûter. Après une petite nuit mais un bon petit dej’, on se lance vers 3h sur l’arête du Goûter. Le vent a légèrement forci durant la nuit. Certaines bourrasques nous chahutent pas mal et soulève la neige qui nous fouettent le visage et les yeux. Sympa l’ambiance!

Dans la bande, une première cordée fait demi-tour dans la montée vers le Dôme du Goûter. Encordé avec Lionel et Benoit, tout va pas mal. Nous avançons à bon rythme, rattrapant quelques cordées. Peu avant Vallot, on reprend de plein fouet le vent duquel nous étions un peu abrités sous le Dôme du Goûter. L’ambiance se rafraîchit nettement! Nous nous posons quelques minutes à Vallot, à l’abri du vent… Il est 5h15, nous avons bien avancé. Mais le vent m’inquiète un peu. Outre le froid, il faut penser à notre sécurité sur l’arête des Bosses. Je décide de poursuivre jusqu’à la première Bosse et d’aviser là haut. Dans la montée à cette première Bosse, nous sommes très exposés au vent. Au bout de 10 minutes de marche j’échange un regard avec Benoit et Lionel et la décision est vite prise. Le plaisir n’est plus là! Il est hors de question de risquer une gelure pour un sommet fusse-t-il le Mont-Blanc!

Dans les rangs c’est la déception d’autant plus que tout le monde se sentait l’énergie de le faire. Mais très vite ce renoncement est accepté avec philosophie et l’on savoure pleinement ces instants magiques dans la lueur matinale… Nous rejoignons le reste de la troupe au refuge du Goûter.

La descente du Couloir du Goûter mobilisera encore toute notre attention… Sous Tête Rousse, l’ambiance se détend carrément! Nous descendons les névés sur les fesses, chacun avec son style, l’occasion d’un bon moment de rigolade….

Merci à tous pour ces moments sympathiques passés en votre compagnie. pas de sommet certes mais l’essentiel n’est pas forcément là!

Pic d’arsine

Pic d’arsine

Suite du we initiation. Un réveil qui nous arrache à 3h des confortables couettes du refuge du Glacier Blanc. Les efforts sont bravement récompensée par une marche au clair de lune avec quelques brumes qui donnent une ambiance féérique… La magie des ambiances en montagne. Devant et derrière nous, des petites lucioles s’agitent un peu partout. Rapidement, nous chaussons les glacier. Le regel nocturne est excellent, la neige porte… Les crampons crissent agréablement sur la neige durcie. C’est tout bon!

Nous longeons le Glacier blanc jusque vers 2900m où nous prenons au nord les pentes qui se dirigent vers le Pic d’Arsine. Toute la bande est en forme et la progression est rapide. Grâce aux exercices de la veille, cramponner dans ces pentes à 35°max est une formalité! 150m sous le sommet, une pente un peu plus raide clôture l’ascension. Ca se redresse au delà de 40°, tout le monde est concentré. Toute la gestuelle apprise la veille est remise en pratique… Un petit 1/4 d’heure plus tard, tout le monde est sur l’arête sommitale où un sournois vent du nord nous saisit. Le sommet est atteint sans problème aux alentours de 7h! Horaire matinal qui s’explique par la grande forme du groupe et le froid qui ne nous a pas encouragé à de longues pauses… Malgré le froid et la goutte au nez, on profite quand même bien de ces instants au sommet. Une vaste mer de nuage couvre la Vanoise et les Alpes du Nord tandis que certains nuages s’éclatent sur la Meije. Beau spectacle.

Comme il est tôt, nous profitons de la matinée pour réaliser d’autres petits éducatifs au gré du terrain que nous rencontrons. Dans une pente en neige dure, nous voyons les multiples scénarios de chutes possibles et comment les enrayer : tête en bas, tête en haut, sur le ventre, sur le dos, sans le piolet… On se rend vite compte des possibilités et des limites….

En repassant près du glacier, une petite facette de glace de 10m quasi verticale met le groupe en excitation. Et hop! C’est parti pour une bonne séance de cramage de bras histoire que tout le monde ait son compte! Fin de la journée quelques heures plus tard à Ailefroide devant de sérieux remontants houblonnés et une bonne barquette de frite. Que du bon!

Au plaisir de vous revoir!

Pic Arsine

Pic Arsine

Suite du we initiation. Ca rigole moins aujourd’hui : réveil 4h! Nous sommes une petite vingtaine au refuge à partir dans directions différentes et par des moyens de locomotion variés : skieurs, raquettes et piétons… Sur la première partie de l’ascension jusqu’à la jonction avec le glacier blanc, on profite de la bonne trace qui file vers le refuge des Ecrins. Dans notre dos, le Pelvoux s’illumine sous les premiers rayons du soleil… Malheureusement notre route quitte là cette trace bien pratique, et il nous faut à notre tour tracer en direction du Pic d’Arsine. Le regel n’est pas parfait et l’on perce facilement la croûte de neige dure. Grâce à d’anciennes coulées qui ont tassé la neige, nous limitons le brassage, mais sur une centaine de mètres de dénivelé, nous n’y échappons pas! Une bonne dépense d’énergie supplémentaire… Plus haut, le regel est bon et la neige porte. Ouf! Tout se déroule bien et nous avançons à bon train jusqu’au pied de la pente sommitale. Malheureusement pour Marc, la virée s’arrêtera là… Une hanche bien gênante et douloureuse… Sage décision que de s’économiser pour la descente. Avec FX on file au sommet dare dare pour ne pas laisser Marc trop longtemps tout seul. Un vilain nuage nous bouche la vue. Y a des jours, ça ne veut pas! Mais la joie d’être au sommet est quand même là. Nous retrouvons notre 3ème compère et attaquons la descente vers la vallée via le refuge où évidemment nous ne dérogeons pas à la petite pause en terrasse… La pluie se met de la partie et nous chasse de là…
… 2 heures plus tard nous sommes devant une bonne bière et un hamburger sur la terrasse ensoleillée d’un snack!

Merci à tous les 2 pour ce we bien sympathique!

Pic d’Arsine

Pic d’Arsine

Après l’école de glace d’hier, direction aujourd’hui le Pic d’Arsine. Au réveil à 4h30, l’ambiance dehors est sinistre! Le vent souffle fort et fait vivre le refuge! Mais dans l’équipe, le moral est au beau fixe et le nutella coule à flots. Le froid est vif avec le vent mais en marchant on se réchauffe quand même. M’enfin les pauses ne sont jamais bien longues!

On fait quelques variantes à la montée pour s’amuser dans des passages plus raides sur une neige parfaite, bien portante. Avec le froid et le temps dégagé, le regel est excellent. Une dernière pente exige notre concentration avant l’arrivée sur l’arête sommitale bien cornichée. C’est magnifique même si le vent ne nous incite pas trop à lézarder. Toute la Savoie est sous les nuages et nous tranquilles!

On redescend en suivant l’arête, l’occasion de faire quelques passages plus techniques avant de rejoindre le replat où l’espace de quelques instants chacun s’adonne à son activité : sculpture, photographie et … football!

Descente bien peinard jusqu’à Madame Carle en profitant de ces instants privilégiés…

Merci à vous camarades pour ces 2 belles journées!

But au Dôme des Ecrins

But au Dôme des Ecrins

Dôme des Ecrins en 2 jours. Avec Fabien et Pierre, nous gagnons un refuge des Ecrins déserté depuis la fermeture. Loin de la ferveur de l’été où pas loin de 120 personnes s’entassent dans la grosse bicoque, nous sommes une petite dizaine en cette période pré-automnale. Une ambiance bien calme. Nous faisons connaissance devant un petit apéro monté par nos soins.

Dehors, le Dôme joue les timides et se cache dans les nuages. En début de soirée, il se dégage enfin… Depuis les chutes de la semaine dernière, la trace est refaite mais passe, une fois n’est pas coutume en plein sous les séracs! La météo annonce quelques précipitations possibles cette nuit mais lorsque nous nous couchons vers 9h30, le ciel est magnifiquement étoilé!

Vers 1h30, je me lève pour aller me soulager dehors : il neige fort! Déjà 10cm de fraiche se sont posés autour du refuge. Oups!

