Arête de la Convention

Arête de la Convention

Bon on avait dit pas de réveil ce matin puis finalement les collègues qui se lèvent tôt et la météo du jour nous incitent à reporter la grasse matinée au lendemain! Par contre on reste sur l’idée du moins d’approche possible et du pas trop dur… Une course s’impose à l’évidence, l’arête de la Convention, l’occasion de faire une petite incursion en Meije. On s’excite pas trop quand même au petit déjeuner, accordons nous quelques instants de flânerie dans ce monde d’accélérés! Depuis qu’on est partis c’est plus le temps qui nous a regardé passer que l’inverse!

Donc course de moindre envergure aujourd’hui mais sérieuse quand même et vraiment complète! Les brumes qui s’accrochent à la Meije et aux sommets nous plongent dans une ambiance cotonneuse…

Arête de la convention - Longueur clé

Traversée du Breithorn

Traversée du Breithorn

Jusqu’au bout le suspens reste complet pour cette sortie! 24h avant le départ au regard des bulletins météo je commence à envisager toutes sortes de plans B dans un rayon d’action s’étalant des Calanques aux Alpes du Nord! Pas question d’aller errer deux jours dans le mauvais temps sur les Glaciers du Val d’Aoste….

Finalement les toutes dernières prévisions se font plus clémentes et passées une première journée très moyenne on doit pouvoir compter sur du beau temps : feu!

Départ de Testa Grigia en début d’après-midi avec Estelle, Stan et Antoine. Je connais tout le monde aujourd’hui, ça fait plaisir! Nous expérimentons en quelques minutes toutes les météos imaginables. Sans visibilité et quasiment sans traces puisqu’il a reneigé, je redécouvre les joies de l’orientation dans ces grands espaces sans repères! Pas de grands objectifs, aujourd’hui on va « juste » dormir à Val d’Ayas.

Départ de Testa Grigia en début d’après-midi avec Estelle, Stan et Antoine. Je connais tout le monde aujourd’hui, ça fait plaisir! Nous expérimentons en quelques minutes toutes les météos imaginables. Sans visibilité et quasiment sans traces puisqu’il a reneigé, je redécouvre les joies de l’orientation dans ces grands espaces sans repères! Pas de grands objectifs, aujourd’hui on va « juste » dormir à Val d’Ayas. En chemin, le temps s’améliore, les nuages se déchirent, je range le GPS et on profite un peu de la vue et du refuge relativement calme.

Réveil à 3h30. Les étoiles brillent. C’est bon ça! L’idée du jour est de faire la traversée intégrale des Breithorn, une grande course d’altitude où l’on oscille toute la journée entre 4000m et 4100m, entre corniches et passages mixtes, dans une ambiance très aérienne, le tout suspendu entre Italie et Suisse… Longue course mais avec de nombreuses portes de sortie si l’énergie ou le temps venaient à manquer.

La journée démarre par 800m de montée jusqu’à Roccia Nera, premier 4000m du jour. De là nous ne descendrons quasiment plus en dessous de 4000m pendant les 6 heures de la traversée! L’ambiance du jour est à couper le souffle : côté suisse, une mer de nuages plafonnent 200m sous nous ne laissant apparaître que la tête des plus hauts sommets alpins. Ce coton donnerait presque envie de sauter dedans!!

Séparés en deux cordées nous suivons le fil de cette arête alternant corniches de neige, passages mixtes, désescalade, rappels, rochers et autre réjouissances! Dans la partie grimpante, nous ne faisons plus qu’une seule cordée…

La boulette du jour : un piolet farceur tout en carbone fraîchement acheté qui glisse de mon épaule et rebondit dans la face nord du Breithorn.

Le miracle du jour : ce même piolet stabilisé 40m plus bas sur une improbable accumulation neigeuse dans une pente à 50°, à 20cm du grand plongeon! Et notre corde qui fait juste 40m!

Malgré la fatigue et le souffle rare, tout le monde arrive jusqu’au Breithorn Occidental, notre 4ème 4000m du jour!

Traversée du Breithorn - Premières lueurs sur Pollux

Traversée du Breithorn - Roccia Nera

Traversée du Breithorn - Antoine et Stan

Traversée du Breithorn - Estelle

Traversée du Breithorn - Désescalade

Traversée du Breithorn - Ombres

Traversée du Breithorn - Sur fond de Lyskam

Traversée du Breithorn - Océan de coton

Traversée du Breithorn - Dans la partie rocheuse

Traversée du Breithorn - Rocher

Traversée du Breithorn - Breithorn occidental

Stage autonomie débutant

Stage autonomie débutant

Un stage d’initiation à l’alpinisme orienté autonomie! Yohan est là pour 2 jours, Julie et Olivier pour 3 jours, Tom et Jérémie pour 5 jours… tout ce beau monde ne se connaît pas mais la sauce prend bien! J’avoue ça me fait bizarre d’être le doyen du groupe mais si mes calculs sont bons plus je vieillis, plus ça a de chances de m’arriver!

Jour 1 et 2 : Ecole de glace et Pic d’Arsine

Partant de presque 0, mes compagnons ont tout à apprendre! On commence par les bases du cramponnage et de la sécurité sur glacier… A la fin de la journée, tout le monde sait s’encorder proprement sans risquer de mourir étranglé! Le chemin vers l’autonomie se fait à petits pas, sans brûler les étapes…

Pour leur première course, j’emmène la troupe faire le Pic d’Arsine en traversée, une course facile et très variée. Couloir, arête, pentes de neige… les apprentissages sont nombreux, on est dans le concret là! Je montre également aux stagiaires comment faire la sieste pendant une heure sur un sommet et à ce jeu tout le monde semble assez doué!

Stage autonomie débutant - Pic d'Arsine - Yohan

Stage autonomie débutant - Pic d'Arsine - Le couloir

Stage autonomie débutant - Pic d'Arsine - Olivier et Julie

De retour sur le glacier, Yohan profite d’une cordée qui descend pour se faire accompagner sur la partie glacier. Avec le reste de l’équipe, nous montons au Refuge des Ecrins pour y passer le reste de l’après midi et la nuit!

Jour 3 : Roche Faurio

Nous parvenons à nous extirper du Refuge des Ecrins avant le gros de la foule et rapidement nous retrouvons la tranquillité de la haute montagne. La plupart des cordées du jour vont aller au Dôme des Ecrins. Nous serons donc bien mieux en face!

Sur le long faux plat, j’impose un petit rythme soutenu pour nous donner toutes les chances de faire le levé de soleil en bon lieu! Tout le monde a la forme et suis sans trop de problème… Finalement, nous attendrons même quelques minutes l’arrivée du soleil!

Stage autonomie débutant - Levé de soleil à la Roche Faurio

Stage autonomie débutant - Levé de soleil à la Roche Faurio

Depuis l’épaule, mes deux cordées retrouvent leur autonomie jusqu’à l’antécime de roche Faurio

Stage autonomie débutant - Roche Faurio - Tom et Jérémie dans les premières lueurs du jour

Stage autonomie débutant - Roche Faurio - Julie et Olivier

Stage autonomie débutant - Roche Faurio - Julie et Olivier

Stage autonomie débutant - Roche Faurio - Jérémie et Thomas

Derrière nous, Robin, un copain guide nous talonne!

Stage autonomie débutant - Roche Faurio - Une cordée qui nous suit

Nous poursuivons sur l’arête sommitale un peu plus grimpante. Seule Julie préfère nous attendre à l’antécime, déjà bien satisfaite de la vue!

Stage autonomie débutant - Roche Faurio - Tom et Jérémie sur l'arête sommitale

Stage autonomie débutant - Roche Faurio - Olivier sur l'arête

Stage autonomie débutant - Roche Faurio - Jérémie sur l'arête sommitale

Stage autonomie débutant - Roche Faurio - Sur l'arête sommitale

Au loin on aperçoit des sommets connus et moins connus…

Au loin le Viso

Au loin le cervin

Revenus à l’antécime, on profite encore du sommet, faut dire que les conditions nous y invitent! Puis on attaque la descente vers la vallée… suite des aventures avec Tom et Jérémie pour encore deux jours!

Jour 4 : Râteau ouest

Aujourd’hui avec Tom et Jérémie on succombe aux charmes de la modernité, si on peut parler de modernité en évoquant le téléphérique de la Grave! Mécaniquement assistés, nous voilà transposés en quelques minutes à 3200m d’altitude sur le Glacier de la Girose, direction le Râteau ouest, une course qui devrait permettre à mes deux compagnons de franchir un petit cap.

Je laisse Jérémie et Tom gérer l’encordement sur le glacier ainsi que l’assurage en mouvement sur la première partie de la course.

Stage autonomie débutant - Rateau ouest - Vers le Col de la Girose

Stage autonomie débutant - Rateau ouest - Dans la partie facile

Stage autonomie débutant - Rateau ouest - Tom surgit de nulle part

Je reprend la tête de la cordée pour la suite un peu plus difficile ce qui leur permet de faire leurs premiers pas de grimpeurs en toute sécurité!

Stage autonomie débutant - Rateau ouest - Dans le dernier ressaut

Comme tout le reste de la semaine, nous profitons de superbes conditions au sommet, sans un pet d’air… autour de nous pas mal de sommets sont pris dans les nuages et nous semblons presque les seuls épargnés… bonne pioche!

Jour 5 : Arête de la Bruyère

Pour ce dernier jour ensembles, pas d’autonomie pour Tom et Jérémie mais une course un peu plus dure histoire de voir ce que ça peut donner dans le niveau supérieur! Un guide peut aussi servir à sortir de sa zone de confort!

Cette arête stégausaurique offre une superbe escalade dans une ambiance bien gazeuse, autant de choses nouvelles à gérer pour les deux compères… malgré leur expérience quasi inexistante en escalade, il s’en tirent plutôt bien et rentrent de cette journée ultra motivés pour s’inscrire dans une salle d’escalade en attendant les prochaines escapades en montagne!

Arêtes de la Bruyère - Stegosauric ridge

Arêtes de la Bruyère - Ambiance effilée

Arêtes de la Bruyère - Panoramique

Arêtes de la Bruyère - Jérémie au dessus du lac

Merci à tous pour cette belle semaine dans la bonne humeur! Et désolé d’avoir contribué à vous inoculer le virus de la montagne qui en plus d’engloutir toutes vos économies occupera vos pensées nuit et jour! Bon courage!

Traversée de la Meije

Traversée de la Meije

L’an dernier nous nous étions séparés avec Pierre et Paul après la traversée des Dents de Coste Counier en évoquant un beau projet qui tient au cœur de Pierre depuis quelques années : la traversée de la Meije. Paul a force d’entendre son père et son grand père en parler, et après quelques lectures et relectures des « 100 plus belles » de Gaston Rébuffat est aussi très emballé par cette course…

Après notre traversée efficace des Dents de Coste Counier et d’autres courses faites ensemble, nous sommes prêts cette année pour fantastique chevauchée.

Première journée : traversée de la Pointe Trifide

Histoire de faire les choses bien, on commence par une course de rodage et d’acclimatation, la traversée des Trifides. Petit détail et non des moindres, le téléphérique de la Grave est momentanément HS nous garantissant là haut une totale solitude au prix de 2h30 de marche supplémentaire! Modeste sur le papier cette course est une petite pépite, perchée 500m au dessus du Glacier du Râteau sur du très beau caillou dans une ambiance bien effilée… Une excellente mise en jambe pour la Meije avec même des passages plus durs!

Traversée Trifides - Devant la Meije

Traversée Trifides - Effilée!

Traversée Trifides - Passage du rasoir

Traversée Trifides - Pierre ouvre le rasoir

Traversée Trifides - Belle Ambiance

Traversée Trifides - Un peu gazeux!

Soirée relax au refuge Chancel, un havre de paix perché au dessus de la Grave. Un refuge où les alpinistes sont plutôt rares. L’apéro en terrasse vaut à lui seul le déplacement!

Deuxième journée : montée des Enfetchores

On émerge après tous les randonneurs aujourd’hui, on en profite car demain il faudra être plus matinal! Petit déjeuner au soleil en terrasse, ça c’est la classe!

Traversée Trifides - Petit déjeuner à Chancel

Le départ de Chancel rajoute 45 minutes de marche à plat pour rejoindre l’intermédiaire du téléphérique. Paul cogite un peu sur l’objectif du lendemain, faut dire que la Meije vue d’en bas a de quoi effrayer! Parfois le plus dur c’est juste de faire le premier vers la difficulté et le reste se met en place naturellement… c’est en tous cas exactement ce qu’il va se passer pour Paul!

Nous arrivons en début d’aprem au refuge du Promontoire. C’est quand même bien de pouvoir profiter quelques heures de ce lieu magique, même si le cuisant soleil du jour nous interdit la sieste sur les matelas de la terrasse!

Ambiance décontractée au refuge avec des collègues guides pas prise de tête! On est pas nombreux et c’est tant mieux! Après une longue après-midi de fareniente, l’heure de l’apéro du Promontoire sonne! Fredi nous régale avec un ti-punch vitaminé et un bulletin météo juste parfait! Les orages semblent se décaler plus tard dans la semaine nous ouvrant une fenêtre royale pour entrer en Meije.

Troisième journée : traversée de la Meije

3h30. Paul et Pierre sont déjà au petit déjeuner lorsque j’émerge. Les doutes de la veille semblent évaporés. A 4h nous sommes encordées sur la terrasse du refuge parés au décollage. La lune nous éclaire, le ciel scintille, tout baigne… place à l’action.

La petite mécanique de la cordée se met en route. Le pas du Crapaud pour le réveil musculaire puis on déroule jusqu’au pied de la grande muraille… Au passage on réveille une cordée qui a bivouaqué dans le couloir Duhamel, pris par la nuit la veille. Tout va bien pour eux… Au petit jour nous sommes dans la dalle Castelnau. Good rythm’

Le cheminement dans la grande muraille est toujours bluffant. De loin on imagine une paroi verticale. Mais par des vires ponctuées de courts passages d’escalade, l’itinéraire se déjoue astucieusement des zones les plus raides.

Paul à la sortie du Pas de l’Ane.

Traversée de la Meije - Pas de l'Ane

La vire aux encoches nous amène au passage clé de la traversée, la dalle des Autrichiens. Paul peste contre Rébuffat : « il abuse Rébuffat avec son III! »

Traversée de la Meije - Dalle des Autrichiens

Pas du Chat, vire du Glacier Carré et nous voilà à chausser les crampons… d’après une équation mathématique statistico-empirique développée par le professeur Fredi Meignan basée sur l’observation d’un échantillon de 1.258.423,8 cordées, le temps que tu mets pour atteindre le Glacier carré est égal au 1/3 du temps que tu mettras pour rejoindre l’Aigle. Selon ce savant calcul nous devrions donc arriver à l’Aigle vers 13h. Ca nous va!

