4000m du Mont-Rose

4000m du Mont-Rose

Après l’ascension du Mont-Blanc en 4 jours l’an dernier, Chloé et Cyrille sont de retour cette année avec Clarisse et Quentin. Cette année nous partons sur les flancs du Mont-Rose pour y gravir quelques sommets. Ca sera l’occasion aussi pour Quentin et Cyril de faire leurs premiers pas en autonomie en course de neige, le terrain s’y prête à merveille!

Jour 1 : de Staffal au refuge Quintino Sella

Nous démarrons à Staffal par une rude montée en téléphérique et télésiège jusqu’au col de Bettaforca. De la commence une longue marche d’approche jusqu’au refuge Quintino Sella à 3600m…de quoi s’occuper un bout de l’aprem! J’ai juste le temps de faire la sieste avant l’apéro des guides, une institution locale pas prise à la légère!

Jour 2 : ascension de Castore et exercices de sauvetage en crevasses

Démarrage tranquille ce matin. Pas de stress, nous redormons là!! Notre objectif du jour est Castor, un sommet qui pointe à 4200m d’altitude et qui s’atteint par une belle arête neigeuse. De quoi s’acclimater comme il faut! Les conditions sont ultra clémentes et nous flânons une bonne demi-heure là haut. Avant de redescendre au refuge, nous prenons du temps pour mettre au point la stratégie de sauvetage en crevasses que nous espérons ne jamais devoir mettre en œuvre… Au refuge, nous frôlons l’incident diplomatique quand nous osons demander du rab de pâtes à nos amis italiens…

Jour 2 : de Quintino Sella à Gnifetti par le Naso du Lyskamm

Après deux nuits à Quintino Sella, il est temps pour nous de larguer les amarres. Nous partons en direction du Naso du Lyskamm, notre passage obligé pour basculer vers le refuge Gnifetti. Le passage clé du jour est une course section rocheuse suivi d’une pente où la glace affleure presque. Du terrain varié où tout le monde apprend et où l’altitude pimente l’exercice! Un vent bien frisquet nous accompagne jusqu’au sommet à 4200m. Juste derrière le sommet, on est à l’abri du vent et le soleil nous inonde de chaleur!

Je n’ai pas pu m’empêcher de lorgner en montant sur cette arête de rocher qui remonte en direction du Lyskamm oriental. Faut dire que le rocher, c’est plutôt rare dans le coin! Je propose à Quentin et Cyril un aller retour sur cette arête, faut bien les occuper les bonshommes! Évidemment ce n’est pas le caillou du Verdon mais c’est l’occasion pour les gars de découvrir l’assurage en mouvement dans du terrain relativement facile… Nous sortons non loin du sommet oriental du Lyskamm sur cette impressionnante arête à plus de 4500m. Le temps de faire tomber un gant du mauvais côté et nous désescaladons ce que nous venons de monter en bon conquérant de l’inutile.

Nous retrouvons les filles au sommet qui nous ont patiemment attendu pendant plus de 2h! Ne reste « plus qu’à » se laisser descendre, ou presque jusqu’au refuge Gnifetti où nous appréhendons sérieusement l’étape du repas… heureusement les assiettes sont plus généreuses que la veille et nous pouvons partir sereinement à la sieste!

Jour 4 : de Gnifetti à la cabane Marghuerita

Ultime journée de notre voyage au pays des 4000m. Nous montons en direction des plus hauts sommets du Mont-Rose. La météo au réveil n’est pas des plus engageantes : il bruine. Le temps de nous équiper et la bruine s’arrête. Le passage clé en ce dimanche, c’est de sortir du refuge avec toutes ses affaires!

Pendant toute la montée, les nuages sont nombreux et le froid plutôt mordant. Arrivé au pied de la Zumstein, nous bifurquons vers la pointe Gnifetti où trône la cabane Margherita, bien plus excités par l’idée d’un thé bien chaud dans la chaleureuse cabane que par un sommet plein zef.

Nous nous réfugions pendant 3/4 d’heures dans la plus haute cabane d’Europe. Pendant ce temps, les nuages se déchirent et nous profitons d’un panorama de rêve. A la descente, je propose aux garçons toujours motivé de faire un petit crochet par la Pointe Parrot pendant que les filles commencent leur descente… nous profitons seuls de ce magnifique bout d’arête, face au Lyskamm avnt d’entamer une descente rapide vers le refuge Mantova où nous retrouvons Chloé et Clarisse. Fin de ce beau périple avec une météo quasi parfaite et des compagnons au top!

Arêtes de la Bruyère – autonomie

Arêtes de la Bruyère – autonomie

Suite à l’épisode Chamoniard terminé à l’arête NW de Blaitière, je décide de prendre un peu de repos, sortir le nez des montagnes et regarder les enfants grandir pendant 48h! Le dimanche soir je retrouve Guillaume, Fred et Alexis au refuge Chancel. Au préalable ils viennent de gravir la Roche Faurio avec mon pote guide Nico. La météo n’est pas des plus engageantes pour le lendemain mais laisse quand même entrevoir un peu d’espoir entre les lignes…

Râteau ouest juste avant la neige!!

Au réveil il bruine légèrement et le relief est bouché… mais un furtif coup d’œil me fait apercevoir quelques étoiles au dessus. Le temps du petit dej’ ça s’améliore et finalement nous montons avec un ciel bien dégagé. Le départ de Chancel permet d’attaquer le Râteau ouest bien plus tôt que ceux qui viennent à la première benne, et aujourd’hui ça sera le bon plan! Nous montons bien jusqu’au dernier ressaut, Fred et Alexis font cordée ensemble en autonomie, Guillaume avec moi. Au pied de ces ultimes difficultés, Guillaume préfère en rester là. Nous filons jusqu’au sommet où la vue commence à se boucher mais reste plutôt inespérée par rapport aux prévision!

Le temps de désescalader jusqu’à la neige et la neige se met à tomber. En quelques minutes, le rocher et couvert d’une petite couche de neige qui nous aurait bien compliqué la tâche. La fenêtre se referme, elle aura été parfaite pour nous!

Une école avec vue : les arêtes de la Bruyère

Pour la dernière journée je suis seulement avec Alexis et Fred. La météo est radieuse! Nous prenons la direction des arêtes de la Bruyère. Fred et Alexis ont déjà une bonne expérience de l’escalade sportive. L’idée est de gagner de l’expérience en pose de protections, assurage en mouvement et grimpe en grosses, un exercice totalement différent! Les arêtes de la Bruyère offrent tout ça dans un décor juste idyllique, au dessus d’un lac bordé de champs d’Edelweiss et face aux Ecrins… une école avec vue! Le père et le fiston gèrent tranquillement la tête de la cordée à tour de rôle pendant qu’à côté je donne quelques conseils sur les choix de protection et d’itinéraire. On a connu pire comme journée!! A l’année prochaine pour d’autres projets!

Arête NW Blaitière

Arête NW Blaitière

A peine rentré du Grépon avec Antoine, je retrouve Ivan au refuge du plan de l’aiguille, sans transition!! Pour notre rendez-vous bisannuel, nous visons cette année une belle course d’ampleur : l’arête NW de Blaitière. Le jeu consiste d’abord à gravir le pilier rouge de Blaitière par la combinaison de deux voies « modernes », Nabot Léon et Osez Joséphine puis de poursuivre jusqu’au sommet N de Blaitière par l’arête NW… 900m de grimpette et de descente, la promesse d’une longue journée!! Nous ne serons pas déçus!

D’abord, Nabot Léon et Osez Joséphine sur le pilier rouge de Blaitière

Départ vers 3h30 du refuge. Si au début nous avions vaguement imaginé reprendre la dernière benne, nous comprendrons vite que finir la course de jour sera déjà bien satisfaisant! Nous attaquons Nabot Léon vers 6h. L’escalade est juste magnifique, comme le granit chamoniard sait en proposer. L’équipement est intelligent : rien quand c’est protégeable mais équipé quand c’est nécessaire… Les longueurs de jonction avec Osez Joséphine ne sont pas si débonnaires que ça. Le nez dans le topo, j’hésite une fois ou deux et m’engage dans des passages un peu plus durs que prévu… en fait, globalement il faut juste rester sur l’arête! Osez Joséphine réserve encore de très beaux passages jusqu’au V+. Nous suivons cette voie jusqu’à la moitié de la dernière longueur avant de se décaler vers l’arête nord ouest. Nous faisons une bonne pause et troquons les chaussons pour les baskets. Et en route pour quelques heures d’arête!

Ensuite l’arête NW de Blaitière elle même…

L’escalade alterne entre passages soutenus jusqu’au V et parties qui déroulent. Ivan fait ses premières expériences de grimpe en baskets sur des dalles chamoniardes! Pas complètement évident… les brèches s’enchaînent, le rythme de la cordée diminue, un peu entamés par les 800m de grimpe. Au pied du bastion sommital, je sens qu’Ivan n’opposerait pas une grande résistance si je lui proposait d’en rester là, d’autant plus qu’il commence à neigeoter.. D’expérience je sais à quel point on peut regretter parfois de renoncer trop vite, surtout lorsqu’il n’y a pas de danger imminent. Je connais un peu Ivan, à travers les quelques belles courses que nous avons déjà fait ensemble, je le sais endurant… La longue descente en rappel va surtout mobiliser nos ressources mentales… bref, on continue!

Le bastion réserve une avant dernière longueur de toute beauté avant de finir sur un ultime petit bout d’arête. Il est 16h, la vue n’est pas des plus dégagée mais de temps à autre apparaissent dans les volutes les sommets voisins, Ciseaux, Fou… sacré ambiance! Dans cette belle face d’ampleur que nous venons de gravir, malgré l’engagement et les difficultés, on ne perd jamais le contact avec la vallée. Tous les sons d’en bas nous parviennent!

Et puis à peine en haut, redescendre!!

La descente en rappel est équipée mais demande encore toute notre attention. Il faut régulièrement se ré-encorder pour rejoindre des rappels décalés ou descendre des vires, ne pas louper les ancrages… et remonter quand la corde se coince!! A la fin nous rejoignons la ligne de rappel de Fidel Fiasco. Les rappels sont plus roulant et nous rejoignons le pied de la voie, 14h après notre départ! Ne nous reste plus qu’a rejoindre le refuge où évidement nous redormirons ce soir. Mais d’abord nous réglons le sort des cuisses de canard que nous propose le gardien!

Grépon – Mer de glace

Grépon – Mer de glace

3ème étage de la fusée aujourd’hui… le réveil pique un peu ce matin. De ces jours où tu sens qu’il en faudrait pas beaucoup pour envoyer valser ce téléphone qui sonne insolemment et se rendormir jusqu’à midi!

Nous avons décidé de laisser partir devant nous 3 cordées que nous supposons plus rapides pour pouvoir grimper sans le stress de cordées qui nous talonnent… C’est qu’aujourd’hui par le hasard des agendas et d’une météo conciliante, 4 autres cordées ont le même projet que nous…

Passée la rimaye, nous prenons notre mal en patience. Les cordées devant ne déroulent pas autant que nous l’imaginions, on en profite pour mater le paysage… Avant le rappel qui donne accès à la partie supérieure de la voie, à la faveur d’une erreur d’itinéraire généralisée des 3 cordées devant nous, nous repassons devant. Plus nous nous élevons dans la face, plus la grimpe est belle! Et plus la grimpe est dure! Au dessus de la niche des amis, le IV+ chamoniard et les efforts des journées précédentes commencent à se faire sentir. Faut dire que les IV+ par là haut, ils ont des allures de 6a de la plaine!! Après deux grandes longueurs, nous sommes rattrapés par Yannick et son client, en chaussons depuis le début de la voie, ce qui finit de convaincre Antoine de quitter les grosses pour la fin!

Je sens qu’Antoine commence à en avoir un peu marre de ces océans de granite mais nous sommes prêts de la sortie… bon nous avons tous les deux lu le topo et on va pas se mentir, les difficultés sont au dessus de nous! Les deux dernières longueurs qui mènent à la brèche Balfour sont un beau condensé d’escalade chamoniarde où tous les styles y passent, de la dalle à la fissure trop large!

Arrivé à la brèche Balfour, seuls 20m nous séparent du sommet : c’est la fameuse fissure Knubel, le premier V+ du massif, un beau morceau d’histoire… je sens qu’Antoine prendrait bien la tangente… mais le fait de pouvoir grimper sans sac et la motivation du sommet lui donne le regain nécessaire… l’arrivée au Grépon est grandiose. Le dernier mouvement nous rétablit sur ce sommet large comme une table, niché au milieu d’une arête de gendarmes vertigineux surplombant Chamonix. Nous sommes émus d’être là!

Enfin au Grépon, le sommet est loin d’être l’arrivée mais aujourd’hui grâce à des conditions plutôt encore bonnes sur le glacier des Nantillons et à Antoine qui aime cavaler dans les pentes de neige, nous mettrons « seulement » 3h pour rejoindre le téléphérique après moultes désescalades / rappels acrobatiques et autres fantaisies…

Finish à la buvette du télé avec Yannick et son client. Heureusement que Yannick est là pour dire à Antoine qu’il a assuré, car moi il ne me croit plus!

Bravo mon Roberto, le programme était ambitieux et t’as géré ça à merveille de A à Z malgré un guide sadique qui t’as laissé en grosses un peu trop longtemps!!

Traversée Nonne Evèque

Traversée Nonne Evèque

Pour cette deuxième journée dans le secteur du Couvercle, on va rendre visite à la deuxième classique du coin, la traversée Nonne Evèque… Étrangement nous sommes plutôt seuls dans le secteur, comme la veille. Moi qui m’attendait à des bouchons à tous les relais et une pagaille totale aux rimayes… je suis déçu en bien!

Bon ce qui est plus conforme au lieu, c’est la météo… Grand beau annoncé, nous ne verrons pas le soleil de la journée! Rien de catastrophique quand même, c’est même plutôt bien d’être au frais vu comment Antoine me pousse au fesses dans les longueurs à corde tendue.

Nous montons au sommet de la Nonne qui est, plus qu’un lieu d’arrivée, un lieu de passage d’un intérêt assez modéré… le clou du spectacle pour cette traversée, c’est le passage du rasoir, environ 100m d’un esthétique redoutable, le tout dans un niveau abordable et protégeable, what else?

Comme je sais qu’il n’est pas bon de laisser Antoine sur sa faim, on poursuit notre chemin vers la voie normale de l’Evèque. De la brèche encore 4-5 longueurs dont du bon V chamoniard en grosses siouplait. Au grand désespoir d’Antoine, je finis quasiment toujours en bout de corde, à quand des longueurs courtes!!

Vue l’ambiance climatique du jour, on chôme pas au sommet de l’Evèque… faut dire qu’on a aussi un autre programme aujourd’hui : redescendre jusqu’à la mer de glace et remonter au refuge de l’Envers des Aiguilles, le tout si possible avant les pluies de l’après-midi! Trouvez moi l’andouille qui a manigancé ce programme!

Avant de plonger dans la descente vers les échelles, on ne résiste pas à une petite omelette au Couvercle pour honorer une dernière fois cette belle hospitalité… La remontée à l’Envers des Aiguilles nous coûtera un peu quand même, nous qui nous sommes habitué à siester tous les aprem! M’enfin l’honneur est sauf, on arrive le caleçon sec au refuge et il nous reste même un peu de temps pour un bout de repos…

L’ambiance est tout autre qu’au Couvercle. Ici c’est un monde de grimpeur, ça parle topo, fissures, passage de rimaye, longueurs d’anthologie, crux, taille de camalots… Les mains sont calleuses et les biceps acérés. Un groupe de 9 futurs aspirants guides sont là avec leurs 3 formateurs de l’ENSA pour leur examen probatoire. Antoine me fait remarquer la présence d’une célébrité alpine. J’ai l’impression qu’il se demande ce qu’il fait ici au milieu de tout ce beau monde!!

Arête sud du Moine – intégrale

Arête sud du Moine – intégrale

Suspens jusqu’au bout sur la destination de notre trip avec Antoine… la veille du départ à 19h, il sait juste qu’il doit s’attendre à tout! Finalement, une fois n’est pas coutume, un beau créneau semble se profiler en terres chamoniardes. Rendez-vous vous donc à la capitale de l’alpinisme et du tourisme pour nos aventures 2019… La première journée, un peu mitigée sera parfaite pour  »juste » monter au refuge du Couvercle… en bons papas que nous sommes tous les deux maintenant, la bière et la sieste nous suffirons largement pour clôturer la journée. Étonnamment nous sommes très peu nombreux au refuge, on se croirait presque dans un coin paumé des Ecrins!

Réveil 4h. Nous partons pour l’arête sud intégrale du Moine, une très belle petite partie de montagnes russes… Dès le début, nous sommes mis dans le bain de l’escalade chamoniarde, de cheminées en fissures larges, renfougnes, râteaux de chèvres et autres chamoniarderies. L’ambiance est grandiose, le caillou fidèle à sa réputation et Antoine toujours aussi solide malgré le manque d’entraînement… Au bout de 4h de ce petit jeu, nous rejoignons l’arête sud classique qui propose encore quelques passages bien corsés, du V++ bien frappé!! Et le contournement de gendarmes effilés par des vires à l’esthétique certaine.

6h après notre départ, nous prenons la pose et la pause sur le monolithe sommital du Moine… alleluya!

Après une bonne pause, la descente remobilise notre attention pour environ 2h de terrain à chamois entrecoupé de quelques rappels. Grand luxe, des névés al dente nous ramènent presque sans forcer jusqu’au refuge… il est 14h, on va pouvoir peaufiner l’art de la sieste et du ping pong de haute montagne!!
Une semaine d’alpinisme en oisans

Une semaine d’alpinisme en oisans

Pic Nord des Cavales

5h du matin. Le réveil m’arrache violemment à la douceur de la couette et des mes rêveries nocturnes. Le temps d’attraper mon sac et quelques bricoles, me voilà dans la voiture, direction le Pas d’Anna Falque, pour aller rejoindre Alain au refuge du Pavé. En chemin, le hasard me fait recroiser la route de notre prof de Yogapero quelques jours avant à la Selle! La beauté du plan de Valfourche et la puissance énergisante de la Romanche me font presque oublier la lourdeur des jambes aujourd’hui, après trop de journées sans repos! C’est pour la bonne cause, en avançant notre programme d’un jour, on optimise nos chances de pouvoir traverser la Meije Orientale. Le risque orageux semble de plus en plus marqué au fil des jours.

Avec Alain, on ne compte plus les journées passées ensemble depuis maintenant 8 ans! Pour cette fois, nous revenons sur un vieux dossier! Il y a 2 ans, avec son fils Tristan nous butions sur le fil de la Meije orientale, repoussé par des corniches peu ragoutantes. Et la veille nous parcourions le Pic nord des Cavales dans des conditions pour le moins hostile, verglas, froid et visibilité nulle.

Rien de tout ça cette fois. Nous profitons tranquillement de la voie normale du Pic des Cavales, dans une tiédeur insolente! Les orages ne semblent pas presser de faire le spectacle, on déguste en papotant cette très belle escalade avec vue. Une petite sieste au sommet viendra conclure l’affaire. L’après-midi est dédiée à des activités non violentes au refuge du Pavé. Excellent accueil de Sophie qui tient à bout de bras cette cabane passablement défraîchie. La journée se termine par un puissant spectacle son et lumière comme chaque jour en ce moment.

Traversée de la meije orientale depuis le refuge du Pavé

Retour sur les lieux du but. Départ à 4h30 du refuge. Le pain et les confitures étaient tellement bon qu’on aurait pu rester une demi-heure de plus à se remplir le ventre! Nous gagnons en 2h le col du Pavé, plutôt surpris en bien par les conditions de neige. Nous franchissons la rimaye puis le premier ressaut en traversée, sans verglas cette fois! Nous rejoignons une cordée partie du Promontoire. Jusqu’à la brèche, pas besoin des crampons cette fois, quelques névés se franchissent facilement, sinon pour l’essentiel nous sommes dans le caillou. 3h après notre départ, nous voilà au soleil pour une bonne pause. Les choses s’annoncent nettement mieux que la dernière fois semble-t-il!