Réveil 4h : ça s’arrange pas, il tombe une légère bruine! « OK les gars, rendormez-vous, on décale! »

5h : il ne bruine plus, la visi a un peu augmentée. Debout! On espère être dans le créneau des éclaircies annoncées par Météo france

Sur le faux plat du Glacier Blanc, l’ancienne trace est déjà bien recouverte et le plafond nuageux joue avec nous et nous englobe à plusieurs reprises… La visibilité devient quasi nulle, il faut sortir le radar!!

Nous arrivons finalement au niveau de la coulée des séracs. Je retrouve l’ancienne trace mais préfère ne pas la suivre et pour cause! Elle passe en plein dans l’axe des séracs! Nous contournons plus sagement la coulée par sa rive droite, ce qui permet de s’exposer  nettement moins… Au pied de la face, les cumuls de neige sont plus importants… En l’absence de traces, on s’enfonce parfois jusqu’au dessus du genoux… La couche de cette nuit atteint 20cm mais on brasse aussi dans l’ancienne partiellement transformée… On rejoint plus haut la trace qui coupe sous les séracs… On brasse un peu moins mais la trace est raide et pas toujours évidente à suivre surtout quand la visibilité se réduit à 2 mètres.

Plusieurs choses m’inquiètent : vers 3500m nous arrivons dans une zone assez crevassée et rien n’est visible… La neige récente masque les crevasses mais ne les bouche pas : terrain miné donc! Deuxième chose : les sections où l’on brasse jusqu’au genoux voir à mi-cuisses deviennent de plus en plus fréquentes… la neige tombée la semaine dernière est tombée avec de très forts vents et a très peu transformé. La couche de cette nuit tombée sans vent est venue la surcharger… Vue les accumulations, dans les pentes les plus raides de notre itinéraire, le risque d’avalanche est très loin d’être négligeable!! Troisième chose : du fait des conditions, nous sommes lents. Si ça continue il nous faudra encore 3h pour faire les 500 derniers mètres et il est déjà 9h… et mes compagnons ont déjà laché pas mal d’énergie dans les premiers 500m… Dernière petite chose, accessoire : vue la visibilité, il y a t’-il un quelconque intérêt à monter là haut?

Au vue de cet ensemble d’observations, je prends la décision de faire demi-tour à 3500m. C’est toujours décevant d’arriver là, de sentir le sommet à portée de main et de poumons. Mais comme dirait l’autre : « Si tu ne renonces jamais à rien, tu ne vieilliras pas, c’est certain!« 

En redescendant sur le Glacier Blanc, on se retourne souvent pour regarder le Dôme qui reste caché dans son nuage… vers 12h une belle éclaircie puis la mélasse revient..

Nous mettons à profit l’énergie économisée à ne pas monter le Dôme en nous lançant dans une descente effrénée vers le Pré de Madame Carle… Là, même si le sommet n’a pas été atteint, nous ne manquons pas de prétextes pour s’envoyer tartes aux myrtilles et demi au refuge de Cézanne! Puis je laisse Pierre et Fabien à leur long retour vers Paris.

Grande Ruine – Voie Normale

Grande Ruine – Voie Normale

Avec la frangine une bien sympathique sortie à la Grande Ruine dans une ambiance seuls au monde…

La veille, nous sommes accompagnés par le fan club de Coline (Lou et Tibo) jusqu’aux sources de la Romanche. Ensuite nous ne verrons plus âme qui vivote jusqu’au lendemain aux même sources… La longue montée jusqu’à Adèle Planchard est tranquillement avalée dans une ambiance méditative! « J’avais même oublié que je marchais! » me confie la sister. On arrive sur le coup des 19h au refuge désert juste pour l’apéro! Malheureusement, le dit apéro finira par terre par ma grande maladresse! Aïe! Tant pis, on se contentera du sandwich en contemplant la Barre des Ecrins éclairée par les dernières lueurs du jour… 2oh30 : au pieu!

Mise en route bien matinale à 4h car on veut s’offrir le levé de soleil la haut… Nous remontons le glacier au milieu des crevasses bien visibles. Une grosse mémère nous barre le passage vers 3500m. Heureusement un pont de glace permet de la franchir mais cette vilaine est bien impressionnante! Au dessus, plus de difficultés, on remonte quelques pentes de neige tranquilles puis les faciles rochers qui mènent au sommet. Il est un peu moins de 7h, on a même un quart d’heure d’avance sur le levé. Il fait bon, pas trop de vent. C’est un grand bonheur de partager ce petit instant familial tout là haut! Puis le soleil nous fait son show. Quel sens du spectacle! On en prend plein les mirettes. 7h30 : on finit quand même par cailler un peu à force de pas bouger! On se met en route pour la très longue descente… Sur le glacier nous sommes progressivement inondés par la lumière et la chaleur du soleil. On repasse la grosse mémère, toujours aussi vilaine puis on quitte le glacier et on se met en tenue de combat pour la descente….

… 12h30 : on jette les sacs dans la bagnole, bien fatigués mais heureux de ce beau moment de montagne! J’te kiffe soeurette!

Dôme des Ecrins – A la Milanaise!

Dôme des Ecrins – A la Milanaise!

Dôme des Ecrins en 2 jours. C’est en bande organisée que nous opérons un véritable hold-up sur le Dôme des Ecrins! Nous sommes 9 sur ce gros coup : 4 Milanais (Franck, Alex, Manu et Aymeric), deux Parisiens (Tom et Cyril), une Briançonnaise (Vanessa, ouf un peu de féminité dans ce monde de brute) et les deux cerveaux de la bande de provenance inconnue bien que douteuse.

Premier jour : apprentissage du maniement des armes. Dans un lieu isolé des regards, l’équipe s’entraine dur. Environnement hostile, techniques subtiles… rien n’est laissé au hasard. Après ce petit galop d’essai, nous remontons en catimini le long du Glacier Blanc jusqu’au refuge des Ecrins où nous attends Jeannot notre contact pour le Dôme… Au refuge, nous sommes nombreux mais nous nous fondons dans la masse… Personne ne doit connaitre notre projet… L’équipe se couche tôt à l’exception des deux cerveaux qui en profitent pour infiltrer le staff du refuge à coup de grappa…

Deuxième jour : branle bas de combat à 3h30…. caramba! nous ne sommes pas seuls sur le coup semble-t-il. Une véritable descente aux flambeaux est improvisée dans la Côte de la Mort sous le refuge. Beau spectacle. Nous laissons filer le gros des prétendants, c’est notre tactique… La lune nous accompagne jusqu’au pied des séracs où elle est relayée par les premières lueurs du jour… Quelques signes de fatigue dans la première côte mais la force du groupe porte tout le monde… Les deux cerveaux, plus opérationnels que jamais maintiennent le sérieux et la rigueur nécessaire à l’opération. Pas question de rigoler, l’affaire est sérieuse. Et finalement, à force de, nous réalisons un beau petit hold-up : se retrouver entre nous au sommet du Dôme alors que 80 personnes aujourd’hui ont foulé le sommet! Enfin entre nous : presque! Deux gars de la Chartreuse font de la résistance… et nous offrirons une tournée générale de ce délicieux nectar moinesque produit par chez eux… Bon moment de rigolade collectif! Mais cela ne peut durer : nous devons filer avant d’être attrapés… […] Quelques poignées d’heures plus tard, notre gang est réuni autour d’une bonne tablée où la bière et les magnums coulent à flot…

Bravo à tous, l’affaire a été rondement menée dans la rigueur, l’austérite et la discipline nécessaire au bon fonctionnement d’une  telle opération!! Au plaisir de vous revoir!

Dôme des Ecrins

Dôme des Ecrins

Dôme des Ecrins en 2 jours. Après la bonne relâche d’hier après midi sur la terrasse du refuge des Ecrins, la journée attaque sous un angle nettement moins vacancier qu’hier. j’en veux pour preuve l’heure de réveil : 3h15. Mais bon sang on a pas idée de se lever si tôt? Dans l’agitation matinale du refuge il n’est pas toujours facile de s’organiser et de retrouver ses affaires… C’est là qu’on est content de s’être un minimum préparés la veille! Passée la descente de la Côte de la mort, on peut chausser les crampons et reprendre jusqu’au pied du Dôme une paisible somnolence sous un plafond étoilé de toute beauté. Nous laissons passer une cordée d’italiens bien trop bavarde à notre goût… Aux résultats du Championnat de foot italien nous préférons, c’est curieux, notre silencieuse méditation! Nous parvenons au bout du faux plat où débute la véritable montée au Dôme. Nous profitons de la sécurité de l’endroit pour nous ravitailler. Malgré les préconisations de Jeannot le gardien du refuge des Ecrins, plusieurs cordées filent droit dans la chute de séracs et certaines y font même leur pause. No fear.