Enfin bon les mathématiques c’est rassurant mais il va quand même falloir produire encore un peu d’effort et ne pas nous endormir sur nos lauriers! Le Glacier Carré est un bel escalier aujourd’hui, très facile à monter avec le regel… un vent bien froid nous saisit à la brèche du Glacier Carré. On range dare dare les crampons et on enchaîne en corde tendue jusqu’au cheval rouge. En face nord on prend le soleil et on est à l’abri du vent de sud…

Traversée de la Meije - Cheval rouge

Traversée de la Meije - Cheval rouge

Traversée de la Meije - Chapeau du Capucin

Encore quelques mètres d’arête facile et le rêve se réalise. L’émotion est là pour tout le monde! La Meije est sous nous, nous sommes sur elle! Devant nous s’étire l’arête que nous allons traverser. Le 360° est sûrement un des plus incroyables des Alpes.

Traversée de la Meije - L'arête sommitale

Traversée de la Meije - Au grand Pic

Ce qu’il y a de bien à la Meije c’est qu’on a toute la journée pour profiter du spectacle puisque l’on reste perché sur les arêtes jusqu’au Doigt de Dieu!

Au fait à ce stade nous n’avons réalisé qu’un demi-rêve, car à la Meije la montée n’est que la moitié de la course. Il reste du pain sur la planche. Nous nous lançons dans les rappels du Grand Pic qui nous déposent au pied de la Dent Zsigmondy où il faut chausser les crampons.

Traversée de la Meije - Sous la dent Zsigmondy

Traversée de la Meije - La goulotte

Dans la goulotte, Paul décide de garder un souvenir charnel de la Meije et se met un coup de piolet sur le front. Rien de bien grave mais sûrement une petite cicatrice en souvenir!

Les conditions actuelles nous imposent de progresser encore avec les crampons, le plus souvent sur le rocher… La fatigue se fait un peu sentir sur la suite mais le rythme reste bon! Les dents s’enchaînent et nous finissons par nous affaler au sommet du Doigt de Dieu, heureux! Le vent est tombé et nous profitons du sommet pendant de longs moments.

Encore quelques acrobaties sur la corde et nous prenons pied sur le glacier.

Traversée de la Meije - Glacier du Tabuchet

Il est 12h30 quand nous arrivons au refuge de l’Aigle pour une halte plus que méritée. La crêpe de Louis et le jus de pomme local requinquent les troupes avant la descente qui demande quand même encore un peu d’énergie. Heureusement quelques névés bien placés nous permettent d’éviter les parties grimpantes de la descente et de se faire une belle glissade jusqu’à 2700m. Toujours ça de pris pour les genoux!

Nous nous quittons à la Grave. Pierre et Paul sont sur un petit nuage. Au dessus de nous la Meije trône toujours à sa place. Nous n’étions que quelques instants là haut, un passage éclair que la belle aura vite oublié mais qui restera pour quelques temps gravé dans nos mémoires!

Couloir des Sorciers et traversée de la Rouye

Couloir des Sorciers et traversée de la Rouye

Après notre petit tour du propriétaire à l’Olan la veille, on se dirige aujourd’hui vers un objectif moins copieux (sur le papier!) à deux pas du refuge : le couloir des Sorciers suivi de la traversée de la Rouye.

L’approche depuis le refuge est très rapide et nous sommes à pied d’œuvre dans le couloir de bonne heure! Environ une centaine de mètre à 40° voire plus, de quoi chauffer les mollets et le mental!

Au collu au sommet du couloir nous surprenons une harde de chamois sur le versant est. Faut dire que dans ces coins, ils ne sont pas emmerdés tous les jours. Notre course du jour n’est d’ailleurs pas une grande classique. Pas facile de grandir dans l’ombre de l’Olan!

Pourtant malgré l’attention qu’il faut porter au caillou dans quelques zones, c’est une course séduisante avec une belle ambiance aérienne, du rocher de bonne facture dans les passages grimpants, une vue plongeante sur le Valgaudemar et un vrai sommet pointu! Nous on a aimé!

Couloir sorcier - Traversée rouye

Couloir sorcier - Vue plongeante sur le valgaudemar

Couloir sorcier - Traversée rouye - vers la fin

Traversée des Bans et Boeufs rouges

Traversée des Bans et Boeufs rouges

Déjà notre 6ème session avec Alain! Ma copine aurait de quoi être jalouse : j’ai passé plus de soirée en tête à tête avec Alain ces 6 dernières années qu’avec elle!

Pour commencer en beauté (mais pas en douceur!) les 5 jours que nous allons passer ensemble, je propose à Alain une boucle bien sauvage entre vallon des Bans et vallon de la Pilatte.

Pointe des Boeufs rouges depuis le refuge des Bans

Après une soirée intime au refuge des Bans pour nous tous seuls, nous nous levons de bonne heure pour avaler les 1500m de dénivelé qui nous sépare de la pointe des Boeufs rouges. Heureusement la neige encore bien présente rend la progression plus agréable que dans les éboulis! Un peu d’escalade sous le col de la Condamine puis on gagne par des pentes de neige raides et quelques rochers le sommet des Boeufs rouges

Pointe des Boeufs rouges - Grimpe sous le col de la Condamine

Météo démente et panorama grandiose sur le chaînon Pelvoux-Ailefroide… on profite largement du sommet en s’octroyant même une petite sieste pas volée!

Pointe des Boeufs rouges - Summit

La descente débute par une courte désescalade d’arête puis des pentes de neige bien commodes nous ramène jusqu’au pied du refuge…

Pointe des Boeufs rouges - Descente vers le Col de la Condamine

Pointe des Boeufs rouges - Jeux d'ombres

La « petite » remontée jusqu’au refuge ne rendra la bière et le casse croûte que meilleurs!

Pointe des Boeufs rouges - Repas des guerriers au refuge de la Pilatte

Ce soir c’est la sur-affluence à la Pilatte avec au moins 12 personnes… un accueil toujours au top de Mathilde et Mélanie et sûrement la plus belle BDthèque des Ecrins!

Traversée des Bans

Programme simple aujourd’hui : on rentre! Tel de bons conquérants de l’inutile on retourne à notre point de départ en passant si possible par le chemin le plus compliqué! D’abord nous montons le Glacier des Bans, encore parfaitement bouché en ce début de saison. Le secteur est totalement désert… mais que sont devenus les alpinistes?

Nous débouchons au pied des Bans. Une magnifique mer de nuage recouvre l’Italie et la Vallouise juste sous nos pieds… petite pause au soleil…

Traversée des bans - Au pied des Bans

Le soleil du matin chauffe déjà efficacement le rocher de la voie normale des Bans. Rien de bien difficile sur cette voie normale mais une belle escalade plaisir jusqu’au sommet! Aujourd’hui encore on se rince l’œil. Les nuages font le spectacle et on se tord le cou à tout regarder!

Traversée des bans - Sur la voie normale des Bans

Traversée des bans - La vue du sommet

Nous désescaladons ensuite l’arête sud d’abord en rocher puis en neige… pris dans l’élan je pousse un peu trop bas et loupe la bonne brèche de descente vers le névé ovale. Et une petite remontée gratos pour peaufiner la cuisson des cuisses d’Alain!!

Traversée des bans - Fin de la descente de l'arête sud

On enchaîne désescalade et rappels jusqu’au Glacier des Bans. Bonne partie de glissade dans une neige parfaitement revenue jusqu’au refuge des Bans… les débuts de saison ça a du bon!

Affalage en règle sur la terrasse de Stef et sa petite famille au refuge des Bans pour un petit gueuleton de principe avant de regagner la vallée… belle entrée en matière!

Premier pas en autonomie

Premier pas en autonomie

Nico, Anne-So, Denis et Aurélie, deux couples d’amis, sont venus découvrir les joies de la haute montagne et les premières bases d’autonomie pour ceux (celui) qui y avait déjà goûté!

Nous démarrons par une session école la première après midi sur le glacier Blanc histoire de se débrider les crampons! rassemblement le soir au refuge et nous ne sommes pas tout à fait les seuls : premier beau week-end estival de la saison, c’est la foule, mais une foule bien conviviale!

Départ au petit jour… les cordées s’éparpillent dans toute la montagne et bientôt nous sommes parfaitement seuls! Au programme du jour la traversée du Pic du Glacier d’Arsine une jolie course à faire en début de saison. Je suis encordé avec Anne So et Nico. Denis fait ses premiers pas en tête de cordée avec Aurélie. Sans grosses difficultés, cette course est idéale pour cet exercice…

La météo donne le meilleur d’elle même et c’est pas pour nous déplaire!

Après le passage au sommet, nous continuons sur l’arête jusqu’à la bosse proche du Pic du Glacier Blanc. Arête de neige, petits pas d’escalade et désescalade, c’est ludique et varié

Traversée du Pic d'Arsine - Initiation autonomie - Désescalade

Traversée du Pic d'Arsine - Initiation autonomie - Corniches

Traversée du Pic d'Arsine - Initiation autonomie - Devant les Agneaux

Traversée du Pic d'Arsine - Initiation autonomie - La classe

Traversée du Pic d’Arsine

Traversée du Pic d’Arsine

Après un furtif passage festif dans la vallée, je retrouve Jeremy et Vincent au refuge du Glacier Blanc pour 2 jours d’initiation/remise à niveau!

La première après midi nous la passons sur le glacier pour cramponner dans tous les sens… l’occasion d’apprendre et réapprendre les bases. Puis un petit tour au cœur du glacier encore bien bouché en ce début de saison…

L’été semble vouloir enfin s’installer et la journée se finit sur la terrasse avec vue sur le Pelvoux..

4h… pour nous aujourd’hui ça sera le pic d’Arsine en traversée, une jolie petite course de début de saison quand la neige recouvre les éboulis de la Pointe Cézanne. L’itinéraire remonte des pentes soutenues puis un couloir mène sur une large croupe. Juste ce qu’il faut de technique pour Vincent et Jérémie…

Traversée du Pic d'Arsine - Sur l'arête large

Sommet du Pic d’Arsine rien que pour nous aujourd’hui… d’ailleurs on a beau chercher on voit pas beaucoup d’alpinistes dans le secteur! On s’éternise là haut… la vue s’étire au nord sur une énorme mer de nuage. Grandiose.

Traversée du Pic d'Arsine - Mer de nuage

Traversée du Pic d'Arsine - heureux au sommet

A la descente on se fait une petite fantaisie en parcourant l’arête jusqu’au col. Rien de difficile mais une ambiance prenante!!

Traversée du Pic d'Arsine - L'arête à la descente

Couloir de Roche Paillon et traversée

Couloir de Roche Paillon et traversée

Pour clôturer cette session avec Nico et Tom, nous prenons la direction de la Roche Paillon. En ce début de saison bien enneigé, l’arête est toute en beauté. Tout y est : un couloir un peu raide, une arête Samivelienne tantôt mixte tantôt en neige et évidemment un panorama de rêve. A faire et refaire!

Roche Paillon Emile Pic - Dans le couloirRoche Paillon Emile Pic - Embrasement de barreRoche Paillon Emile Pic - Début de la traverséeRoche Paillon Emile Pic - FichtreRoche Paillon Emile Pic - DescenteRoche Paillon Emile Pic - Une arête, pas de doute!Roche Paillon Emile Pic - Tom passé à la moulinetteRoche Paillon Emile Pic - Mixte vers Emile PicRoche Paillon Emile Pic - Bientôt au bout!Roche Paillon Emile Pic - Ambiance brumeuseRoche Paillon Emile Pic - Repas des guerriers

Une course qui fait appel à de nombreuses compétences

Arete Sud Tête de gaulent

Arete Sud Tête de gaulent

Nico et Tom font maintenant partis des habitués! C’est notre 5ème session ensemble depuis 2o12! Habituellement nous partons au mois d’août lorsque la montagne est toute sèche! Mais cette année, les deux frangins optent pour la montagne du début de saison, pour voir la différence… et de la neige cette année il en reste!

Pour se dérouiller un p’tit peu les bras, on part visiter l’arête sud de Gaulent, une belle petite  »arête » calcaire. En fait il s’agit plutôt d’une course hybride à mi chemin entre arête montagne et grande voie moderne. L’essentiel des difficultés se déroule dans le 4 sup mais quelques sections fleurtent avec le 5sup/6a. Tom grimpe régulièrement en salle mais Nico a un peu lâché la grimpe depuis qu’il vit à la montagne… la confiance dans les pieds n’est plus là!! Mais ça passe en prenant le temps… ça tombe bien, aujourd’hui chose rare en ce moment pas d’orages au programme!

Nous sortons cette belle arête en 3h de grimpe avant d’attaquer la descente dans du terrain à chamois avec un rappel… puis droit dans les pentes jusqu’à la bagnole…

arete sud tete de gaulent - Nico et la neige derrière

arete sud tete de gaulent - Tom et le gaz

arete sud tete de gaulent - Les frangins dans le crux

Stage initiation 5 jours alpinisme

Stage initiation 5 jours alpinisme

Ca faisait déjà un petit moment que Jonathan et Roger se sentait attirés par les joies de la montagne… en ce début de mois de septembre, ils décident de faire le grand saut dans l’inconnu!! Bonne pioche, la météo pour les 5 jours est juste parfaite… après un été chaud et sec, la montagne est en état de déshydratation avancée! J’oriente donc le programme plutôt vers des courses de rocher, ce que permet notre effectif réduit!

Mes deux lascars sont dans un esprit de découverte totale sans à priori et ne savent absolument pas à quelle sauce ils vont être mangés!! Pas d’autre choix pour eux que de me faire une confiance aveugle…

Pour la première journée, je leur propose d’aller faire quelques gammes en rocher sur un secteur facile, en chaussures de montagne bien sûr… Première sensations, verticalité, cordes et nœuds ‘achement complexes! L’occaz pour moi de voir aussi le potentiel de la cordée! Totalement novices en la matière, les progrès sont rapides et après deux tours de chauffe, nous montons grimper l’Eperon Bouchier, un itinéraire de plusieurs longueurs dans un cadre champêtre…

Stage initiation 5 jours- Eperon Bouchier

Stage initiation 5 jours- Eperon Bouchier

Fort de l’expérience de la veille, je propose en deuxième journée de prendre un peu de hauteur vers les Arêtes de la Bruyère, une course d’arête très esthétique perchée face aux Ecrins. Mes deux loustics n’en reviennent pas de de faire les funambules sur une arête comme ça… Tout déroule à merveille, les conditions sont parfaites et nous sommes seuls.

Stage initiation 5 jours- Arete de la Bruyère

Je prends congés pour le 3ème jour, j’arrive pas à suivre le rythme!! Je laisse à la main à mon pote guide Julien qui amène Jon et Roger en altitude pour faire la voie normale du Râteau Ouest… superbe journée encore et les deux journées de rocher des jours précédents seront mis à profit sur le final!!