La suite de la course s’enchaîne à merveille entre sections effilées, terrain à chamois et vraies longueurs de grimpe! L’altitude est palpable pour Alain mais le bonhomme est robuste et à 9h30, après une dernière très belle longueur sur le fil de l’arête nous voilà au sommet de la Meije Orientale, nez à nez avec le Doigt de Dieu. L’émotion est palpable. La Meije ne laisse jamais indifférent! Les conditions parfaites nous invitent à flâner une bonne heure là haut! Encore un peu de concentration sur la descente où la glace pointe déjà son nez et nous nous échouons au refuge de l’aigle pour une nouvelle après midi dédiée à la non violence!

Doigt de Dieu par la voie normale

Pour clore nos 3 premiers jours, avant de descendre, nous profitons d’être déjà haut perchés pour gravir le Doigt de Dieu. Les rituels orages du soir, un peu plus froids que les jours précédents, ont déposé une 15aine de cm de neige. L’ambiance est magnifiquement immaculée… le soleil nous cueille à la rimaye… nous nous fumons les mollets dans les premières lueurs du jour! La longueur de rocher sous le sommet, couverte par endroit d’une carapace de glace, nécessite un peu de nettoyage… Et puis voilà, nous surplombons les Étançons depuis le Doigt de Dieu. Tout est parfait! Ne reste plus qu’une longue descente, rendue bien agréable aujourd’hui par la présence de neige jusqu’à environ 2400m…. c’est quand même bon quand ça glisse!

Arête sud Pointe Louise

Pour finir nos 5 journées avec Alain, nous retournons du côté du Glacier Blanc pour gravir la Pointe Louise, un sommet qui sonne particulièrement pour Alain.
Ca tombe bien, je n’ai jamais parcouru la classique arête sud, bien que je sois passé sûrement une bonne centaine de fois à ses pieds!! Nous sommes à l’attaque a peu près en même temps que le soleil… contrairement à l’arête sud du Glacier Blanc, où l’on peut louvoyer sur les flancs, celle ci se parcoure vraiment sur le fil! Le rocher est enthousiasmant, l’escalade jamais très dure avec quelques pointes dans le IV-IV+, et la vue sur la Barre grandiose! 2h après le départ, nous sommes au sommet de la Pointe Louise, un sommet bien moins fréquenté que certaines stars du secteur. La descente n’est pas tout à fait débonnaire, les raides pentes de neige demandent encore un peu d’attention… puis on se laisse descendre jusqu’au refuge du Glacier Blanc et un gueuleton bien mérité. Ainsi s’achève notre 8ème épisode et pas le plus vilain. Une semaine de rêve, loin des foules. Merci une fois de plus Alain pour ces bons moments en ta compagnie! La prochaine avec les fistons!

Initiation découverte alpinisme

Initiation découverte alpinisme

Jour 1 : école de glace sur le Glacier Blanc

De retour du Pilier Candau, un passage éclair à la maison pour me souvenir de la tête de mes enfants et me voila de retour sur les sentiers pierreux du Glacier Blanc. Je retrouve Magalie, Thierry, Joffrey, Philippine et Max pour une nouvelle session d’initiation à l’alpinisme sur 2 jours pour les uns, 3 pour les autres! Nous démarrons par une bonne école de glace qui nous mène jusqu’au cœur du glacier pour aller observer des crevasses de dimensions respectables. On balaye au passage l’essentiel de la gestuelle basique en crampons, de quoi s’en sortir honorablement sur des courses faciles. Soirée plutôt tranquille au refuge après un apéro face au pelvoux!

Jour 2 : ascension du Pic du Glacier d’Arsine

Comme première ascension, le pic d’arsine nous tend les bras. C’est une ascension idéale pour l’initiation à l’alpinisme. Les conditions sont encore parfaites avec de la neige dès les abords du refuge et jusqu’au sommet, et un regel très bon! Malgré les bonnes températures, le ciel est parfaitement clair aujourd’hui, on voit loin! Nous sommes peut-être les rares humains à goûter à la joie d’une sieste en plein soleil par ces temps de canicule! Passée la partie raide, la descente jusqu’au glacier est vite avalée. Jof, Magalie et Thierry prennent la direction du refuge des Ecrins pendant que je redescends avec Philippine et Max vers le refuge du Glacier Blanc. Cette après midi, je remonte aux Ecrins avec Nadine en passant par le cœur du glacier.

Jour 3 : ascension de la Roche Faurio

Dernier jour. On émerge peniblement à 2h30 dans un refuge regorgeant d’alpiniste. Nous partons sous les étoiles derrière une procession d’une petite centaine de frontales… mais nous serons les seuls à bifurquer vers la Roche Faurio! Nous sommes dans un timing impeccable et nous attendons le levé de soleil à l’épaule 200m sous le sommet. Des instants magiques. Encore un petit effort et nous embrassons une vue incroyable du Viso au Cervin… pas mécontent de s’être levé tôt!

Voie des Lézards et Pilier Candau

Voie des Lézards et Pilier Candau

Un an après notre parcours de la traversée de la Meije, Pierre et Paul sont fidèles au rdv! Pour ces 3 jours ensemble, nous partons roder dans le vallon de la Selle qui recèle quelques bijoux peu fréquentés. Pour l’accès nous passons par le téléphérique de la Grave et le col de la Lauze ce qui permet de s’affranchir à moindre frais de la montée classique un peu longuette… neige un peu bizarre sur le haut puis nous retrouvons de bons névés ensuite qui nous facilitent bien la tâche.

Ce soir le refuge déborde d’alpinistes, nous sommes 5 en tout, et nous 3 les seuls à manger là. Thibaut nous prépare un repas aux petits oignons. Ensuite il ne nous reste plus qu’à s’affaler dans un dortoir vide…. Vive l’Oisans sauvage!!

Pour cette journée de reprise, je propose à Pierre et Paul de gravir la voie des lézards à la Pointe Thorant. Des les premiers mètres d’escalade, le rocher est réjouissant, cette grande voie offre un granit de grande qualité! La difficulté va crescendo, jusqu’à 5b, mention spéciale au dièdre de 50m avec des prises magnifiquement sculptées qui vous tombent dans les mains…

Après un bout d’après dédié au repos du corps, nous faisons connaissance avec les 3 personnes avec qui nous allons partager le refuge ce soir à l’occasion d’une mythique session Yogapero, animée par Alberto pour la partie Yoga, et par Tibo et Noémie pour la partie apéro. Bonne tranche de rigolade à 2500m d’altitude!! Pour bien finir la journée, quoi de mieux que le polenta-Diot Tibo, et une mythique crambleliflette en dessert pour alimenter notre discussion sur le jeûne et la modération alimentaire!

Dernier jour, notre objectif est de passer par dessus le râteau ouest si possible par un bel itinéraire. Nous jetons notre dévolu sur le Pilier Candau qu que je ne connais pas mais qui a très bonne réputation…

Passées les 2 longueurs d’attaques sans grand intérêt, les choses se précisent à partir de la petite brèche. Caillou dément, escalade plaisante et ambiance gazeuse au rendez-vous! À la sortie du ressaut principal il faut franchir deux passages en 5b/c, le crux du jour. Candau ouvrait ça il y a plus de 50 ans en solo autoassuré, respect! Puis reste un bon morceau d’arête avant de retrouver la voie normale du râteau ouest. Nous arrivons en même temps que les cordées parties du téléphérique, heureux d’en finir avec cette belle course, avec en prime une descente pas trop longue grâce au téléphérique!

Ski d’été au Mont-Rose

Ski d’été au Mont-Rose

Après le Mont-Blanc l’an dernier, la bande est de retour avec deux nouvelles recrues et un deuxième guide pas au sommet de sa forme mais tout à fait fonctionnel! On reste dans la thématique des Monts- couleurs haut perché. Cette année il sera Rose. Pas de premier séjour d’acclimatation cette fois, on y va à la hussarde!

Notre stratégie pour minimiser le temps en altitude est simple : nous descendrons à skis, un choix qui fait l’unanimité, ou presque, dans le groupe! Il faut dire que le Mont-rose versant italien se prête très bien au ski de rando même en plein été : un telepherique qui amène jusqu’à la neige, des dangers objectifs modérés en début d’été et de vastes étendues glaciaires plutôt faciles à skier.

Nous passons deux nuits à Citta di Mantova qui s’atteint après une courte marche le premier jour. Après avoir fait le plein de minestrone et de polenta et essayer avec plus ou moins de réussite de grappiller quelques heures de sommeil, nous voilà en direction de la Pyramide Vincent, un sommet sans difficulté technique, perché à 4200m d’altitude. En ce dimanche, le flot d’alpiniste qui prend la direction des plus hauts sommets est quasiment ininterrompu!! Nous trouverons plus de calme du côté de la Pyramide Vincent et les skis nous permettent de prendre de la liberté avec les traces des piétons. Petit bonus pour nous, la neige est tombée récemment la haut et nous profiterons d’une première partie de descente excellente, dans une divine poudre tassée!

Nous splitons le groupe ici. Clémence et JB sont encore un peu énervés pour prolonger la journée avec moi pendant que le reste de la bande finit de descendre avec Sylvain vers un repos bien mérité. Nous montons jusqu’à la Ludwighohe, un joli sommet neigeux malgré un nom imprononçable!! Nous laissons les skis 1m50 sous le sommet, decapé par le vent. Un saut de rimaye et quelques virages plus tard, nous voilà au pied du Corno Nero. Ce sommet s’atteint par une longueur de neige bien raide et une petite traversée d’arete un brin technique et plein gaz! De quoi ravir JB et Clémence. Nos skis nous attendent à la rimaye. Nous n’avons plus qu’à nous laisser glisser presque sans forcer dans une neige de mieux en mieux au fur et à mesure qu’on descend! Que c’est bon le ski!

Réunion d’équipe sur la terrasse ensoleillée pour une petite session gnocchi / salade / ravioles i tutti quanti… pas pire!

Ultime journée : nous visons les panoramas de la haute altitude. L’inconnu étant évidement la réaction des uns et des autres à l’altitude après notre furtive journée d’adaptation. Nous montons sur un rythme régulier jusqu’au col du Lys. En nous écartant un peu du col, nous profitons d’une vue d’une rare beauté sur tout l’arc alpin du Viso aux alpes Autrichiennes…. et quelques sommets star comme le Mont Blanc, le Cervin et le Grand Paradis… En effectif réduit nous prenons la direction de la Pointe Zumstein… l’altitude commence à se sentir pour certains. Le souffle court, le coeur qui bat la chamade… au pied de l’arete sommitale, deux nouvelles défections dans les rangs… Nous finirons donc à 7 sur ce petit bout d’arete pas très difficile mais à l’esthétique imparable… et plutôt aérienne! Ensuite grâce au ski nous perdons de l’altitude rapidement. Jusqu’au col du Lys, la neige cartonnée demande un certain touché pour être appréciée mais ça ne fait que s’améliorer. En dessous du col ça devient franchement bon, on s’écarte largement des traces de montée pour faire nos traces entre les crevasses. Des petits cris de joie ponctue notre descente!

Le plaisir est intense. Court comme souvent à ski de rando, mais sacrément bon! Nous manquons une pause à l’entrée du couloir de descente pour récupérer des affaires déposées avant de filer vers le téléphérique. Une skieuse italienne nous fait une belle frayeur en loupant son premier virage dans cette section à 40° et partant en glissade tête la première vers les rochers en dessous…. un ange gardien viendra l’arrêter in extremis à deux doigts du drame. Séquence émotion qui met tout le monde dans de joyeuses dispositions pour descendre!!

Quelques minutes de dérapages plus tard et une glissade collante sur le glacier, et on déchausse les skis presque dans le téléphérique. L’aventure 2019 se termine comme il se doit devant un petit gueuleton avec vue sur les montagnes!

Traversée du Pelvoux

Traversée du Pelvoux

Après un très bref passage en vallée le temps de changer de caleçon et de me rappeler la saveur d’un fruit, je remonte au refuge du Pelvoux pour retrouver Stef et Florian avec qui nous avons déjà baroudé dans les Ecrins. Nous sommes quasiment seuls au refuge à profiter des excellentes bières et de la cuisine de Mathieu, le nouveau gardien. Merci à toi pour l’accueil!

Nous optons pour un départ très (trop) matinal pour profiter du levé du soleil si vraiment on traîne pas! C’est que en ces jours les plus courts de l’année il se lève tôt le bougre! C’est donc à 2h du matin que Mathieu nous réveille ce matin. Aîe ça fait mal! Heureusement, ses bonnes confitures et le miel nous donnent du baume au coeur.

Les conditions du jour sont parfaites : on chausse les crampons 200m au dessus du refuge et on les quittera qu’à la descente! Nous sommes éclairés par une lune presque plein. Le regel est parfait, on s’en plaint pas, surtout quand on voit les traces de ceux de la veille! Merci à eux, car du coup nous profitons de belles marches dans le haut du couloir Coolidge… nous partageons l’ascension avec deux autres cordées ce jour. Malgré un bon rythme, nous serons tous un peu short pour le levé de soleil mais on profite quand même bien des belles lueurs matinales.

Le manque d’acclimatation se fait un peu sentir sur le haut mais nous arrivons quand même au sommet de la Pointe Puiseux à 6h30. Panorama grandiose sur tous les grands sommets des Ecrins et au delà, du Mont-Ventoux au Cervin!

Bon c’est connu, au Pelvoux, une deuxième journée débutée quand on est au sommet! Nous nous lançons sur le Glacier des Violettes. Là encore les conditions sont parfaites. Pas de crevasses complexes à franchir, on peut juste profiter du lieu le nez en l’air!

Après deux rappels et la traversée sous les séracs, nous bifurquons dans la Serre de Riou, l’itinéraire d’hiver où la neige est encore présente jusqu’à 2350m. On alterne glissades sur les fesses et passages de barres sous l’oeil des chamois. Plutôt efficace! De là on rejoint la vaste banquette qui fait la jonction avec le névé des militaires… et une dernière glissade plus tard nous voilà vers 11h non loin du Pré de Madame carle. Une charitable locale nous convoiera de là à nos voitures laissées au parking du Sélé! La journée se conclue comme il se doit devant un bon remontant sur une terrasse ensoleillée d’Ailefroide! La sieste sera bonne!

Grand bravo à tous les deux pour ce Pelvoux réalisée de belle manière malgré l’acclimatation très légère et la préparation pas optimale!!

Roche Faurio

Roche Faurio

Sans répit, aussitôt rentré, je repars avec Marie, Aurélien et Loïc. Petit tour sur le glacier et montée aux Ecrins juste à temps pour regarder tomber la pluie depuis le refuge, la bière à la main!

Réveil traditionnel à 3h, ça pique. Dehors la la pleine lune et les nuages qui s’évacuent donnent une ambiance mystérieuse à la montagne… Contrairement à la veille, le regel n’est pas optimal ce matin. On est quitte pour un bon brassage dans le haut de l’itinéraire dans la partie raide. Des petits morceaux de poulet dans la semoule!

Heureusement la vue au sommet récompense nos efforts, et la montagne est tellement belle avec un peu de neige fraîche!

A la descente, on passe rapidement en mode glissade sur les fesses, technique à l’efficacité redoutable, même avec la fatigue!

A la prochaine à ski peut-être!

Stage découverte alpinisme

Stage découverte alpinisme

Dès fois, c’est moi l’intrus. Je me retrouve à guider des groupes d’amis qui se connaissent bien, ont déjà leur code, leur histoire communes… D’autres fois le groupe est constitué de personnes qui ne se connaissent pas, alors il y a dès le départ un pari et des questions! Dans ce groupe que je retrouve sur la terrasse du Glacier Blanc et où personne ne se connaît, la sauce prendra plutôt bien!

Je fais un premier briefing pour mettre tout le monde au courant : en haute montagne c’est la dictature, il faut suivre le führer et il a tous les droits sur ses admirateurs… je dois être un führer trop tolérant : la discussion m’échappe dès le début! Après quelques essais variés, entre maître (trop scolaire), chef (trop corporate), le consensus s’établit autour de Dieu pour m’appeler. Accordé!

A part discuter, de temps en temps nous parcourons la montagne. D’abord pour une petite école de glace express avant l’orage. Histoire de faire sortir tous les animaux qui sont en nous : canard, poulets, félins et autre chèvre afghane… Retour dans un refuge plus bondé qu’un élevage de volaille pour ce premier gros week-end!

Le lendemain, nous montons en bavardant vers les corniches de la bosse d’Arsine où nous serons seuls à se régaler du paysage en refaisant le monde sans qu’il s’en aperçoive. Dieu dispense régulièrement ses apprentissages Traditionnel journée de transition entre Glacier Blanc et refuge des Ecrins qui se termine immanquablement par la côte de la mort qui mettra tout le monde d’accord! Heureusement l’omelette de Damien est là pour nous faire oublier que ce refuge est trop haut perché! Soirée paisibles dans un refuge presque vide.

Pas de répit pour les braves, aujourd’hui nous nous levons à 3h du mat’ direction la roche Faurio. La lune nous accompagne un petit moment puis nous marchons toutes frontales éteintes sur le long faux plat du glacier. Aux premiers rayons du soleil, nous attaquons la montée vers Roche Faurio. Une petite pause yogique pour quelques salutations solaires et on repart vers l’épaule de la Roche. Nous laissons là Yvon et Brigitte pour une petite méditation pendant que nous allons au sommet avec Géraldine, Magalie et Seb. Le raidillon est raide dis donc! Mais il en faudrait plus pour nous barrer la route. Arrivée sur notre sommet tout enneigé, c’est pas large mais tout le monde est content! La vue du jour est canon : des montagnes minérales, du ciel et tout un tas de trucs complexes! Pour nous encourager à la descente, Géraldine nous improvise un psaume en argot. Tout va bien.

Une fois tout le monde récupéré, on poursuit la descente vers les lasagnes en faisant un petit détour par le milieu du glacier.

Merci à vous tous pour ces bons moments de rigolade là haut, pour votre foi en Dieu et pour la belle énergie!

Dibona – Voie Madier

Dibona – Voie Madier

Guillaume choisi la belle journée pour cette virée éclair dans les Ecrins! Notre projet initial était de gravir la Grande Aiguille de la Bérarde par Granitude, mais les orages des jours précédents ont copieusement plâtré l’édifice!

Il ne nous faudra guère de temps pour trouver un plan B : Guillaume n’a pas été encore présenté à Lady Bona, et pour ma part je lui rend toujours visite avec beaucoup de plaisir!

Après un bon dodo à la Bérarde c’est donc 1000m d’approche qui nous attendent avant de pouvoir poser la main sur le granit collector de la belle! Un petit café sur la terrasse ensoleillée du Soreiller en regardant les quelques cordées du jour s’escrimant déjà sur la face… puis vient notre tour!

Notre voie du jour sera la voie Madier, dite face Sud directe, qui remonte l’évidente seule ligne de faiblesse de la face… dans le haut nous ferons une entorse à l’itinéraire en évitant la fissure Madier par une ligne de dièdre à gauche avant de finir par les cannelures Stofer.

Sommet pour nous seuls aujourd’hui. Après un bon casse dalle, on s’envoie la descente de la voie normale et grâce à la neige nous rejoignons le refuge du Soreiller en un petit quart d’heure de glissades!

Passage obligatoire par la bière locale avant de se laisser filer jusque dans la vallée! Le lendemain nous aurons même juste le créneau pour s’envoyer 3 longueurs au dessus du paravalanche avant de reprendre chacun nos chemins respectifs!

Sous le signe du Plan B

Sous le signe du Plan B

Une météo plus que joueuse pour ces 3 jours avec Jelle, Pim et Alexis… Dès le départ, l’ambiance est au plan B!! Vu les orages annoncés cet aprem et demain, au lieu de se retrouver au refuge du Glacier Blanc, je propose à mes compagnons de rester dans la vallée sur un site d’escalade pour une petite session manip à l’abri de la pluie… et qui sait peut-être même un peu d’escalade!