Pour notre part, nous contournons au plus bas et le plus à gauche possible ce monstre de glace. La trace est du coup bien raide mais  nous expose beaucoup moins aux chutes potentielles de séracs. Nous avançons d’un rythme régulier vers le replat au milieu de la face où nous sommes accueillis par les premières lueurs matinales. Tout au long de notre montée, le soleil levant joue avec la crête de Barre Noire et tantôt apparaît, tantôt se cache… C’est ainsi à trois levés de soleil que nous assistons!

Au dessus du replat, l’altitude devient palpable, le souffle se fait plus court, les pauses plus fréquentes… Enfin la grande traversée sous la Barre des Ecrins et l’on attaque le dernier raidillon où l’on passe la barre des 4000m. Ensuite c’est comme dans un rêve, l’arrivée au Dôme est féerique, tout en rondeur complètement Samivéliennes. Nous nous embrassons. La belle émotion de mes compagnons fait vraiment plaisir à voir. Bravo à tous les trois!

Les conditions météo sont excellentes aujourd’hui et l’on peut prolonger ces instants de bonheur à souhait sans fuir immédiatement vers le bas. L’occasion de faire connaissance avec nos voisins de cordée à la répartie un peu brutale! Bref… Si certains sont convaincus que la montagne est à tout le monde d’autres ressentent avec peut être un peu plus d’humilité qu’elle n’est à personne!

Nous filons ensuite dans la longue descente. Comme le plongeur qui revient des abysses, nous faisons plusieurs paliers…

… avant de refaire surface au Pré de madame Carle à la terrasse du refuge Cézanne. Le temps de quelques rafraîchissements, encore ivres de toutes ces sensations et ses images que nous ramenons de là haut puis nous nous séparons là où nous nous étions trouvés quelques jours plus tôt à Ailefroide. Merci à vous deux Valérie et Fred. Cette petite semaine en votre compagnie était un vrai plaisir… Isabelle, j’espère t’avoir apporté ce que tu attendais pour évoluer dans ta pratique. Merci de m’avoir fait confiance!

Mont Blanc par les Trois Monts

Mont Blanc par les Trois Monts

Fin de notre périple. Préparés techniquement, acclimatés, entrainés aux nuits les plus extrêmes en refuge mes deux guerriers trépignent d’impatience! Nous joignons samedi le refuge des Cosmiques par la très aérienne arête de l’Aiguille du Midi où les deux compères feront encore preuve d’un mental à tout épreuve! Etonnament, le refuge est « relativement » désert… Demain nous sommes trente prétendants au sommet. La plupart se lèvent à 1h…. Nous optons de notre côté pour une bonne grasse matinée avec un levé à 3h. Epaule du Tacul, Rimaye du Maudit, mes deux challengers avalent les difficultés sans broncher! A 9h30, malgré une crevaison dans le mur de Côte, c’est l’apothéose, nous foulons le dôme sommital du Mont Blanc dans une tempête de ciel bleu.

Récit de Denis

Le samedi matin, je me lève serein. Nous avons dormi chez mes parents, dans la vallée de l’Arve, à 50 km de Chamonix. C’est ma première bonne nuit depuis 3 jours… Le coup de téléphone de Nico vient briser le charme : « C’est tout bon Denis. Préparez vos sacs. On monte au Cosmiques cet après-midi. On va tenter l’ascension cette nuit. Rendez-vous 14h au Montenvers».

Nous sommes presque pris de court. « Je m’étais fait à l’idée d’une journée off, se lamente Ludo. Dis, c’est vraiment dur cette arête à l’Aiguille du Midi ? » Je lève les yeux au ciel. Je suis dans la même galère… Nico nous retrouve au parking du Montenvers, tous les deux tendus comme des arbalètes !

16h30, nous arrivons en haut de l’Aiguille (3842m) par le téléphérique. C’est l’heure des braves! Guidé par les consignes de Nico placé derrière nous, je m’élance en tête, pas après pas sur le passage tant redouté. Curieusement, je ne tremble pas. Je suis concentré à l‘extrême. Mes gestes sont sûrs, calculés, mesurés. J’essaie de me raisonner : « Imagines que tu marches sur un sentier étroit dans la forêt. Tu ne vas pas tomber ? Et bien là, c’est pareil. Allez, gentiment Denis, un pas devant l’autre, sans se brusquer. Voilà ». Derrière, Ludo se polarise sur mes 2 chaussures et fait les mêmes pas, sans regarder le vide. Il pense que j’assure comme un chamois. En fait, je n’en mène vraiment pas large. Pour la 2ème fois depuis la Roche Faurio, je lutte vraiment contre ma peur. Pendant ce temps là, Nico nous lance quelques encouragements et sifflote pour détendre l’atmosphère… Après 2-3 minutes de tension, nous pouvons enfin souffler sur une plate forme plus large. Ouf, l’arête est passée, on se détend ! Le refuge des Cosmiques est situé à quelques pas (3613m). Nous pensons que le plus dur est fait. Heureux les simples d’esprit ! Il nous reste quand même 1500m de dénivelé et quelques km pour fouler le toit de l’Europe !

L’accueil au refuge des Cosmiques nous fait regretter notre Jeannot des Ecrins. On s’y était fait à notre petite messe du soir. Ici, nos hôtes semblent assez indifférents à notre devenir d’alpiniste. Par contre, le bâtiment peut être classé dans la catégorie 3 ***. Les dortoirs sont spacieux, le local matos est chauffé et éclairé et il y a même des toilettes et des urinoirs avec eau courante. Que de luxe !

Tout doucement, la tension du lendemain monte… Nous passons notre temps à rigoler. Ici pas un bouquin sur la montagne, étonnant mais en fouinant, je trouve un livre sur le « Mont-Saxonnez », mythe de mon enfance. C’est un village situé sur les hauteurs de la basse vallée de l’Arve prêt duquel j’ai grandi. Ce gros bouquin avec des milliers de photos est une bible. Tout y est. L’auteur est même allé jusqu’à photographier tous les habitants du bourg et des hameaux pour être certain de la vendre. Sur les photos, je vais chercher longtemps sans la trouver « la Marie-Cécile Gros-Gaudenier », championne de ski oubliée de tous, réputée dans les années 80 pour ses descentes rapides, sa petite taille et ses grosses cuisses. Les 2 autres tentent de repérer des jolies filles sur les clichés. Peine perdue, il n’y en a pas en Haute-Savoie ! Ou alors, elles sont tellement mal habillées qu’elles se perdent dans le paysage.

Toutes les pages du beau livre me rappellent mon enfance en Haute-Savoie. La chasse, la pêche, la tradition… Nous parlons aussi politique, culture, gastronomie, société, sport. Le détail de nos conversations restera secret mais d’un grand niveau intellectuel surtout à cette altitude…

Dehors, le brouillard s’est installé et nous ne verrons pas « le splendide coucher de soleil depuis le Refuge des Cosmiques » vanté dans tous les guides. Pire, il neige. Tout cela est inquiétant pour demain. Notre voie envisagée dite des 3 Monts (Mont Blanc du Tacul, Mont Maudit, Mont Blanc) a été tracée aujourd’hui en partie pour la première fois depuis 15 jours. 30 personnes ont le même objectif que nous pour demain. Nico semble réfléchir à la meilleure tactique pour réussir le sommet. « Bon les gars, à mon avis c’est pas la peine de partir à 1h du mat’ avec tout le monde. On est acclimatés, au lieu de prendre le petit déj à une heure, nous allons faire la grasse mat’ jusqu’à 3 heures. On sera plus cool au départ et on profitera de la trace. ». Ouaah, quel plan diabolique ! Trop fort notre guide !