Stage initiation 5 jours- Rateau ouestStage initiation 5 jours- Rateau ouest, au sommet!

Pour ce 4ème jour, on monte sur le Glacier Blanc pour approfondir un peu les techniques de cramponnage vues rapidement au Râteau et explorer le Glacier Blanc. La montagne est déserte. On erre dans ce labyrinthe de crevasses, dans cet océan figé! De temps un temps fuse des cris d’émerveillement. Moi évidement je suis blasé devant tant de routine.

Stage initiation 5 jours- Sur le Glacier

Stage initiation 5 jours- Admirer la pose!

Last day bust not least. Un beau ptit programme aujourd’hui : l’arête sud du Glacier Blanc. On reste dans le thème. Cette belle course d’une ampleur et d’un engagement déjà pas anodin offre des vues hallucinantes sur le haut du Glacier et la Barre… Roger et Jon sont sur-affutés après la semaine passés ensemble. Une fois franchies les premières difficultés qui réveillent un peu à froid, ils déroulent presque tranquillement le fil de cet arête. Aujourd’hui encore la montagne semble déserte. Tant mieux. Aujourd’hui encore la météo nous donne le meilleur d’elle même. Pas facile tous les jours…

Stage initiation 5 jours- Arête sud Glacier Blanc - PanoramaStage initiation 5 jours- Arête sud Glacier Blanc - Vue démenteStage initiation 5 jours- Roger, splendide!Stage initiation 5 jours- Jon sur fond de Barre

Bravo à tous les deux pour ces belles réalisations, j’ai passé une superbe semaine en votre décontractée compagnie. A la revoyure!

Traversée des Dents de Coste Counier

Traversée des Dents de Coste Counier

Pierre et Paul sont de retour pour la 3ème année déjà! Cette année nous partons dans le vallon des Bans pour aller découvrir ensemble la traversée des Dents de Coste Counier dont j’ai entendu beaucoup de bien! Ca sera aussi l’occasion de saluer Steph et sa tribu et de passer un bon moment, comme toujours au refuge des Bans!

Pas besoin de réveil nocturne pour cette course… Avec Pierre et Paul je suis serein! L’ambiance est détendu, le père et le fils « avancent » bien qu’il s’en défendent!

Une fois passée la cheminée d’attaque, on suit l’intégralité du fil jusqu’au sommet, jamais difficile mais de plus en plus aérien! Un pur régal sur un caillou de bonne facture

Quelques photos valent mieux qu’un long commentaire!

Dents de Coste Counier - Et derrière le Bonvoisin

Dents de Coste Counier - L'autre cordée du jour

Dents de Coste Counier - Dégustation

Dents de Coste Counier - Sortis de la cheminée, l'escalade devient aréienne

Dents de Coste Counier - Toujours aussi aérien

Dents de Coste Counier - Paul happy!

Dents de Coste Counier - Devant les Bans

Rendez-vous est pris pour la Meije l’année prochaine!!

Stage Barre des Ecrins

Stage Barre des Ecrins

Je fais connaissance avec Nico et Caro en provenance directe de Belgique. Si ce plat pays n’est pas un terrain de jeu très réputé pour l’alpinisme, il produit par contre une quantité impressionnante d’alpinistes dont la motivation n’a d’égal que la descente de bière!

L’idée des 5 jours que nous passons ensemble est de parvenir sir les conditions le permettent au sommet de la Barre des Ecrins. Nico et Caro ont pris en affection ce beau massif, ce qui évidemment n’est pas pour me déplaire!

Un premier galop d’essai à la pointe Estienne au dessus du Glacier Blanc pour vérifier que mes compagnons tiennent la route sur le rocher… Essai concluant de bonne augure pour la suite!

Pointe Estienne - PDB - Sur l'arête sud

Pointe Estienne - PDB - De la belle escalade pour s'y remettre en douceur

Pour approfondir un peu tout ça, nous partons user nos grosses du côté de la Pointe de Cinéastes dont les louanges ne sont plus à faire! Aujourd’hui, la magie s’est complètement emparée de la montagne… la mer de nuage va jouer avec nous une partie de la matinée. L’ambiance est féérique et des spectres de Brocken s’invitent dans le paysage…

Arête des Cinéastes - Pure ambiance

Arête des Cinéastes - Quand la magie s'invite!

Arête des Cinéastes - Quand la magie s'invite!

Arête des Cinéastes - Spectre de Broken

Arête des Cinéastes - La Barre, comme un mirage...

Jour 3 : il était prévu d’aller faire un tour du côté du Râteau Ouest avant de remonter à la Barre les jours 4 et 5… Finalement la météo nous pousse à écourter le programme et nous montons donc au Ecrins ce pour tenter notre chance à la Barre le lendemain. Le choix sera payant! Malgré la préparation écourtée, Nico et Caro se débrouille très bien là haut et nous foulons de bonne heure le sommet, avec une météo démente! Le sommet est célébré comme il se doit pour un Belge, la bière à la main!

Barre des Ecrins - Levé de soleil

Barre des Ecrins - Sur la partie grimpante

Barre des Ecrins - Le rêve n'est plus très loin!

Arête des Cinéastes - Spectre de Broken

Rock trip en Oisans

Rock trip en Oisans

Arnaud me contacte à la dernière minute pour un trip de quelques jours dans les Ecrins. Je ne connais pas encore l’animal mais nos premiers échanges au téléphone laisse transparaître un bon degré de motivation! Direction l’Oisans pour 4 jours de voies rocheuses avalées à bon train!!

Pilier chèze – Tête du Replat

Premiers pas de notre cordée sur le pilier Chèze, une belle voie haut perché au dessus du refuge du Chatelleret. Finalement le plus long aujourd’hui sera l’approche!! L’escalade se déroule sur un magnifique rocher rouge bien franc… malgré le soleil annoncé, la journée démarre sous un ciel chargé et une ambiance fraîche à la limite de l’onglée. Il en faut plus pour déstabiliser Arnaud qui avale les difficultés sans sourciller! La météo ne semble pas décidée à suivre les prévisions et le grésil s’invite à la sortie des difficultés… Arrivée au sommet, c’est carrément les abeilles qui nous bourdonnent autour!! Cassos! La descente du Replat est expédiée rapidement. Nous voilà sous la pluie. Une petite pluie sournoisement rabattue par le vent qui finit par tout mouiller, y compris le caleçon!! Pendant ce temps, quelques éclairs claquent sur les sommets voisins… Débarquement au refuge de la Selle. Sieste, BD, séchage de fringue, musique, bière… pas le temps de s’ennuyer!

Pilier chèze - Ambiance trouble!

Pointe d’Amont – Arête Nord

Après notre humide rodage de la veille, notre cordée va pouvoir développer tout son potentiel aujourd’hui, malgré quelques traces persistantes du trempage de la veille!! Notre idée est de traverser vers le refuge du Soreiller en passant par cette très belle classique… Ayant observé Arnaud à l’œuvre la veille, je me doutais bien que ce beau morceau risquait de ne pas suffire à satisfaire son appétit de varappe!! Dans un coin de ma tête, je commence déjà à imaginer d’éventuels plans pour compléter la journée…

Effectivement, tout déroule au mieux, la confiance s’installe dans la cordée et la progression est efficace à coup de grandes tirées de corde tendue. Arnaud prend la tête sur une section. Au dessus, les deux longueurs clés sont magnifiques avec une vraie ambiance verticale et du rocher franc qui permet de se lâcher, même en grosses!

Pointe d'Amont - Arnaud en tête

Pointe d'Amont - Fin des longueurs dures

A la fin des difficultés, un des passages caractéristiques de la voie : le grand gendarme! Plutôt que de le contourner par le bas, nous optons pour une traversée au soleil… et Arnaud fait le zouave!

Pointe d'Amont - Le grand gendarme

Pointe d'Amont - Arnaud fait le zouave au niveau du grand gendarme

Encore un peu d’arête et nous sommes au sommet de la pointe centrale du Soreiller. Descente en désescalade puis on file au refuge. Martine nous accueille, un peu hallucinée de nous voir à cette heure matinale… il est 11h!

Nous nous accordons une pause d’une heure et demi pour manger et siester avant de repartir pour la voie des Savoyards… La voie a été ouverte en grosses. Tant pis pour eux! Nous on préfère les chaussons, plus efficace dans ces fissures un peu fuyantes!! Le style est assez exigeant pour le leader avec un assurage un poil engagé sur pitons mais le rocher est parfait. Longueur démente en traversée sous le surplomb qui laisse imaginer la motivation des ouvreurs… encore 3 longueurs plus faciles et nous arrêtons pour aujourd’hui. 4 rappels dans visite obligatoire nous déposent quasiment aux chaussures! On a même le temps de farnienter un peu avant l’apéro.

Ethique de la joie

Que faire pour cette dernière journée? Nous balayons multiples options aux saveurs variées… finalement c’est une voie moderne qui aura nos faveurs.

Pendant qu’un essaim de grimpeur s’agglutine sur les premiers relais de la belle Visite Obligatoire, victime de son succès, nous nous décalons vers la face Est au prix d’une fastidieuse approche d’au moins 5 minutes!

Notre punition du jour : L’Ethique de la joie. La petite sœur de Visite Obligatoire, avec peut-être un peu moins d’ambiance mais beaucoup plus de tranquillité, des longueurs démentes et un soleil plus matinal. Jusqu’au bout nous ne regretterons pas le choix!

Ethique de la joie - dans les premières longueurs

Ethique de la joie - Dans les fissures rondes

Ethiqe de la joie - Il est pas beau ce grimpeur?

Edelweiss

Ethique de la joie - Heureux d'enlever les chaussons!

Une belle entrée en matière qui laisse présager de futurs projets fatiguant pour le guide!!

Les Agneaux

Les Agneaux

Après 3 journées d’initiation, Pierre prolonge de 2 journées son séjour pour aller plus en avant dans la découverte de l’alpinisme! Nous sommes rejoint par Clément avec qui j’ai déjà un peu couru l’alpe crampons ou skis aux pieds!

Nous commençons par une course de « découverte » rocheuse pour pierre sur le Pointe Estienne au dessus du glacier Blanc. Notre ami révèle tout de suite de bonnes capacités d’adaptation avec l’élément rocher! Le voie comporte quand même un court passage surplombant en V qui opposera quand même un peu de résistance. Course complète avec des longueurs plus ou moins verticale, un final en arête et un rappel pour descendre…

Pointe Estienne - Arête sudPointe Estienne - Sur fond de pelvoux

Le lendemain réveil aux aurores pour prendre la direction des Agneaux

La journée est magnifique, nous sommes seuls et mes deux compagnons avancent! Une bonne déroulante quoi!Les agneaux - Levé de soleilLes agneaux - Col de MonetierLes Agneaux - TraceLes agneaux - Pierre on topLes Agneaux - Pas de doute, aujourd'hui il fait beau!Les Agneaux - Tout comme les agneaux nous sommes 3!Les Agneaux - Repas bien mérité!

 

Traversée des Aiguilles Occidentale et Orientale du Soreiller

Traversée des Aiguilles Occidentale et Orientale du Soreiller

Fin de séjour avec Paul et Alain… avec cette météo parfaite, le plus dur c’est de choisir! Et choisir c’est forcément renoncer à d’autres possibles!! Finalement c’est peut-être la vue de Lady Bona dans cette revue au Refuge de la Selle qui fera balancer notre cœur… Comment résister quand on voit l’élégance de cette flèche de granit lancée vers le ciel?

Nous n’allons quand même pas gravir la belle par le chemin le plus direct et le plus facile! Nous en profitons pour traverser le demi-cirque du Soreiller Occidental! en passant par les Aiguilles Occidentales et Orientales. De la très belle varappe, jamais extrême mais dans un cadre … intéressant!

L’occasion de passer en revue toutes les techniques du parfait coureur d’arêtes

Séquence montagnes russes avec une première montée à l’Occidentale.

Aiguille Occidentale du Soreiller - Pas mal pour un début!

Aiguille Occidentale du Soreiller - Grimpe facile mais ultra plaisante!
Aiguille Occidentale du Soreiller - Bouquetin perché
Aiguille Occidentale du Soreiller - Ambiance au rendez-vous

Puis après une belle désescalade, la remontée à la Centrale, avec des passages un peu plus corsés, à cheval entre Soreiller et Selle, un oreiller sous la selle et à cheval!

Aiguille Centrale - Sur le gendarme facultatif

Aiguille Centrale - Sur le gendarme facultatif

Aiguille Centrale - Debout ou pas?

La descente de la Centrale demande encore toute notre attention, ce qui n’empêche pas Alain et Paul de ponctuer la désescalade de quelques observations botaniques! Un dernier saut de puce nous mène au sommet de la belle Dibona tant convoitée!! Aujourd’hui le cirque du Soreiller était complètement à nous, pas âme qui vive dans le secteur, et nous avons apprécié à sa juste valeur cette belle solitude!

Dibona - Dernière longueur

Une semaine parfaite en bonne compagnie! Merci à vous 2 pour ces bons moments!

Arête de la Bruyère

Arête de la Bruyère

Toujours avec Alain et Paul, on part pour une très belle course au départ de la vallée, les arêtes de la Bruyère dans le massif des Cerces. Paul et Alain sont des amoureux de la montagne dans toute sa diversité et cette journée passée entre edelweiss, bouquetins et escalade aérienne avec en toile de fond les grands sommets de Ecrins nous comble tous! Rébuffat ne s’était pas trompé en glissant ces belles arêtes dans ses 100 plus belles!

Arêtes de la Bruyère - Le StégosaureArêtes de la Bruyère - Ambiance!Arêtes de la Bruyère - Sur fond de lacArêtes de la Bruyère - Panorama

Stage autonomie perfectionnement

Stage autonomie perfectionnement

« Après un premier stage autonomie l’an dernier, Mathieu, Damien et Julien sont de retour pour aller un peu plus loin dans la gestion de courses rocheuses en haute montagne. Pour l’occasion, Maxime (avec qui on a aussi déjà quelques belles sorties à notre actif) se joint à nous. Pour ces 3 jours, pas d’exploit au programme (quoique!) mais des apprentissages nombreux sur des courses se prêtant bien à l’autonomie. J’évolue en électron libre autour de mes deux cordées afin de donner les conseils et les ajustements nécessaires. Vue les conditions de chaleur et de sécheresse actuelles, le stage sera orienté courses de rocher… ce qui ne nous empêche pas de passer quelques heures sur le glacier pour réviser le cramponnage et les chutes en neige et de vérifier que les bases de sécurité glaciaire sont acquises. Suite à ce stage, tous les participants vont valider sans moi de belles courses comme le Dôme des Ecrins ou l’Albaron en Vanoise. Sympa!

