Traversée de la Meije Orientale

Traversée de la Meije Orientale

On ne mollit pas aujourd’hui avec Manu et Cyrille… L’idée est de rallier le refuge de l’Aigle en passant par la Meije Orientale. Le programme est ambitieux je le sais mais je commence à connaître un peu mes deux phénomènes et je ne doute pas d’eux! Nous prenons donc la direction du col du Pavé pour une petite mise en jambe matinale dans des pentes déjà un peu raides… Une petite longueur d’escalade au dessus de la rimaye qui nous permet d’accéder aux pentes de neige menant à la brèche Maximin Gaspard. La vue sur la suite laisse Manu dans une grande perplexitude qui nous gratifie régulièrement de : « vous êtes vraiment des grands malades, mais c’est quoi votre problème les gars? »… Même s’il dit non avec la tête, Manu dit oui avec ses pieds! Et se déjoue sans trop de problèmes de tous les pièges qui nous sont tendus sur cette belle course de grande ambiance! Cyril qui en mène un peu plus large se délecte de ce beau morceau d’Oisans sauvage offrant dans ces conditions des passages… intéressants! Notamment les courtes traversées de corniches, plus menaçantes du tout mais sur lesquelles il faut jouer avec son équilibre!

Heureusement que les crèpes de Louis sont là pour reconstituer son homme avant la descente vers la vallée!

Râteau Est

Râteau Est

Vu le manque de certitude météo du côté de Chamonix pour tenter le projet initial d’ascension du Mont-Blanc par la voie normale Italienne, je propose à Manu et Cyrille de tenter notre chance du côté des Ecrins où les conditions en ce début de mois de juillet sont particulièrement belles!

Je retrouve les deux loustics en pleine forme pour une montée par le téléphérique de la Grave… un petit luxe si rare dans les Ecrins! Petit tour de chauffe au Pic de la Grave avant de rallier le refuge de la Selle, ses gardiens bien sympathiques, sa bière artisanale et son rouge… équilibré!

Aujourd’hui l’idée est de rallier le Refuge du promontoire par le Râteau Est… La neige encore bien présente rend la course bien jolie, même si Manu commence vraiment à se demander pourquoi il s’est fait embusqué dans ce traquenard alpin! Vu démente au sommet après quelques contorsions sur l’arête… Nous descendons direct sur le refuge en versant SE, un raccourci honnête dans ces conditions bien enneigées, à éviter sinon! Belle après midi de farniente au Refuge du Promontoire inondé de soleil

Stage autonomie alpinisme

Stage autonomie alpinisme

Mathieu, Damien, Timo et Julien font appel à mes services pour devenir autonome en montagne sur des courses d’alpinisme facile dans un premier temps. Les apprentissages avant de prétendre aborder la montagne de façon autonome sont nombreux, nous avons du pain sur la planche!! Nœuds, encordement, cramponnage, gestion de l’assurage en mouvement, pose de points, confection de relais, sécurité sur glacier, préparation de course, analyse des risques et facteurs humains… C’est pas des vacances pour mes 4 comparses!!

Dès le premier contact, le courant passe avec le groupe, on va se marrer! Pour bien débuter, nous allons faire une école de glace sur le Glacier Blanc et explorer le glacier pour comprendre un peu comment ça marche tout ça! L’occasion aussi de voir les bases de l’encordement en milieu glaciaire… A ce stade, aucun des membres de la troupe ne maîtrise un nœud d’encordement, on part de loin! En revanche après quelques ateliers de cramponnage, tout le monde est bien à l’aise sur les crampons, les progrès sont rapides!

Rien de mieux pour apprendre que de faire soi même! Pour cette première journée, nous partons sur la Pointe Cézanne en traversée. Les terrains rencontrés sont variés : neige raide, arête rocheuse facile mais en crampons, pente de neige… L’occasion de travailler sur l’assurage naturel et la longueur de corde. Ca cafouille encore un peu au niveau de l’encordement et des noeuds, cet aprem révision obligatoire! La journée est magnifique et cette course en début de saison est un vrai régal! En redescendant, on retourne sur le glacier pour un atelier sécurité glaciaire : mouflage, confection de relais sur broche, corps mort… pour le principe surtout, il va d’abord falloir acquérir les bases pour bien mettre ça en pratique!