Nous nous retrouvons donc sur le parking de Chanteloube où une bonne averse nous accueille comme il se doit! Le secteur présente quelques avantages non négligeables au vu de la météo capricieuse du jour : approche minimale et grand surplomb qui protège le pied de falaise et permet de faire des manips de cordes. Et juste à côté, un secteur école où l’on peut grimper du III au 6b avec des voies bien intéressantes en grosses chaussures. Nous débutons par quelques exercices d’encordement… et soudain, la pluie s’arrête! Ni une ni deux, on se jette sur le créneau pour faire quelques longueurs d’escalade. Pim et Jelle sont totalement novices et découvrent leurs premières sensations de grimpe en grosse sur du rocher un peu humide! De bons gaillards! Alexis est un peu plus expérimenté mais n’a pas vraiment d’expérience d’escalade en chaussures de montagne… quelques instants plus tard le voilà en moulinette dans du 5b!

Nous finissons l’après midi par quelques ateliers et manips de corde : pose de coinceurs, confection de relais et remontée sur corde… une après midi intense finalement!

Jour 2 : on lâche rien! La météo annonce le retour de la pluie et du risque orageux à partir de 11h. Le réveil sonne donc tôt ce matin pour aller à l’éperon Bouchier. Au réveil, le temps est splendide!! Vive les Hautes Alpes!

On s’endort quand même pas sur nos lauriers. D’avoir vu tout le monde grimper la veille m’a permis d’imaginer des objectifs adaptés à chacun aujourd’hui! Pim et Jelle auront pour « simple » objectif de grimper leur première grande voie en second, quant à Alexis, il mènera une cordée, posera quelques coinceurs et construira ses relais…

L’éperon Bouchier se prête très bien à ce jeu avec de nombreuses possibilités d’assurage naturel, des relais confortables et aussi des points en place pour tranquiliser le mental! Les 5 premières longueurs se passent à merveille, même si évidement à 4, tout ça nous prend un peu plus de temps… A la sortie de la 6ème longueur, j’aperçois soudain le ciel versant Vallouise d’une noirceur inquiétante. Quelques instants après claquent les premiers éclairs et les premières gouttes d’eau… un vent frais se met instantanément à souffler… pas de doute un orage arrive sur nous!!

Tout le monde me rejoint au relais et nous passons en mode cordée unique. Il nous reste juste une courte section raide avec les longueurs plus faciles du haut! On sort tout ça au trot avec un beau festival son et lumière autour de nous… je prends garde dans la débâcle de bien assurer tout le monde jusqu’au bout… les dalles faciles de la sortie sont de redoutables patinoires maintenant!

Malgré quelques éclairs très proches de nous, nous échappons à la grosse drache qui commencera juste à notre arrivée à la voiture! Bon timing!

Cette première bulle orageuse étant passée, Pim, Jelle et Alexis profite d’un créneau pour monter au sec jusqu’au refuge du Glacier Blanc où je les rejoindrais en fin d’aprem.

Jour 3 : au réveil à 4h ce matin, le ciel est parfaitement étoilé. Nous partons en direction du Pic d’Arsine. Les nuages nous rattrapent progressivement et 120m sous le sommet nous ne voyons absolument plus rien que du blanc! Nous attaquons la pente sommitale mais le manteau neigeux pourri et la couche de neige fraîche en surface, en plus d’être pénible à tracer ne m’inspirent guère confiance… ajouté à cela la promesse d’une absence totale de vue, je préfère prendre la décision de renoncer.

Nous descendons rapidement sur le glacier où la visibilité est bien meilleure. Comme on a encore un peu de temps devant nous avant le mauvais temps annoncé, nous partons pour une petite visite du glacier où l’encordement et la corde tendue prennent tout leur sens quand on visite une crevasse! On suit le glacier vers le bas jusqu’au niveau de l’école de glace où un rappel nous permet de descendre un ressaut plus raide. On explore une dernière crevasse avant de retourner au refuge du Glacier Blanc pour le traditionnel gueuleton du montagnard!

Initiation arêtes rocheuses

Initiation arêtes rocheuses

Là encore, avec Hadrien et Virgile, un programme tout en rebondissement! Nous profitons des deux premières journées pour entrer directement dans le vif du sujet!

Le premier jour nous prenons la direction de la pointe Etienne, au départ pour gravir la PDB, la voie la plus facile de la face… Nous attaquons par les deux premières longueurs de la voie Molinatti. Je vois que mes compagnons se débrouillent bien. Leur expérience de la grimpe en salle leur donne quelques arguments pour se dépatouiller dans ce terrain, même si évidement grimper en grosses chaussures sur du vrai caillou au milieu d’une carte postale, avec un sac sur le dos n’est pas tout à fait le même exercice.

Je décide finalement de rester sur la voie Marcel Molinatti pour les 3 longueurs suivantes… ça grimpe! Du IV soutenu avec deux pas de V un poil déversant, mais toujours des bonnes prises! Mais quand même de quoi faire monter l’acide lactique dans les avants bras! Saluons l’ouverture ce jour de deux variantes dans le haut de la face : la Superdirecte d’Hadrien et la shunte à Virgile! Au dessus, il ne nous reste plus qu’à filer à corde tendue jusqu’au sommet… Pas mal pour un début!

Un rappel et une longue glissade plus tard nous voilà tout juste à l’heure attablés devant une bonne soupe!

Deuxième jour : le créneau météo est parfait pour cette journée. Nuages et vent ont pris une journée de repos, le soleil se donne à fond du matin au soir. Je propose à Hadrien et Virgile un itinéraire déjà ambitieux pour un début en montagne : l’arête sud du Glacier Blanc. Ce que j’ai vu la veille m’inspire confiance, même si le terrain n’est pas tout à fait le même… de toute façon, nous avons une longue journée devant nous!

L’altitude chahute un peu Hadrien ce matin sur la marche d’approche… les doutes de l’attaque se dissipent dans l’action. Il faut dire que de l’action il y en a dès le départ sur cette arête. Les deux première longueurs constituent le passage clef de cette itinéraire… La suite déroule nettement plus. La difficulté est moindre mais le terrain demande de rester attentif, surtout quand on évolue à corde tendue! On fait une petite halte sur une terrasse avec vue avant de repartir de plus belle… Plus on avance vers la première brèche plus on se rapproche du fil de l’arête, jusqu’à être parfaitement dessus!

Petit séquence émotion à la brèche! Je mouline mes compagnons dans ce lieu austère et plein de neige… il faut accepter un court instant de quitter le réconfort de la corde (et du guide!) et braver la solitude, une demi fesse posée entre roc et neige! Nouveau ressaut à grimper et nouveau rappel dans une autre brèche un peu plus conviviale que la précédente!!

Le sommet nous fait déjà de l’oeil mais il faut rester concentrés. Encore quelques efforts et acrobaties et nous nous affalons sur le sommet du Pic du Glacier Blanc pour une pause bien méritée!

Le début de la descente demandera encore bien de l’attention puis tout s’accélère : on enlève la corde, le baudrier et zou! Une glissade de 500m nous dépose en quelques minutes sur le glacier! C’est quand même bon le début de saison!

Après ces deux journées Hadrien et Virgile sont comblés… la journée du lendemain est annoncée très moyenne, nous espérons quand même faire un tour sur le glacier, mais sans plus de pression que ça! Finalement le matin, il pleut! A chaque accalmie, les alpinistes se jettent sur leurs chaussures pour se lancer dans la fenêtre météo mais le temps de faire les lacets, il re-pleut!

Nous finissons par abandonner l’idée du glacier et après quelques manips de corde bien au chaud, nous en restons là pour cette fois!

Traversée Cézanne – Pic d’Arsine

Traversée Cézanne – Pic d’Arsine

Notre séjour avec Romain et Thierry est placé sous le signe du changement de programme!! Notre projet initial était d’enchaîner la Meije Orientale et le Doigt de Dieu, mais les dernières nouvelles de la haut ne sont pas des meilleures, entre brassage à la montée et sécheresse des faces… En route donc pour un plan B dans le secteur du Glacier Blanc. Cette traversée de Cezanne à Arsine est une magnifique course de remplacement à pratiquer impérativement en début de saison quand la neige est bien présente! Bon le regel n’est pas fou aujourd’hui, on est quitte pour des sections bien brassantes et quelques « trous » nous avalent presque entiers!

On poursuit quand même jusqu’au Pic d’Arsine et même un peu plus loin sur l’arête, avec quelques pas de mixte intéressants. On imagine même un instant poursuivre jusqu’au Pic du Glacier Blanc, mais le brassage qui reprend nous en dissuade… et on a déjà bien profité de la vue tout le long de la traversée! Les conditions du jour et les prévisions pour demain me conduisent à renoncer au projet de traversée de Roche Paillon à Émile Pic. Nous irons plutôt vers une course de rocher, cap sur le refuge du Glacier Blanc pour un bon gueuleton et une aprem de recup!

Raid dans les Cerces, entre poudrette et moqueuse!

Raid dans les Cerces, entre poudrette et moqueuse!

C’est l’histoire d’un séjour qui a bien failli ne jamais exister! Passons les détails mais Antoine, Laurent et Romain ne se connaissaient pas et sans la décision de dernière minute de Romain, ces 4 fantastiques journées que nous avons vécues sur les skis n’auraient pas existé!!

Grosse révélation de ce séjour, Romain surnommé le « cutter » (de traces) qui malgré une très très récente conversion du snow au ski nous étonnera chaque jour par ses progrès et son mental! Tout ça pour finir un raid « d’initiation » dans une pente à plus de 45°!! Tout le monde n’apprend pas à la même vitesse!

Constituer un groupe de personnes qui ne se connaissent pas est toujours un pari. Et on peut dire que sur ce coup là, ça a plutôt bien fonctionné! Et les conditions du moment, bonnes sans être simple, alliée à une météo sans faille nous ont offert le parfait cadre de jeu!

Journée de temporisation dans le Vallon du Crouzet

Pas de panique, avant de partir en fanfare dans les Cerces, un petit galop de chauffe s’impose. Pour tester les troupes, le matos, la neige. Lever le maximum d’incertitudes et partir sereins dans les Cerces…Comme j’y ai rodé les jours précédents, le vallon du Crouzet derrière Freissinières me paraît une bonne mise en jambbe… Il faut y croire au départ sur ce versant sud sur ces plaques de neige faméliques! Dès le passage en versant nord, la neige est bien là et le vallon du Crouzet s’offre à nous dans une solitude totale. Déjà un petit moment qu’il n’a pas neigé et pourtant pas plus de 5 traces au fond du vallon.

Malgré un infâme bottage sur 200m de dénivelé, nous avalerons aujourd’hui nos 1200m de dénivelé syndicaux avec à la clef une pure descente avec quasiment que du bon! Bon début!

De Névache au refuge du Chardonnet par la poudre

On largue tout pour 3 jours d’itinérance dans les Cerces au départ de Névache (et même d’un poil plus haut!)… la journée d’hier nous a mis en joie! J’ai toute la confiance de mes compagnons pour tisser un programme au fil de la spatule… au diable les grands noms, les cols, les sommets… on privilégie d’abord la qualité du ski!

On dépasse le refuge de Buffère en direction de la crête de Baude. J’espérai d’abord attraper les grandes pentes plein nord de la Casse Pinière par le sud mais les pentes d’accès ne m’inspirent guère… Nous bifurquons donc vers un col, lieu idéal de pique nique. Nous redescendrons 200m entre moquette et poudre avant de remonter sur le sommet principal de Baude.

De là, nous rejoindrons des pentes excellentes après les 100 premiers mètres soufflés. Romain qui n’a que quelques jours de ski dans le compteur progresse à chaque seconde et nous suit sans pinailler. J’envoie Antoine et Laurent en éclaireur, et leurs cris de plaisir nous renseigne sur la qualité de la neige!! Malgré la fatigue et le dénivelé, nous voilà tous quitte pour une remontée dans le grand champ de poudre vierge de la Casse pinière!

L’affaire sera vite avalée avant le retour sur le bien confortable refuge du Chardonnet!

Du Chardonnet à Laval par le tour du Queyrellin et quelques poudreuses variantes

Là encore une journée placée sous le signe du furetage! En partant vers le Col de la casse Blanche, nous avons dans le rétroviseur la Pointe du Demi. Les traces faites la veille dessus sont sans appel sur la qualité de la neige sur les versants NW. Voyant ça je ne résiste pas à la tentation d’aller visiter les pentes NW sous la tête de la Cassille avant de monter au Col… Bingo, cette poudreuse matinale nous met en état d’apesanteur! Le paysage des Cerces est toujours aussi régalant tout en contraste entre des fonds de vallée mamelonnants et des crêtes dolomitiques!

Le passage du col est presque une formalité, l’occasion de se mettre à l’aise sur les conversions! Là encore, la recherche du bon ski nous pousse à quelques efforts supplémentaires et on remonte sur le versant d’en face pour trouver un bon champ de moquette tout lisse… pour la première fois du séjour, je sens que Romain lâche les chevaux et commence à piger le truc! Laurent et Antoine aussi desserrent totalement le frein à main sur cette fine et onctueuse crème!

Le passage au pied de la crête est un peu moins bon. Ces 150 mètres de déniv’ ne sont pas revenus, la faute au petit vent du jour… m’enfin on a connu bien pire comme neige!

La journée aurait pu s’arrêter là mais la perspective d’un autre champ de poudre ou de moquette remotive toute la troupe pour une dernière montée… le vent est déjà à l’œuvre depuis un petit moment mais n’aura pas encore eu raison de la poudreuse derrière la bosse que nous montons. Encore du très très bon!

Le printemps a ça d’unique qu’il peut offrir toutes les neiges dans la même descente! Après la poudreuse, 150 mètres de crouteuse font la transition vers la suave moquette que nous ne quittons plus jusqu’à Laval. Ouf!

Ce soir nous sommes quasiment seuls au refuge et on s’en plaint pas!

Pointe des Cerces depuis le refuge Laval

La journée moisie sur le papier qui se transforme en journée féérique! La météo nous avait promis des nuages et un vent à nous arracher la peau… Bref, on se consolait presque déjà de cette moins bonne journée par les 3 premières fantastiques que nous avons vécue…

Ce matin au réveil c’est un ciel bleu radieux qui nous attrape sur la terrasse du refuge!! On part en direction du lac des Beraudes. L’idée est éventuellement de monter sur les contreforts de la pointe des Cerces pour éventuellement trouver un peu de neige décaillée… avec la brise fraîche du jour c’est pas gagné! Et le fort vent qui a soufflé toute la nuit à anéanti les espoirs de poudreuse en NW…

Nous nous engageons dans les pentes de la pointe des Cerces. Je m’attends à recevoir la gifle du vent en arrivant sur l’arête… mais rien. Tout juste une brise. Et nous voilà les skis sur le sac en direction de la pointe des Cerces. Sommet sans un poil de vent. Inespéré! Quelques centaines de mètres au dessus, nous voyons passer des nuages à mach 2. On a un peu l’impression d’être dans l’oeil du cyclone.

Ce sommet sera une faveur inespérée dans notre séjour, un moment de grâce!

La seule partie lisse à la descente est assez raide, entre 40° et 45°, déjà pas mal pour Romain, quasi débutant à ski et qui s’en sortira haut la main! Nous enchaînons ces pentes avec le vallon en neige lissée derrière avant de retrouver plus bas les océans de moquette…

Une fois de plus on ne résiste pas à la tentation de remonter pour bien finir d’user la moquette locale!

Une fois notre forfait accompli, on se laisse glisser jusqu’à Laval pour un apéro casse dalle bien mérité avant la session skating qui cloturera ces 4 journées collector!

Team building

Team building

Après la belle journée d’hier dans les couloirs de Ceillac, pas de répit! Au lieu de se poser devant un écran d’ordinateur pour remettre en état notre site commun, nous décidons sagement avec Sylvain d’opter pour une journée de popow. Nous avons bien plus de prédilection et d’entrain dans ce terrain que dans la résolution de schismes informatiques!! A défaut de faire avancer le schmilblick, au moins parviendrons nous peut-être à l’oublier?

En ces temps de sécheresse, on peut déjà monter jusqu’à 1700m sur la piste au dessus de Freissinières. Grâce à quelques plaques de neige épargnées sous la forêt on peut quasiment monter sans déchausser. On se contente de peu en ces temps de disette…

Direction la tête des Raisins par la crête des Lauzières, sans programme défini, le radar à poudreuse à l’affût. Les couloirs qui descendent vers le vallon du Crouzet nous fond du gringue. On se laisse séduire pour une petite minute de pur bonheur!

Au fond du vallon du Crouzet, une bonne partie de nous nous invite à un retour immédiat et une sieste bien méritée… Un petit coup de fil inopiné nous relance sur un plan en traversée vers le Fournel. Moults inconnues certes mais avec la possibilité motivante d’un taxi! On se refait pas.

Remontée donc sur la crête de la Seyte, skis sur le sac. De là haut un plan finit par germer dans nos caboches. Évidemment un plan à haute dose d’incertitude, avec aucune autre information qu’une vague photo prise 10 jours avant depuis Puy-Saint-Vincent. La photo semble montrer qu’il y a un chemin possible assez évident depuis le sommet de la Seyte au fond du Fournel via le torrent de l’Alpet…

On se lance donc dans le couloir en question la fleur au fusil et le cœur battant. Très très bon mais le bas du couloir est bien plus sec que sur la photo et laisse apparaître 10 mètres en mixte bien pentus… oupsss! Va-t-on s’offrir le plaisir de remonter ce que nous venons de descendre? Rive gauche, aucun espoir, falaises et tout le toutim! Finalement c’est rive droite qu’on trouvera le biscuitage salvateur et le salut vers le bas! Une très large rampe permet la jonction vers le torrent de l’Alpet. Superbe ambiance dans ce ravin bordé de falaises où nous trouvons une neige bien transformée…

Initiation ski de randonnée

Initiation ski de randonnée

Avec Max on a déjà quelques moments d’aventures diverses et variées partagées… mais cette année pour la première fois, c’est le spatule au pied qu’on va courir l’Alpe ensemble!

En plus de découvrir ce fantastique moyen de locomotion montagnard, Maxime aimerait apprendre les bases de l’autonomie dans la pratique… le sujet est vaste, l’apprentissage long et les disciplines abordées nombreuses! Malheureusement, le skieur de rando se heurte rapidement aux limites de l’expertise et de la connaissance scientifique… la variabilité du manteau neigeux et des phénomènes naturels liés à la neige est telle que tout possibilité de connaissance complète et rationnelle vole rapidement en éclat!! Nous devrons donc nous contenter d’une connaissance incomplète, d’incertitude, d’estimation et nous méfier de la tendance naturelle que notre cerveau a de vouloir simplifier et expliquer. De donner du sens à ce que l’on voit pour compenser l’inconfort du à l’impossibilité de prévoir totalement le risque…

La tentation est grande pour le professionnel ou le pratiquant de tomber dans la surexpertise « nivologique », dans les explications complexes ou dans la certitude… de croire que l’absence d’accident n’est due qu’à une suite de choix judicieux de sa part. S’il y a bien une chose complexe dans ce domaine c’est que les comportements inappropriés, les erreurs de décision ou d’estimation n’entraînent pas forcément une sanction… il y a donc nécessité impérieuse de continuer à apprendre de chaque situation, même si tout semble s’être bien passé. Et plutôt que d’apporter des explications complexes ou complaisantes à notre « réussite », essayer de voir comment nos décisions ont été prises…

Bien sûr il est indispensable et élémentaire de savoir identifier une pente à plus de 30° et une exposition, d’extraire les informations clefs d’un BRA, de repérer les signes de transport par le vent, d’identifier les couches fragiles, d’anticiper l’effet de la météo sur la neige, de connaître les règles de comportement et de sécurité sur le terrain, de savoir mettre en œuvre un secours en avalanche, etc… mais il est également primordial de prendre conscience de la façon dont nous prenons nos décisions et de tous les éléments qui vont venir parasiter la mécanique… bref la psychologie humaine dans toute sa finesse et sa splendeur!

Heureusement les journées sont assez longues pour aborder ces nombreuses questions et parfois même parler d’autre chose ou juste écouter le silence!

Premier galop de chauffe au Pas du Curé au dessus de Ceillac avec un ratio très avantageux grâce au télésiège et à une dépose de voiture… Nous sommes seuls dans le secteur et la bascule dans le vallon des Pelouses nous offre un grand moment de sauvagerie.