Je laisse à Mathieu le soin de faire le récit de ces 3 jours.

« Nous voici de retour en ce mois de juin particulièrement chaud avec « la légende », Nico. (Certains racontent qu’ils l’ont vu voler.) – NDLR : je crois qu’en matière de vol je suis loin d’être le plus doué. 😉 – !! Après notre premier stage de l’an passé et quelques aventures en autonomie, nous avons envie d’en apprendre plus, de confirmer nos acquis afin d’être vraiment à l’aise sur les courses que nous choisirons, gagner en fluidité et en sécurité.

Fraîchement débarqué de notre sud ouest natal, nous arrivons donc à midi au refuge du Glacier Blanc où nous rencontrons Max le quatrième larron qui se greffe à notre groupe, afin de pouvoir s’exercer par cordée de deux.

Il est 13h, le soleil est au zénith. Après nous être protégés contre les agressions solaires nous cramponnons nos chaussures au pied du glacier puis nous révisons les différentes techniques de cramponnages. De plus en plus sereins, les crampons aux pieds, nous attaquons les pentes plus raides où nous plaçons des broches à glaces pour la sécurité et effectuons un rappel en moulinette pour nous mettre dans le bain. Nous enchaînons avec une école de neige où nous pratiquons différents cas de chutes possibles (sur le ventre, le dos, en avant et en arrière) et comment les arrêter. La première journée touche a sa fin, la bière au refuge sera bonne!

Après une bonne nuit de sommeil, et même une grasse matinée car avec le manque de neige nul besoin de se lever trop tôt, c’est une course de roche qui nous attend. Départ 7h, mais nous faisons un petit crochet par le glacier, la tête reposée, pour apprendre la technique du mouflage et être en mesure de l’appliquer. Cette manipulation de secourisme est très importante pour les courses sur glacier en cas d’accident. Par équipe de deux nous inversons tour à tour les rôles, un dans la « crevasse » pendant que le second effectue le secours sous l’œil attentif du guide qui nous conseille et nous corrige tout au long de cet exercice.

Stage Autonomie - Mathieu à la rescousse

Stage autonomie - Séquence mouflage

Après ces petites révisions matinales, nous partons pour la Pointe Estienne, une belle pyramide qui surplombe le glacier blanc. Nous attaquons la voie PDB côtée AD, cotation qui nous est pas familière! Nico nous apprend à gérer notre sécurité, à mettre en place des camalots, des becquets, confectionner des relais solides et s’assurer. Tout ça en grosses évidement! Il évolue en électron libre autour de nous, toujours en nous corrigeant et nous conseillant. Nous adaptons notre mode d’assurage en fonction du terrain : tirer des longueurs, progresser à corde tendue, varier la longueur de corde… on en prend autant dans le cerveau que dans les yeux! Et au passage nous gravissons cette belle pyramide quasi anonyme mais où l’ambiance n’est pas en reste. Du sommet nous descendons en rappel, chacun s’assure. Une belle journée, riche en apprentissage!

Stage autonomie - Pointe Estienne - PDB - La première cordée

Stage autonomie - Pointe Estienne - PDB - La première cordée

Stage autonomie - Pointe Estienne - PDB - Mathieu sur fond de glacier blanc

Stage autonomie - Pointe Estienne - PDB - Damien à la grimpe

Stage autonomie - Pointe Estienne - PDB - Le rappel

Une nouvelle lune passe au dessus du refuge et nous voila repartis à 6h pour l’arête sud du Pic du glacier d’Arsine, une course peu fréquentée sur laquelle nous avons peu d’informations. Un peu plus dure et gazeuse que celle de la veille, cette voie n’est pas du tout équipée, c’est d’autant plus intéressant: nous devons tout gérer de A à Z, c’est très instructif. La pédagogie de Nico colle vraiment avec nous, on apprend sans cesse tout en prenant du plaisir! Il fait vraiment son boulot avec passion, et gère les objectifs variés des uns et des autres dans une ambiance détendue!

Stage autonomie - Damien sur une longueur aérienne de l'arête sud du Pic du Glacier d'ArsineStage autonomie - Mathieu gère la varappe en grossesStage autonomie - Pas vilain non plus aujourd'huiStage autonomie - Max, arête sud du Pic du Glacier d'arsineStage autonomie - Max enfourche l'arête sud du Pic du Glacier d'arsineStage autonomie - Passage de becquet sur l'arête sud du Pic du Glacier d'arsineStage autonomie - cordée en mouvement sur l'arête sud du Pic d'arsineStage autonomie - Ju sur l'arête sud du Pic d'arsineStage Autonomie - La team

Comblés par ces journées et plus en confiance qu’en arrivant (et qu’il y a un an!), nous quittons Max et Nico à mi chemin de la descente, nous trois ayant décidé de se lancer de façon autonome dans l’ascension du Dôme de Neige des Ecrins. Mercredi matin nous partons et réussissons l’ascension de notre premier 4000m!!

Maxime de son côté rejoint un comparse en Vanoise pour gravir l’Albaron, en autonomie bien sûr! »

Arêtes de la Bruyère

Arêtes de la Bruyère

Guillaume et Armelle m’ont contacté pour découvrir l’alpinisme le temps d’une petite session de 3 jours. Avant d’aller courir la haute montagne les jours suivants, je leur propose de découvrir un magnifique parcours d’arête, les arêtes de la Bruyère, une petite perle d’escalade dans un cadre incroyable, face aux Ecrins.

Bien que n’ayant pas grimpé depuis des années, ils sont bien tentés par l’aventure. De toute façon, peu de passages sont vraiment obligatoire sur cette arête et on peut composer à loisir, en fonction de la motivation une sortie bien adaptée..

Passé la première longueur pas évidente, Armelle et Guillaume trouvent petit à petit leur repères sur cette arête aérienne!

Arête de la Bruyère - Armelle apprécie le gaz!

Une escalade extrême sur des dalles à la lissitude quasi parfaite. La photo parle d’elle même (réalisée sans presque aucun trucage!)

Arête de la Bruyère - Escalade extrême, sans trucage ou presque!

Une arête, un lac, du gaz… la routine, quoi!

Arête de la Bruyère - On est pas là tous les jours

Pique nique devant la carte postale géante!

Arête de la Bruyère - Y a pire comme pique nique

Piz Badile – Arête Nord

Piz Badile – Arête Nord

Pour cette nouvelle sortie avec Antoine on monte le curseur d’un petit cran… Jusqu’au dernier moment, Tonio n’a aucune idée de ce que je lui concocte… d’ailleurs c’est bien le moindre de ses soucis, car il est plutôt affairé à trouver une façon de rejoindre notre point de rendez-vous en Engadine, vu qu’au dernier moment il n’a plus de voiture! Un bon départ banzaï tout en rebondissement de son côté!

Nous partons boutiquer pour cette session du côté du Piz Badile, une montagne emblématique des Alpes. D’altitude modeste, seulement 3300m (même pas le Pic d’Arsine), la face nord présente des morceaux de choix aux dimensions déjà intéressantes! Pour ce premier soir, nous créchons à la cabane Sasc Fura, un petit coin de paradis où nous sommes accueillis comme des rois… Il nous reste un peu de temps pour aller au pied du Badile, tâter le terrain… Après quelques hésitations, la météo nous orientera sagement vers l’arête nord… choix que nous ne regretterons pas un seul instant, surtout après avoir discuté au retour avec la cordée qui s’est fait treuillé dans la Cassin, pris dans un orage et réduite à appeler les secours après avoir lutté contre des cascades d’eau dans les cheminées…

De notre côté les choses se passent un peu mieux… Le réveil est pas glorieux : il pleut, c’était pas prévu dans le contrat ça! Une cordée renonce au refuge. J’aperçois quelques étoiles fugitives, derrière les nuages : on tente le coup, si vraiment c’est pas bon, on redescend! Finalement, le temps se dégage dans la nuit et le beau s’installe pour quelques heures. Ouf! Passé l’appréhension des débuts dans la nuit, la machine Antoine se met en route et nous fusons vers le sommet en profitant de cette incroyable escalade que propose le Piz Badile, probablement une des plus belles arêtes des Alpes s’il était utile des les classer!

L’affaire est vite pliée… 6h après le départ nous sommes au sommet du Badile… Pendant ces quelques heures passées à grimper, les cumulus ont pris de l’embonpoint et on est pas mécontents d’être sortis des difficultés avant que ça se gâte

La spécificité du Badile est qu’il n’offre pas de retour commode « à la journée », le plus sage étant de prévoir une 2ème journée pour le retour ou un retour taxi long et coûteux. Notre plan initial était de dormir au refuge Gianetti au pied du versant sud du Piz Badile et de rentrer le lendemain en faisant une autre course… Petit imprévu : Gianetti complet! Et le gardien ne semble pas décidé à nous trouvé une solution… Alors on boit des bières pour oublier… Soit on descend dans la vallée et on se débrouille pour rallier la bagnole… soit on tente une percée vers le bivouac Pedroni mais alors on risque de se faire saucer… le temps semble s’améliorer, la bière fait son effet, on tente le bivouac.

Le bivouac presque complet, l’eau potable faisant défaut et la tentation d’un bon repas à Sasc Fura nous motiveront finalement pour faire le retour dans la journée… une bonne bavante que nous plions en moins de 4h… et une belle récompense quand nous nous vautrons dans les confortables couettes du refuge!

Le lendemain, on part sur une virée plus modeste au Pic Balzet et sa bellissime arête sud… l’approche en téléphérique n’est pas pour nous déplaire!

Traversée de la Meije Orientale

Traversée de la Meije Orientale

On ne mollit pas aujourd’hui avec Manu et Cyrille… L’idée est de rallier le refuge de l’Aigle en passant par la Meije Orientale. Le programme est ambitieux je le sais mais je commence à connaître un peu mes deux phénomènes et je ne doute pas d’eux! Nous prenons donc la direction du col du Pavé pour une petite mise en jambe matinale dans des pentes déjà un peu raides… Une petite longueur d’escalade au dessus de la rimaye qui nous permet d’accéder aux pentes de neige menant à la brèche Maximin Gaspard. La vue sur la suite laisse Manu dans une grande perplexitude qui nous gratifie régulièrement de : « vous êtes vraiment des grands malades, mais c’est quoi votre problème les gars? »… Même s’il dit non avec la tête, Manu dit oui avec ses pieds! Et se déjoue sans trop de problèmes de tous les pièges qui nous sont tendus sur cette belle course de grande ambiance! Cyril qui en mène un peu plus large se délecte de ce beau morceau d’Oisans sauvage offrant dans ces conditions des passages… intéressants! Notamment les courtes traversées de corniches, plus menaçantes du tout mais sur lesquelles il faut jouer avec son équilibre!

Heureusement que les crèpes de Louis sont là pour reconstituer son homme avant la descente vers la vallée!

Stage autonomie alpinisme

Stage autonomie alpinisme

Mathieu, Damien, Timo et Julien font appel à mes services pour devenir autonome en montagne sur des courses d’alpinisme facile dans un premier temps. Les apprentissages avant de prétendre aborder la montagne de façon autonome sont nombreux, nous avons du pain sur la planche!! Nœuds, encordement, cramponnage, gestion de l’assurage en mouvement, pose de points, confection de relais, sécurité sur glacier, préparation de course, analyse des risques et facteurs humains… C’est pas des vacances pour mes 4 comparses!!

Dès le premier contact, le courant passe avec le groupe, on va se marrer! Pour bien débuter, nous allons faire une école de glace sur le Glacier Blanc et explorer le glacier pour comprendre un peu comment ça marche tout ça! L’occasion aussi de voir les bases de l’encordement en milieu glaciaire… A ce stade, aucun des membres de la troupe ne maîtrise un nœud d’encordement, on part de loin! En revanche après quelques ateliers de cramponnage, tout le monde est bien à l’aise sur les crampons, les progrès sont rapides!

Rien de mieux pour apprendre que de faire soi même! Pour cette première journée, nous partons sur la Pointe Cézanne en traversée. Les terrains rencontrés sont variés : neige raide, arête rocheuse facile mais en crampons, pente de neige… L’occasion de travailler sur l’assurage naturel et la longueur de corde. Ca cafouille encore un peu au niveau de l’encordement et des noeuds, cet aprem révision obligatoire! La journée est magnifique et cette course en début de saison est un vrai régal! En redescendant, on retourne sur le glacier pour un atelier sécurité glaciaire : mouflage, confection de relais sur broche, corps mort… pour le principe surtout, il va d’abord falloir acquérir les bases pour bien mettre ça en pratique!

Deuxième course d’application, c’est mon pote Tom qui me remplace pour cette journée. Direction le Pic d’Arsine qui offre également une belle variété de terrain surtout lorsqu’on le fait en traversée : couloir, mixte facile, arête, pente raide… nécessitant de varier les façons de s’assurer et une bonne lecture du terrain. Les révisions de la veille commence à porter leurs fruits… Ca cafouille beaucoup moins au niveau des nœuds. En fin de course, les 4 comparses montent me rejoindre l’après-midi au refuge des Ecrins. Atelier bière et Uno pour la cohésion de groupe et un peu de cartographie le soir…

Dernier jour. Mes 4 compagnons ne savent pas trop à quel sauce ils vont être mangés aujourd’hui… Maintenant que les bases sont acquises, je décide de relever un peu le niveau technique en leur proposant une belle course variée, la traversée Roche Paillon – Emile Pic. Pour cette journée, je laisse chaque cordée se gérer et je gravite autour d’eux en électron libre pour donner des conseils au fil des situations qui se présentent. En 4 jours, les gars sont transformés… Partis sans savoir faire un nœud, il gère aujourd’hui leur encordement, leur progression et leur sécurité sur cette course déjà pas facile et impressionnante! Les apprentissages sont bien là, ça fait plaisir à voir! Une belle mise en pratique!