Deuxième course d’application, c’est mon pote Tom qui me remplace pour cette journée. Direction le Pic d’Arsine qui offre également une belle variété de terrain surtout lorsqu’on le fait en traversée : couloir, mixte facile, arête, pente raide… nécessitant de varier les façons de s’assurer et une bonne lecture du terrain. Les révisions de la veille commence à porter leurs fruits… Ca cafouille beaucoup moins au niveau des nœuds. En fin de course, les 4 comparses montent me rejoindre l’après-midi au refuge des Ecrins. Atelier bière et Uno pour la cohésion de groupe et un peu de cartographie le soir…

Dernier jour. Mes 4 compagnons ne savent pas trop à quel sauce ils vont être mangés aujourd’hui… Maintenant que les bases sont acquises, je décide de relever un peu le niveau technique en leur proposant une belle course variée, la traversée Roche Paillon – Emile Pic. Pour cette journée, je laisse chaque cordée se gérer et je gravite autour d’eux en électron libre pour donner des conseils au fil des situations qui se présentent. En 4 jours, les gars sont transformés… Partis sans savoir faire un nœud, il gère aujourd’hui leur encordement, leur progression et leur sécurité sur cette course déjà pas facile et impressionnante! Les apprentissages sont bien là, ça fait plaisir à voir! Une belle mise en pratique!

Traversée de la Meije

Traversée de la Meije

L’an dernier,la météo exécrable de l’été n’avait laissé que peu de créneaux pour réaliser la traversée de la Meije… Avec Jacques et Oliv, nous nous étions rabattus sur des courses mixtes, dans des conditions hallucinantes pour l’époque (30 à 40cm de fraîche et gros blizzard) : Traversée roche Paillon – Emile Pic, Traversée de neige Cordier

Un an plus tard, rien à voir! C’est la canicule et la montagne et sèche, un peu trop même! Le terme de regel a disparu des dictionnaires d’alpinisme! Pas terrible pour les courses de neige mais excellent pour le caillou, tant que les accès glaciaires restent praticables….

Cette année nous nous attaquons donc au grand rêve de Jacques, la traversée de la Meije. Nous étalerons la course sur 3 jours en dormant au Promontoire et à l’Aigle. Le créneau météo est parfait, tout baigne!

Rien ne vaut un bon casse dalle avant d’attaquer la montée

Traversée de la meije - Ptit casse dalle

Aujourd’hui, c’est la montée par les Enfetchores qui nous attend. 1000m de montée plutôt ludique le long de ce bel éperon rocheux…

Traversée de la meije - Les Enfetchores

Puis un petit bout de glacier jusqu’à la brèche de la Meije et une rimaye qui s’ouvre de plus en plus!

Traversée de la meije - Brêche en vue

Vue sur le glacier au dessus des Enfetchores

Traversée de la meije - Le Glacier après les Enfetchores

Et après la descente de la Brèche, le refuge du Promontoire, terminus du jour!

Traversée de la meije - Le Promontoire

Vautrage en règle sur les canapés en terrasse!

Traversée de la meije - Affalage en règle au Promontoire

Le point météo et conseils avec Fredi le gardien et le petit Rhum planteur offert par la maison!! Décidément, la Meije est bien entourée entre Fredi et Nathalie au promontoire et Louis et Laura à l’Aigle…

Traversée de la meije - A l'heure de l'apéro offert

D-day : la journée commence pour moi par la douce phrase suivante : « Putain Nico qu’est-ce-que tu fous? Il est 3h30! »… Effectivement je me suis un peu loupé sur le réveil!! Je saute du lit, avale deux tartines et envoie mon sac sur le dos… Finalement je suis prêt avant mes compagnons : « Alors les gars qu’est-ce-que vous foutez? »…

Dans la nuit, après le Pas de Crapaud, nous déroulons sur l’arête puis dans le Couloir Duhamel. On trouve notre rythme… Nous avons toute la journée devant nous, pas d’orages annoncés et nous redormons à l’Aigle… Tranquille!

Nous atteignons le pied de la Muraille Castelnau avec le jour.