Pour la deuxième journée, la neige tombée dans la nuit nous offre une nouvelle expérience nivologique! Je propose à Maxime d’aller du côté de la tête des Raisins près de Freissinières… nous y trouvons une poudreuse de premier choix sur toute la partie haute et après une courte transition de la neige revenue sur le bas. Très bon!

Pause grimpette

Pause grimpette

Les cascades se liquéfient, les champs de poudreuse se dessèchent, pas d’autre choix que d’aller se dérouiller le chausson!! Bonne opération finalement pour Guillaume qui voit son sac s’alléger à chaque activité potentielle qui s’écarte! Encore une belle mission depuis Paris grâce au train de nuit, longue vie à lui et à ses usagers!

Notre journée de varappe sera une véritable errance dans le proche Champcellouirois avec moults rebondissements! D’abord partis pour aller grimper au dessus de la Roche, nous optons finalement pour le soleil matinal de la voie de la Rampe au dessus du Lac de la rama…

Une voie et une sieste plus tard nous voilà au pied de la marche d’approche des voies au dessus de la Roche… malgré notre belle historique commune avec des faits d’armes comme la Pierre Allain à la Meije ou le Pilier Sud des Ecrins, nous butons aujourd’hui sur les premiers pas de cette marche d’approche… en fait nous ne sortirons même pas de la voiture!!

Le plan B s’impose… je propose à Guillaume de retourner sur le Pilier de Rame, de garer la voiture en haut et de descendre en rappel dans une voie que nous remonterons en 3 longueurs… Faut savoir être à l’écoute quand la flemme est en toi, surtout quand elle affecte toute la cordée!

Aiguillas par les Gourenqs

Aiguillas par les Gourenqs

Aujourd’hui je propose à Patrick de s’extraire de la vallée de la Guisane pour venir skier vers Freissinières. Plusieurs raisons à ça : l’Aiguillas est la plus belle montagne de toutes les Alpes du Sud bien sûr, le mauvais temps et le vent une fois de plus nous arrivent de Savoie, ici on sera plus abrités… et j’ai connaissance de quelques réservoirs à poudreuse qui devrait nous satisfaire pour la journée! Hier en faisant le Tour de la Tête de Gaulent j’ai pu me rendre compte en direct du bon état de la poudreuse sur cette montagne!

Patrick prépare un voyage d’altitude à ski, cette journée est l’occasion de faire quelques calages et de peaufiner sa préparation physique! Evidemment si au passage on peut faire du bon ski, dans un cadre splendide sans croiser un chat, on a rien contre!

De notre montée du jour, nous avons l’œil sur les nuages qui gagnent progressivement le Nord du département… ici nous sommes comme prévu nettement plus épargnés! Après une centaine de conversions dans les Gourenqs, le vent et les cuisses auront finalement raison de nous! Pris dans le premières rafales de vent, dans cette ambiance hautement montagne, le son des cloches de Freissinières 1500m plus bas nous parvient… contraste des lieux!

La descente est à la hauteur de ce qu’on imaginait, voire même un peu mieux! Pas un virage à jeter jusqu’à 1600m!

Tour de la Tête de gaulent

Tour de la Tête de gaulent

Coup de fil de dernière minute de Seb et Oxo, on organise à la volée une rando « locale » dans mon jardin… faut dire qu’y ayant rodé un peu, j’ai repéré quelques zones de production de poudreuse encore actives! Après 3 semaines sans chute de neige et des températures pré-estivales c’est dur à croire mais bien vrai! Il reste de la poudre!

Notre dernière sortie ensemble remonte à 2 ans et Seb se souvient d’une rude première journée où nous avions fait en deux fois 1200m de dénivelé aux alentours des Fonts de Cervières… le programme mijoté aujourd’hui devrait fleurter avec les 1300m. Tout va bien!

Départ du Ponteil par la piste de Tramouillon. En 8 heures de tour nous ne croiserons qu’un seul humain skiant de toute la journée… nous montons en direction du Col de ValHaute. Vue la chaleur du jour, je préfère passer dans les bois en versant nord pour ne pas mourir calcinés ou déshydratés!

On pousse au dessus du col, 200m de plus en direction du sommet des Rougnoux, ça nous permettra de gagner des pentes plus skiantes et d’optimiser le ski derrière… la petite rallonge s’est fait sentir dans les jambes et je sens arrivé vers 2700m que j’ai pas intérêt à proposer une autre rallonge!!

Derrière les choses se passent pas trop mal nous sommes dès les premiers virages dans de la poudre mature qui nous donne du bon plaisir! Seb et Oxo déguste ce bon run entre père et fils! Après les grands espaces sous les Rougnoux, nous rentrons dans un mélézin tout poudre jusqu’à 1900m, altitude où il nous faut sans compromis possible remettre les peaux sur une centaine de mètres… chemin de croix!

Du sommet de la dernière remontée encore 1000m de descente nous attendent! Petite poudre surprise au tout début avant la traversée du terrifiant couloir d’avalanche de l’Eysserenne. Encore du bon ski à faire dans les bois jusqu’à 1500m sur une neige transfo puis on se laisse glisser tranquillement sur la piste forestière jusque dans la vallée 400m plus bas où nous attend une voiture miraculeusement posée là le matin!

Tour de la Tête de Gaulent - Run entre père et fils

Tour de la Tête de Gaulent - MMm

Tour de la Tête de Gaulent - Aréien Oxo

Tour de la Tête de Gaulent - Seb dans la forêt

Tour de la Tête de Gaulent - You

Tour de la Tête de Gaulent - Mélézin poudreux

Tour de la Tête de Gaulent - Mélézin poudreux

Tour de la Tête de Gaulent - Ultime remontée

Tour de la Tête de Gaulent - Check

Découverte du ski de randonnée – 3 jours

Découverte du ski de randonnée – 3 jours

Yves et Christelle en rêvait depuis quelques temps, il sont franchit le pas qui les séparait du rêve! Le pas en l’occurrence prend la forme de 8h de bagnole pour rallier la Wallonie au sud des Alpes.

Yves et Christelle aborde l’activité en véritable nomade qu’ils sont! Le programme ne les inquiète pas trop, ils me font toute confiance pour construire ça au jour le jour! C’est une vraie chance de pouvoir aborder le ski de randonnée de cette manière, de la façon la plus libre qu’il soit!

Le projet pour ces 3 jours avec mes deux nouveaux compagnon d’aventure c’est de leur donner des bases pour un futur plus autonome dans l’activité<… prendre conscience de ce qu’on peut faire, de ce qu’on veut faire en montagne, de comment le faire, et de toutes les choses à apprendre avant d’être totalement autonome!

Au gré de ces 3 jours de randonnée, nous abordons entre autre sujets plus ou moins sérieux toutes les questions qui touchent à la pratique du ski de randonnée : nivologie, gestion des risques, prises de décision et filtres décisionnels, gestion de groupe, choix de trace, recherche DVA et secours en avalanche, psychologie humaine, etc… Bref c’est vaste!

Jour 1 : Tête de Paneyron, face ouest

Pour cette première journée de découverte, pour démarrer sans stress horaire ni technique, je propose à Yves et Christelle une rando au dessus du Col de Vars, sur les flancs Ouest de la Tête de Paneyron… ça nous laisse le temps de monter tranquillement même avec un départ tardif et les pentes inférieures à 30° tout le long me permettront de jauger le niveau de ski à la descente pour la suite!

Après 700m de montée, nous nous arrêtons sur une zone d’herbe qui nous invite au casse croûte et à la sieste. Nous sommes bien là! Yves et Christelle savoure ces moments de montagne, trop rares à leur goût!

Nous restons un bon moment là haut à contempler, refaire le monde et siester en attendant que la neige soit aldente!

Initiation ski de randonnée - Paneyron - Les premiers pas

Initiation ski de randonnée - Paneyron - De la poudre encore?

Initiation ski de randonnée - Paneyron - Notre vue du jour

Initiation ski de randonnée - Paneyron - Pas mal le décor pour skier

Initiation ski de randonnée - Paneyron - Christelle

Jour 2 : La Blanche

Départ de la station de Pelvoux pour cette classique incontournable des Ecrins! Le télésiège nous aide à prendre de l’altitude, il ne nous restera plus qu’à rejoindre le sommet!

Pour la beauté du parcours nous passons par l’arête du Chastellet. On entre rapidement dans le vif du sujet avec une section d’une dizaine de conversions techniques avant d’arriver à la croix. Bon échauffement!

Heureusement derrière le terrain redevient plus tendre et on peut de nouveau lever le nez pour profiter du paysage… le Pelvoux sort son nez progressivement derrière la crête du Bel Serre, au fil de la montée, la vue est de plus en plus grandiose

Aujourd’hui la promesse d’une vue incroyable tient tout le monde en jambe jusqu’au sommet! Après le dernier petit verrou franchit en quelques conversions avec les coûteaux, on arrive sur le plateau sommital où un 360° à se démonter les cervicales nous attend…

La beauté de la montagne et des émotions qu’elle remue en nous font parfois perler sur nos yeux des larmes de joie… instants de grâce…

Découverte ski de rando - La Blanche - Christelle vers la Croix du Chastellet

Découverte ski de rando - La Blanche - Au sommet

Découverte ski de rando - La Blanche - Le Pelvoux

Découverte ski de rando - La Blanche - Les deux

Découverte ski de rando - La Blanche - Yves en mode touriste

Comme on a pas envie de descendre tout de suite de là haut, j’en profite pour organiser une petite recherche DVA et initier Yves et Christelle aux différentes problématiques du secours en avalanche. Pas mal la salle de cours!

Découverte ski de rando - La Blanche - Recherche DVA

Le soleil commence à décliner sérieusement, il est temps pour nous de regagner la vallée et une bière bien méritée!

Découverte ski de rando - La Blanche - Parés au départ

Découverte ski de rando - La Blanche - y a pire comme endroit pour skier

Jour 3 : Tête des Lauzières

Ultime journée. Nous partons en direction de la Tête de des Raisins, sans programme bien défini comme souvent! C’est aussi une chose importante que j’essaie de transmettre à Yves et Christelle : ne pas s’enfermer dans des programmes et des préparations de course trop rigides, intégrer dès le départ et à tous les niveaux de la souplesse, des ouvertures possibles, ne pas focaliser sur un objectif, ne pas se mettre trop d’oeillères mentales et surtout rester à l’écoute de ce qui se passe autour de soi, dans la montagne et dans le groupe!

Nous quittons les vertes prairies de Freissinières où le printemps est déjà bien à l’œuvre. Malgré les chaleurs indécentes de ces derniers jours, il est toujours possible de chausser depuis le parking.

Après 500m de montée, nous nous détournons vers la Tête des Lauzières. Je pense que le ski y sera de meilleure qualité et ça réduira le dénivelé pour certaines jambes qui accusent un peu le coup!

Nous rejoignons la belle crête qui rejoint la Tête des Lauzières… nous abandonnons pour un petit moment Christelle qui préfère garder de l’énergie pour la descente et avec Yves on rejoint la Tête des Lauzières 200m plus haut. Vue extralarge et moquette au programme avant de rejoindre Christelle

Découverte ski de randonnée - Tête des Lauzières - Rejoignant la crête

Découverte ski de randonnée - Tête des Lauzières - Et en bas la vallée

Découverte ski de randonnée - Tête des Lauzières - Yepa

Découverte ski de randonnée - Tête des Lauzières - Toujours cette vue pour skier

Découverte ski de randonnée - Tête des Lauzières - Vers la Tête des Lauzières

Découverte ski de randonnée - Tête des Lauzières - Contemplation amoureuse

Pour varier les paysages, je propose un plan en versant nord où après un court déchaussage on retrouve un mélézin encore poudreux avant de rejoindre le col d’Anon d’où nous pouvons rentrer pépère par la route qui garde la neige bien plus que les pentes autour!

Découverte ski de randonnée - Tête des Aluzières - Poudre dans les bois

Découverte ski de randonnée - Tête des Aluzières - Retour par le Col d'Anon

Découverte ski de randonnée - Tête des Aluzières - Devant le Pelvoux

Fin d’une aventure de 3 jours qui n’est qu’un début!

Directe de l’arc de cercle

Directe de l’arc de cercle

Ivan me sollicite chaque hiver pour une petite virée en glace. Cette année, après un beau début de saison en glace, le redoux à œuvré et la neige rend plus compliqué les accès aux hautes vallées. Il n’y a pas un choix énormeés de cascade à portée de piolet mais après un petit repérage la veille il me semble que la Directe de l’Arc de Cercle à Freissinières pourrait largement combler nos attentes!

Cette belle cascade classique se gravit en 3 longueurs dont une bien verticale! Aujourd’hui nous avons la cascade entièrement pour nous et on s’en plaint pas. En ces temps de disette, les concentrations de cascadeurs peuvent devenir vraiment problématiques!

La glace est très variée aujourd’hui, cassante, sorbet, aérée : on trouve un peu de tout… les passages des jours précédents nous aident un peu dans les sections un peu raides où on apprécie pouvoir accélérer le rythme!

Bref un super petit voyage vertical qui marquera sans doute pour moi la fin d’une courte saison de cascade!!Directe arc de cercle - L2 vue du bas

Directe arc de cercle - Le Lagoped se verticalise

Directe arc de cercle - Deuxième longueur bien raide!

Directe arc de cercle - Ivan en termine avec L2

Directe arc de cercle - Sortie de la cascade

Directe arc de cercle - Sortie de la cascade

Directe arc de cercle - La bête

Directe arc de cercle - Vue de la route

 

 

Stage initiation cascade de glace

Stage initiation cascade de glace

A peine rentré de la belle session poudreuse et génépi autour du Refuge de Terre Rouge, je repasse à la maison le temps de boucler mon sac pour 2 jours de cascade de glace et faire un câlin aux petits! Pas toujours évident de faire la transition entre deux activités aussi différentes que le ski et la cascade et de s’assurer que tout le matos est bien réuni!

Louis, Louise, Camille et Pierrot ont commencé par une journée sur la cascade artificielle d’Aiguilles, histoire de se mettre en jambe et en bras, trouver le feeling sur les crampons, travailler le switch du poignet et la gestuelle… sous l’œil et les conseils de notre maître à tous, le romanesque Yann!

Jour 2 : Madame Tape Dur et Paulo Folie

Je propose une journée en deux temps. Le matin, nous nous dirigeons vers Madame Tape dur pour un peu de perfectionnement, de gestuelle et de brochage pour ceux qui veulent. Quelques exercices sur les moulinettes permettent de gagner en confiance sur les crampons… comme ça je m’assure que tout le monde est prêt pour un voyage un petit peu plus long cette après-midi. Je m’assure aussi que les gars sont prêts pour une cascade en autonomie encadrée!

Initiation cascade de glace - Madame Tape dur - Ateliers en moulinette

Le bilan de la matinée est positif, on migre vers le fond de la vallée où nous attends Paulo Folie. Pas un chat dans le secteur! Je suis encordé avec Louise et Camille. Louis et Pierrot nous suivent et profitent des broches que je leur place pour grimper sereinement. Il leur faut également brocher de temps en temps pour compléter. Une entrée en matière en douceur pour leur première cascade en autonomie! En 3 belles longueurs nous gagnons le sommet de cette cascade qui se descend à pied par une improbable vire!

Initiation cascade de glace - Paulo Folie - Lagoped

Initiation cascade de glace - Paulo Folie - Louise dans la première longueur

Initiation cascade de glace - Paulo Folie - Camille dans la deuxième  longueur

Initiation cascade de glace - Paulo Folie - Pierrot en termine

Jour 3 : Torrent de Queyrières

Pour cette dernière journée, nous remontons le torrent de Queyrières encore praticable mais plus pour longtemps… après quelques minutes de marche, on est complètement dans l’ambiance de ce canyon. Pas de grande longueurs soutenues dans ce torrent mais de nombreux ressauts à la difficulté progressive.

Comme hier, je suis encordé avec Camille et Louise et les garçons nous suivent… nous voyons d’autres techniques d’assurage, un peu de corde tendue, etc…pour les derniers ressauts les plus techniques j’assure les deux cordées ou je pose les broches, comme ça tout le monde est plus serein! Il faut dire que l’avant dernier ressaut vit ses derniers jours et que le passage mixte demande de la délicatesse au risque d’un bain glacé!!

Torrent de Queyrières - ressaut de chauffe

Torrent de Queyrières - La cordée autonome

Torrent de Queyrières - L'ambiance dans le canyon

Torrent de Queyrières - Autre ressaut

Torrent de Queyrières - Louise

Torrent de Queyrières - Pierrot

Torrent de Queyrières - Louise dans le passage mixte

Torrent de Queyrières - Louise dans le dernier ressaut

Torrent de Queyrières - Louis

Après le dernier ressaut nous optons pour la remontée intégrale du ravin et la descente à pied… l’occasion de vivre dans notre la rudesse du climat hivernal en 2019!

Torrent de Queyrières - Rude la montagne hivernale

Torrent de Queyrières - Le retour

Raid à ski – Terre Rouge

Raid à ski – Terre Rouge

Voilà déjà 3 jours que nous sillonnons les hors pistes et combes secrètes en station avec Eddi, Tor et Karl, il est temps de prendre le large! La tempête qui est passé sur le nord des Alpes 3 jours avant a déposé de la neige fraîche mais avec beaucoup de vent. Jusque là nous avons surtout skié dans la zone des forêts et alentours. Quelles seront les conditions en altitude dans ces vallées exposées au vent?

L’expérience m’a appris qu’il ne faut pas avoir des idées trop arrêtées sur les conditions, même si bien sûr il faut les anticiper un minimum! Parfois, fort de toutes nos certitudes, nous nous imaginons des conditions atroces, une montagne ravagée par le vent, des champs de croûte et des crêtes vitrifiées avec des reliefs inskiables… pourtant une fois sur place en ouvrant les yeux et avec un peu de bon sens, on trouve de belles choses à faire…

Bref en partant pour cette nouvelle aventure vers le Refuge de Terre Rouge, un an après ma première venue, je viens sans certitude sur les conditions mais confiant! Dans tous les cas la météo au beau fixe et sans vent est une invitation magnifique à la déambulation glissante dans l’Alpe!

Jour 1 : Hors pistes depuis Valmeinier et descente sur Terre Rouge

La montée au Refuge de Terre Rouge depuis Valmeinier est un peu ingrate pour ceux qui aiment surtout le ski à la descente! Je propose aux gars de passer par la station, ce qui permettra de faire un peu de hors pistes dans le secteur, tâter les conditions et de gagner le refuge à moindre effort.

Dès les premiers virages il faut se rendre à l’évidence. Il va nous falloir encore supporter ces éclats de poudreuse et les cris de joie!! Le vent a bien œuvrer mais en cherchant un peu on trouve des zones protégées et non skiées… on approuve!

Refuge Terre rouge - Eddi avec des pieds tout neufs!

Refuge Terre rouge - A peine parti et déjà bon!

Refuge Terre rouge - A peine parti et déjà bon!

Une rotation plus tard nous voilà sur la crête qui mène au Pas des Griffes d’où il est possible de descendre directement vers le refuge… l’an dernier ce secteur nous avait offert une descente de rêve, tiendra-t-il encore ses promesses? En attendant de savoir on profite de la vue…

Refuge Terre rouge - Karl heureux!

Refuge Terre rouge -Au loin la Meije

Le verdict est sans appel : poudreuse à tous les étages!

Refuge Terre rouge - Eddi aux commandes

Refuge Terre rouge - Karl into the white

Refuge Terre rouge - Signature du jour

Refuge Terre rouge - Eddi ouvre

Refuge Terre rouge - Et de belle façon!

Refuge Terre rouge - Chacun son tour

Refuge Terre rouge - Chacun son tour

Refuge Terre rouge - Karl

On rechausse pour une courte remontée durant laquelle on imagine ce qui pourrait faire notre casse croûte au refuge… « Omelette au Reblochon », avec l’accent Norvégien, est dans toutes les bouches!