Stage Barre des Ecrins

Stage Barre des Ecrins

Cette année Alain vient avec Tristan tout fraîchement en vacances! C’est la 4ème année que je pars en montagne avec Alain mais Tristan n’était pas revenu dans les montagnes depuis 2013 lorsque nous avions gravi l’Ailefroide Orientale et le Pelvoux

Voie Normale du Pic Nord des Cavales

Nous nous retrouvons au refuge du Pavé où nous serons les premiers passagers de l’année. Sophie la gardienne est en plein lancement du refuge. Le Pavé est un refuge vraiment atypique. Cette curieuse cabane en métal rappelant plus l’architecture des refuges soviétique que celle des chalets suisses, est devenu officiellement le refuge du Pavé après que celui ci ait été détruit par une avalanche l’année de son ouverture à quelques dizaines de mètres de là… La cabane est spartiate, vieillissante mais dans un cadre splendide au bord du lac du Pavé à plus de 2800m d’altitude, au pied de quelques géants des Ecrins : Pic Gaspard, Grande Ruine, Pavé… Sophie déploie toute son énergie avec succès pour rendre le lieu confortable et accueillant. Nous l’aidons dans les tâches quotidiennes rendues un peu plus nombreuses en ce début de saison bien enneigé…

Quel bonheur de démarrer la journée avec un bon petit déjeuner! Pain artisanal, confitures locales… avec une mention spéciale pour la confiture de marron! Aujourd’hui nous partons pour le Pic Nord des Cavales pour un petit galop de chauffe avant des projets plus ambitieux. Alain rêvait de monter sur cette belle pyramide au granit parfait qui malgré une altitude plus modeste que les « grands » d’à côté offre une vue insolite sur la Meije et les Etançons

La météo de la veille obtenue à la radio la veille nous gratifiait d’un laconique « beau temps ». Pourtant au réveil il bruine! Nous temporisons tranquillement et partons dès les premiers signes d’amélioration. Il reste de la neige sur l’itinéraire ce qui rend l’escalade plus délicate en particulier dans les dalles d’attaque. Ensuite nous suivons l’arête au plus prêt du fil pour éviter la neige. Nous atteignons le sommet sous la bruine qui a repris. La vue ne s’est pas franchement dégagée mais on aperçoit de temps à autre la Grande Ruine sortir des nuages et loin sous nos pieds le fond du vallon des Etançons… La Meije par contre nous cache ses dessous. Retour dans notre petit refuge pour une bonne omelette et un peu de repos pour être d’attaque… Faut dire que ce soir Sophie nous cuisine une croziflette! Et demain on se lève à 3 heures avec pour ambition de traverser sur le Refuge de l’Aigle par la Meije Orientale… Sans pression aucune évidement, si les conditions ne le permettent pas, nous rentrerons sur le Pavé

Brèche Maximin Gaspard et retour au Pavé : les corniches ça fait peur!

Au réveil il fait beau comme promis! La journée d’hier bien couverte n’a pas permis à la neige de transformer suffisamment… Le regel est superficiel et nous enfonçons à mi mollet en montant en direction du Col du Pavé… Sous le col, ça brasse plus! Les 100 derniers mètres plus raides sont un peu éprouvant. Malgré ça nous arrivons de bonne heure au Col du Pavé. La rimaye qui peut être délicate à franchir est aujourd’hui inexistante. Un court passage dans les rochers verglacés donnant accès aux pentes de neige nous réveille un peu! Au dessus les conditions dans les pentes qui mènent à la brèche Maximin Gaspard sont bonnes. La neige enfonce juste ce qu’il faut pour se sentir tranquille dans ces pentes à 45° et nous sortons rapidement à la brèche éblouit par le soleil. Le spectacle est splendide! Nous prenons le temps de savourer la vue dans cette montagne si belle en ce début de saison. La suite de l’itinéraire n’est pas gagnée du tout! L’arête est encore bien enneigée avec des corniches à plusieurs endroits. Nous commençons à suivre l’arête sur quelques mètres. Le soleil tape fort aujourd’hui et la neige, versant est, file facilement sous nos pieds. Les conditions me semblent trop compliquées et dangereuses pour notre cordée, demi-tour! Tristan et Alain accueille presque avec soulagement la décision! Nous redescendons donc les pentes en direction du Col du Pavé et nous replions sur une bonne omelette à Sophie avant de gagner la vallée!

Voie normale du Râteau ouest

Aujourd’hui, 4ème jour, nous profitons du téléphérique de la Grave pour gagner facilement de l’altitude avec pour espoir d’aller au Râteau ouest. La veille, pendant que nous faisions demi-tour à la brèche Maximin Gaspard, des cordées butaient au Râteau Ouest. Suspens! Dès les premiers pas sur le glacier, les sensations sont bonnes : on ne brasse pas! La journée chaude de la veille a bien tassé la neige et le regel est bon. Ouf, pas d’opération brasse coulée aujourd’hui! L’itinéraire est en condition quasi hivernale. La première partie est entièrement couverte par la neige. Pour éviter la neige chauffée du versant sud nous prenons une variante dans le haut de l’itinéraire qui consiste à rester sur le fil de l’arête. L’escalade est un peu plus difficile mais facilement protégeable et sur un caillou parfait. Nous rejoignons la voie normale au dessus et la suivons jusqu’au sommet… enfin presque! Une courte section cornichée nous barre les 50 derniers mètres horizontaux… on va tenter le diable d’autant que la vue d’où nous sommes est la même! Fait appréciable, le Râteau ouest est une des rares courses du sud des Alpes où l’on peut se poser à une terrasse de bistrot au pied de la voie!

Voie normale de la Barre des Ecrins : le jour de grâce!

Vendredi c’est relâche pour Alain et Tristan qui refond le plein d’énergie en vallée avant de remonter au refuge des Ecrins samedi pour tenter la Barre des Ecrins Dimanche. Le beau temps s’est installé et avec ça les bonnes conditions! La plupart des itinéraires ont été tracés et le regel est bon, du pain béni pour nous. Nous voilà le jour « j »! Jour de grâce! Tristan et Alain sont en pleine forme, acclimatés et techniquement affûtés! Nous partons parmi les premières cordées en direction de la Barre. On s’élève à bonne allure entre les séracs sur un manteau neigeux parfaitement portant, enfin! Nous atteignons la rimaye en même temps que les premiers rayons de soleil. Il n’y a plus personne devant nous et c’est tant mieux, je n’aime pas trop avoir des cordées au dessus de la tête! Les conditions dans la directe Coolidge sont justes parfaites : bonnes marches pour les pieds et neige dure pour les piolets… Deux ou trois pauses mollets plus tard, nous nous embrassons au sommet de la Barre. On partage tous les 3 ces beaux moments d’émotion. Pas un souffle d’air là haut, on s’attarde, on savoure. Tristan et Alain en reviennent à peine d’être là et contemplent autant qu’ils peuvent! Une fois rassasiés, nous prenons le chemin de la descente par la voie normale encore bien mixte, partie la plus technique de la journée. Nous remontons ensuite au Dôme, miraculeusement rien que pour nous en ce jour d’affluence… La journée parfaite!

Arête de la Bruyère

Arête de la Bruyère

Pour notre dernier jour ensemble et vu l’absence de regel, on reste sagement sur des courses « de vallée ». Aujourd’hui nous visons l’arête de la Bruyère, une splendide traversée aérienne, sur du caillou impeccable avec en toile de fond les Ecrins… et un retour dans les alpages au milieu des bouquetins… Que demander de plus?

Arête des Cinéastes

Arête des Cinéastes

Automne de rêve à la douceur presque inquiétante mais qui nous ouvre de belles possibilités en montagne! Sortie programmée de longue date avec les deux compères Oisin et Vincent… Lorsque nous discutions des éventuels programme, je n’avais quand même pas imaginé que nous grimperions en petite tenue sur l’arête des Cinéastes par des conditions quasi estivales, le monde en moins!

Nous montons à la fraîche dimanche soir pour aller dormir au refuge du Glacier Blanc. L’occasion de transpirer un peu tout l’alcool ingurgité séparément par notre cordée la veille!! Tout le monde dort quand nous arrivons au refuge (6 personnes quand même un dimanche soir de novembre, du jamais vu!). Le matin au réveil dans le faisceau de la frontale, une voie amicale me salue. C’est Olivier avec qui j’ai fait la Pschitt il y a 15 jours. C’est toujours sympathique de se revoir en montagne!

Aujourd’hui nous parcourons avec les deux loustics l’arête des Cinéastes une très belle escalade ensoleillé au dessus du refuge. Les conditions exceptionnelles de ce mois de novembre nous permettent de laisser piolet et crampons au pied de la face. Nous débutons par la variante chaud un peu plus dure que la voie normale.

Oisin et Vincent « déroule » tranquillement en blaguant comme si tout ça était naturel pour eux alors que c’est leur première. Des débuts prometteurs!

Journée parfaite en montagne à peine entachée par une vilaine blessure à la main pour Oisin. Blessure qui nous aura permis de tester un nouveau type de pansement!!

A bientôt les gars!

Traversée de Sialouze automnale

Traversée de Sialouze automnale

Un moment en suspension… hors du temps… Voilà ce que nous offre la montagne en ce début d’automne. Les alpages sont désertés, les refuges aussi. Guillaume me rejoint de Paris et profite d’un créneau parfait pour aller parcourir la traversée des arêtes de Sialouze avec une mer de nuage joueuse qui restera sagement juste sous nos pieds toute la journée!! De la joie d’être en montagne!

Pour le récit complet de la course et pleins d’autres articles passionnant, il faut visiter le site du dahu libéré!!

Traversée de la Meije again!

Traversée de la Meije again!

4 jours après la traversée de la Meije avec Jacques et Oliv , retour sur la belle.

Quand Jean & Marie me contactent la semaine précédente pour réaliser la traversée de la Meije, je suis d’abord un peu sur la défensive… Partir avec des « inconnus » sur cette grande course, engagée, en altitude, sans réaliser au préalable une course de rodage ne m’enchante pas trop… En discutant plus longuement au téléphone, Jean me lâche le morceau : ce sont d’excellents grimpeurs qui n’ont certes pas une grosse expérience alpine mais déjà pas mal de courses de rocher à leur actif (et pas des moindres), notamment dans les Pyrénées… Je commence à me détendre un peu et leur propose de bloquer un créneau de 3 jours pour se garder le temps de redormir à l’Aigle si besoin… De toute façon, nous verrons déjà en remontant les Enfetchores si tout baigne! Il n’y a plus qu’à attendre un bon créneau pas trop orageux et zou!

Et bien je n’ai pas été déçu par ce petit pari! Le contact passe vite avec Marie & Jean qui gambadent comme des isards dans les Enfetchores… Bonne condition physique, pied montagnard, gestion du rythme… Les Enfetchores ne disent pas tout non plus, mais c’est quand même un bon indicateur! Seul le terrain un peu miteux de la descente de Brêche ne les enchante pas, mais faut reconnaître qu’il n’y a pas de quoi!! De toute façon ce genre de passage putride est totalement absent de la traversée!

On arrive en milieu d’après midi au refuge pour profiter tranquillement du lieu et de l’accueil des gardiens, Fredi, Nathalie et leur stagiaire Guillaume… Qu’on est bien à ce Promontoire!

Seul zone d’ombre, la météo… Il semblerait que de l’activité orageuse soit prévu demain. Quand Fredi nous fait part de la messe du soir, deux écoles s’affronte : les prévisionnistes de Briançon et leurs premiers orages à 13h contre les prévisionnistes de Grenoble, pas d’orages avant 17h… Nous surveillerons ça de très prêt!

Réveil 3h, ce coup là je me réveille!

3h40, décollage de la terrasse du refuge… Nous sommes la première des 4 cordées du jour au Pas du Crapaud. J’apprends grâce à Philippe que ce que je crois être le Pas du Crapaud n’en est qu’une variante!! Y a du bon parfois à croiser les collègues sur le terrain!! Nous filons devant à bon train. J’essaye de temporiser mes deux compagnons mais il semble que le rythme soit bon pour eux.. Bon ben OK on continue comme ça alors!

Tout déroule, les passages s’enchaînent comme les notes sur une partition : campement des demoiselles, couloir Duhamel, Mirroir, Dalle Castelnau, Dos d’Ane, Vire aux Encoches, Dalle des Autrichiens, Pas du Chat, Vire du Glacier Carré, Glacier Carré, Cheval Rouge, Chapeau du Capucin… et Grand Pic!

Il est 7h45… Nous sommes toujours devant et sereins pour la suite! On profite du sommet!

La suite du voyage se déroule sans bavure jusqu’au Doigt de Dieu entre manips de cordes, couloir englacé, parcours d’arête… le glacier du Tabuchet passe encore bien (mais pour combien de temps!) et nous sommes vers 12h45 au refuge… J’en demandais pas tant!! Peut-être mon briefing de la veille sur les orages et les prises de décision a mis un peu la press’ à Jean & Marie!!

Bref on est large et on décide de redescendre dans la foulée après une bonne pause de 2 heures le temps d’avaler quelques crêpes et écouter les p’tits airs d’accordéon de Louis… Du bonheur!

Jonction établie avec le Pont des Brebis en 2h30… Le temps d’aller chercher la deuxième bagnole à la Grave, de se caler au bistrot et s’abat soudain un rideau de pluie qu’on est content d’observer la bière à la main!! C’est donc finalement les prévisionnistes Grenoblois qui avaient raison!

Merci à tous les 2, c’était parfait!

Traversée Meije - Belle crevasse sur l'approcheTraversée Meije - Levé de soleilTraversée Meije - Jean à la sortie du CapucinTraversée Meije - OmbreTraversée Meije - Jean à la sortie du Capucin Traversée Meije - Marie en finit avec le Grand PicTraversée Meije - Jean & MarieTraversée Meije - Le guidossTraversée Meije - Les arêtes jusqu'au Doigt de Dieu

Traversée de la Meije

Traversée de la Meije

L’an dernier,la météo exécrable de l’été n’avait laissé que peu de créneaux pour réaliser la traversée de la Meije… Avec Jacques et Oliv, nous nous étions rabattus sur des courses mixtes, dans des conditions hallucinantes pour l’époque (30 à 40cm de fraîche et gros blizzard) : Traversée roche Paillon – Emile Pic, Traversée de neige Cordier

Un an plus tard, rien à voir! C’est la canicule et la montagne et sèche, un peu trop même! Le terme de regel a disparu des dictionnaires d’alpinisme! Pas terrible pour les courses de neige mais excellent pour le caillou, tant que les accès glaciaires restent praticables….

Cette année nous nous attaquons donc au grand rêve de Jacques, la traversée de la Meije. Nous étalerons la course sur 3 jours en dormant au Promontoire et à l’Aigle. Le créneau météo est parfait, tout baigne!

Rien ne vaut un bon casse dalle avant d’attaquer la montée

Traversée de la meije - Ptit casse dalle

Aujourd’hui, c’est la montée par les Enfetchores qui nous attend. 1000m de montée plutôt ludique le long de ce bel éperon rocheux…

Traversée de la meije - Les Enfetchores

Puis un petit bout de glacier jusqu’à la brèche de la Meije et une rimaye qui s’ouvre de plus en plus!

Traversée de la meije - Brêche en vue

Vue sur le glacier au dessus des Enfetchores

Traversée de la meije - Le Glacier après les Enfetchores

Et après la descente de la Brèche, le refuge du Promontoire, terminus du jour!

Traversée de la meije - Le Promontoire

Vautrage en règle sur les canapés en terrasse!