J’arrive au Dos d’Ane…

Traversée de la meije - Le Dos d'Ane

Et oliv en sort! Granit irréprochable…

Traversée de la meije - Oliv sort du Dos d'Ane

Vire aux encoches, un petit surplomb et c’est la dalle des Autrichiens que nous gravissons par le dièdre…

Traversée de la meije - Dalle des Autrichiens

 Oliv et Jacques à la sortie de la dalle des AutrichiensTraversée de la meije - Oliv dans la Dalle des Autrichiens Traversée de la meije - Jacques dans la Dalle des Autrichiens

Pas du chat, vire du Glacier Carré… On enchaîne. Le glacier est en excellentes conditions avec une belle trace diagonale…

Nous voilà au pied du Grand Pic. Ca déroule jusqu’au Cheval rouge. Oliv et Jacques se délectent de ces mythiques passages!

Traversée de la meije - Cheval Rouge

Oliv dans le Chapeau du Capucin.

Traversée de la meije - Sortie du Chapeau du Capucin

Sur le petit bout d’arête menant au Grand Pic

Traversée de la meije - Sortie du Chapeau du Capucin Traversée de la meije - Sortie du Chapeau du Capucin

9h30 : alléluya!

Traversée de la meije - La vierge

Quand le génie montre le ciel…

Traversée de la meije - Doigt de Jacques sur Doigt de Dieu Traversée de la meije - Vue du sommet Traversée de la meije - Pause casse croute pour OlivTraversée de la meije - Guide au grand Pic Traversée de la meije - La sablé compagnie

Mais ce n’est là que la moitié de la course! Il reste un peu de chemin avant les crêpes de l’Aigle!

Les rappels du Grand Pic, la brèche Zsigmondy et le couloir du même nom tout en glaçon!

Traversée de la meije - Dans le couloir ZsigmondyTraversée de la meije - Goulotte Zsigmondy

A la sortie du couloir, Oliv considère que son piolet a assez vécu et le laisse choir dans la face nord!

Les arêtes sont bien sèches, nous quittons les crampons et reprenons notre progression.

Nous sommes stoppés au niveau de la 3ème dent par un secours (rien de grave une entorse au genou). On s’octroie 3/4 d’heure de pause et on admire le spectacle…

Traversée de la meije - Secours sur les arêtes

Suite des manœuvres sur l’arête sans encombre. Le Doigt de Dieu s’offre à nous, on commence à la tenir cette traversée!

Le glacier est encore bien praticable même si ça ne va pas durer des lustres. Quelques gros ponts de neige vont vite devenir problématiques!!

Traversée de la meije - Crevasse à la descente

16h30 : Echouage à l’Aigle. C’est le bonheur pour tous… Après les doutes de la veille Jacques savoure encore plus que nous cette belle réussite, qu’il n’a pas volé! Nous sommes contents de passer la soirée tranquilles ici pour redescendre au petit jour demain…

D’autant que le petit déjeuner fait plaisir avec du vrai pain, du cake et des petites confitures maison… Sans oublier la fameuse pâte à tartiner!

Traversée de la meije - Réveil à l'Aigle

Au petit jour nous filons pour les 3h de descente avec à l’est une bien belle enclume!

Traversée de la meije - Belle enclume

Bravo à tous les 2 pour ce beau voyage réalisé sans anicroche!

Stage autonomie

Stage autonomie

Un stage avec une bande bien sympathique franco-basque! Avec Oisin, Flore&Raphaël, Orti, Immanol et Pierre Emmanuel…

Certain viennent pour s’initier à l’alpinisme, d’autres pour acquérir les bases de l’autonomie… Je tiendrais compte des objectifs de chacun!!

Premier jour, l’école de glace est l’occasion de découvrir ou de rappeler les bases du cramponnage… Rapidement tout le monde gambade dans cet univers de glace et nous partons à l’assaut des éperons de glace… 2 cordées autonomes avec un guide qui gravite en électron libre de l’une à l’autre… Anneaux de buste, brochage, gestion de la longueur d’encordement, choix de l’itinéraire sur le glacier…

Stage autonomie alpinisme - Ecole de glace Stage autonomie alpinisme - Ecole de glace Stage autonomie alpinisme - Ecole de glace

Une bonne mise en jambe qui se conclue par le traditionnel apéro et dîner à la terrasse du Glacier Blanc!