La nuit sera de toute façon très courte. Entre la pression qui monte, l’altitude et les ronflements, il est impossible de bien dormir dans un refuge. C’est comme la dernière nuit d’un condamné à mort. Il y a toutes sortes d’images négatives qui viennent se bousculer dans nos cerveaux. J’essaie de me relaxer en m’essayant à la sophrologie: « Allez Denis, ne pense plus à rien. Ton corps pèse une tonne et s’enfonce dans le matelas. Tu es lourd et ton cerveau est léger. Tu peux te… « Hey Denis, réveille toi, c’est l’heure. Il est 2h45 »

C’est l’heure des braves. Nous parlons peu, tendus vers l’objectif. En 40min, nous sommes dehors, sous les étoiles. Il ne neige plus et la nuit est magnifique. En levant la tête, nous voyons tout en haut de l’épaule du Mont Blanc du Tacul (4028m), les premières cordées parties 2 heures avant nous. Les lampes frontales se mélangent avec la voie lactée. Tout semble irréel, comme en apesanteur. « Regardez les gars, les premières cordées passent l’épaule du Tacul. Le temps est avec nous. Je crois qu’on peut enlever une couche, il fait doux. Allez en route, on essaye de se caler au bon rythme » commande Nico.

En haute montagne, le rythme est important. Ne pas donner donner d’à-coups, avancer régulièrement sans être asphyxié, faire les pauses aux bons endroits et au bon moment…. Tout ça permet de bien gérer son effort. L’idéal en arrivant pas trop tard au sommet est de profiter des meilleures conditions de neige à la descente, avant que tout ça ne chauffe trop. Je demande à Nico à quel heure nous serons au sommet : « Quand tout roule bien avec des gars acclimatés, on compte environ 2h par sommet. Nous pouvons être au Mont Blanc à 9h30. Avec des artistes comme vous je me fais pas trop de souci!»

Après 15 minutes de marche facile en direction du col du Midi (3532m), je trouve son optimisme un peu exagéré : alors que nous abordons les premières pentes du Tacul, une guide chamoniarde toute blonde et ses deux clients germaniques nous déposent sur place. Nous nous écartons de la trace pour mieux les laisser passer. Quels athlètes ! Quelle rapidité ! La bourrasque d’air qu’iles déplacent manquent de nous renverser ! Voilà qui nous remet à notre place.

Hors, cinq minutes plus tard, nous les rattrapons sans changer d’allure, du célèbre pas du montagnard, régulier comme de l’horlogerie suisse. Les deux germains sont asphixiés, suants et les yeux exorbités par cette accélération bien matinale. Nous ne les reverrons pas : « Etrange tactique! nous concède Nico plus tard ».

Dans les premiers 100m, Nico nous fait part de son analyse sur les conditions de neige. « La neige porte bien, pas d’accumulations, c’est bon pour nous ça, on continue! »

La pente est soutenue. Pour moi, la forme est là. Plusieurs fois, je me fais cette réflexion : « Putain, c’est dingue. J’ai l’impression de ne faire aucun effort. Mes jambes pèsent une plume et je n’ai aucun problème pour respirer à cette altitude. C’est bon ça, je dois être acclimaté! » Mais je n’en dis rien à mes collègues devant. Je crains que cela me porte la poisse. Superstition quand tu nous tiens.

Nous ne parlons quasiment pas. Chacun est dans son monde. De toute façon, il faudrait crier pour dire quelque chose aux camarades. Comme nous cheminons sur un glacier, il y a de nombreuses crevasses heureusement bien bouchées par la neige, du coup, nous sommes encordés pour la sécurité à environ 10 mètres les uns des autres.

Un peu avant l’Epaule du Tacul, sur un pont de neige et sous un sérac, des alpinistes ont dressé leur tente pour un bivouac joueur à 4100 m d’altitude. Drôle d’endroit pour faire du camping. « Hello ! » nous lance un gars qui sort de la tente. Il y en a qui ne tiennent pas à la vie…. « Heureusement la plupart du temps la montagne est clémente » commente Nico.

L’épaule du Tacul est atteinte en 1h30. Courte pause. Les premières lueurs du jour embrasent le ciel à l’est. Je me retourne et je perçois encore dans la pénombre en contrebas les lueurs de Chamonix. Nous croisons sans dire mot une cordée qui descend. Qui sont-ils ? Pourquoi abandonnent-ils ? Nous ne le saurons pas.

« Et d’un ! » me dis-je intérieurement en grimpant les derniers mètres du Tacul. De l’autre côté, nous apercevons le Mont Maudit (4465m), notre prochain objectif. Les premières cordées passent la rimaye du Maudit, d’autres sont dans les pentes en dessous et semble littéralement scotchées sur la pente.

Vers 6h00, les premières lueurs du jour nous sortent de la torpeur. Le spectacle est magnifique. C’est un vrai festival de couleurs du bleu au rose, qui colore la neige. Les premiers rayons du soleil, d’une froide tiédeur nous lèchent le visage dans chaque lacet du Maudit. Quel ravissant spectacle pour les yeux! Dans la vallée de Chamonix, 3400m plus bas, il y a du brouillard. « Encore une mauvaise journée en montagne » doivent se dire les touristes en levant les yeux. Encore une fois, nous avons de la chance avec la météo. Pas le moindre nuage à l’horizon!

«Regardez là bas, c’est le Mont Rose et le Cervin en Suisse. » nous montre du bout de son piolet Nicolas. « Ouais bof, je lui réponds, jette plutôt un coup d’œil de l’autre côté, il y a les Aravis, le Jalouvre, Mont Saxonnez et sa majesté Môle ». Ces montagnes sont inconnues mais elles ont rythmé mon enfance dans la vallée de l’Arve. Ce sont des sommets modestes de 2000m à 2500m, des géants quand j’étais petit, des nains vus d’ici. Nous rencontrons deux autres cordées qui rebroussent chemin. « Nous avons le mal des montagnes » nous apprennent ces italiens rencontrés hier au Cosmiques.

Au bout d’une heure trente sans difficulté, nous atteignons enfin le passage délicat du Maudit. Sur 100 m, la pente se dresse jusqu’à 50° degrés. Il faut l’attaquer de face, planter le piolet dans la neige sans faiblir et enfoncer les crampons par les pointes de devant. Nous sommes presque à la verticale, debout sur nos jambes. J’entends parler de ce passage depuis une bonne décennie. Stéphane, mon petit frère, est passé par là et m’a souvent fait peur avec cet endroit. Aujourd’hui, les conditions sont vraiment bonnes : la pente est entièrement en neige, une neige qui porte bien et il n’y a pas de glace qui affleure. Étonnamment, je ne tremble pas. Au contraire, j’adore cet effort où il faut être concentré à l’extrême. Il y a 1000m de vide au dessous. Je crois bien que je suis fait pour ce genre d’effort.

« Et de deux ». Arrivés en haut, nous doublons un groupe de 10 russes. Droit devant nous, enfin, le Mont Blanc. Il paraît si proche vue d’ici mais, vue l’altitude, il nous reste le plus dur à parcourir. Nous descendons vers le col de la Brenva (4303m) avant d’attaquer le redoutable Mur de la Côte ou les prétendants au Mont Blanc payent cash les efforts consentis dans les bosses précédentes et le manque d’acclimatation. Que de larmes ont du être versées dans ces 500 derniers mètres ! En jetant un oeil sur le Mont Blanc, il n’y a aucune trace qui arrive au sommet. Trois cordées partis ce matin au premier réveil sont juste devant nous en train de lutter dans le Mur de Côte. Les autres, sont derrières nous ou on renoncé. On va être tranquille là-haut. On parle souvent du Mont-Blanc comme d’une autoroute. De notre côté aujourd’hui c’est plutôt route de campagne. Certes, sur l’autre voie à droite, celle du Goûter, la plus courue, il semble y avoir un peu de monde. Mais cela reste raisonnable.

Dans le Mur de la Côte, mon Ludo donne quelques signes de fatigue. « Les gars, un peu moins vite, je commence à être sec. J’ai faim aussi » annonce t-il. Nous nous arrêtons plusieurs fois mais le rythme est toujours bon. Nous dépassons 3 autres cordées et il n’y a, désormais, plus personne devant nous. « Je savais bien que j’avais à faire à des challengers » dit Nico en rigolant pour encourager Ludo. Le Sétois est courageux mais son souffle est de plus en plus court. « C’est tout a fait normal, le rassure Nicolas, nous sommes quand même presque à 5000m. Allez plus que 200 m et nous sommes en haut. On y va tout doux ». Ces derniers mètres de dénivelé seront terribles!

Comme je suis placé dernier de cordée, derrière Ludo, je bute sans cesse sur ses pas moins rapides ou lorsqu’il s’arrête. Même si cela casse le rythme, j’apprécie de plus en plus les arrêts à chaque virage. A 100 m du sommet, je commence à avoir mal à la tête. Cela ne me quittera pas avant quatre bonnes heures !