Traversée de la meije - Affalage en règle au Promontoire

Le point météo et conseils avec Fredi le gardien et le petit Rhum planteur offert par la maison!! Décidément, la Meije est bien entourée entre Fredi et Nathalie au promontoire et Louis et Laura à l’Aigle…

Traversée de la meije - A l'heure de l'apéro offert

D-day : la journée commence pour moi par la douce phrase suivante : « Putain Nico qu’est-ce-que tu fous? Il est 3h30! »… Effectivement je me suis un peu loupé sur le réveil!! Je saute du lit, avale deux tartines et envoie mon sac sur le dos… Finalement je suis prêt avant mes compagnons : « Alors les gars qu’est-ce-que vous foutez? »…

Dans la nuit, après le Pas de Crapaud, nous déroulons sur l’arête puis dans le Couloir Duhamel. On trouve notre rythme… Nous avons toute la journée devant nous, pas d’orages annoncés et nous redormons à l’Aigle… Tranquille!

Nous atteignons le pied de la Muraille Castelnau avec le jour.

J’arrive au Dos d’Ane…

Traversée de la meije - Le Dos d'Ane

Et oliv en sort! Granit irréprochable…

Traversée de la meije - Oliv sort du Dos d'Ane

Vire aux encoches, un petit surplomb et c’est la dalle des Autrichiens que nous gravissons par le dièdre…

Traversée de la meije - Dalle des Autrichiens

 Oliv et Jacques à la sortie de la dalle des AutrichiensTraversée de la meije - Oliv dans la Dalle des Autrichiens Traversée de la meije - Jacques dans la Dalle des Autrichiens

Pas du chat, vire du Glacier Carré… On enchaîne. Le glacier est en excellentes conditions avec une belle trace diagonale…

Nous voilà au pied du Grand Pic. Ca déroule jusqu’au Cheval rouge. Oliv et Jacques se délectent de ces mythiques passages!

Traversée de la meije - Cheval Rouge

Oliv dans le Chapeau du Capucin.

Traversée de la meije - Sortie du Chapeau du Capucin

Sur le petit bout d’arête menant au Grand Pic

Traversée de la meije - Sortie du Chapeau du Capucin Traversée de la meije - Sortie du Chapeau du Capucin

9h30 : alléluya!

Traversée de la meije - La vierge

Quand le génie montre le ciel…

Traversée de la meije - Doigt de Jacques sur Doigt de Dieu Traversée de la meije - Vue du sommet Traversée de la meije - Pause casse croute pour OlivTraversée de la meije - Guide au grand Pic Traversée de la meije - La sablé compagnie

Mais ce n’est là que la moitié de la course! Il reste un peu de chemin avant les crêpes de l’Aigle!

Les rappels du Grand Pic, la brèche Zsigmondy et le couloir du même nom tout en glaçon!

Traversée de la meije - Dans le couloir ZsigmondyTraversée de la meije - Goulotte Zsigmondy

A la sortie du couloir, Oliv considère que son piolet a assez vécu et le laisse choir dans la face nord!

Les arêtes sont bien sèches, nous quittons les crampons et reprenons notre progression.

Nous sommes stoppés au niveau de la 3ème dent par un secours (rien de grave une entorse au genou). On s’octroie 3/4 d’heure de pause et on admire le spectacle…

Traversée de la meije - Secours sur les arêtes

Suite des manœuvres sur l’arête sans encombre. Le Doigt de Dieu s’offre à nous, on commence à la tenir cette traversée!

Le glacier est encore bien praticable même si ça ne va pas durer des lustres. Quelques gros ponts de neige vont vite devenir problématiques!!

Traversée de la meije - Crevasse à la descente

16h30 : Echouage à l’Aigle. C’est le bonheur pour tous… Après les doutes de la veille Jacques savoure encore plus que nous cette belle réussite, qu’il n’a pas volé! Nous sommes contents de passer la soirée tranquilles ici pour redescendre au petit jour demain…

D’autant que le petit déjeuner fait plaisir avec du vrai pain, du cake et des petites confitures maison… Sans oublier la fameuse pâte à tartiner!

Traversée de la meije - Réveil à l'Aigle

Au petit jour nous filons pour les 3h de descente avec à l’est une bien belle enclume!

Traversée de la meije - Belle enclume

Bravo à tous les 2 pour ce beau voyage réalisé sans anicroche!

Stage autonomie

Stage autonomie

Un stage avec une bande bien sympathique franco-basque! Avec Oisin, Flore&Raphaël, Orti, Immanol et Pierre Emmanuel…

Certain viennent pour s’initier à l’alpinisme, d’autres pour acquérir les bases de l’autonomie… Je tiendrais compte des objectifs de chacun!!

Premier jour, l’école de glace est l’occasion de découvrir ou de rappeler les bases du cramponnage… Rapidement tout le monde gambade dans cet univers de glace et nous partons à l’assaut des éperons de glace… 2 cordées autonomes avec un guide qui gravite en électron libre de l’une à l’autre… Anneaux de buste, brochage, gestion de la longueur d’encordement, choix de l’itinéraire sur le glacier…

Stage autonomie alpinisme - Ecole de glace Stage autonomie alpinisme - Ecole de glace Stage autonomie alpinisme - Ecole de glace

Une bonne mise en jambe qui se conclue par le traditionnel apéro et dîner à la terrasse du Glacier Blanc!

Deuxième jour, nous partons en direction du Pic d’Arsine qui va nous permettre de voir les bases de l’assurage en mouvement dans les pentes de neige et sur les arêtes rocheuses. Mes deux cordées autonome manipent dans la bonne humeur.

Stage autonomie alpinisme - Pente de neige Stage autonomie alpinisme - Arrivée au Pic d'Arsine

Le petit bout d’arête qui sépare le sommet du Col du Glacier Blanc est très ludique et pédagogique, parfait pour apprendre sans se faire peur!

Stage autonomie alpinisme - Traversée d'arête Stage autonomie alpinisme - Traversée d'arête Stage autonomie alpinisme - Traversée d'arête

On rejoint ensuite le refuge des Ecrins pour la séquence pasta Carbonara et boisson houblonneuse… Là aussi c’est important d’être autonome!

Avant manger, on fait quelques manips d’autosauvetage….

Dernier jour : Roche Faurio, ce sommet tellement plus tranquille et moins dangereux que le Dôme, nous offrira un terrain intéressant pour les objectifs d’autonomie des deux cordées.

Orti au passage de rimaye…

Stage autonomie alpinisme - Passage de rimaye

Grâce à un choix judicieux d’horaire, nous sommes déjà haut quand pointe le soleil, pour le régal des yeux!!

Stage autonomie alpinisme - Levé de soleil sur le dômeStage autonomie alpinisme - Panoramique levé de soleilStage autonomie alpinisme - Sur la Roche Faurio

L’esthétique parfaite de cette course très photogénique! Heureusement qu’un défaut de réglage de mon appareil gâche un peu les photos!!

Stage autonomie alpinisme - Devant la Roche Faurio Stage autonomie alpinisme - Cordée plein ciel

 

Arrivé à l’antécime de Roche faurio au pied de l’arête sommitale, une partie de l’équipe préfère en rester là et profiter tranquillement du soleil…

Pendant ce temps là, je pars avec les autres, toujours en autonomie, gravir ce petit bout de rocher très aérien!!!

 

Stage autonomie alpinisme - Sur la Roche Faurio Stage autonomie alpinisme - Oisin au sommet de la Roche Faurio Stage autonomie alpinisme - Oisin au sommet de la Roche Faurio Stage autonomie alpinisme - Immanol et OrtiStage autonomie alpinisme - Flore et Raphael

 

Meije Orientale – Doigt de Dieu

Meije Orientale – Doigt de Dieu

Déjà la cinquième saison de guide et le plaisir de retrouver des « fidèles »!
Pour l’occasion je fais se rencontrer Antoine et Eve&Nico…

Nous allons du côté du refuge de l’Aigle où tout le monde trouvera des objectifs à sa portée!!

Passer une nuit à l’Aigle se mérite, il faut d’abord avaler les 1800m de dénivelé, ponctués de quelques passages d’escalade et d’un petit parcours glaciaire… L’avantage c’est que le lendemain, les sommets semblent tout proches!

Déjà 3 mois depuis le dernier passage à l’Aigle en ski, et toujours un accueil au top par Laura qui a troqué Louis contre Claire! Le charme des lieux serait inefficace sans des gardiens aux petits oignons!

Notre premier objectif du jour est de gravir la Meije Orientale. Je suis encordé avec Eve, Antoine mène l’autre cordée avec Nico. Je me charge de faire franchir à tous le monde la première pente de glace qui mène à l’arête… Canicule et sécheresse commence à se ressentir en haute montagne!!

Pourtant aujourd’hui un caillant vent de nord nous fait frissonner jusqu’au fond du caleçon et nous bouscule un peu sur l’arête… Du coup, on chôme pas! Sous le sommet, à l’abri de la calotte sommitale on arrive à se poser quelques temps… Ca change des longues siestes!!

Meije Orientale - A la montée Meije Orientale - Sommet Meije Orientale - Eve à la descente Meije Orientale - Le ressaut rocheux

La Meije Orientale était l’objectif pour Nico et Eve qui se rentre tranquillement au refuge.

Avec Antoine, mon Corse préféré, toujours en grande forme, on file jusqu’au Doigt de Dieu. Dans la pente au dessus de la rimaye, plus en glace qu’en neige, Antoine apprécie le deuxième piolet!

Meije Doigt de Dieu - Antoine dans la pente du Doigt de dieu Meije Doigt de Dieu - Antoine dans la pente du Doigt de dieu Meije Doigt de Dieu - Antoine dans la pente du Doigt de dieu

La longueur de IV en rocher n’est qu’une formalité pour Antoine (qui manque quand même d’y laisser un doigt! Au Doigt de Dieu, ça aurait été ballot!)…

Le vent s’est calmé, on profite un peu de ce sommet surplombant, fleurtant avec les 4000m…

Meije Doigt de Dieu - Antoine au Doigt de Dieu

Retour au refuge où Laura et Claire nous régale avec leurs crêpes copieuses…

Meije Doigt de Dieu - Le mythique perchoir de l'Aigle

Ce qu’il faut pour se mettre bien avant une descente un poil longuette!

Meije Doigt de Dieu - Et on file pour 1800m de descente

Arête sud – Pic du Glacier Blanc

Arête sud – Pic du Glacier Blanc

C’est la troisième fois que nous partons ensemble avec Alain. Il y a deux ans c’était avec son fils Tristan sur les flancs de l’Ailefroide et du Pelvoux. L’an dernier nous étions aller roder du côté de la Grande Ruine… Cette année Alain vient faire découvrir à Delphine sa compagne, les charmes de la montagne!

Je propose de commencer par un petit enchaînement de couloir et d’arêtes entre la Pointe Cézanne et le Pic du Glacier Blanc. Un joli voyage ponctué de petits passages… intéressants!

Chose assez rare dans le secteur, la mer de nuage est côté Hautes-Alpes! Pas vilain!

Traversée Pointe Cézanne - Pic du Glacier Blanc - Mer de nuage

Après le couloir Sud de la Pointe Cézanne, un beau parcours d’arête et le couloir Sud du Pic d’Arsine, on se balade plein ciel sur la large croupe sommitale entouré par un océan de coton.

Traversée Pointe Cézanne - Pic du Glacier Blanc - Mer de nuage

Petit passage d’escalade avant d’arriver au Pic d’Arsine…

Traversée Pointe Cézanne - Pic du Glacier Blanc - Avant le Pic d'Arsine

Entre le Col du Glacier Blanc et le Pic du Glacier Blanc, un rasoir sympathique!

Traversée Pointe Cézanne - Pic du Glacier Blanc - Rasoir

Gendarmes rigolos. Oui oui ça existe!

Traversée Pointe Cézanne - Pic du Glacier Blanc - Sur l'arête du Pic d'Arsine

Et le sommet… Honoré comme il se doit par une petite sieste! Il faut bien que le réchauffement climatique ait quelques avantages!

Traversée Pointe Cézanne - Pic du Glacier Blanc - Sommet

Et forcément, quand on voit ça, ça donne envie!

Pic du Glacier Blanc - Arête S - La classe

Hypnotisés par la belle arête sud du Glacier Blanc, Alain et Delphine me demande si cette course est envisageable… Ce que j’ai vu aujourd’hui m’a convaincu, je suis d’accord pour remonter au Pic du Glacier Blanc!

La difficulté principale de cette course est concentrée dans la première longueur… Ensuite ça déroule beaucoup plus même s’il faut être concentré tout le long.

Pic du Glacier Blanc - Arête S - Première longueur

Un Eritriche nain qui jouit d’une belle vue!

Pic du Glacier Blanc - Arête S - Erytriche nain

Cette arête est un petit bonheur, saine, aérienne, avec une vue *****.

Pic du Glacier Blanc - Arête S - Vue sympa Pic du Glacier Blanc - Arête S - Vue sympa Pic du Glacier Blanc - Arête Sud - Devant la Barre

Nous ne faisons qu’une bouchée de cet élégant bout de caillou et 2h30 après notre décollage, nous prenons la même photo qu’hier mais ce coup là c’est Alain et Delphine dessus!

Pic du Glacier Blanc - Arête Sud - Dernier gendarme

La team Pic du Glacier Blanc

Alain, Delphine&Moi

Ciao ciao tous les deux, à l’année prochaine!

Neige Cordier & Arsine en traversée

Neige Cordier & Arsine en traversée

Suite des aventures en comité restreint après l’ascension de la Roche Faurio, seuls Jérôme et Guillaume se sentent capables de supporter encore 2 jours leur guide….

Pour la première journée, nous nous lançons dans une totale improvisation avec un changement de dernière minute… En passant au pied du col Emile Pic, Neige Cordier nous appelle et nous délaissons le Pic du Glacier Blanc…

Le curseur technique monte d’un petit cran aujourd’hui avec au programme une petite goulotte, du mixte et une arête bien aérienne… Le tout en aller retour!

La goulotte du Col Emile Pic… avec un seul piolet bien sur!

Neige Cordier - Goulotte du col Emile Pic

Du mixte facile en très bonne conditions (quand on voit ce que c’est devenu un mois plus tard… snifff)

Neige Cordier - Sur l'arête sommitale Neige Cordier - Mixte bien sympa

Guillaume prêt à en découdre, comme dans les manifs!

Neige Cordier - Sur l'arête sommitale

Le guide cherche à prendre son envol?

Neige Cordier - Grand angle

La rude vie de l’alpiniste

Neige Cordier - Rude vie Neige Cordier - Vue du sommet

Dernier jour, la météo se gâte, ça nous permettra de voir autre chose après 3 jours de beau temps… On baisse un peu le niveau par rapport à Neige Cordier avec le Pic d’Arsine en traversée…

Ambiance insolite avec la neige qui tombe sous forme de pizzas par moments!

ft-EZiDxBHXHwSFT9DitUwlL8GWp5mluAws7kNu_8K8=w1259-h944-noPic d'Arsine - Un temps un peu moins beau2015-06-23 09.57.49-1

 

Traversée Pointe Cézanne – Pic d’Arsine

Traversée Pointe Cézanne – Pic d’Arsine

Nico et Eve souhaitait réviser un peu les fondamentaux du cramponnage et faire une jolie course dans le secteur du Glacier Blanc… Et bien bonne pioche sur le créneau avec une météo au beau fixe et de superbes conditions de neige (qui ne devraient pas trop durer…).