Refuge Terre rouge - Heureux

Refuge Terre rouge - On repeaute pour monter au refuge

Jour 2 : Un p’tit tour à la Pissine et vers les deux nibards

La poignée de skieurs présents au refuge s’éparpille dans toutes les directions et d’ailleurs surtout vers le Mont-Thabor, la star locale! Mes avec mes amis Norvégiens, on est pas dans le star système! La beauté d’un sommet, l’élégance d’un itinéraire prennent toute leur saveur si on les combinent avec la solitude et la qualité d’une descente!! Les descentes d’hier sur le versant froid m’encourage à rejouer la même carte! Déjà l’an dernier les rebords de la Pissine s’était révélés de très bonne facture!

Nous partons tranquillement ce matin vers notre solitude du jour… la montée s’effectue dans une ambiance cartepostalesque…

Refuge Terre rouge - Jour 2, en route pour la Pissine

Refuge Terre rouge - Karl in good shape

Refuge Terre rouge - Tor alone

Refuge Terre rouge - Eddi dans la carte postale

Refuge Terre rouge - Pas vilain l'endroit

Après une bonne pause au sommet sans nom près du passage de la Pissine, on remonte encore un peu pour pouvoir rejoindre une combe qui me semblait plein de promesses…

Refuge Terre rouge - Un peu de portage pour dénicher la combe aux oeufs d'or

Déjà quelques jours en montagne et les premiers effets se font sentir!

Refuge Terre rouge - Les effets de la montagne

Nous voilà en bonne position pour la combe promise qui sera tout à fait à la hauteur de nos attentes! Que du bon jusqu’aux abords du refuge!

Refuge Terre rouge - Eddi happy

Refuge Terre rouge - Et bim

Refuge Terre rouge - Et rebim

Refuge Terre rouge - Pas pire!

Evidemment nous ne sacrifions rien au rituel de la mi-journée!

Refuge Terre rouge - Arrêt au stand avant de repartir!

Avant de repartir de plus belle, à l’assaut de deux mamelons 400m au dessus du refuge, histoire de combler l’après midi! Du ski horrible bien sûr!

Refuge Terre rouge - Au sommet du nibard de gauche

Refuge Terre rouge - Karl en profite

Refuge Terre rouge - Tor non loin du Refuge

Soirée animée au refuge pour la génépi team qui déploiera tout son talent jusqu’à une heure avancée!!

Jour 3 : Retour par le Becquot et le Grand Fourchon

La tête encore plein de vapeurs de génépi, nous prenons ce matin la direction du retour! Mais comme rentrer n’est pas une motivation suffisante pour s’extraire du refuge, j’ai concocté un petit programme à base de montée descente si possible poudreuse pour finir en beauté notre semaine.

Nous attaquons d’abord par une opération décuvage sur les flancs du Becquot… derrière la première descente reste dans l’esprit du séjour… désespérément poudreuse. Pas le moindre bout de croûte à se mettre sous la spatule. Je ne désespère pas d’en trouver sur la toute fin.

Refuge Terre rouge - Nouveau départ

Refuge Terre rouge - Sous le Becquot

Refuge Terre rouge - Carte postale, Tor

Refuge Terre rouge - Carte postale, Eddi

Refuge Terre rouge - Carte postale, Eddi

Refuge Terre rouge - Magnifico

Nous remontons ensuite en direction du Grand Fourchon, sans aller jusqu’au sommet pour une dernière descente vers Valmeinier où nous trouvons enfin en cherchant bien quelques zones légèrement croûtées avec malheureusement pas mal de poudre entre les deux.

Refuge Terre rouge - Derniers instants

Freerando ValCenis

Freerando ValCenis

Après nos deux journées de mise en jambe en hors piste à Bardonecchianous voilà de retour en France. La Haute Maurienne, sans égaler bien sûr les Hautes-Alpes dont le climat, la qualité de la neige et de ses guides est sans égal, ont quand même quelques bons arguments!

Au départ de Bramans et de l’excellent Relais de la Diligence nous avons une journée de plus pour peaufiner notre style dans la poudre. Aussi pour faire quelques ajustements techniques avant de partir en randonnée… Dur pour moi de choisir entre toutes ces stations de la Haute Maurienne qui ont toutes l’air bien appétissantes! C’est Valcenis qui aura finalement nos faveurs pour cette journée…

Départ un peu tardif aujourd’hui, nous ferons une grosse demi-journée. Plutôt que de circuler d’un bout à l’autre du domaine qui est quand même bien vaste, je préfère cibler un secteur et faire du travail de qualité!

Nous en serons quittes pour quelques rotations dans une forêt parfaite avec des traces à faire un peu partout sans trop chercher, que demander de plus! Le tout évidement entrecoupé comme il se doit d’un bon resto!

Freerando Valcenis - Karl, bien présent aujourd'hui

Freerando Valcenis - Karl, bien présent aujourd'hui

Freerando Valcenis - Tor à l'entrée du bois

Freerando Valcenis - Freeride en famille

Freerando Valcenis - Eddi

Freerando Valcenis - Forêt large

Le soir, alors que les perchmans s’affairent à rentrer leur troupeau, nous partons avec Tor pour une petite rando au dessus du télésiège pour profiter des derniers rayons du soleil et s’offrir une belle pente qui n’avait encore attiré personne et sur laquelle je lorgnais depuis ce matin!

150m de montée pour 400m de descente vierge dans une poudre divine, dans les dernières lueurs, ça se refuse pas!

Freerando Valcenis - Montée au dessus du télésiège

Freerando Valcenis - Délectation

Freerando Valcenis - Kifitude

Freerando Valcenis - Top

Et pour clôturer en beauté cette journée, Françoise nous a préparé pour ce soir une raclette servi par un des plus attentionné raclette boy de tout le continent! What else?

Relais de la Diligence

Relais de la Diligence

Relais de la Diligence

Freerando Bardonecchia

Freerando Bardonecchia

L’heure du rendez-vous annuel avec mes Norvégiens préférés a sonné! Pour ne rien changer aux habitudes, le programme initial vole en éclat peu de temps avant le départ… conditions de neige un peu capricieuse dans le sud des Alpes, on remonte un peu vers le Nord!

Comme mes voyageurs arrivent à Turin, nous démarrons par deux journées à Bardonecchia. Cette modeste station Piémontaise à deux pas de la France offre un gros potentiel de hors pistes et de freerando et reste peu fréquentée par les freerideurs en tous genres! Nous aurons tout le loisir de tracer pendant deux jours des hors pistes assez facilement accessibles depuis la station!

Jour 1 : du côté de la Mulatière

Après une arrivée bien tardive de Tor, Karl et Eddi dans le sympathique, sauvage et fantomatique village de Rochemolles, la première journée de mise en jambe ne se fera pas sous le signe du soleil, mais c’était prévu… aujourd’hui la tempête sévit sur le nord de la France et des Alpes. Nous en recevons quelques débordements, mais les conditions restent acceptables, on verra même poindre le soleil!

Nous partons en direction de la Mulatière par une courte montée en peaux de phoque pour s’offrir une belle combe épargnée par le vent… dès les premiers virages, la poudre vole, c’est plutôt prometteur!

Freerando Bardonecchia - Karl dans les premiers virages poudreux

Freerando Bardonecchia - Tor dans les premiers virages poudreux

Freerando Bardonecchia - Karl sous la Mulatière

Freerando Bardonecchia - Eddi

Un court retour à peaux de phoque nous ramène directement sur le restaurant, point de passage obligé de nos ébats skiants! Si l’amour de la bonne neige et de la montagne nous anime, celui de la bonne chair n’est pas en reste non plus!!

Freerando Bardonecchia - Retour

Freerando Bardonecchia - La team à nouveau réunie

Un peu de bord de piste pour finir la journée et nous regagnons le hameau de Rochemolles… de bière en verres de rouges jusqu’au génépi, les retrouvailles sont joyeusement célébrées et laisseront quelques séquelles le lendemain!

Rochemolles - décoration

Rochemolles

Jour 2 : du côté de Jafferau

Pour cette journée on se concentre sur l’autre secteur de Bardonecchia. J’avais prévu un ambitieux programme à base de descente sur vallée sauvage, remontée en peaux de phoque et arrivée directement sur Rochemolles… mais la descente prévue me semble bien ravagée par le vent et je sens que l’état de fraîcheur des troupes n’est pas le meilleur qu’on ait connu… je décide donc de roder sur les hors pistes du coin pour voir ce qu’il y a de bon à se mettre sous la spatule…

Un premier hors piste de proximité pour se chauffer avant de partir sur un itinéraire plus sauvage. Je suspecte les mélézins au dessus de Rochemolles d’être de bons réservoirs à poudre. Le suspens reste entier. Au dessus de la forêt l’accès en neige dure et pleine de relief n’est pas prometteur du tout! Eddi et Tor me suive en toute confiance comme d’habitude mais se demandent par quel tour de passe passe on va pouvoir faire du bon ski dans le secteur!!

Dès les premiers mélèzes et même avant c’est le délire! Pas une trace et une poudreuse AOC contrôlé, bio et locale dans une forêt née pour être skiée!

Le retour par la piste plate est un peu longuet, Tor et Eddi découvre que les distances donnée par un guide ne sont pas toujours à prendre au pied de la lettre!! Fifteen minute qui disait! En tous cas on sait où on va skier cette aprem!

Après le lunch on retrouve Karl pour un run tous ensemble, enfin jusqu’à ce qu’on perde définitivement Karl pour le reste de la journée! On reste dans les forêts mais un peu moins loin…

Pour clôturer les festivités, je propose à Tor qui en redemande encore de faire un dernier run encore plus lointain dans le mélézin du bonheur et regagner directement le hameau de Rochemolles… divine descente vierge de toute trace!

Freerando Bardonecchia - Tor descente sur Rochemolles

Freerando Bardonecchia - Tor dernier run

Freerando Bardonecchia - Arrivée sur  Rochemolles

Freerando Bardonecchia - Maison Rochemolles

Fin des deux journées Piémontaises, on passe la frontière pour rejoindre la haute Maurienne.

Freerando Saint Véran

Freerando Saint Véran

Après le tour de chauffe hier à la Crête de Reychard, sur une idée de Manu on se dirige vers le Queyras! Manu gardaient un excellent souvenir de notre départ depuis Saint-Véran pour un Nous avalons les 1000 premiers mètres de dénivelé confortablement installés sur un moelleux fauteuil avançant à 5000m/h, appréciable! De là, je peux déjà repérer le lieu de nos futurs ébats! Aujourd’hui notre bonheur sera à l’Ouest!

D’abord une première montée éreintante d’au moins 100m en direction de Chateaurenard nous dépose en haut de notre premier run du jour, un vaste champ de poudre dans lequel nous lâchons quelques manifestations sonores de satisfaction… comme bien souvent, l’affaire est vite expédiée!

Saint-Véran - Freerando - Premier run

Saint-Véran - Freerando - Dans les pentes ouest

Saint-Véran - Freerando - Dans les pentes ouest

La suite du programme est limpide : on remonte, on décale et on refait la même! Un bon casse dalle à l’observatoire nous permet de prendre le temps de choisir notre ligne et de contempler ce qui nous entoure.

Notre run digestif s’avère tout aussi bon que celui du matin…

Saint-Véran - Freerando - Un peu de montée quand même!

Saint-Véran - Freerando - Manu en termine

Saint-Véran - Freerando - Dans le bas du run

Saint-Véran - Freerando - Le deuxième run

Saint-Véran - Freerando - La vue toute belle!

La Grave – L’alpe d’Huez

La Grave – L’alpe d’Huez

Après le we freeride de l’an dernier, la bande s’élargit encore! Un deuxième guide ne sera pas de trop! Cette année, les conditions de neige sont un peu moins opulentes mais une petite chute providentielle vient très largement améliorer les conditions la veille! Juste ce qu’il nous fallait…

L’avantage c’est qu’en janvier, en semaine et sans powder alert, ben la Grave c’est plutôt calme! Nous ferons nos petites traces dans 10cm de poudre toute la journée! On en profite aussi pour rendre une petite visite aux couloirs de Chancel, Banane et Patou… sans sacrifier bien sûr à un bon petit resto d’altitude!

Le lendemain, comme le potentiel la Grave nous semble un peu épuisé pour cette fois, on décale sur l’Alpe d’Huez… Bon choix pour ce jour avec, un peu plus de neige fraîche qu’à la Grave… en jouant avec les orientations et les zones épargnées par le vent, on trouve du très bon ski à faire, et un petit couloir à ouvrir! Évidement, l’Alpe n’a pas le charme de la Grave, on tape dans la grosse usine à ski là! Mais une fois sur les hors-pistes on oublie tout ça!

La Grave - Patou - Premier jour

L'alpe d'Huez - Hors piste - Guide

L'alpe d'Huez - Hors piste - L'équipe

L'alpe d'Huez - Hors piste - Crémeux

L'alpe d'Huez - Hors piste - En binôme

Calanques fiever

Calanques fiever

Presque sur un hasard nous organisons avec Guillaume une petite virée improvisée dans ce lieu de beauté que sont les Calanques de Marseille!! Alors que le froid congèle en ce moment à peu prêt tout ce qui existe de liquide dans les Alpes, alors que le mistral décape la neige et l’envoie de l’autre côté de la méditerranée, nous allons nous nicher bien à l’abri sur deux falaises mythiques des Calanques : la paroi des Goudes le premier jour et la Calanque de l’Oule le deuxième jour… Une jolie parenthèse de calcaire dans cet hiver de brute!

Un dimanche après midi aux Goudes!

C’est au son de Massilia que l’on débarque aux Goudes ce matin. Les aficionados du groupe reconnaîtrons la chanson! Je suis toujours surpris de la rapidité à laquelle on s’extirpe de la jungle urbaine de Marseille pour se retrouver au milieu des cabanons des Goudes puis au calme de la garrigue… Marseille, tout en contraste!

Le mistral est efficace aujourd’hui, probablement un bon 80km/h. On voit les rafales déchirer la mer, elle même déjà bien démontée! L’idée est de grimper sur une des falaises les mieux protégée des Calanques, la paroi des Goudes. Des grandes voies courtes, de niveau abordable et une vue 14 étoiles… tout ce qu’il faut pour permettre à Guillaume de s’amuser aussi en tête et de pas juste suivre le guide. De mon côté j’apprécie aussi être suivant!! Nous faisons un premier galop d’essai dans le Toit du Garrigou, une voie comme il nous faut, même sans le soleil! Assez dure pour que ça ne soit pas trop facile, mais assez facile pour que ce ne soit pas trop dur! Comme ça on peut prendre notre temps et s’échanger quelques anneries lorsqu’on se croise au relais! Au sommet, les bourrasques de vent claquent sur la crête juste au dessus, mais nous on est bien abrité.

Calanques - Goudes - Toit du Garrigou

Calanques - Goudes - Toit du Garrigou

L’absence de soleil du jour vient compromettre notre sieste d’entre voies. C’est dur mais il en faut plus pour nous achever. Nous repartons vaillamment dans le « S », une autre jolie voie abordable du secteur, un cran au dessus de la première… Descente en deux rappels dans la rectiligne. J’essaie mollement d’embusquer Guillaume dans un 3ème projet… mais il préfère sagement botter en touche et garder de la réserve pour demain! Ca nous laisse un peu de temps pour trouver un coin confortable pour poser le camion et la tente, ce qui n’est pas forcément une mince affaire dans le secteur! Il ne nous reste plus qu’à éteindre notre soif à coup de bière et notre faim à coup de pizza avant de sombrer dans le sommeil du juste…

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Le Lundi au Linceul

Aujourd’hui, on quitte la partie « urbaine » des Calanques pour s’enfoncer dans une zone plus sauvage du parc. Au départ de Cassis, en une petite heure de marche nous gagnons la Calanque d’En Vau, parfaitement déserte! L’ambiance du lieu n’en est que magnifiée par la solitude qui nous entoure. On profite. Le mistral est toujours de la partie mais un allié de poids nous accompagne pour la journée : le soleil pardi!

Calanque d'en Vau au matin

D’en Vau pour rejoindre la falaise du Belvédère nous passons par le Trou du Serpent, un petit boyau qui donne accès moyennant une ou deux tortillades à la traversée des Ecureuils… le premier projet (le Toboggan de la Corniche) tombe à l’eau : la voie est encore à l’ombre et la mer démontée nous invite à garder nos distances avec elle!

Falaise du Belvédère - Sur la traversée des Ecureuils

De là, la vue sur la falaise du Belvédère où je propose à Guillaume d’aller grimper est saisissante et le laisse pour le moins songeur! Je sens que si nous restons trop de temps à regarder cette falaise aux lignes de fuyante, Guillaume va renoncer à tous ses désirs de grimpe. Place donc à l’action, excellent remède à l’appréhension! En s’approchant de la falaise, la perspective change, et le projet devient tout de suite moins surréaliste aux yeux de Guillaume…

Nous partons par la première longueur de l’Intégrale. Tout de suite dans le vif du sujet. Les cotations sont beaucoup moins tendres qu’au Goudes et il faut déjà faire un bout de chemin entre chaque point, prendre les bonnes options, dans une ambiance bien verticale qui chauffe un peu les avant bras… je serais donc devant pour cette fois!

Falaise du Belvédère - Longueur 1 du Linceul

En deuxième longueur, nous enchaînons les longueurs 2 et 3 du Linceul. J’avais fait cette voie quelques années auparavant et me souvenais que les coinceurs étaient facultatifs… je ne savais pas qu’entre temps, la voie avait retrouvé un peu de sa sauvagerie et certains points supprimés! J’ai l’air fin avec mes 12 dégaines au baudrier!! Heureusement l’escalade n’est pas piégeuse, le caillou parfait, en grimpant tranquillement ça joue! Guillaume me rejoint au relais après la traversée du Linceul

Falaise du Belvédère - Le fameux Linceul

Au dessus la voie continue dans une fissure avant de traverser la fameuse dalle en 6b+ protégée par 3 points que j’aperçois depuis le relais… 10 mètres au dessus. J’espère intérieurement qu’un point intermédiaire échappe à notre vue depuis le relais car ça a l’air de grimper un peu jusque là! Mes espoirs seront déçus quand après quelque mètres de grimpe, à l’endroit précis où je me dit qu’une petite protection ne ferais pas de mal, j’aperçois les vestiges démontés de l’ancien spit, en toute logique d’ailleurs car la fissure est juste parfaite pour les camalots quand on les as! L’inventaire des plans B au baudrier est vite fait : un ficelou et pis c’est tout… nos voisins allemands grimpent dans certains secteurs à l’éthique rigoureuse, uniquement sur cordelettes coincées, pourquoi pas moi?

Passé l’épisode du ficelou salvateur, du relais suivant, la vue plongeante sur la grande bleue vaut son pesant de cacahuète, pendant que Guillaume œuvre et joue le contre la montre contre l’acide lactique! Peu d’entraînement ces derniers temps, beaucoup plus de manifs que de séance de grimpe… on peut pas être partout!

Falaise du Belvédère - Vue plongeante sur la Grande bleue

Falaise du Belvédère - Vue plongeante sur la Grande bleue

Encore une jolie longueur et une fissure dans laquelle j’aurais jeté avec plaisir un ou deux camalots et nous nous échouons au sommet de la voie… affalé en plein soleil, face à la mer nous profitons de ses beaux moments en repensant à cette voie que nous n’avons pas vécu avec la même intensité je pense!!

Découverte ski de randonnée

Découverte ski de randonnée

Yann et Caroline sont venus s’offrir une grande bouffée d’air dans nos belles montagnes! De l’air justement j’aimerai qu’on en ai pas trop avec le bon coup de ventilateur annoncé aujourd’hui, se mettre à l’abri peut-être une bonne idée!

J’opte pour un choix local de chez local, juste derrière la maison. Nous partons depuis les Seyes vers le col de Tramouillon par le Bois du Bouchet. Je m’attendais à trouver quelques virages de vieille poudre sous les mélèzes pour satisfaire nos spatules mais ce que je ne savais pas c’est qu’elle serait couverte de branches de toutes tailles victimes d’un coup de vent précédent! Le plan B commence à faire irruption dans ma tête.

En attendant on monte en papotant de tout et de rien et on profite du charme des lieux… un court passage en Sud nous permet de tester l’accroche des peaux sur aiguilles de mélèze… dans le haut de la montée la trace durcie et les obstacles sont l’occasion rêvée pour passer du mode canin au mode pink floyd! Pas évidentes du tout ces conversions!