9H40, « et de trois ! ». Nico filme notre arrivée en haut du toit de l’Europe. Nous sommes au ralenti sur les derniers mètres, tous nos pas semblent comptés et nous évoluons comme dans du coton. « A cette altitude, non acclimaté nous perdons 30% de nos capacités physiques et intellectuelles. A cause du manque d’oxygène, notre cerveau est mal irrigué, tout comme nos muscles ». A la réflexion, ce n’est pas désagréable. Rien ne semble réel. Il manque simplement des bouts de je ne sais quoi. C’est probablement cela qui explique la qualité déplorable de la vidéo enregistrée par l’appareil de Nico.

L’arrivée au sommet du Mont Blanc est un soulagement. C’est presque aussi un peu décevant. Tout est minuscule autour. D’ici, l’Aiguille du Midi ne ressemble pas à une aiguille mais à un aimable et petit rocher. Le Mont Blanc écrase tout et c’est finalement assez triste de voir… qu’il n’y a rien au dessus! Forcement, il n’y a pas de vue sur… le Mont Blanc et il n’y a plus de repères au loin si ce n’est une mer de nuages, à l’infini. Bon, je suis un peu rabat joie, cela reste très beau et unique!

Nous méritons une bonne halte sur le belvédère du sommet, assez large pour être totalement en sécurité. Nous cassons la croute et profitons du paysage malgré un petit vent de 20 km/h. Cela n’a l’air de rien, mais à cette altitude et même avec une température légèrement en dessous de zéro, nous nous refroidissons assez vite. J’ai déjà atteint les 4810 m en 2004 lors d’un reportage télé et j’avais ressenti la même envie de repartir rapidement. Les hélicoptères de touristes tournoient au dessus de notre tête en nous faisant coucou ce qui a le don d’énerver Nico, notre bon samaritain. Triste spectacle typiquement Chamoniard. C’est vrai, y’a plus de respect ma pauvre dame. Nous sommes des summiters nom de nom, pas des singes à qui on balance des cacahouètes !

Au sommet, Nico nous expose les deux options que nous avons pour descendre. Soit demi-tour et redescente par la même voie, soit on redescend par la voie normale ce qui nous permet de faire une jolie boucle. Il nous prévient que cette option est quand même plus longue que l’aller retour et qu’il va falloir passer par le couloir du Goûter dans lequel il sait que j’ai vécu l’an passé une expérience traumatisante.

Lors d’un autre reportage, en s’écartant légèrement du chemin, un alpiniste danois a dévissé juste devant moi dans cette caillasse pourrie. Une chute mortelle de 50m. J’ai été traumatisé par cette mort en direct. Le souvenir de ce corps désarticulé qui bascule dans le vide me hante toujours. L’homme était fatigué par l’ascension et redescendait au moment de glisser. L’accident s’était déroulé au ralenti sous nos yeux sans que l’on puisse tenter quelque chose. Ce qui me frappe le plus avec le recul, c’est l’absence de son au moment de la glissade. Le gars n’a rien dit, pas un cri, rien. En revanche, le guide m’accompagnant avait fondu en larme en criant : « ce n’est pas possible, non, ce n’est pas possible, arrêtez vous, arrêtez …». Tout cela me revient en mémoire. C’est douloureux. Vraiment, l’endroit ne me plait pas du tout. Il sent la faucheuse à plein nez.

Bon, il faut maintenant redescendre le Mont Blanc. Nico nous prévient : « Quand on atteint un sommet, nous ne sommes qu’à la moitié du chemin et ce qui nous reste est parfois plus compliqué avec la fatigue. Le sommet est atteint mais la course se finit au bistrot dans la vallée. Restez bien concentré pour la descente » Dans mes souvenirs, le début est très facile. Comme je suis premier de cordée dans le sens de la descente, je m’élance d’un bon pas quand tout à coup, je fais un refus, comme un cheval devant un obstacle trop grand. « Euh, non, là, je ne le sens pas tout. Je ne veux pas passer par là, c’est trop dangereux ». Droit sous mes pieds, l’arête des bosses. D’un côté, à gauche, l’Italie et 2000m de gaz, de l’autre les pentes raides vers les séracs des grands Mulets.

Subitement, avec la fatigue accumulée, le mal de tête et un début de vertige, je ne me vois pas, mais alors pas du tout, avancer debout sur cette corniche étroite qui serpente au dessus du vide sur plusieurs dizaines de mètres. Nico me rassure : « Allez Denis, ne t’inquiètes pas, c’est moins dur qu’à l’Aiguille et ça se calme vite. Vas-y tranquille et assure chaque pas. Vous êtes bien assurés. » Comme Ludo, derrière, a l’air placide, je me lance, en marchant comme un petit vieux sur l’arête. Certes, ça passe mais ce n’est pas mon truc. Mais effectivement, c’est pas long…

Très rapidement, nous dépassons le refuge Vallot (4382m, l’œuvre de Joseph Vallot, un savant héraultais du XIXème siècle), puis le Dôme du Gouter pour arriver vers le refuge éponyme. Nous sommes fourbus et nous n’avons plus rien à boire. Nico veut aller nous acheter des cocas : «Ouais, ben, on va attendre d’aller au refuge de Tête Rousse plus bas car ici, c’est du vol, le coca est à 5 euros et de toute façon les gardiens ne sont pas là!»

La descente des 700m de dénivelé dans l’aiguille du Goûter est fastidieuse. Il y a beaucoup trop candidats au Mont Blanc par cette voie. Comme demain, la météo annonce encore un temps magnifique, l’endroit est sur fréquenté. Et chouette, c’est le plus dangereux du massif avec le plus fort taux de mortalité ! « Autant de débutants concentrés sur un si petit espace, ça laisse réveur… commente Nico ». Nico nous assure toute la descente au milieu des bouchons. Ludo m’inquiète. Il semble exténué. Son visage est tout blanc, perlé de sueur et surtout, son pied est de moins en moins sûr. Il met beaucoup de temps pour passer d’un rocher à l’autre et souvent cela me tire en arrière vu que nous marchons encordés. Bon, ça finit par passer et le couloir final, tant redouté pour les chutes de pierre ne pose aucun problème. Les cailloux sont encore bien fixés grâce à la neige qui tapisse la pente. Petite pause restauratrice à Tête Rousse, ça fait du bien…

Après encore 1h de descente par un chemin de mule, nous arrivons enfin au Nid d’Aigle (2372m) pour prendre le petit train qui va nous ramener dans la vallée. Il est 16h00. Je suis fatigué mais je n’ai plus mal à la tête. Tout s’est bien passé, comme dans un rêve. Je m’endors dans le train….

Trois heures plus tard, nous buvons une bonne mousse au bar des Sports, rue Joseph Vallot à Chamonix. L’occasion d’évoquer les bons moments passés ensembles et de débriefer sur cette semaine. Tout a été crescendo : le retour du beau temps, les difficultés techniques, la montée en pression… Parfait ! Il est temps de payer notre metteur en scène qui s’en retourne vers ses calmes Ecrins. Je dis à Ludo : « Tu vois mon pote, ça, c’est de l’argent bien dépensé. »

 

Merci à Nico pour sa compétence et sa joie de vivre.

Merci à Ludo pour être le meilleur compagnon de cordée au monde (à part dans l’aiguille du Goûter !)

Merci à mes parents et à mes frangins pour leur soutien et leur humour.

Merci aux deux gamins Clerc et à ma femme Sandrine de m’avoir laissé vivre cette belle semaine en montagne.

! En attendant le récit complet par Ludo et Denis, voici déjà quelques photos de l’ascension…

Dôme des Ecrins

Dôme des Ecrins

Dôme des Ecrins en 3 jours. Après la Roche Faurio hier, nous montons aujourd’hui en altitude en gravissant le Dôme des Ecrins à plus de 4000m. Parti au milieu d’un bon wagon de prétendants, nous nous retrouvons rapidemment grâce à notre organisation et notre efficacité sans faille en tête de peloton… Le Dôme est d’une beauté sans pareil aujourd’hui avec les 20 cm de fraiche! 3h après le début de la montée, nous foulons le Dôme et nous sommes seuls là haut… Quel bonheur! Malgré le petit vent frais, nous profitons pendant un bon 1/4 heure de l’ivresse des cimes!