Le premier jour on révise les gammes sur le Glacier Blanc.

Pointe Cézanne - Couloir Sud et traversée - La veille quelques révisions Pointe Cézanne - Couloir Sud et traversée - La veille quelques révisions sur le Glacier Blanc

Sans oublier les fondamentaux… on souffre.

Pointe Cézanne - Couloir Sud et traversée - On oublie pas les fondamentaux!

Le lendemain, on s’envole pour la traversée Pointe Cézanne – Pic d’Arsine avec un joyeux mélange de couloirs, d’arêtes cornichées et de pentes de neige raides… Rien d’extrême et de très belles conditions qui nous permettent de savourer chaque sommet tranquillement!

Pointe Cézanne - Couloir Sud et traversée - Pas belle la vie? Pointe Cézanne - Couloir Sud et traversée - Vue pas dégueulasse Pointe Cézanne - Couloir Sud et traversée - Départ de la traversée Pointe Cézanne - Couloir Sud et traversée - Conditions idylliques Pointe Cézanne - Couloir Sud et traversée - Arrivée au Pic D'Arsine Pointe Cézanne - Couloir Sud et traversée - Arrivée au Pic D'Arsine Pointe Cézanne - Couloir Sud et traversée - On savoure

Deux jours de pur plaisir dans une montagne étrangement déserte. On va pas s’en plaindre!

Cosmique Mont-Rose

Cosmique Mont-Rose

La météo un peu particulière de cet été oblige à s’adapter en permanence. Non seulement aux conditions météo elles mêmes mais aussi aux conditions de la montagne!

Quand je rejoins Lucas et Romain à Cham, l’idée est de tenter l’ascension du Mont-Blanc par la voie des Aiguilles Grises après deux journées d’acclimatation ensemble. Une très belle (mais plus longue) alternative à la voie normale du Goûter. Les quantités de neige tombées ces derniers jours m’inquiètent un peu, d’autant qu’il n a pas encore fait beau depuis la dernière chute, et que tout ça n’est donc pas très stabilisé!

En attendant de prendre une décision, nous partons pour notre acclimatation au refuge des Cosmiques. Mes gars sont surmotivés et viennent de passer 3 jours dans les refuges pour s’acclimater et faire connaissance. Contrairement à la météo, l’ambiance est au beau fixe!! Comme on va pas rester comme des moules accrochées au refuge, je propose chaque jour une course à mes loustics pour leur permettre de découvrir d’autres terrains, un peu plus techniques. Nous réalisons ainsi la traversée des Pointes Lachenal et l’arête des Cosmiques. Et peinard à chaque fois par un choix d’horaires « décalés ». Nous peaufinons l’acclimatation par un régime diététique strict à base de croûte et de bière pression complété par des séances intenses de sieste à rallonge.

Passées ces deux journées la décision est claire : trop de risques pour tenter le Mont-Blanc par Gonella. En plus le créneau météo n’a pas l’air optimal. Côté Mont-Rose, les oracles sont meilleurs, on file à Gressoney. La montée à Citta di Mantova se fait pour bonne partie en téléphérique, ça change de l’Oisans!! Bon 200m à monter pour de vrai, quand même! L’occasion de voir qu’ici comme partout ailleurs il y a des coulées de partout sous l’effet du soleil et des cumuls exceptionnels de neige du mois de juillet! Et des coulées que la plupart des « anciens » n’ont jamais vu en 40 ans de carrière… Brrrr, ça fait froid dans le dos…

Pour être partis et rentrés de bonne heure, et être tranquilles, on opte pour un réveil matinal… Nous sommes la première cordée à se lancer en direction du Mont-Rose. Au bout d’une heure de marche, nous commençons à entendre derrière nous quelques coups de tonnerre. Etrange conception du beau temps les prévisionnistes cette année. L’orage est encore loin, on continue. J’aimerais au moins atteindre le bivouac du Balmenhorn pour nous abriter et attendre un créneau. Au fur et à mesure que l’on monte, le décalage entre le flash de l’éclair et le boom se rapprochent ce qui autrement dit veut dire qu’on a l’orage aux fesses!!

Un éclair nous « claque » un kilomètre devant nous, on se taille, pas le temps d’aller au bivouac. Philippe profite de cette retraite pour explorer sans conséquence le sous-sol du glacier!! Toutes les cordées parties derrière nous rentrent également au bercail. Rideau, on plie la boutique.

Philippe et Romain acceptent avec le sourire et dans la bonne humeur cet « échec ». Belle attitude les gars! On se remet ça l’année prochaine!

Zig – Zag dans le Z

Zig – Zag dans le Z

Après notre mixture au Pelvoux, on part ce coup-ci avec Frank en direction de la face nord de la Meije pour gravir le Z… La neige tombée en abondance a bien nourri les faces, les conditions sont démentes! Et nous, après 3 jours de régime patate – poulet – sieste, ben on l’a la patate!

Sylvain et Julien se joignent à nous pour cette petite aventure. On opte pour un bivouac en haut des Enfetchores ce qui est une très bonne option pour les feignants du premier jour mais par contre c’est un peu la mission pour récupérer les affaires le 2ème jour!

Comme prévu le Z est tout « couic » ça randonne… On a juste essayé de faire une variante au début pour pas se mettre derrière les autres cordées mais c’était pas le bon plan! Une heure de perdue et un mini « Z » en supplément!

Finalement c’est la traversée de la Meije et surtout la récup du bivouac qui seront les crux du jour!

Pour monter à la Puiseux, faut puiser!

Pour monter à la Puiseux, faut puiser!

Après moults plans aux quatre coins des alpes, la météo nous oriente finalement avec Frank vers les Ecrins!

Partout dans les Alpes, ça a plâtré! Les conditions vont être bonnes mais ici il faudrait attendre un jour de beau de plus pour que tout ça transforme dans les faces nord…

Vu qu’on a qu’un jour de beau dans l’immédiat, je propose à Frank un plan « one shot » au Glacier Noir. Heureusement Franck est prêt à bondir! Je le récupère le soir à la l’Argentière et on file faire une petite sieste chez Madame Carle…

L’idée au départ était d’aller faire un itinéraire à dominante neige, en face nord de l’Ailefroide par exemple. Mais ça manque encore un peu de purge et la neige risque de pas être au top dans les ressauts raides! Du coup je propose à Frank d’aller faire une course avec beaucoup plus de rocher, l’arête nord de la Pointe Puiseux…. Longue journée au programme, surtout avec ces conditions là!

Effectivement la journée fut longue (et comme toutes les longues journées elle commence par une belle panne de réveil)!! Frank commencera même à se préparer mentalement au bivouac improvisé dans les dernières longueurs! Il ne sait juste pas que ce concept de bivouac improvisé est totalement étranger à son guide!

Au programme de cette course, du rocher, beaucoup de rocher et de la neige, de plus en plus humide qui nous impose souvent des variantes un peu plus coriaces!! Ca grimpe tout du long et avec les conditions du jour, on a pas fait bezef de corde tendue…. Ajouté à ça quelques petites fourvoyances et un entraînement draconien à base de Pic d’Arsine et voilà les ingrédients réunis pour établir un horaire intéressant qui à défaut de nous offrir un repas les pieds sous la table nous permet de jouir d’un des plus beaux coucher de soleil que j’ai pu contempler dans les Ecrins… Mer de nuage panoramique à 360°, épargnant seulement notre petit ilot Pelvien… Y a des moments de grâce comme ça qui font oublier toute la peine endurée!

On aurait aimé finir devant un bon plat de pâtes et une bière au refuge du Pelvoux mais la vacation radio sonne dans le vide… Nous le saurons le lendemain, Damien nous attendait et s’était juste éclipsé pour prendre sa douche! Arrivé vers minuit au refuge, on grignote quelque fond de sac et on s’abandonne à un coma réparateur dans les épaisses couettes…

De la bonne aventure made in Ecrins, merci à toi Frank de m’avoir fait confiance!

Neige Cordier version Ben Nevis

Neige Cordier version Ben Nevis

Après le bref sursis d’hier, l’hiver en remet une couche…

Vu le brassage prometteur, on choisit aujourd’hui une course proche du refuge. La traversée de Neige Cordier nous offre un super terrain de jeu dans ces conditions dignes des terres australes. Vent et neige à gogo, il faut se méfier, l’arva-pelle-sonde ne serait pas de trop. Alors on ruse en passant au plus prêt du rocher.

Au final, on passe quelques heures dans une ambiance hallucinante et Jacques et Olivier gouttent aux joies du mixte hivernal pour leur plus grand bonheur!

Couloir de Roche Paillon et traversée vers Emile Pic

Couloir de Roche Paillon et traversée vers Emile Pic

Météo capricieuse au programme de ce début de séjour avec Jacques et Olivier. Le projet initial (la traversée de la Meije) a vite été remis au chaud!

Première tentative en début de semaine du côté des Bans (Coste Counier) mais la météo est beaucoup trop aléatoire et on préfère sagement s’arrêter avant de commencer! Pas de souci, on décale tout!

Vu le plâtrage copieux, je propose à mes deux compères de partir sur des courses plus typée neige et mixte. On se tourne vers la traversée Roche Paillon – Emile Pic, toute patagoniesque! Un guide Suisse – Allemand nous a fait de belles et hautes marches dans le couloir, sympa. Sur l’arête, les conditions sont hivernales. 30 à 40cm de poudre rendent la course encore plus magique que d’habitude.

Cresta Berhault

Cresta Berhault

La Cresta Berhault? Quezaco?

C’est une longue arête d’une logique radicale qui commence au col de la Traversette et se termine au sommet du Viso… 6km sur le papier, surement bien plus en développé!! Un beau voyage suspendu en le Queyras et la plaine du Pô… Cette même plaine du Pô qui envoie dès qu’il fait beau cette satanée nebbia!!!

Cette longue traversée a été inaugurée en 1968 par Hervé Tranchero et son pote Livio Patrile. Ces deux guides sont aujourd’hui les gardiens des refuges de Vallante et de Quintino Sella. Nous les avons rencontrés tous les 2 au cours de notre périple car nous avons pris l’option légère et tout confort en dormant au refuge!!

Hervé nous racontait qu’il avait fait ça chargé comme un mulet avec plus de 20kg sur le dos… Fallait avoir le feu sacré!!

Le parcours hivernal de cette arête par Berhault dans des conditions apocalyptique reste un exploit qui a fortement impressionné les locaux qui vouent une véritable admiration à Patrick. Ils trouvaient logique de lui rendre hommage en donnant le nom de leur idôle à cette arête…

Nous avons découpé le parcours comme ça :

Premier jour : départ de Giacoletti, col de la Traversette et traversée jusqu’au col de Due Ditta. On pose le matos là et on descend au Rifugio di Vallante (30min).

Deuxième jour : départ de Vallante. Remontée à Due Ditta (une petite heure). Traversée du Visolotto et NW du Viso. Descente par la voie Normale et nuit à Quintino Sella.

C’est une façon fantastique d’atteindre le Viso. A réserver aux chamois tout terrain et amoureux de solitude!! Une grande bizarrerie qui n’est pas du goût de tout le monde dans le secteur : l’équipement sur-abondant de la section entre le couloir du Porc et le passo Giacoletti. Un point tous les 2 mètres y compris quand c’est complètement inutile. Des points proches de fissures, ou sur des gros becquets : quel est l’intérêt??

3 jours à Orny

3 jours à Orny

3 belles journées dans le secteur d’Orny en compagnie de Gab et Aurel. Le télésiège de Champex a brulé, du coup le coin est plutôt calme… La cabane d’Orny est à nous! Très bel accueil par Patricia. Raymond lui court les montagnes!!

Le premier jour, nous complétons la montée au refuge par une petite section de cramponnage sur le glacier pas loin de la cabane histoire de revoir un peu tout ça. Glace mojito de premier choix!!

Levé de soleil au refuge Sur le Glacier d'Orny

Pour la deuxième journée, nous allons grimper (et pas fumer) La Moquette une jolie voie à l’Aiguille d’Orny équipé par Raymond. Raymond c’est le gardien de la cabane d’Orny qui est aussi guide. Il a pas mal joué du perfo dans le secteur parfois un peu trop près des fissures à mon goût mais faut reconnaître que c’est assez confortable….

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Last day, on part pour une jolie course aux Dorées : l’arête sud de la Sans Nom… Si sur le papier ça ne paraît pas trop loin, il faut quand même contourner toutes les Dorées pour aller la chercher… Mais ça vaut vraiment le coup! Cette arête s’illumine dès les premières lueurs du jour…Il existe plusieurs versions de cette arête selon que l’on gravisse tous les ressauts où seulement quelques uns. Pour nous ce sera une version light déjà bien suffisante pour aujourd’hui… Le final de l’arête, gazeux à souhait, laissera quelques souvenirs!! Du sommet de la Sans Nom, on refait un petit bout de la traversée des Dorées mais à l’envers pour retrouver une ligne de rappels au niveau du Trident. Là encore le Père Forateur a oeuvré. Relais sur chaînes tous les 25m… Pas classique en montagne…2013-08-18 06.53.06 Resized 2013-08-18 09.06.47 Resized 2013-08-18 09.10.47 Resized

Arête ouest Pointe des Aigles

Arête ouest Pointe des Aigles

Après le déroulage d’hier, on s’attaque aujourd’hui à un gros poisson : l’arête ouest de la Pointe des Aigles, nichée au fond du vallon des Etançons, presque contre la Meije. Mais qui a dit que le beau caillou était réservé aux Chamoniards? La pointe des Aigles a tout d’une grande!! L’escalade s’y déroule sur un granit de rêve avec des passages de plus en plus aériens… Le rocher se prête relativement bien à la grimpe en grosses et quelques passages sont biens aériens. Tout ça pour finir sur une vraie pointe où on tient à 3 pas plus!

Comme on est gourmand et qu’on a le temps, on enchaîne derrière la Pointe des Chamois avec encore 3 belles longueurs, assez atypiques dans le coin… Du sommet de cette Pointe, après une rapide désescalade, on enquille les névés jusqu’au refuge du Pavé… C’est bon pour les genoux ça!