850m de dénivelé et quelques zipettes et jurons plus tard, nous arrivons au Col de Tramouillon. La vue est grandiose. Un matelas de genévrier nous accueille pour la pose bullage sandwich au soleil… on est juste bien! J’en profite pour caler la logistique de notre plan B, qui me paraît vraiment la meilleure option maintenant : descendre versant sud sur la cabane de Tramouillon et rentrer sur le Ponteil où un ange gardien viendrait nous chercher!

La descente au soleil nous offre une neige transformée bien agréable, passée l’appréhension des premiers virages. Pas facile de rattaquer le ski en hors piste avec 850m de montée dans les pattes. La confiance revient au bout de quelques virages et on se laisse filer vers la cabane de Tramouillon moyennant un court déchaussage…

De là « y’a plus qu’à » se laisser filer sur la piste du Ponteil avec ce qu’il reste de cuisses et d’énergie dans les guiboles! Les pauses sont l’occasion de profiter du lieu… arrivée au parking notre ange gardien est bien là, on se glisse dans la bagnole et on rejoint le point de départ!

Jolie boucle improvisée en bonne compagnie et du ski moins pire que prévu… ça me va!

Col de Tramouillon - Ski de rando - Sur fond d'aiguilles

Col de Tramouillon - Ski de rando - L'arrivée au Col

Col de Tramouillon - Ski de rando - Pas dégueu cette transfo!

Col de Tramouillon - Ski de rando - Caro

Grimpe au Ponteil

Grimpe au Ponteil

Jamais à court d’idée pour concevoir les pires supplices haut alpin, après nos deux jours de ski de rando dans le Queyras, je propose à Julie et Olivier une journée d’escalade en grande voie… afin de travailler harmonieusement tout nos muscles oubliés présents un peu partout dans le haut et le bas de notre corps!

Ma seule crainte du jour : j’espère qu’on aura pas trop chaud!! A la vue du thermomètre indiquant -1°C au parking, Julie et Olivier se demandent s’ils n’ont pas déniché un guide un peu trop optimiste… Quelques minutes d’approche plus tard nous voilà tombant une à une les couches pour se retrouver en tee-shirt au pied de notre bout de cailloux, dans une tiédeur juste délicieuse!

Au dessus de nous, les 150m de grimpe verticale voire plus du Nid d’Aigle, une des magnifiques voie du Ponteil. Julie et Olivier ont une petite expérience de l’escalade en extérieure mais se lancer dans une grande voie de ce style est une première pour eux!

Dès les premiers mètres et malgré les cotations modestes (sur le papier!), le gaz est omniprésent. Les mouvements que l’on a l’habitude de faire 2 mètres au dessus d’un gros tapis prennent une tout autre saveur avec 30 mètres de vide sous les pieds, un panorama extralarge et des montagnes enneigés tout autour! Sans compter qu’il faut dénicher dans un océan de possibilités les meilleurs prises pour se hisser à moindre effort vers le haut!!

Après 3 longueurs « de chauffe », à nous les deux surplombs sommitaux. La corde est là pour assurer, rassurer et donner si besoin la petite impulsion salvatrice!

Du sommet, il ne nous reste plus qu’à filer vers le pique nique en deux grands rappels, là encore une première pour mes deux compagnons du jour!

Grande voie Ponteil - Nid d'Aigle - Longueur 1

Grande voie Ponteil - Nid d'Aigle - Appréhension mais sourire!

Grande voie Ponteil - Nid d'Aigle - Deux touretreaux nichés en plein falaise

Grande voie Ponteil - Nid d'Aigle - Yadugaz

Grande voie Ponteil - Nid d'Aigle - 3ème longueur

Grande voie Ponteil - Nid d'Aigle - Surplomb

Grande voie Ponteil - Nid d'Aigle - Rappel

Initiation ski de randonnée

Initiation ski de randonnée

Quoi de mieux pour clôturer l’année que de venir découvrir le ski de randonnée et se laisser glisser sur la montagne? C’est le plan de la jeune et sympathique troupe que je guide pendant deux jours en ski de randonnée dans le Qeuyras : Juliette, Perrine et Anaïs les 3 sœurs que je ne connais pas encore et Julie et Olivier avec qui on a déjà eu l’occasion de fouler les cimes l’été dernier à la Roche Faurio

Le décor pour les deux journées : montagnes blanches sur ciel azur… le classique supplice Haut-alpin! Pour la première journée nous prenons la direction du Col Longet… La troupe avance d’abord en blaguant puis en rigolant puis progressivement le calme s’installe, la magie des lieux invite au silence et à la parole rare… en guide impitoyable, je n’accorde que de très rares pauses et mène un train d’enfer : on est pas en vacances, on a une montagne à skier!!

Sous le col Longet, je propose de monter vers le Pic Traversier. Tout le monde est d’accord avec l’idée! Sur ces 200 derniers mètres, l’image du sandwich commence à se surimposer à celle des montagnes… échouage au sommet. Papotages, restauration, contemplation… on est pas bien là?

Depuis le grand coup de vent de Noël, la montagne est quelque peu ravagée et le skieur doit employer tout son savoir faire à la descente pour jongler d’une neige à l’autre!! En cherchant bien on trouve toujours quelques mètres carrés de poudreuse se concluant souvent dans un champ de croûte! Bref, ne t’endors pas sur tes lauriers, reste actif et attends toi au pire, tu ne pourras qu’être déçu en bien!!

Ski rando initiation - Pic Traversier - A la montée

Ski rando initiation - Pic Traversier - Vers le Col Longet

Ski rando initiation - Pic Traversier - Près du sommet

Ski rando initiation - Pic Traversier - C'est bow

Le lendemain, on remet le couvert au Pic Cornivier. La journée débute par un festival de conversions dans le bas du vallon de Clausis. Un bon entraînement pour de futures sorties! Au dessus la pente se couche, le vallon s’ouvre, le soleil irradie, le ciel bleuit, on peut passer en mode méditation transcendantale… Le scénario de la veille se répète. Quelle lassitude!

On se console avec un bon casse dalle près du Rouchon, cette dent minérale planté dans la neige. De là on contemple des centaines d’années de possibilité en ski de randonnée… pour cette vie là, il faudra faire des choix!

Plus que la veille encore la descente fera appel à toute notre créativité pour s’abstraire des changements brutaux de neige! Chacun y va de sa stratégie : du tout droit advienne que pourra en passant par la technique tortue, il faut innover à caque instant! Bref même quand la neige est joueuse la montagne reste belle…

Initiation ski randonnée - Pic Cornivier - Le petit pont de bois

Initiation ski randonnée - Pic Cornivier - Converion

Initiation ski randonnée - Pic Cornivier - La caravane passe

Initiation ski randonnée - Pic Cornivier - Le meilleur moment

Initiation ski randonnée - Pic Cornivier - Sur fond de Rouchon

Initiation ski randonnée - Pic Cornivier - Descente sur fond de rouchon

On s’affaire, on s’affaire!

On s’affaire, on s’affaire!

Pendant que les dernières pommes tombent des arbres et que les gilets jaunissent l’hiver s’installe gentiment sur les Alpes… Une introduction comme ça, moi ça me laisse sans voix. Les fâcheux et les mauvaises langues qui pensent que les guides se payent du bon temps entre deux saisons devraient venir vivre notre quotidien d’intersaisonnier et voir à quel point il faut de la ressource pour rester au plus prêt du terrain et inlassablement retracer toutes ces pentes qui se détraçent à chaque nouvelle chute de neige… Braver ces gerbes de poudreuse qui te saute à la figure, ces éclats de soleil qui t’aveuglent, ces troupes de copains qui se marrent… Manger ces mêmes fruits secs, ce même morceau de saucisson… Faire l’inventaire à chaque nouvelle livraison et s’assurer de la qualité de la marchandise!!

Bref on bosse d’arrache pied pour que tout soit prêt pour tout bientôt!

Trace

Tete des raisins - Montée

La Blanche - Sur la crête

La Blanche - Montée

La Blanche - Montée

La Blanche - Pas mal la livraison

La Blanche - Pas mal la livraison

En train de dire une connerie peut-être?

Voyage escalade Corse

Voyage escalade Corse

Habituellement avec Frank à l’automne, notre regard se porte plutôt vers les froides et austères faces nord du massif des Ecrins à la recherche d’une belle envolée mixte à se mettre sous le crampon…

Mais l’idée lancée 3 semaines plus tôt sur le ton de la boutade à la Bérarde a fait mouche. La montagne est bien sèche en ce début d’automne et Frank ne connaît pas du tout la Corse : il n’en faut pas plus pour se laisser tenter! Nous voilà donc en route pour l’île de beauté en cette fin octobre, période idéale sur l’île redevenue presque calme, à condition d’attraper un bon créneau météo… de ce côté là nous serons gâtée puisque nous arrivons juste après une grosse perturbation méditerranéenne et repartons 24h avant la tempête… orgie de soleil et de granit au programme!

Dimanche : Restonica / San Teofalu et La Manu

Arrivée de bonne heure au bateau à Bastia, j’attrape Frank à son hôtel et nous filons directement vers les montagnes. Pour cette première journée, nous allons faire connaissance avec le granit Corse au fin fond de la Restonica au dessus de la Bergerie de Melu, sur la Punta san Teofalu. Une voie pas trop longue sera parfaite pour une mise en jambe : la San Teofalu sera notre hors d’œuvre du jour… douceur parfaite pour grimper au soleil, paysage de rêve, grimpe parfaite, ça s’annonce bien tout ça!

Restonica - San Teofalu - Très belle entrée en matière

Restonica - San Teofalu - Dièdre

Restonica - San Teofalu - Pins

Évidemment en couplant les longueurs, l’affaire est vite pliée et une fois redescendu de la voie, le constat est sans appel : on a encore le temps et la voie d’à côté a l’air très belle. Et nous voilà partis dans la Manu, très belle voie également…

Tout ça nous mène gentiment à la tombée de la nuit… grâce au stock de course dans le camion, nous sommes autonome et pouvons rester 3 jours dans la Restonica sans repasser par la case civilisation… la vallée est bien calme à la Toussaint et nous posons notre camp au calme près de la rivière. Le programme du soir est intense et sera notre yoga quotidien : montage du camp, apéro, repas et au pieux avec les gallinacées!

Lundi : Restonica / Queue dalle et les autostoppeuses

Notre plan du jour est d’aller rendre une petite visite à l’incontournable Symphonie d’automne au dessus du lac de Capitellu… mais c’était sans compter sur le vilain courant d’air qui traverse l’île aujourd’hui. Au lac Di Mello, la décision est sans appel : la goutte au nez, engoncés dans nos gore tex, bousculé par les rafales de vent et au vue des gros paquets de nuages en altitude il va falloir trouver une autre idée pour aujourd’hui!!

Heureusement la Restonica a plus d’un tour dans son sac et la vue ensoleillée des contreforts de Cima San Gavino nous redonne un peu d’espoir! Un plan B parfait vue les conditions du jour. Nous y sommes à l’abri du vent et au soleil, le caillou est parfait alors on fait peut-être pas dans la world classic mais on reste dans le haut de gamme! Premier tour de chauffe dans Queue Dalle puis comme il reste du temps et de la motivation dans les grimpeurs on enchaîne sur les Autostoppeuses, je parle de la voie bien sûr. Voilà de quoi finir encore dans le jour déclinant avec nos 400m de grimpe syndicaux!

San Gavino - Queue dalle / Autostoppeuses - Dalles

San Gavino - Queue dalle / Autostoppeuses - Dièdre

San Gavino - Queue dalle / Autostoppeuses

San Gavino - Queue dalle / Autostoppeuses - Heureux

Yoga du soir et dodo dans la paisible vallée de la Restonica

Mardi : Restonica / Esméralda

Déjà le 3ème jour de grimpe et comme tout se déroule à merveille, je propose à Frank un projet plus copieux à la Punta U Finellu : Esméralda. Pas encore bien réveillés au moment du départ, on se gare trop haut ce qui nous vaudra une petite séance maquis matinale pour bien digérer le petit déj’! Une fois rentrés dans les rails, on suit le « canyon » qui mène jusqu’à la face, sans souci. La journée est radieuse, ça sent bon la grimpe en tee-shirt!

Dès la première longueur on est mis dans le bain : ça va être classe! La grimpe est très variée sur un rocher juste irréprochable… Les longueurs de taffonis passent bien mieux que les raides longueurs en dalle. C’est fou comme on se sent meilleur pendu plein gaz à un taffoni que les pieds en adhérence sur des dalles à friction… je comprends pas!

Le finish est vraiment de toute beauté avant une descente en rappel plutôt efficace. Pas déçus du voyage!

Restonica Esmeralda - 6b taffonisant

Restonica Esmeralda - Les amis

Restonica Esmeralda - Dalle en 6b+

Restonica Esmeralda - Frank dans les dalles

Restonica Esmeralda - Finish!

Restonica Esmeralda - Pin

Bien apaisés par cette journée de marche et de grimpe, on préfère temporiser dans la Restonica et se garder la route pour demain…

Mercredi : Bavella / Patrimonio et Arète de Quenza

Petit bout de route de Corte à Bavella… on en profite pour ravitailler et remplir le camion de nourriture pour les 3-4 jours qu’il nous reste.

Rien que la route qui monte à Bavella est un beau spectacle, je ne m’en lasse pas et Frank est sous le charme! Nous posons le camp au Col avant de partir grimper vers les Aiguilles de Bavella… après la journée d’hier, un projet pas trop exigeant fera très bien l’affaire! Nous nous dirigeons vers les contrefort de la Punta di a Vacca où nous gravissons Patrimonio. Une première partie pas très intéressante avant un second ressaut très classe… nous tirons jusqu’au sommet. Il est 16h. Les conditions sont parfaites. On traînasse…

Bavella - Patrimonio - Ambiance Bavella

Bavella - Patrimonio - Ambiance Bavella

Bavella - Patrimonio - Ressaut du haut

Évidement à la vue des Tours toutes proches (l’Accellu et l’Arghjetu) mes mains transpirent et je commence à imaginer un plan diabolique : on s’excite, on s’allège au maximum et on part sur l’arête de Quenza en mode sprint pour se faire le couché de soleil là haut… va pas falloir traîner. Frank est emballé par cette idée douteuse, on y va!

J’en profite pour louper le vrai départ de l’arête et on fait deux longueurs de variantes un peu plus dur. Le reste est vraiment classe avec des champs de taffonis plutôt faciles pimentés de quelques passages quand même grimpants… comme prévu la nuit nous rattrape au sommet dans une ambiance complètement délirante avec le couché de soleil d’un côté et le levé de pleine lune sur la mer de l’autre côté!!

Bavella - Arête de Quenza

Bavella - Arête de Quenza - Couché de soleil

Descente par la voie normale à la frontale et au feeling avant la marche de retour à la lueur de la pleine lune jusqu’au col de Bavella où nous attends notre petit festin du soir… voilà comment transformer une journée de relâche en petite bambée!

Jeudi : Bavella / U Haddad et Omerta

Aujourd’hui il fait tellement doux qu’on tente la grimpe à l’ombre. L’occasion d’aller rendre une petite visite à la Punta di U peru. L’idée est aussi de marcher un peu moins qu’hier. Sagement nous nous disons qu’une voie sera suffisante pour aujourd’hui mais Frank ne se fait plus trop d’illusions sur le guide maintenant et sait qu’à peine le sommet atteint, j’aurais déjà un œil sur la voie d’à côté!!

D’abord dans U Haddad on s’étire sur les premières longueurs pas trop dures avec une longueur assez rigolote dans une sorte de taffoni géant… Une courte longueur bloc donne accès à la suite… et quelle suite! Le haut est vraiment fantastique (on a tiré ça en deux longueur) avec une première longueur qui passe dans une arche et la longueur finale juste majeure sur un granit rouge de toute beauté… Comment alors ne pas se laisser tenter par la voisine!

Bavella - U Haddad - Le taffoni géant

Bavella - U Haddad - dernière longueur

Deux grands rappels plus tard nous rattaquons dans Omerta au dessus du passage en 6b+… style un peu différent mais très classe aussi surtout la dernière longueur… un court passage au soleil finit de nous convaincre qu’on a fait le bon choix en grimpant à l’ombre aujourd’hui!

Après toutes ses soirées en camping, Frank m’invite à l’auberge ce soir histoire de rompre grassement avec notre régime quasi végétarien! De la barbak digne de ce nom servi en bonne quantité!

Vendredi : Bavella / Le Dos d’éléphant

Quand Frank se réveille le matin je sens bien qu’il m’interroge déjà silencieusement sur le programme de la journée… après 5 jours de granit et 400m de grimpe en moyenne par jour, l’épaisseur de la peau des doigts de Frank a drastiquement diminué mais il y a peut-être moyen encore de s’offrir une dernière belle envolée… comment résister l’envie d’aller se promener sur le Dos d’éléphant visible de partout? Frank se doutait bien que je finirais par lui proposer et même s’il redoute le supplice des dalles à friction, il s’emballe sans hésiter pour le projet…

Ma seule crainte pour aujourd’hui c’était d’avoir trop chaud… c’était sans compter sur les passages nuageux et le vent qui se lève et se renforce tout au long de notre ascension. Les rafales qui claque sur le Dos rajoutent un peu de piment dans les passages en dalle où l’équilibre est parfois précaire!! Nous nous arrêtons en haut du Dos. Nous sommes repus et fourbus par ces 6 journées de grimpe, pas la peine d’en rajouter!!

A noter aujourd’hui la présence d’une cordée devant nous… c’est bien la première fois qu’on voit des grimpeurs cette semaine!!

Bavella - Dos d'éléphant - première longueur

Bavella - Dos d'éléphant - deuxième  longueur

Bavella - Dos d'éléphant - dalles

Bavella - Dos d'éléphant - dalles bis

Bavella - Dos d'éléphant - la cordée devant nous

Bavella - Dos d'éléphant - ultime dalleries

Bavella - Dos d'éléphant - main à plat

Nous filons en direction de la mer sur la côte est et trouvons un petit bout de plage privé pour y passer la nuit…

Samedi : glandouille à la plage et promenade dans les châtaigneraies avant le retour!

Réveil paisible ce matin. Depuis ma couette au fond du camion je me laisse envahir par la beauté du levé de soleil… on traînasse, on laisse le temps s’étirer. Une baignade dans la mer encore bien clémente et on file se dégourdir les pattes sur un petit sommet non loin de Bastia dans une vallée paumée… la balade est ponctuée de rencontres pittoresques!!

J’abandonne mon Frank à son avion et je passe la fin d’après midi à errer dans les rues de Bastia à la recherche de quelques victuailles à ramener sur le continent. Un bel intermède musical avec un improbable accordéoniste hongrois et la parenthèse Corse se referme avec plein de projets pour la prochaine fois!

Levé de soleil

Arête de la Convention

Arête de la Convention

Bon on avait dit pas de réveil ce matin puis finalement les collègues qui se lèvent tôt et la météo du jour nous incitent à reporter la grasse matinée au lendemain! Par contre on reste sur l’idée du moins d’approche possible et du pas trop dur… Une course s’impose à l’évidence, l’arête de la Convention, l’occasion de faire une petite incursion en Meije. On s’excite pas trop quand même au petit déjeuner, accordons nous quelques instants de flânerie dans ce monde d’accélérés! Depuis qu’on est partis c’est plus le temps qui nous a regardé passer que l’inverse!

Donc course de moindre envergure aujourd’hui mais sérieuse quand même et vraiment complète! Les brumes qui s’accrochent à la Meije et aux sommets nous plongent dans une ambiance cotonneuse…

Arête de la convention - Longueur clé

Nous partirons dans l’ivresse

Nous partirons dans l’ivresse

Après notre petit trot de chauffe de la veille à la Tête des Fétoules qui a fini à la nuit tombante, il me paraît normal et pas volé de s’accorder une douce journée d’approche tranquille agrémenté d’une petite grimpe divertissante… pour meubler un bout d’après midi…!!! Ah la bonne blague!