Récit de Denis

Cette nuit là est pour moi infernale. Stress, altitude ou qualité de l’eau, je passe la nuit à courir entre ma couche et les toilettes. Ludo me surnomme le Louis Armstrong des Alpes ! Je ne dors quasiment pas et je me lève à 3 heures de mauvaise humeur avec le mal au ventre. Je l’annonce sans détour à Nico déjà attablé pour le petit déjeuner : « Ca ne va pas, j’ai les jambes en compote et j’ai la courante ». Sur ce, je me précipite dans les latrines de l’extérieur, un simple trou qui donne directement sur la face sud de l’éperon rocher. Les toilettes à l’intérieur sont en effet bouchées, les canalisations étant gelées par le froid. Ca commence bien cette journée. Je me mets en mode banzaï, sans respirer ni allumer ma lampe frontale. Ici, il ne faut ni la vue, ni l’odeur !

Vu le monde au portillon, il est important maintenant de speeder un peu pour s’habiller. C’est un moment assez spécial. Malgré l’heure matinale, il faut être super concentré pour ne rien oublier : la frontale, le casque, les crampons, le baudrier, les chaussures, les guêtres, etc. Et tout mettre dans l’ordre sinon, il faut recommencer. Imaginez une chaussure mal lacée sur laquelle on glisse une guêtre puis des crampons et tout à coup, on se rend compte que l’on a oublié de mettre le sur-pantalon, et bien, il faut tout recommencer! Donc, on se concentre et plutôt bien. Nous avons bien préparé nos sacs la veille, ce qui nous permet de partir dans le wagon de tête.

Il fait très beau. C’est un moment inoubliable. Sur la première partie de la course, un petit plat montant rive gauche du Glacier Blanc, nous marchons à la lueur du clair de lune. Il y a des étoiles par milliers. C’est féérique. «  Je viens de voir une étoile filante, et là, encore, une deuxième ». J’en profite pour faire toutes sortes de vœux pendant que Ludo se désespère : « Moi, je n’en vois jamais des étoiles filantes. Où est ce qu’il faut regarder ? » J’ai envie de lui répondre « dans ton C.., » mais vu qu’il n’a pas changé de caleçon depuis 3 jours, ce n’est peut être pas le meilleur endroit pour checherr !

Droit devant nous, 700 m plus haut, se dresse, le Dôme des Ecrins tout enneigé. Malgré la nuit, il est bien visible comme une motte de crème chantilly. « On dirait un petit Mont-Blanc » lance Nicolas, très fier de son massif des Ecrins.

Après ¾ d’heure de balade facile sur le glacier, nous entamons le pentu. Enfin, pas tout de suite ! Je dois le confesser, halte à l’autocensure. Je n’en peux plus. Mes intestins vont éclater. Je dois me soulager, là, devant mes 2 camarades compréhensifs bien que tournés dans l’autre sens! Je n’ai presque pas honte. « Mieux vaut perdre un ami qu’une tripe » répète souvent un de mes copains. Après ce que je viens de faire, je crois que je peux partir à la guerre avec mes 2 compagnons de cordée.

Grâce à notre organisation sans faille, nous sommes bientôt les premiers dans la face et nous faisons la trace. C’est très agréable d’être devant non par esprit de compétition mais par confort : on avance à notre rythme régulier sans être fatiguant.

Vers 6h00, le jour se lève et dessine en ombre chinoise notre Mont Blanc à 250 km de là. Nous sommes vernis. Dire que le temps est pourri depuis le début juillet et que nous tombons en plein sur le début de l’anticyclone. Il n’y a aucun nuage dans le ciel et il fait une température clémente, autour de – 5 degrés, sans vent.

7h du mat’ : comme seul au monde, nous atteignons le sommet du Dôme des Ecrins, 4015m. Yipii ! Nous profitons d’un bon ¼ d’heure, seuls là haut avant que les autres cordées n’arrivent. Cela nous laisse tout le temps de nous congratuler, de faire des photos et de profiter des ces merveilleux instants.

« D’ici, nous voyons les  ¾ des Alpes » nous apprend Nico, admiratif et pas blasé par le spectacle.

Ce sommet a été vaincu la première fois un 21 juillet 1877 par un certain Emmanuel Boileau, Baron de Castelnau. Eh oui! Un Gardois, désolé pour cette démonstration de force, cher Nicolas de Lozère (Note de Nico : fort bien cher Denis mais votre Gardois tout le monde sait c’est que c’est pas dans les garrigues qu’il a appris à marcher mais bien en allant chercher ses champignons et ses châtaignes sur le flanc du Mont-Lozère!) .

Après avoir bien profité de la féérie sommitale, nous descendons « drè dans l’pentu » comme si nous avions mis des bottes de sept lieues. Je passe en tête de cordée. Nous faisons de grandes enjambées dans la neige fraiche et la descente ne dure pas longtemps. Une vraie aubaine ces quelques centimètres de fraiche qui amortissent confortablement nos pas. J’adore la descente et l’équilibre instable à maintenir comme si avions des skis au pied. Derrière, Ludo tire la langue : « Denis, tu peux aller moins vite, ça me tire sur les jambes cette descente. J’ai mal aux cuisses. Mais bon, ajoute t-il, c’est quand même moins impressionnant que prévu car, à la montée, avec cette pente, je craignais de glisser et de partir en vrille dans les séracs ». Nico dira que notre cordée ressemble à un attelage avec un chien de traineau devant, suivi par un traineau et un mulsher derrière pour diriger le traineau et calmer le chien devant!

L’acclimatation s’est parfaitement passée. A 11h15, nous sommes déjà dans la vallée au dessus de Vallouise, parmi les promeneurs du dimanche. « Bravo les gars, on a pas chôme, dit Nico, je ne pensais pas être là avant 14h. ». Notre guide est fier de ses 2 artistes. Il me l’a avoué quelques heures plus tôt. « Nous faisons une bonne cordée, efficace et rigolote! ». De la part d’un gars de la montagne, qui plus est Lozérien, c’est un beau compliment, surtout à l’adresse d’un Gardois et d’un Héraultais.

Maintenant, il faut passer aux choses sérieuses. Je lui demande : « Et le Mont-Blanc ? Tu crois que nous allons pouvoir le faire demain ? » Nico est partagé. Le créneau météo est avec nous c’est une bonne chose… Mais il doit en savoir plus sur les conditions de neige, c’est un des éléments crucial de cet course. Quelques coups de fil à des amis guides plus tard : « Bon, les dernières chutes de neige ont eu lieu mercredi, depuis il fait beau. Au total il a quand même neigé 60cm de poudreuse sur les 10 derniers jours. La voie des 3 monts n’a pas été fréquentée depuis 2 semaines à cause du mauvais temps. Demain (samedi), les premières cordées tenteront de tracer le Tacul (notre ascension est prévu le Dimanche), Dimanche ça devrait être OK mais comme vous avez un jour de marge, l’idéal serait de décaler notre projet de 24h pour profiter des traces du dimanche et d’une météo encore plus clémente. Je vous téléphone demain matin »

Sur cette parole, nous quittons Briançon, direction la Haute –Savoie via le Col du Galibier. Nous sommes cools avec Ludo, presque libérés par le contre-temps. Ce soir, nous allons enfin pouvoir dormir sans peur du lendemain, sans nous faire du mouron à l’avance. En fait nous craignons par dessus tout l’arête vertigineuse de l’Aiguille du Midi, située juste à la sortie du téléphérique. Pour la décrire, c’est tout aussi simple qu’effrayant. Vous marchez en funambule avec, à votre gauche, 2500 m de vide au dessus de Chamonix, et à votre droite 300m de gaz avec vue imprenable sur la Vallée Blanche. « Ce n’est pas difficile mais attendez vous à une grande ambiance, surement le passage le plus impressionnant de notre ascension, nous a prévenu Nico. Rien d’extrême techniquement : l’arête est d’abord effilée mais horizontale puis 20m un peu plus raides et de nouveau plate. Ne vous en faîtes pas une montagne avec ce que nous avons fait les jours précédents, je ne me fait aucun souci, vous êtes plus que prêts. Et puis rassurez vous, si l’un d’entre vous glisse d’un côté, je sauterai de l’autre pour éviter la chute fatale! » ajoute-il en rigolant. Bizarre l’humour de guide…

Roche Faurio

Roche Faurio

Je laisse le soin à mes deux compagnons, journalistes de leur état de faire le compte rendu de notre ascension de la Roche Faurio que nous avons réalisé pour se préparer à l’ascension du Mont Blanc. Rien à dire mes deux artistes ont été impériaux et ont su dominer leurs démons sur l’impressionante arête sommitale de Roche Faurio!