Pic Nord des Cavales

Pic Nord des Cavales

Pour attaquer en douceur rien ne vaut une bonne bambée dans les Ecrins! Avec Tom et Nico, on traversée aujourd’hui de Villar d’Arène au Chatelleret en passant par le Pic Nord des Cavales, cette petite merveille de granit haut perché entre Etançons et Haute Romanche… La voie normale est vraiment une course d’une rare beauté dans ce niveau de difficulté. Vue démente sur tout le secteur dont l’indétronable Meije. On bascule versant Chatelleret par le trou d’eau glaciaire en 2 grands rappels et un peu de terrain à Chamois avant la longue descente sur le refuge où l’on s’échoue devant quelques rafraichissements…

Pic Gaspard – Arête SSE

Pic Gaspard – Arête SSE

Morceau de choix aujourd’hui avec cette longue et sauvage arête des Ecrins ouverte par Devies et Gervasutti qui venaient là se consoler de n’avoir pas eu les conditions pour ouvrir la ligne qu’il finiront par gravir en face NW de l’Ailefroide…

Départ à 4h. La neige nous permet d’arriver assez haut dans le début de l’arête. D’entrée de jeu ça annonce la couleur : ça grimpe le IV dans la froideur matinale… Gab se demande à quelle sauce son guide va le cuisiner aujourd’hui… Une chose est sûre, on va pas flâner et compter fleurette comme hier, d’autant plus que la météo ne semble pas béton. Il y a du chemin avant d’arriver au niveau des ressauts clés et même si ce n’est jamais extrême, c’est relativement soutenu… Je sens que Gab commence à fatiguer mais il s’accroche!! Un petit combat l’attend dans le crux avant de poursuivre sur l’arête car c’est pas encore fini!! C’est ça les grandes courses!

Le temps s’est bien dégradé et à la brèche d’où attaque la descente j’hésite à aller au sommet… Allez, on prend 5 minutes et on y va ça serait dommage!! Après les doutes et les découragements de Gab, quelle joie d’être au sommet pour tous les 2!! On aimerait trainer là haut, étirer le temps, profiter d’être ici mais le tonnerre gronde au loin et on file fissa-fissa vers un endroit plus approprié pour se prendre un orage! La descente se fait en quelques grandes moulinettes pour Gab et désescalade pour moi avant de prendre pied sur le Glacier Claire que nous dévalons à toute berzingue. Mais le parking est encore loin et la grêle d’abord, la pluie ensuite nous rattrapent, rendant bien glissant le passage de la grotte des Pichettes de la veille. Rapidement ça flait splatch-splatch dans les chaussures, on s’imperméabilise du mieux qu’on peut et on met le mode pilote automatique jusqu’à la bagnole… 19h, on est au parking… Gab est bien crevé mais heureux et fier d’avoir vécu une grosse bambée des Ecrins…

Pointe Claire – Arête Sud

Pointe Claire – Arête Sud

Cette année, Gab, fidèle parmi les fidèles, est parti pour un triptyque en montagne. Le premier épisode, avec Aurel, avait du être déplacé dans les Calanques pour cause de météo désastreuse. Pour le deuxième volet, on se retrouve entre hommes, du côté de Villar d’Arène, pour un petit tour dans le secteur du Pavé. Le troisième volet aura lieu fin août autour du refuge d’Orny.

Après une courte marche et une nuit passée au refuge de l’Alpe de Villar d’Arène, la première journée a pour objectif la Pointe Claire et la jonction avec le refuge du Pavé. C’est une course confidentielle du massif… On part de bonne heure, car le programme est copieux. Le jour se lève juste pour nous permettre de distinguer la vague sente qui remonte à la grotte des Pichettes, qui marque le début du terrain plus technique. Nous arrivons au pied de la voie et nous délestons de l’inutile, nous y repasserons en redescendant du sommet. Un couloir inhabituellement enneigé pour la saison nous attire. Gab est bien excité par l’idée de faire un peu de neige raide… Petite improvisation qui nous fait shunter les premières tours… Autant de réserves économisées pour la suite du périple! Du coup, rien ne presse, nous avons le temps de lézarder un peu au soleil et de faire par-ci par là un peu de cueillette… dans la limite de la légalité, naturellement! Nous enchainons les ressauts et les parties plus horizontales avec entrain et bonne humeur, sur un caillou magnifique. Nous arrivons bientôt au sommet, mais la journée n’est pas finie! La descente encore tout en neige est vite dévalée… Il faut ensuite remonter pour gagner le Pavé… J’opte pour un couloir qui s’avère n’être pas le moins raide!! Du coup un petit atelier désescalade pour Gab qui commence à en avoir plein les mollets!!

C’est pas la foule au Pavé. On se remet avec une bonne omelette. Le Programme du lendemain est open. Pas mal d’options sont évoquées. Le parcours de la Pointe Claire aujourd’hui m’a permis de voir que la descente du Pic Gaspard est en super conditions… Il n’en faut pas moins pour me motiver et proposer cette course à Gab. Je sens que cette course l’intimide autant qu’elle l’excite : tous les ingrédients pour une belle aventure!!

Traversée des Agneaux

Traversée des Agneaux

Avec Elie et Antoine, mes deux avions, on part pour une course rarement parcourue : la traversée Agneaux Blanc – Agneaux Noir depuis le refuge du Glacier Blanc. Pour commencer, on emprunte le Glacier en S jusqu’à l’Agneaux Blanc puis par une traversée on rejoint l’arête de Jabel jusqu’à l’Agneau Noir. L’ensemble est magnifique et très varié avec un couloir de neige, une arête de neige, une longue traversée en neige raide sous l’agneau noir puis un final rocheux sur l’arête de Jabel. Sans compter la descente de la voie normale qui conclue parfaitement cette belle boucle.

Barre des Ecrins – Directe Coolidge

Barre des Ecrins – Directe Coolidge

Antoine revient cette année sur le continent pour Gravir la Barre des Ecrins. Comme les conditions sont excellentes, je lui propose d’emprunter la directe Coolidge. Antoine est en grande forme et nous sommes de très bonne heure, seuls au sommet de la Barre. Pas un souffle de vent. Ces moments sont précieux! Descente par la voie normale en conditions mixtes… Antoine se régale et moi je savoure ces moments passés avec un si bon compagnon de cordée… qui me fatigue quand même un peu. J’ai pas l’habitude d’aller si vite!

Barre des Ecrins

Barre des Ecrins

Dernier volet de notre séjour dans les Ecrins avec un morceau de choix pour Adrien et Manu : la Barre des Ecrins.

Nous partons dans les premières cordées. Il fait chaud ce matin, 12°C au thermomètre du refuge des Ecrins, ça promet!

Malgré ces chaleurs caniculaires, l’absence de vent et un ciel parfaitement dégagé ont permis à la neige de regeler dès 3000m. Nous prenons un bon petit rythme à la montée. Je veille à économiser les forces de mes compagnons qui vont avoir un peu d’énergie à fournir sur l’arête!

Arrivée à la brêche Lory, un italien est en train de s’affairer dans le premier ressaut. N’ayant pas pris le temps de lire le terrain, le malheureux est engagé dans une variante bien plus dure est très mal protégée, tout ça avec ses crampons au pied. Peut être du V.

Avec Manu et Adrien, nous prenons un chemin plus orthodoxe, la voie classique qui contourne en écharpe ce ressaut. Du relais où je suis, je vois perler les gouttes de sueur sur le front de l’italien qui vocifère à qui peut bien les comprendre quelques jurons accompagnés de cris indiquant une chute imminente. J’encourage timidement l’italien par quelques « allez, allez! » car le malheureux a probablement compris qu’une chute n’était pas ce qu’il y avait de plus indiqué pour son intégrité physique. Finalement, dans un dernier râle, il s’extrait de sa fâcheuse posture et gagne le relais qu’il visait (qui sert en fait à la descente!)… C’est avec grand étonnement que nous verrons, une deuxième cordée d’italiens (amie de la première) s’engager à son tour dans cette variante morbide avec également beaucoup de labeur et de frayeur…. alors qu’ils ont bien vu avec quelle relative facilité nous avons esquivé le premier ressaut!

Bref, faut pas chercher à comprendre!

Passé ce premier ressaut, nous déposons nos armes métalliques et partons chevaucher cette belle arête qui aboutit sur le point culminant des Alpes du Sud.

Pour leur deuxième course d’arête, Manu et Adrien se débrouille pas mal du tout, surtout dans les passages les plus raides. Nous sommes un peu plus lents dans les sections plus faciles où le pied montagnard fait toute la différence. Mais qu’importe, aujourd’hui le temps est splendide, on est pas pressés. Pas de stress!

Nous atteignons la croix un peu avant les italiens qui à notre grand étonnement ont tout parcouru en crampons!

Manu et Adrien ne sont pas peu fiers de cette ascension pas volée… un beau rêve qui se réalise!

Arête S de la grande Ruine

Arête S de la grande Ruine

Pierre revient me voir cette année pour découvrir cette magnifique arête sud de la Grande Ruine, nichée sur un des plus beaux panoramas des Ecrins. Nous nous retrouvons au refuge Adèle Planchard, loin des foules… En ce magnifique we de beau temps, seulement une quinzaine de personnes là haut, toutes, exceptés nous deux, visant la voie normale de la Grande Ruine…. La tranquilité existe bel et bien dans les montagnes!

La principale difficulté de cette arête est de la rejoindre! Le retrait glaciaire et les étés chauds rendent en effet délicat les accès à des cols qui en début de saison ou en des temps plus frais était de simples formalités. Ainsi le col de la casse déserte est actuellement tout sec. Deux options pour le rejoindre : le rocher en rive gauche, pas trop dur apparemment mais un peu pourri ou le centre du couloir ressemblant plus un dépôt de carrière… Nous optons pour la carrière! Une langue de neige permet encore de gravir 1/3 du couloir. Ensuite il faut passer dans une chattière au niveau du bloc coincé. En grattant les graviers, on peut brocher dans la glace en dessous. Au bout de cette longueur, on trouve sur la rive gauche de quoi faire relais (bonne fissure pour camalot) ou 15m plus haut un relais sur pitons…

Un accès qui plairait plus à un spéléo ou un amateur de bac à sable boueux! Mais c’est pas long et la suite en vaut vraiment la chandelle!

Un bon vent d’Ouest nous cueille au col et donne à notre course d’arête un caractère plus austère surtout quand nous sommes sur le versant Bérarde. Au dessus du col, on rejoint rapidement l’excellent gneiss pour lequel on est venus et le festival peut commencer. Ce bout d’arête suspendu entre Isère et Hautes Alpes, entre le vallon des Etançons et celui de la Romanche est un vrai bijou! Les prises tombent dans les mains naturellement comme si ce caillou avait été fait pour être grimpé!

Pierre découvre aujourd’hui l’ambiance des courses d’arête rocheuse. C’est un exercice complètement nouveau pour lui et le jeu semble lui plaire! Pour un bon grimpeur comme lui, la difficulté d’une telle course ne réside pas tant dans la difficulté technique des passages que dans tous les à côté : l’ambiance gazeuse, l’escalade en grosses chaussures avec un sac sur le dos, le souffle qui se fait un peu plus court déjà à 3700m….

Après 2h de grimpe depuis le col nous sortons au sommet heureux de s’être offert cette petite perle des Ecrins. A l’abri du vent et au soleil, seuls au monde, nous passons une petite heure là haut à le contempler ce monde… la discussion devient métaphysique… On parle infiniment grand, infiniment petit, passionnant tout ça! Qu’il est bon d’être un être vivant conscient, capable de prendre du plaisir à se prélasser sur un bout de caillou d’une petite planète perdue dans un amas de galaxies!

Quand l’appel des bonnes choses de la vallée se fait sentir, nous décollons pour cette longue descente qui à coup de longues discussions passera plutôt vite!

A tout bientôt Pierre!

Barre des Ecrins

Barre des Ecrins

Je retrouve au refuge des Ecrins Nina et Adam venus d’Angleterre pour gravir quelques 4000m dans les Alpes. Ils sont déjà foulé le Dôme mais rêve aujourd’hui de partir sur les traces de Whymper, premier ascensionniste de la Barre des Ecrins.

Au réveil, un bref coup d’oeil par la fenêtre pour vérifier que la journée démarre sous de bons hospices : et hop, une apparition éphémère de la lune (presque pleine) qui quelques instants plus tard disparaît à nouveau derrière les montagnes. Nous partons dans les premiers sous un tapis d’étoiles. La neige crisse  sous les crampons. Mes compagnons sont en pleine forme et heureux d’être là. Ca s’annonce très très bien tout ça!

La montée du Dôme est avalée à bon train et je suis en train de franchir la rimaye quand le soleil pointe le bout de son nez. Nous décidons de prendre une petite variante pour rejoindre l’arête. Au lieu de prendre la voie normale par le ressaut rocheux de la brêche Lory, nous montons directement dans les pentes environ 100m à gauche. Les pentes sont un mix de glace et de neige qui chauffe un peu les mollets mais une demi-heure plus tard, nous sommes sur l’arête. Là, Nina découvre la suite de l’itinéraire, très aérien et décide sagement de ne pas continuer… Nous l’installons confortablement au soleil et partons avec Adam survoler le final! Adam est un grimpeur expérimenté, efficace et sûr. Notre progression sur l’arête est rapide et fluide, ponctuée de temps à autre par les exclamations d’Adam : « Gosh, it’s really fantastic » ce que l’on peut traduire dans le sud par « Putaing ça en jette » ou plus prosaïquement « Bigre, c’est de toute beauté ».

Qu’il est plaisant de parcourir la montagne avec des gens qui savourent la joie d’être en ces lieux!

A 7h30, nous nous congratulons au sommet! Heureux!

I met Nina and Adam at the Ecrins Hut. They are coming from England to climb some « 4000m » in the Alps. They have already climbed the « Dôme des Ecrins » but they dream this year to follow the tracks of Edward Whymper, first ascensionnist of the « Barre des Ecrins ».

3 o’clock in the morning, I just have a look through the window to check the weather : the moon (quite full) just appears a few minutes before to disappear behind the moutains.

We start to walk whith a fantastic starry sky. The snow scrapes under the crampons. Adam et Nina are in a good trim and happy to be there. All that is very good!

We climb the normal route of the « Dôme » in a very good rythm. I’m scaling the rimaye when the sun rise above the skyline. We decide to climb a little variant to go to the ridge. Instead of the normal route, we climbed a slope approximately 100m at the left in a mix of ice and snow. Calfs are warming but we join without any problem the ridge, half a hour after. Nina decide that she wont continue to climb with us because she find that the ridge is to impressive for her. Prudent decision. We let her on a sunny place and continue our ascent. Adam is a good climber, expert, efficient and safe. We climbed the ridge fastly and our progression is fluid. Sometimes I can hear Adam : » Gosh, it’s really fantastic » which can be translated in south french speaking : « Putain ça en jette! » or « Bigre, c’est de toute beauté ».

It’s really a great pleasure to be in moutain with people that enjoy to be there!

It’s 7h30 when we congratule at the summit. Happy!

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