J’aime tellement voir Antoine le soir sur les bancs du refuge, l’œil brillant, concéder au détour d’une bière : « là, je suis un peu fatigué », ce mot qui n’apparaît dans son champ lexical qu’au cours de ses séjours en montagne!! En guise de petite approche, nous montons donc au refuge du Promontoire et notre petite grimpette de l’aprem se fera dans la face Sud-Ouest, dans une des perles du secteur « Nous partirons dans l’Ivresse »… La varappe tient ses promesses et malgré nos cuissots et mollets tout raides, nous hissons nos 3 corps au sommet avec beaucoup de plaisir… La journée se passe dans un juste dosage entre relaxitude et rythme, vu qu’on s’est pas levé tôt, pour avoir une chance de finir la voie fallait pas chômer… joli coup d’accélérateur collectif dans les dernières longueurs et dans les rappels où on profite des lueurs embrasantes du soir…

Meije - Nous partirons dans l'ivresse - Frank après le premier toit

Meije - Nous partirons dans l'ivresse - Des longueurs d'anthologieMeije - Nous partirons dans l'ivresse - Des longueurs d'anthologie

Meije - Nous partirons dans l'ivresse - Je suis suivi!

Meije - Nous partirons dans l'ivresse - Dans les dernières longueurs

Meije - Nous partirons dans l'ivresse - Lueurs du soir

Contrairement à la veille, notre bercail est tout proche, point de descente interminable aujourd’hui… une soirée en petit comité avec deux autres collègues guides venus faire de l’entretien en face sud, nous trouvons l’énergie d’honorer les bouteilles de bière et le génépi que nous avons monté avant un repos salvateur!

Pilier Sud Tête des Fétoules

Pilier Sud Tête des Fétoules

Encore une fois, je condamne Frank et Antoine à une longue longue route pour gagner nos contrées reculées de l’Oisans. Nous nous retrouvons à Saint Christophe en début d’après-midi et partons fissa fissa faire un petit galop de mise en route sur une grande voie « de proximité » au paravalanche… Moins d’une minute d’approche c’est appréciable! La voie s’appelle Para facile et permet à tout un chacun de se reconnecter avec l’humain grimpant qui vit en lui… d’autant que mes deux comparses ont quelque peu levé le pied sur l’entraînement ces derniers temps!! De très belles longueurs et un retour quasi bucolique dans une forêt en pleine explosion de couleurs…

Grande voie Bérarde - Paravalanche - Para Facile - Antoine redécouvre l'escalade

Grande voie Bérarde - Paravalanche - Para Facile - Dans le crux

Il est 18h, la journée pourrait s’arrêter là mais ça serait trop facile… on est pas venu là pour acheter du terrain comme dirait l’autre alors on prépare nos sacs et on prend la direction du refuge de la Lavey en vue des projets du lendemain. Frank et Antoine découvre le programme quasi en temps réel, c’est beau la confiance! Soirée pépère au refuge de la Lavey, rien que pour nous… on se raconte les derniers potins devant un bon festin avant de sombrer dans un coma réparateur pour les uns et les autres!

Petite journée de chauffe aujourd’hui au Pilier Sud des Fétoules. A peu près 2000m de dénivelé positif et un peu plus en négatif, des difficultés jusqu’au 6a montagne, le parfait démarrage en douceur!!

Le plus dur c’est la première longueur, froide, austère avec un petit crux en traversée… mais bon, depuis le Pic de Bure l’an dernier, on s’est fait une spécialité des départs ardus.

Pilier Sud Tête des Fétoules - Le crux

Pilier Sud Tête des Fétoules - Au premier relais

Avec l’arrivée du soleil et des longueurs plus roulantes, on passe en rythme de croisière. Les couches tombent les unes après les autres et on se retrouve en tee-shirt à plus de 3000m, au mois d’octobre. Normal.

Pilier Sud Tête des Fétoules - Ca roule

Pilier Sud Tête des Fétoules - Troisème ressaut

Pilier Sud Tête des Fétoules - Ca roule

Les ressauts s’enchaînent avec une mention spéciale au 3ème ressaut de toute beauté, avec une longueur en 6a finalement « presque » plus facile que le départ…

Pilier Sud Tête des Fétoules - Traversée ambiance

Pilier Sud Tête des Fétoules - Facile et aérien

La vue de ce sommet peu couru des Ecrins est juste splendide. On profite joyeusement de ses instants perchés, en essayant de ne pas penser à la longue descente qui nous attend et que nous voyons dans son intégralité…

Quelques heures de désescalade et de marche plus tard, nous voilà attablés à la Cordée devant un bon gueuleton… avant la petite journée du lendemain!

Meije, directe 3ème dent – La Chapoutot Dibona

Meije, directe 3ème dent – La Chapoutot Dibona

Pour la deuxième année consécutive, nous nous donnons rendez-vous avec Ivan pour une « grande course » dans les Ecrins. L’an dernier faute de créneau assez large, privés de Meije, nous nous étions rabattus sur une course à la journée, le Pilier Sud de Barre Noire. Un très joli lot de consolation. Les sensations étaient bonnes, la cordée efficace et la charcuterie d’Ivan au sommet inoubliable! Bref des débuts prometteurs!

Cette année, le scénario semblait se rejouer comme l’an dernier : une météo pas désastreuse mais de l’activité orageuse les après-midi. Pas de quoi partir sereins sur ce type de projet.

Moyennant quelques grignotages de vacances pour Ivan et un décalage de travail pour moi, on arrive à prolonger nos dates communes jusqu’au week-end où un créneau semble se dessiner… suspens jusqu’au bout et stratégie payante!

C’est donc avec une météo ultra béton qu’on se lance en face sud de la Meije après une nuit au Promontoire au milieu des randonneurs, l’effondrement au Glacier Carré ayant fait à raison fuir la plupart des alpinistes coutumier du secteur… C’est rigolo d’avoir l’impression d’appartenir à une espèce en voie de disparition dans ce type de lieu…

La directe de la 3ème Dent est une combinaison d’itinéraires qui se joue astucieusement des dalles en granit du Bastion par la voie Chapoutot, puis du raide ressaut en gneiss par la voie Dibona. Voisine de la Pierre Alain, elle en a la logique, la classe et l’élégance. Son seul crime et de ne pas au sortir au grand Pic!! Nous voyons ça plutôt comme un avantage, le retour par la traversée n’en sera que moins long!

Nous savourons tous les deux ce beau voyage en Meije presque sans anicroche. Un bloc farceur dans la fissure Stofer qui aurait pu raccourcir la main d’Ivan mais qui finalement ne s’en prendra qu’à une de nos deux cordes! A part ça, l’affaire a roulé avec un retour dans la vallée dans la foulée!

Meije 3ème Dent - Chapoutot Dibona - Le départ, austère!

Meije 3ème Dent - Chapoutot Dibona - Dans les dalles du Bastion

Meije 3ème Dent - Chapoutot Dibona - Vire au dessus du Bastion

Meije 3ème Dent - Chapoutot Dibona - Les dièdres de sortie

Meije 3ème Dent - Chapoutot Dibona - Juste avant la Stofer

Meije 3ème Dent - Chapoutot Dibona - Heureux!

Meije 3ème Dent - Chapoutot Dibona - Sur la traverséee

Traversée du Breithorn

Traversée du Breithorn

Jusqu’au bout le suspens reste complet pour cette sortie! 24h avant le départ au regard des bulletins météo je commence à envisager toutes sortes de plans B dans un rayon d’action s’étalant des Calanques aux Alpes du Nord! Pas question d’aller errer deux jours dans le mauvais temps sur les Glaciers du Val d’Aoste….

Finalement les toutes dernières prévisions se font plus clémentes et passées une première journée très moyenne on doit pouvoir compter sur du beau temps : feu!

Départ de Testa Grigia en début d’après-midi avec Estelle, Stan et Antoine. Je connais tout le monde aujourd’hui, ça fait plaisir! Nous expérimentons en quelques minutes toutes les météos imaginables. Sans visibilité et quasiment sans traces puisqu’il a reneigé, je redécouvre les joies de l’orientation dans ces grands espaces sans repères! Pas de grands objectifs, aujourd’hui on va « juste » dormir à Val d’Ayas.

Départ de Testa Grigia en début d’après-midi avec Estelle, Stan et Antoine. Je connais tout le monde aujourd’hui, ça fait plaisir! Nous expérimentons en quelques minutes toutes les météos imaginables. Sans visibilité et quasiment sans traces puisqu’il a reneigé, je redécouvre les joies de l’orientation dans ces grands espaces sans repères! Pas de grands objectifs, aujourd’hui on va « juste » dormir à Val d’Ayas. En chemin, le temps s’améliore, les nuages se déchirent, je range le GPS et on profite un peu de la vue et du refuge relativement calme.

Réveil à 3h30. Les étoiles brillent. C’est bon ça! L’idée du jour est de faire la traversée intégrale des Breithorn, une grande course d’altitude où l’on oscille toute la journée entre 4000m et 4100m, entre corniches et passages mixtes, dans une ambiance très aérienne, le tout suspendu entre Italie et Suisse… Longue course mais avec de nombreuses portes de sortie si l’énergie ou le temps venaient à manquer.

La journée démarre par 800m de montée jusqu’à Roccia Nera, premier 4000m du jour. De là nous ne descendrons quasiment plus en dessous de 4000m pendant les 6 heures de la traversée! L’ambiance du jour est à couper le souffle : côté suisse, une mer de nuages plafonnent 200m sous nous ne laissant apparaître que la tête des plus hauts sommets alpins. Ce coton donnerait presque envie de sauter dedans!!

Séparés en deux cordées nous suivons le fil de cette arête alternant corniches de neige, passages mixtes, désescalade, rappels, rochers et autre réjouissances! Dans la partie grimpante, nous ne faisons plus qu’une seule cordée…

La boulette du jour : un piolet farceur tout en carbone fraîchement acheté qui glisse de mon épaule et rebondit dans la face nord du Breithorn.

Le miracle du jour : ce même piolet stabilisé 40m plus bas sur une improbable accumulation neigeuse dans une pente à 50°, à 20cm du grand plongeon! Et notre corde qui fait juste 40m!

Malgré la fatigue et le souffle rare, tout le monde arrive jusqu’au Breithorn Occidental, notre 4ème 4000m du jour!

Traversée du Breithorn - Premières lueurs sur Pollux

Traversée du Breithorn - Roccia Nera

Traversée du Breithorn - Antoine et Stan

Traversée du Breithorn - Estelle

Traversée du Breithorn - Désescalade

Traversée du Breithorn - Ombres

Traversée du Breithorn - Sur fond de Lyskam

Traversée du Breithorn - Océan de coton

Traversée du Breithorn - Dans la partie rocheuse

Traversée du Breithorn - Rocher

Traversée du Breithorn - Breithorn occidental

Comment le ciel est bleu?

Comment le ciel est bleu?

Pauline et Sébastien m’ont contacté il y a bien longtemps pour organiser ces 3 jours d’alpinisme dans les Ecrins. Leur projet : retrouver le bleu du ciel mesuré par le scientifique de Saussure au sommet du Mont-Blanc il y a plus de 200ans! Un projet à mi-chemin entre poésie, science et questionnement enfantin! Et ce n’était qu’une répétition! La suite peut-être au Mont-Blanc…

Comment le ciel est bleu - Roche Faurio

Comment le ciel est bleu - Roche Faurio

Comment le ciel est bleu - Mais que font-ils?

Comment le ciel est bleu - Secte?

Comment le ciel est bleu - Prière?

Pilier Sud Barre des Ecrins

Pilier Sud Barre des Ecrins

Après quelques temps loin des montagnes, Guillaume commence à avoir la bougeotte! Premier passage clé : trouver une petite fenêtre commune dans nos agendas du moment, pas une mince affaire! Finalement nous calons un mini-créneau, sans marge aucune! Guillaume en sera quitte pour une montée directe au bivouac après son arrivée au train et moi, après un petit échauffement matinal aux arêtes de la Bruyère!

Évidement, par les temps qui courent, lier son destin à celui de la SNCF est un peu joueur et quand Guillaume m’annonce que son train à 1h30 de retard, je suis à peine étonné… Je prends mon mal en patience en faisant la sieste après ma virée du matin sur les arêtes de la Bruyère… Finalement il est 15h quand je récupère Guillaume et on file direct au Pré de Madame Carle. L’idée du jour est de monter dormir le plus haut possible dans la face sud des Ecrins, si possible tout en haut du socle. Il est un peu plus de 16h quand nous partons, on verra bien, les options de bivouac sont nombreuses.

La marche d’approche permet à mon acolyte de sentir que la forme est là, que les kilomètres de footing accumulés ne l’ont pas été pour rien! De mon côté, en guide inquiet, je l’encourage à ralentir le rythme pour s’économiser et garder le power pour la suite! Personne dans le secteur sauf quelques chamois qui rodent aux Balmes de François Blanc. Les grandes faces du Glacier noir trônent royalement au dessus de nous indifférentes aux inutiles et futiles activités humaines.

A 19h nous franchissons la complexe rimaye qui donne accès à la face sud, en rive droite du couloir des Avalanches. Ensuite, l’itinéraire zigzague au mieux dans le socle en se déjouant des parties les plus raides raides par quelques cheminées.

Pilier sud Barre Ecrins - Juste après la rimaye

Pilier sud Barre Ecrins - Cheminée du socle

A 21h nous sommes à la hauteur du bivouac Chaud, 100m sous la Tour rouge. On pourrait cravacher un petit coup pour aller bivouaquer sous la Tour rouge mais nous sommes tous les 2 fatigués et satisfait par nos journées respectives : Guillaume a réussi à rallier la Gare du Nord au bivouac Chaud dans la journée et moi j’ai effectué le trajet Champcella – bivouac Chaud via le sommet de la Bruyère!! Basta!

La question bivouac vs « à la journée » anime passionnément l’esprit de tous les prétendants à cette belle classique… pour nous l’option bivouac n’a jamais fait l’ombre d’un doute! Guillaume, sans acclimatation, ne se sentait pas une mission grosse bavante de la mort à plus de 4000m et était franchement attiré par l’idée d’un premier bivouac en paroi. De mon côté, pris dans le rythme endiablé de la saison et des courses qui s’enchaînent, je trouvais assez séduisante l’idée de ne pas me lever à minuit et de répartir les efforts sur 2 jours! Et puis avec le matos moderne et quelques choix de bon sens, on peut s’en tirer avec un excédent de poids très raisonnable!

En tous cas maintenant qu’on y est à ce bivouac, on est bien content! Le soleil termine son job quotidien sur les faces du Pelvoux et du Pic sans Nom pendant que Guillaume s’endort sur son bol de soupe et que je transforme de la neige en eau. J’ose perturber de temps à autre la douce somnolence de mon compagnon pour lui proposer jusqu’à pas d’heure quelques potions réhydratantes… Il est 23h, extinction des feux!

Pilier sud Barre Ecrins - Bivouac

Pilier sud Barre Ecrins - Bivouac chaud

Peut-être l’habitude des réveils à 3h, à moins que ça ne soit ce satané machin en « ite » qui opprime mes sinus : Guillaume est bien mal barré pour faire une grasse mat’ ce matin! C’est un guide bien réveillé qui le secoue vers 5h15 prétextant un levé de jour imminent! Le spectacle n’est pas déplaisant avec au loin quelques orages mourant sur l’Italie…

Pilier sud Barre Ecrins - Levant sur nuages italiens

6h15 : on se met en route. Il nous reste environ 100m de « socle » avant la Tour rouge. Rien de difficile mais dès le réveil il faut être concentré. Nous croisons le bivouac de la Tour rouge encore bien sous la neige en ce moment, finalement l’option bivouac Chaud était pas mal!

L’itinéraire des topos n’est pas des plus limpides pour la Tour rouge et mes souvenirs d’il y a 10 ans se sont plus qu’évaporés! Allons-y au feeling! Le caillou est beau et sain sur cette Tour, encourageant l’audace! Finalement il est parfois plus simple de lire la montagne qu’un topo! Un contournement de Tour grise plus tard et nous voilà rendus au pied du Bastion, le ressaut clé de c’t’affaire.

Pilier sud Barre Ecrins - Tour rouge

Pilier sud Barre Ecrins - Sortie de la Tour grise sur fond de Coolidge

Tout se déroule pour le mieux dans le Bastion : les traversées ne sont pas si exposées que le laisse penser le topo, le rocher pas si mauvais, l’itinéraire pas si complexe et le sac chargé du bivouac pas si lourd… une vraie promenade de santé quoi! Enfin presque… Dans un élan de motivation, je propose même à Guillaume de tenter une sortie directe dans le dernier ressaut : nous opterons sagement pour la sortie classique!!

Pilier sud Barre Ecrins - La trav' "exposée" du Bastion

Pilier sud Barre Ecrins - Le fameux "feuillet décollé"

Passé le Miroir, s’en est fini des grosses difficultés du jour et nous avons notre dose de rocher. Nous tirons à gauche pour gagner les pentes de neige et le couloir qui mènent à la brèche entre le Pic Lory et la Barre des Ecrins. Les passages des jours précédents et de ceux venant de la traversée Sud Nord nous aident dans notre progression mais ça commence quand même à tirer là haut pour Guillaume et son corps en déficit globulaire…

Pilier sud Barre Ecrins - Dernières pentes de neige

12h15 : Summit! Premier 4000m pour Guillaume. Tout à son honneur de ne pas avoir fait de cette altitude la quête du saint Graal et d’avoir attendu tout ce temps là pour franchir cette au combien symbolique frontière numérique! Tout est magnifique là haut aujourd’hui… L’horizon est parfaitement dégagé. Les dernières cordées venues du versant nord nous laissent le sommet quand nous arrivons. Nous passons plus d’une heure là haut à contempler et à siester! Il fait une douceur indécente. Pas un souffle d’air pour contrarier notre somnolence. Qu’ils sont bons ces moments d’alti-plénitude!

Pilier sud Barre Ecrins - Selfie de base

En bon gâcheur d’ambiance et de guide soucieux du retour, je finis par réveiller mon compagnon de sa sieste avec une soupe. C’est qu’on est pas tout à fait rendus!

Pilier sud Barre Ecrins - Guide en poid à l'hypoxie

Le début de la suite sera assez vite expédié : une heure après nous sommes au pied du Dôme, après une grande glissade de presque 1000m! Le reste jusqu’au Pré de Madame Carle sera un petit peu moins ludique!

Stage autonomie débutant

Stage autonomie débutant

Un stage d’initiation à l’alpinisme orienté autonomie! Yohan est là pour 2 jours, Julie et Olivier pour 3 jours, Tom et Jérémie pour 5 jours… tout ce beau monde ne se connaît pas mais la sauce prend bien! J’avoue ça me fait bizarre d’être le doyen du groupe mais si mes calculs sont bons plus je vieillis, plus ça a de chances de m’arriver!

Jour 1 et 2 : Ecole de glace et Pic d’Arsine

Partant de presque 0, mes compagnons ont tout à apprendre! On commence par les bases du cramponnage et de la sécurité sur glacier… A la fin de la journée, tout le monde sait s’encorder proprement sans risquer de mourir étranglé! Le chemin vers l’autonomie se fait à petits pas, sans brûler les étapes…

Pour leur première course, j’emmène la troupe faire le Pic d’Arsine en traversée, une course facile et très variée. Couloir, arête, pentes de neige… les apprentissages sont nombreux, on est dans le concret là! Je montre également aux stagiaires comment faire la sieste pendant une heure sur un sommet et à ce jeu tout le monde semble assez doué!

Stage autonomie débutant - Pic d'Arsine - Yohan

Stage autonomie débutant - Pic d'Arsine - Le couloir

Stage autonomie débutant - Pic d'Arsine - Olivier et Julie

De retour sur le glacier, Yohan profite d’une cordée qui descend pour se faire accompagner sur la partie glacier. Avec le reste de l’équipe, nous montons au Refuge des Ecrins pour y passer le reste de l’après midi et la nuit!

Jour 3 : Roche Faurio

Nous parvenons à nous extirper du Refuge des Ecrins avant le gros de la foule et rapidement nous retrouvons la tranquillité de la haute montagne. La plupart des cordées du jour vont aller au Dôme des Ecrins. Nous serons donc bien mieux en face!

Sur le long faux plat, j’impose un petit rythme soutenu pour nous donner toutes les chances de faire le levé de soleil en bon lieu! Tout le monde a la forme et suis sans trop de problème… Finalement, nous attendrons même quelques minutes l’arrivée du soleil!