Récit de Denis

Le compte à rebours pour le Mont-Blanc commence donc pour nous par la Roche Faurio (3730m). Nous ne connaissons pas vraiment ce sommet, nous sommes confiants. On s’attend à une simple balade en haute montagne pour nous mettre en jambe… La veille à table, Nico nous explique laconiquement « Demain la Roche Faurio c’est une course à dominante neige avec un petit bout d’arête à la fin, pas bien méchant »

Heureusement, que nous ne savions pas ! Au début, tout se passe bien. A l’aube, Il ne fait pas froid. Nous sommes la cordée de tête et Nico fait la trace dans les 20 cm de neige fraîche. Nous traversons sans souci nos premiers ponts de neige au dessus des crevasses. Le ciel est toujours bouché et nous ne voyons pas le sommet de la montagne. Mais, après 2 heures d’effort, cela va se corser. La Roche Faurio porte bien son nom, on aurait pu s’en douter !

Le final est une arête de rocher, vertigineuse, sur une trentaine de mètres. Ça se corse pour nous deux. Nous admirons Nico qui sautille d’un bloc à l’autre comme s’il était sur un trottoir malgré 500 mètres de vide de chaque côté. Assurés par ses soins, nous rampons à sa traine comme des lézards, « accrochés aux rochers comme des moules dans le bassin de Thau » dira Ludo.

Nous sommes pathétiques. Nos jambes flageolent. Nos crampons ripent sur le rocher et nous avons du mal à maintenir nos prises. Après une vingtaine de mètres, Nico nous pose la bonne question : « Les gars, vous n’êtes pas obligés d’aller au sommet. Si vous ne le sentez plus, on retourne en arrière, aucune obligation d’aller là haut si ça vous amuse pas. Rassurez-vous, le Mont Blanc sera de toute façon moins dur techniquement » ajoute t-il pour ne pas nous faire perdre la face. Nous nous regardons avec Ludo. On ne sait plus quoi faire. Abandonner à la première peur, ce ne serait pas bon pour la suite. Nous devons vaincre nos démons, la peur de glisser, le vertige. « Putain, mais c’est vraiment haut ce truc ». Il faut se raisonner. Notre guide a enroulé la corde sur un béquet. Il ne peut rien nous arriver, au pire une petite glissade «  Allez, je lui dis, on va au sommet. » sans réfléchir vraiment à ce que je viens de proposer.

A force de fermer les yeux, nous avons fini par rallier l’arête sommitale. Mais nous ne profitons pas du moment ni de la vue, toujours bouchée. Cela se voit dans nos regards, nous redoutons déjà la descente par le même itinéraire escarpé. C’est bizarre une montagne. Le but est d’atteindre le pic puis tout de suite de le redescendre tellement cela file la frousse.Finalement la descente passe bien plus vite que prévu et mieux que la montée. L’esprit de l’alpiniste monterait-il en nous?

Cette mise en bouche sera déterminante pour le succès de notre apprentissage. Nous avons vaincu la peur sur La Roche Faurio, même si cela ne fait pas de nous de grands alpinistes. Notre guide a su être à l’écoute pour nous donner confiance. Tout va bien.

Au retour, les autres cordées arrivées derrière nous nous saluent : «  merci d’avoir fait la trace. C’est bon là-haut ? » Oui, c’est bon, ça passe ! Nous pouvons relever la tête. Nous n’avons pas lâché l’affaire.

De retour au refuge des Ecrins, nous nous payons une bonne bière à 4,5€ pièce. Mais, à cette altitude, elle les vaut. Deux gorgées plus tard nous rigolons déjà bêtement en se remémorant les moments sur l’arête « Quelle tête on faisait là haut ? hein Nico. Ah, Ah, Ah! Franchement, quelle frousse on a eu. A des moments, on ne pouvait ni avancer ni reculer ». Nous en pleurons tout en mangeant un bon plat de pâtes à la carbonara servi par Katarina, la serveuse slovaque.

L’après midi passe ensuite à toute vitesse. Nous plongeons la tête la première dans des récits de montagne édités par la maison Guérin. Il y en a une bonne dizaine sur les étagères du refuge. Ce sont des beaux bouquins à la couverture rouge avec plein d’aventures à vous foutre froid dans le dos. Je me fais peur en lisant le livre de Walter Bonatti «  K2 : la vérité »  ou celui de Jean-Christophe Lafaille intitulé «  Prisonnier de l’Annapurna ». Avec un peu de recul, la petite frousse en haut de la Roche Faurio paraît bien ridicule.

A 19h00, Jeannot donne la messe du jour « Demain, c’est du beau » et de conclure « plier vos couvertures, ça nous aidera à garder le sourire. » avant de recevoir une standing ovation par les 130 alpinistes qui remplissent le refuge. Une bonne douzaine de cordées font le Dôme des Ecrins demain. Cette cohue relative nous rapproche de l’ambiance Mont Blanc.

Traversée du Pelvoux

Traversée du Pelvoux

Après notre préparation de lundi sur le glacier Blanc, à la faveur d’un bon créneau nous partons avec Benjamin et Julien « pour la fameuse traversée du Pelvoux. Il a reneigé une quinzaine de cm la veille jusqu’à 2500m! Une bonne période de fraichicule comme on les aime. Notre objectif est le couloir Coolidge, encore une voie ouverte par ce bon vieux révérend. Ce n’est cependant pas la voie originale puisque les premiers ascensionnistes (1828), le capitaine Durand et ses acolytes, ont empruntés les rochers rouges inférieurs pour aller établir un campement la haut et faire 3 jours durant des mesures géodésiques. Cette voie est abandonnée aujourd’hui, on lui préfère les rochers rouges supérieurs, plus logiques ou bien sur le couloir Coolidge. Durand ne mentionne pas dans ses écrits l’ascension de la Pointe Puiseux, le sommet du Pelvoux mais seulement celle de la pointe Durand, plus basse de 11m. Il est quand même probable qu’il est trainé ses guêtres jusqu’à ce sommet vraiment tout proche… Il n’en reste que la première ascension certifiée conforme de la Pointe Puiseux est attribué à Victor Puiseux (original) monté là haut sans guide…. Le couloir Coolidge ne sera lui défloré qu’en 1881 par le plus grand écumeur du massif de cet époque, le révérend Coolidge et ses fidèles guides Almer, père et fils. Enfin bref passons sur ces basses considérations historiques…

Aujourd’hui, avec la neige tombée, l’itinéraire du Couloir Coolidge est le plus approprié. Après une nuit un peu courte pour tout le monde, nous décollons du refuge vers 3h45. Nous sommes les premiers. Derrière nous, une dizaine de petites lucioles nous suivent. La marche tranquille du début de l’ascension permet de se rendormir un petit peu. Nous franchissons sans encombres un petit ressaut de dalles sous la bosse de Sialouze. La neige tombée permet une marche agréable dans ce qui d’habitude est un éboulis. Nous sommes vers 5h à la bosse de Sialouze où nous accueille un vent glacial qui descend le long du Couloir Coolidge. A l’abri, nous nous équipons pour les 500m du couloir. D’abord très large et peu raide, le couloir se rétrécit au fur et à mesure qu’il se redresse, jusqu’à 45°. Nous avançons bien, même si le mollets commencent à se faire sentir. Il faut rester concentré car quelques bourrasques de vent viennent parfois nous déséquilibrer. Après une bonne pause à la sortie du couloir, nous prenons pied vers 7h sur le plateau glaciaire du glacier des Violettes. L’ambiance est bien fraiche à cause du vent mais le soleil nous offre quelques calories bienvenues! En tous cas le spectacle est magnifique dans les lumières du petit jour. Encore quelques efforts et à 7h30 nous foulons la pointe Puiseux. Quel bonheur!

Autour de nous, nous voyons que une bonne partie des Ecrins et tout le nord des Alpes est dans la mélasse. Finalement, nous sommes sur un des ilots de beau temps du massif, la classe! Si ce n’était ce glacial vent de NE qui nous refroidit bien vite lorsque nous nous arrétons, nous resterions bien un long moment ici. Mais au bout de 20 min, la goutte au nez commence à geler, nous repartons! Sur le plateau glaciaire, le vent a effacé les traces des passages des jours précédents. Descendre ce plateau au petit jour, dans 15 cm de neige fraiche qui amortit agréablement nos pas avec un soleil juste délicieux est un vrai moment de béatitude que nous partageons tous les trois…

Sur le bas du glacier, nous contournons quelques grosses crevasses. Pour l’instant, cela passe encore sur les ponts de neige mais plus tard en saison, un rappel sur corps mort est fréquemment nécessaire.  La vigilance est de mise sur cette section est nous évoluons corde plus tendue que jamais! Nous quittons le domaine des glaces et démarre la partie longue de la descente : les rappels et les désescalades successives qui mènent au névé Pellisier. Il faut encore courrir pour traverser le plateau glaciaire à 3100m sous les séracs. vers 11h nous prenons pied sur le névé Pellissier. En quelques glissades bien sympathique nous le descendons jusqu’au bout… c’est quand même plus agréable que la pierraille de la moraine! Nous découvrons sur le névé une ou deux crevasses de 6-7m de profondeur…

En bas du névé nous pouvons nous déssapper et se mettre dans une tenue confortable pour la suite de la descente. Bonne pause casse croûte. Les difficultés sont derrières nous, on savoure.

Mais au Pelvoux, la descente n’est jamais fini! Il faut encore avaler les 1000m qui nous séparent d’Ailefroide. Mes deux compagnons du jour ont de bonne guiboles de chamois et ne feront qu’une bouchée de cette descente et des fameuses vires d’Ailefroide. Vers 13h nous sommes rendus à la civilisation avec plein de belles images dans la tête. C’est aussi l’heure idéale pour un bon poulet frite au bistrot d’Ailefroide! Nickel.

Félicitations les gars pour cette belle ascension. C’était un régal de partager ça avec vous!

Mont Blanc : Traversée Miage – Bionnassay

Mont Blanc : Traversée Miage – Bionnassay

Après les trois semaines d' »expédition » avec Jade dans les Ecrins et le retour à la Meije quelques jours avant, je me sens plutôt en forme.

Fabrice est motivé aussi par un beau projet. Après mon but l’an dernier au Mont-Blanc, j’ai bien envie de récidiver mais par un itinéraire moins couru que la voie normale.

Nous ne mettons pas longtemps à nous décider pour la traversée royale. Faut pas l’appeler comme ça il parait, mais c’est quand même plus court que la traversée Miage – Bionnassay – Mont-Blanc – trois Monts à la descente!

Deux amis de fabrice se joignent à nous.

J1 : nous montons dans la grisouille jusqu’au « refuge » des Conscrits, une belle usine à gaz! Quelques doutes sur la météo quand même! Carpe diem, nous misons au moins sur les Dômes de Miage!

J2 : nous sommes quelques cordées à nous élancer (sans trop d’élan non plus) le matin en direction de l’Aiguille de Bérangère (pas vue la Bérangère). Ensuite, c’est un vrai régal. On est quasi constamment sur le fil des Dômes de Miage avec en fond d’écran le Mont-Blanc et tout l’itinéraire du lendemain… La classe. La plupart des cordées qui ont partagé notre petit déjeuner se sont arrêtés à l’Aiguille Bérangère ou font « seulement » les Dômes de Miage. Du coup passés les Dômes, on retrouve une certaine solitude. Petite pause sur les rochers où j’aurais un éclair de génie : poser mon casque sur le côté rond, pour être sur qu’il ne soit pas trop stable! Le casque trop content de pouvoir enfin vivre sa destinée s’est lancé dans une folle descente versant italien. J’ai voulu m’opposer à cette cruelle déchirure mais j’ai bien vite compris que cela risquait de nuire à mon espérance de vie… Je crois même mettre dit pendant une seconde qu’un jour j’irai le rechercher… Oui, oui, bien sur…

… le deuil du casque est rapidemment fait avec un bon sandwich entre les mains et on se remet en route vers le refuge Durier. De loin, le refuge parait tout petit. Plus on se rapproche, plus on se rend compte que le refuge est vraiment tout petit! Une vrai petite boite d’allumettes, accrochée à la montagne dans laquelle s’entassent les alpinistes… Heureusement nous ne sommes pas très nombreux, une petite quinzaine d’allumettes. Mais cela impose déjà au gardien de faire plusieurs services sur sa petite table pour6 personnes. La météo est nickel pour le lendemain avec un peu de vent… Le soir devant une bière, on se fait tous les scénarios pour le lendemain

J3 : nous faisons parti du deuxième wagon de petits déjeuner. Finalement c’est bien plusieurs services… ça décale les départs sur la trav’. Du coup nous ne seront jamais génés de la journée ni par nos prédécesseurs ni par nos poursuivants!

Petit prélude en neige. On arrive au levé du soleil dans la section rocheuse.Le rocher est pas des meilleurs partout mais c’est bref. On rejoint ensuite le fil jusque sous l’aiguille de Bionnassay. Comme on est toujours pas certains d’être tous assez en forme pour aller jusqu’au Mont-Blanc, on shunte l’aiguille de Bionnassay… Avec le recul c’est con quand même, il devait rester même pas 50m! C’est pas ça qui nous aurait fait basculer dans le rouge.

Mais peut-être aussi que toute notre attention était captée par ce qui nous attendait passé l’aiguille : ce fil de neige tendu entre l’Italie et la France, cette arête de neige suspendue sur des rebords de 800m, ce passage qui fait la légende de cette traversée, une des plus belle des Alpes… Un poil de tension. Comment être indifférent à ce vertigineux chemin? Sur environ 100m, il faut marcher vraiment sur le fil et assurer ses pas… La stratégie d’assurage, tout le monde la connait : sauter de l’autre côté de l’arête si votre compagnon trébuche… Très efficace mais intellectuellement peu stimulant.

Démontrant là un évident manque de curiosité quand aux techniques alpines, aucune des cordées que nous sommes aujourd’hui sur ce rasoir de neige ne tentera l’aventure.

Arrivé au Dôme du Goûter, on évalue la fraicheur des troupes. C’est variable mais tous le monde est open pour continuer. Pour ma part, je vis dans la montagne quasiment en continu depuis un mois, je suis parfaitement entrainé et acclimaté : en bref j’ai la patate… c’est un vrai plaisir d’être là fringuant, surtout quand je repense à l’année passée!

La montée sur l’arête des Bosses se passe bien même si ça commence à caler légèrement pour certain membre de l’équipage. ça rale, ça souffle, ça dit que ça peut pas, mal à la tête… Puis finalement, à l’arrachée, nous sortons tous au sommet, bien heureux! Il est 10h45. On profite d’un sommet quasiment désert. Le pied… Le vent finit quand même par nous chasser.

A part mal de casque et nausées pour deux de nous quatre, tout baigne. Il est tôt, nous avons largement le temps de redescendre par les Trois Monts jusqu’à l’aiguille du Midi. D’autant plus qu’en redescendant, les effets de l’altitude s’atténueront.

La « descente » des trois Monts comporte au fait deux faux plats montants un peu longuets. Quand on commence à être dans le rouge ça compte! Le passage de la rimaye du Maudit est complètement folklo. Tout ce que je déteste en haute montagne : la connerie humaine transposée à la haute altitude. Un embouteillage sans communication, où tout le monde veut tirer son épingle du jeu au détriment des autres. Après avoir attendu sagement notre tour pour descendre proprement en rappel et s’être rendu compte qu’on se faisait gratter sans scrupules par tous les nouveaux candidats, nous avons nous mêmes fait les veaux et balancé notre corde dans le « tas ». Pas très fier avec le recul.

Deux membres de notre équipage commencent à sérieusement ramper et la remontée des 200m de l’arête de l’aiguille du Midi sera pour eux un vrai calvaire, la croix en moins…

Le retour vers la vallée est surréaliste. Bienvenue à Chamonix où en quelques minutes on passe du monde des glaces à celui des marchands de glace. Choc brutal après trois jours en montagne mais qu’est ce qu’on est heureux!

Cette traversée de Bionnassay est probablement une des plus belles façon de gravir le Mont Blanc dans un niveau de difficulté raisonnable. La montée en 3 jours permet de peaufiner son acclimatation et de mettre dans sa besace au passage les très esthétiques Dômes de Miage.

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