Stage autonomie débutant - Levé de soleil à la Roche Faurio

Stage autonomie débutant - Levé de soleil à la Roche Faurio

Depuis l’épaule, mes deux cordées retrouvent leur autonomie jusqu’à l’antécime de roche Faurio

Stage autonomie débutant - Roche Faurio - Tom et Jérémie dans les premières lueurs du jour

Stage autonomie débutant - Roche Faurio - Julie et Olivier

Stage autonomie débutant - Roche Faurio - Julie et Olivier

Stage autonomie débutant - Roche Faurio - Jérémie et Thomas

Derrière nous, Robin, un copain guide nous talonne!

Stage autonomie débutant - Roche Faurio - Une cordée qui nous suit

Nous poursuivons sur l’arête sommitale un peu plus grimpante. Seule Julie préfère nous attendre à l’antécime, déjà bien satisfaite de la vue!

Stage autonomie débutant - Roche Faurio - Tom et Jérémie sur l'arête sommitale

Stage autonomie débutant - Roche Faurio - Olivier sur l'arête

Stage autonomie débutant - Roche Faurio - Jérémie sur l'arête sommitale

Stage autonomie débutant - Roche Faurio - Sur l'arête sommitale

Au loin on aperçoit des sommets connus et moins connus…

Au loin le Viso

Au loin le cervin

Revenus à l’antécime, on profite encore du sommet, faut dire que les conditions nous y invitent! Puis on attaque la descente vers la vallée… suite des aventures avec Tom et Jérémie pour encore deux jours!

Jour 4 : Râteau ouest

Aujourd’hui avec Tom et Jérémie on succombe aux charmes de la modernité, si on peut parler de modernité en évoquant le téléphérique de la Grave! Mécaniquement assistés, nous voilà transposés en quelques minutes à 3200m d’altitude sur le Glacier de la Girose, direction le Râteau ouest, une course qui devrait permettre à mes deux compagnons de franchir un petit cap.

Je laisse Jérémie et Tom gérer l’encordement sur le glacier ainsi que l’assurage en mouvement sur la première partie de la course.

Stage autonomie débutant - Rateau ouest - Vers le Col de la Girose

Stage autonomie débutant - Rateau ouest - Dans la partie facile

Stage autonomie débutant - Rateau ouest - Tom surgit de nulle part

Je reprend la tête de la cordée pour la suite un peu plus difficile ce qui leur permet de faire leurs premiers pas de grimpeurs en toute sécurité!

Stage autonomie débutant - Rateau ouest - Dans le dernier ressaut

Comme tout le reste de la semaine, nous profitons de superbes conditions au sommet, sans un pet d’air… autour de nous pas mal de sommets sont pris dans les nuages et nous semblons presque les seuls épargnés… bonne pioche!

Jour 5 : Arête de la Bruyère

Pour ce dernier jour ensembles, pas d’autonomie pour Tom et Jérémie mais une course un peu plus dure histoire de voir ce que ça peut donner dans le niveau supérieur! Un guide peut aussi servir à sortir de sa zone de confort!

Cette arête stégausaurique offre une superbe escalade dans une ambiance bien gazeuse, autant de choses nouvelles à gérer pour les deux compères… malgré leur expérience quasi inexistante en escalade, il s’en tirent plutôt bien et rentrent de cette journée ultra motivés pour s’inscrire dans une salle d’escalade en attendant les prochaines escapades en montagne!

Arêtes de la Bruyère - Stegosauric ridge

Arêtes de la Bruyère - Ambiance effilée

Arêtes de la Bruyère - Panoramique

Arêtes de la Bruyère - Jérémie au dessus du lac

Merci à tous pour cette belle semaine dans la bonne humeur! Et désolé d’avoir contribué à vous inoculer le virus de la montagne qui en plus d’engloutir toutes vos économies occupera vos pensées nuit et jour! Bon courage!

Traversée de la Meije

Traversée de la Meije

L’an dernier nous nous étions séparés avec Pierre et Paul après la traversée des Dents de Coste Counier en évoquant un beau projet qui tient au cœur de Pierre depuis quelques années : la traversée de la Meije. Paul a force d’entendre son père et son grand père en parler, et après quelques lectures et relectures des « 100 plus belles » de Gaston Rébuffat est aussi très emballé par cette course…

Après notre traversée efficace des Dents de Coste Counier et d’autres courses faites ensemble, nous sommes prêts cette année pour fantastique chevauchée.

Première journée : traversée de la Pointe Trifide

Histoire de faire les choses bien, on commence par une course de rodage et d’acclimatation, la traversée des Trifides. Petit détail et non des moindres, le téléphérique de la Grave est momentanément HS nous garantissant là haut une totale solitude au prix de 2h30 de marche supplémentaire! Modeste sur le papier cette course est une petite pépite, perchée 500m au dessus du Glacier du Râteau sur du très beau caillou dans une ambiance bien effilée… Une excellente mise en jambe pour la Meije avec même des passages plus durs!

Traversée Trifides - Devant la Meije

Traversée Trifides - Effilée!

Traversée Trifides - Passage du rasoir

Traversée Trifides - Pierre ouvre le rasoir

Traversée Trifides - Belle Ambiance

Traversée Trifides - Un peu gazeux!

Soirée relax au refuge Chancel, un havre de paix perché au dessus de la Grave. Un refuge où les alpinistes sont plutôt rares. L’apéro en terrasse vaut à lui seul le déplacement!

Deuxième journée : montée des Enfetchores

On émerge après tous les randonneurs aujourd’hui, on en profite car demain il faudra être plus matinal! Petit déjeuner au soleil en terrasse, ça c’est la classe!

Traversée Trifides - Petit déjeuner à Chancel

Le départ de Chancel rajoute 45 minutes de marche à plat pour rejoindre l’intermédiaire du téléphérique. Paul cogite un peu sur l’objectif du lendemain, faut dire que la Meije vue d’en bas a de quoi effrayer! Parfois le plus dur c’est juste de faire le premier vers la difficulté et le reste se met en place naturellement… c’est en tous cas exactement ce qu’il va se passer pour Paul!

Nous arrivons en début d’aprem au refuge du Promontoire. C’est quand même bien de pouvoir profiter quelques heures de ce lieu magique, même si le cuisant soleil du jour nous interdit la sieste sur les matelas de la terrasse!

Ambiance décontractée au refuge avec des collègues guides pas prise de tête! On est pas nombreux et c’est tant mieux! Après une longue après-midi de fareniente, l’heure de l’apéro du Promontoire sonne! Fredi nous régale avec un ti-punch vitaminé et un bulletin météo juste parfait! Les orages semblent se décaler plus tard dans la semaine nous ouvrant une fenêtre royale pour entrer en Meije.

Troisième journée : traversée de la Meije

3h30. Paul et Pierre sont déjà au petit déjeuner lorsque j’émerge. Les doutes de la veille semblent évaporés. A 4h nous sommes encordées sur la terrasse du refuge parés au décollage. La lune nous éclaire, le ciel scintille, tout baigne… place à l’action.

La petite mécanique de la cordée se met en route. Le pas du Crapaud pour le réveil musculaire puis on déroule jusqu’au pied de la grande muraille… Au passage on réveille une cordée qui a bivouaqué dans le couloir Duhamel, pris par la nuit la veille. Tout va bien pour eux… Au petit jour nous sommes dans la dalle Castelnau. Good rythm’

Le cheminement dans la grande muraille est toujours bluffant. De loin on imagine une paroi verticale. Mais par des vires ponctuées de courts passages d’escalade, l’itinéraire se déjoue astucieusement des zones les plus raides.

Paul à la sortie du Pas de l’Ane.

Traversée de la Meije - Pas de l'Ane

La vire aux encoches nous amène au passage clé de la traversée, la dalle des Autrichiens. Paul peste contre Rébuffat : « il abuse Rébuffat avec son III! »

Traversée de la Meije - Dalle des Autrichiens

Pas du Chat, vire du Glacier Carré et nous voilà à chausser les crampons… d’après une équation mathématique statistico-empirique développée par le professeur Fredi Meignan basée sur l’observation d’un échantillon de 1.258.423,8 cordées, le temps que tu mets pour atteindre le Glacier carré est égal au 1/3 du temps que tu mettras pour rejoindre l’Aigle. Selon ce savant calcul nous devrions donc arriver à l’Aigle vers 13h. Ca nous va!

Enfin bon les mathématiques c’est rassurant mais il va quand même falloir produire encore un peu d’effort et ne pas nous endormir sur nos lauriers! Le Glacier Carré est un bel escalier aujourd’hui, très facile à monter avec le regel… un vent bien froid nous saisit à la brèche du Glacier Carré. On range dare dare les crampons et on enchaîne en corde tendue jusqu’au cheval rouge. En face nord on prend le soleil et on est à l’abri du vent de sud…

Traversée de la Meije - Cheval rouge

Traversée de la Meije - Cheval rouge

Traversée de la Meije - Chapeau du Capucin

Encore quelques mètres d’arête facile et le rêve se réalise. L’émotion est là pour tout le monde! La Meije est sous nous, nous sommes sur elle! Devant nous s’étire l’arête que nous allons traverser. Le 360° est sûrement un des plus incroyables des Alpes.

Traversée de la Meije - L'arête sommitale

Traversée de la Meije - Au grand Pic

Ce qu’il y a de bien à la Meije c’est qu’on a toute la journée pour profiter du spectacle puisque l’on reste perché sur les arêtes jusqu’au Doigt de Dieu!

Au fait à ce stade nous n’avons réalisé qu’un demi-rêve, car à la Meije la montée n’est que la moitié de la course. Il reste du pain sur la planche. Nous nous lançons dans les rappels du Grand Pic qui nous déposent au pied de la Dent Zsigmondy où il faut chausser les crampons.

Traversée de la Meije - Sous la dent Zsigmondy

Traversée de la Meije - La goulotte

Dans la goulotte, Paul décide de garder un souvenir charnel de la Meije et se met un coup de piolet sur le front. Rien de bien grave mais sûrement une petite cicatrice en souvenir!

Les conditions actuelles nous imposent de progresser encore avec les crampons, le plus souvent sur le rocher… La fatigue se fait un peu sentir sur la suite mais le rythme reste bon! Les dents s’enchaînent et nous finissons par nous affaler au sommet du Doigt de Dieu, heureux! Le vent est tombé et nous profitons du sommet pendant de longs moments.

Encore quelques acrobaties sur la corde et nous prenons pied sur le glacier.

Traversée de la Meije - Glacier du Tabuchet

Il est 12h30 quand nous arrivons au refuge de l’Aigle pour une halte plus que méritée. La crêpe de Louis et le jus de pomme local requinquent les troupes avant la descente qui demande quand même encore un peu d’énergie. Heureusement quelques névés bien placés nous permettent d’éviter les parties grimpantes de la descente et de se faire une belle glissade jusqu’à 2700m. Toujours ça de pris pour les genoux!

Nous nous quittons à la Grave. Pierre et Paul sont sur un petit nuage. Au dessus de nous la Meije trône toujours à sa place. Nous n’étions que quelques instants là haut, un passage éclair que la belle aura vite oublié mais qui restera pour quelques temps gravé dans nos mémoires!

Couloir des Sorciers et traversée de la Rouye

Couloir des Sorciers et traversée de la Rouye

Après notre petit tour du propriétaire à l’Olan la veille, on se dirige aujourd’hui vers un objectif moins copieux (sur le papier!) à deux pas du refuge : le couloir des Sorciers suivi de la traversée de la Rouye.

L’approche depuis le refuge est très rapide et nous sommes à pied d’œuvre dans le couloir de bonne heure! Environ une centaine de mètre à 40° voire plus, de quoi chauffer les mollets et le mental!

Au collu au sommet du couloir nous surprenons une harde de chamois sur le versant est. Faut dire que dans ces coins, ils ne sont pas emmerdés tous les jours. Notre course du jour n’est d’ailleurs pas une grande classique. Pas facile de grandir dans l’ombre de l’Olan!

Pourtant malgré l’attention qu’il faut porter au caillou dans quelques zones, c’est une course séduisante avec une belle ambiance aérienne, du rocher de bonne facture dans les passages grimpants, une vue plongeante sur le Valgaudemar et un vrai sommet pointu! Nous on a aimé!

Couloir sorcier - Traversée rouye

Couloir sorcier - Vue plongeante sur le valgaudemar

Couloir sorcier - Traversée rouye - vers la fin

Pilier Anne à l’Olan

Pilier Anne à l’Olan

Après deux bonnes journées de crapahutage autour et sur les Bans, on prend la direction du Valgaudemar un autre coin bien sauvage des Ecrins. La star locale ici c’est l’Olan qui saute immanquablement aux yeux de l’alpiniste depuis la vallée…

Fidèle à notre début de semaine, on poursuit notre tournée des refuges déserts ou presque… ce soir nous partageons le refuge de l’Olan avec deux autres alpinistes. Murielle l’aide gardienne nous bichonne, on mange comme à la maison! Ca a du bon l’Oisans sauvage.

Je propose à Alain de gravir l’Olan par le Pilier Anne, de traverser ensuite les 3 sommets et redescendre par la voie Escarra… de quoi faire cogiter mon compagnon de cordée partagé entre doute et excitation! De toute façon rien ne nous engage de façon définitive, on pourra toujours repartir sur la voie normale si besoin!

Finalement la décision sera prise devant l’obstacle, nous partons pour le Pilier Anne! Nous nous connaissons bien avec Alain et je sais sur quelles ressources je peux compter! Après une remontée de névé sans crampons me permettant de me connecter avec mes ancêtres guides tailleurs de marche, nous attaquons les deux premières longueurs de « oiseau de passage » qui donnent accès au Pilier Anne. Ce sont les deux longueurs clés du jour. Un collègue guide présent la veille au refuge, très fort grimpeur, croyant rassurer Alain lui a dit : « Oh t’inquiètes pas c’est V-Vsup maximum! », un niveau dont Alain est loin d’être coutumier… Heureusement il n’en est rien, ça n’excède pas le IVsup et c’est déjà très bien en grosses chaussures dans l’ombre du matin!

Dès le premier relais nous passons au soleil, ça a du bon les faces sud-est! Les deux premières longueurs franchies, Alain est rassuré et nous filons à corde tendue en direction du Pilier Anne. La suite jusqu’à l’épaule sud sera plutôt vite expédiée! Derrière nous, le ballet des nuages se met en place pour nous offrir un beau spectacle au sommet!

Olan - Pilier Anne - Deuxième longueur

Olan - Pilier Anne - Sortie du pilier

On enchaîne sur la traversée jusqu’au sommet Nord, point culminant, une vraie partie de montagnes russes! Et nous voilà au sommet pour une bonne grosse pause bien méritée!

Olan - Pilier Anne - Traversée

Olan - Pilier Anne - Sommet

L’Olan n’a pas de porte de sortie évidente, même la voie normale se mérite! Mais rien ne nous presse, nous avons bien avancé et en plus nous redormons au refuge alors on profite de l’ambiance « nebbia » du jour…

Olan - Pilier Anne - Descente voie normale

Quelques désescalades plus tard nous voilà rendus sur le glacier. Neige continue jusqu’au refuge y a plus qu’à glisser jusqu’à la terrasse du refuge! Vive le mois de juin!

Traversée des Bans et Boeufs rouges

Traversée des Bans et Boeufs rouges

Déjà notre 6ème session avec Alain! Ma copine aurait de quoi être jalouse : j’ai passé plus de soirée en tête à tête avec Alain ces 6 dernières années qu’avec elle!

Pour commencer en beauté (mais pas en douceur!) les 5 jours que nous allons passer ensemble, je propose à Alain une boucle bien sauvage entre vallon des Bans et vallon de la Pilatte.

Pointe des Boeufs rouges depuis le refuge des Bans

Après une soirée intime au refuge des Bans pour nous tous seuls, nous nous levons de bonne heure pour avaler les 1500m de dénivelé qui nous sépare de la pointe des Boeufs rouges. Heureusement la neige encore bien présente rend la progression plus agréable que dans les éboulis! Un peu d’escalade sous le col de la Condamine puis on gagne par des pentes de neige raides et quelques rochers le sommet des Boeufs rouges

Pointe des Boeufs rouges - Grimpe sous le col de la Condamine

Météo démente et panorama grandiose sur le chaînon Pelvoux-Ailefroide… on profite largement du sommet en s’octroyant même une petite sieste pas volée!

Pointe des Boeufs rouges - Summit

La descente débute par une courte désescalade d’arête puis des pentes de neige bien commodes nous ramène jusqu’au pied du refuge…

Pointe des Boeufs rouges - Descente vers le Col de la Condamine

Pointe des Boeufs rouges - Jeux d'ombres

La « petite » remontée jusqu’au refuge ne rendra la bière et le casse croûte que meilleurs!

Pointe des Boeufs rouges - Repas des guerriers au refuge de la Pilatte

Ce soir c’est la sur-affluence à la Pilatte avec au moins 12 personnes… un accueil toujours au top de Mathilde et Mélanie et sûrement la plus belle BDthèque des Ecrins!

Traversée des Bans

Programme simple aujourd’hui : on rentre! Tel de bons conquérants de l’inutile on retourne à notre point de départ en passant si possible par le chemin le plus compliqué! D’abord nous montons le Glacier des Bans, encore parfaitement bouché en ce début de saison. Le secteur est totalement désert… mais que sont devenus les alpinistes?

Nous débouchons au pied des Bans. Une magnifique mer de nuage recouvre l’Italie et la Vallouise juste sous nos pieds… petite pause au soleil…

Traversée des bans - Au pied des Bans

Le soleil du matin chauffe déjà efficacement le rocher de la voie normale des Bans. Rien de bien difficile sur cette voie normale mais une belle escalade plaisir jusqu’au sommet! Aujourd’hui encore on se rince l’œil. Les nuages font le spectacle et on se tord le cou à tout regarder!

Traversée des bans - Sur la voie normale des Bans

Traversée des bans - La vue du sommet

Nous désescaladons ensuite l’arête sud d’abord en rocher puis en neige… pris dans l’élan je pousse un peu trop bas et loupe la bonne brèche de descente vers le névé ovale. Et une petite remontée gratos pour peaufiner la cuisson des cuisses d’Alain!!

Traversée des bans - Fin de la descente de l'arête sud

On enchaîne désescalade et rappels jusqu’au Glacier des Bans. Bonne partie de glissade dans une neige parfaitement revenue jusqu’au refuge des Bans… les débuts de saison ça a du bon!

Affalage en règle sur la terrasse de Stef et sa petite famille au refuge des Bans pour un petit gueuleton de principe avant de regagner la vallée… belle entrée en matière!

Premier pas en autonomie

Premier pas en autonomie

Nico, Anne-So, Denis et Aurélie, deux couples d’amis, sont venus découvrir les joies de la haute montagne et les premières bases d’autonomie pour ceux (celui) qui y avait déjà goûté!

Nous démarrons par une session école la première après midi sur le glacier Blanc histoire de se débrider les crampons! rassemblement le soir au refuge et nous ne sommes pas tout à fait les seuls : premier beau week-end estival de la saison, c’est la foule, mais une foule bien conviviale!

Départ au petit jour… les cordées s’éparpillent dans toute la montagne et bientôt nous sommes parfaitement seuls! Au programme du jour la traversée du Pic du Glacier d’Arsine une jolie course à faire en début de saison. Je suis encordé avec Anne So et Nico. Denis fait ses premiers pas en tête de cordée avec Aurélie. Sans grosses difficultés, cette course est idéale pour cet exercice…

La météo donne le meilleur d’elle même et c’est pas pour nous déplaire!

Après le passage au sommet, nous continuons sur l’arête jusqu’à la bosse proche du Pic du Glacier Blanc. Arête de neige, petits pas d’escalade et désescalade, c’est ludique et varié

Traversée du Pic d'Arsine - Initiation autonomie - Désescalade

Traversée du Pic d'Arsine - Initiation autonomie - Corniches

Traversée du Pic d'Arsine - Initiation autonomie - Devant les Agneaux

Traversée du Pic d'Arsine - Initiation autonomie - La classe

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