Deuxième jour, nous partons en direction du Pic d’Arsine qui va nous permettre de voir les bases de l’assurage en mouvement dans les pentes de neige et sur les arêtes rocheuses. Mes deux cordées autonome manipent dans la bonne humeur.

Stage autonomie alpinisme - Pente de neige Stage autonomie alpinisme - Arrivée au Pic d'Arsine

Le petit bout d’arête qui sépare le sommet du Col du Glacier Blanc est très ludique et pédagogique, parfait pour apprendre sans se faire peur!

Stage autonomie alpinisme - Traversée d'arête Stage autonomie alpinisme - Traversée d'arête Stage autonomie alpinisme - Traversée d'arête

On rejoint ensuite le refuge des Ecrins pour la séquence pasta Carbonara et boisson houblonneuse… Là aussi c’est important d’être autonome!

Avant manger, on fait quelques manips d’autosauvetage….

Dernier jour : Roche Faurio, ce sommet tellement plus tranquille et moins dangereux que le Dôme, nous offrira un terrain intéressant pour les objectifs d’autonomie des deux cordées.

Orti au passage de rimaye…

Stage autonomie alpinisme - Passage de rimaye

Grâce à un choix judicieux d’horaire, nous sommes déjà haut quand pointe le soleil, pour le régal des yeux!!

Stage autonomie alpinisme - Levé de soleil sur le dômeStage autonomie alpinisme - Panoramique levé de soleilStage autonomie alpinisme - Sur la Roche Faurio

L’esthétique parfaite de cette course très photogénique! Heureusement qu’un défaut de réglage de mon appareil gâche un peu les photos!!

Stage autonomie alpinisme - Devant la Roche Faurio Stage autonomie alpinisme - Cordée plein ciel

 

Arrivé à l’antécime de Roche faurio au pied de l’arête sommitale, une partie de l’équipe préfère en rester là et profiter tranquillement du soleil…

Pendant ce temps là, je pars avec les autres, toujours en autonomie, gravir ce petit bout de rocher très aérien!!!

 

Stage autonomie alpinisme - Sur la Roche Faurio Stage autonomie alpinisme - Oisin au sommet de la Roche Faurio Stage autonomie alpinisme - Oisin au sommet de la Roche Faurio Stage autonomie alpinisme - Immanol et OrtiStage autonomie alpinisme - Flore et Raphael

 

Traversée des Drus

Traversée des Drus

Après une journée de transition occupée à faire la jonction entre le Couvercle et la Charpoua nous voilà aujourd’hui à pied d’oeuvre pour la traversée des Drus. La Contamine à l’Evèque nous a permis de voir que notre cordée « fonctionne » bien avec Frank et aussi que le glacier de la Charpoua est en excellentes conditions ce qui dixit Christophe le gardien est plutôt rare à cette époque… A tel point qu’on s’est même fait l’économie du traditionnel repérage…

Aucun souci pour le glacier… Pas d’acrobaties nocturnes… On prend rapidement pied sur les vires. Dans la nuit noire il n’est pas aisé de prendre toujours le chemin le plus simple dans ces vires. On est quand même vite rappelé à l’ordre en cas d’égarement, ça peut grimper!! Si c’est dur c’est que vous êtes pas au bon endroit! On gagne finalement les Flammes de Pierre au petit jour, bon timing, plus tôt c’est pas la peine. L’itinéraire ensuite est assez facile à suivre avec le topo Laroche, très bien fait! Il ne faut pas suivre aveuglément le matériel en place qui signale plutôt des passages durs!! Je pense qu’à peu prêt toutes les variantes ont été testées… Pas mal de cordées redescendent en rappel par cette voie donc il y a aussi des relais un peu partout… Un mélange de flair et de topo Laroche permet de bien s’en sortir…

La grimpe se déroule dans les lignes de faiblesse (cheminées, gradins, dièdres, …) et c’est toujours assez facile de se protéger. Dans le haut de la face l’itinéraire est plus subtil et une erreur peut vite sanctionner mais là encore le topo Laroche est très bien fait…

Et puis surprise, un dernier réta et on tombe nez à nez avec la vierge! Bonjour Madame! Première fois en haut des Drus pour nous deux! On déguste…

La journée est loin d’être finie puisqu’il reste la traversée des Grands Drus et surtout la descente…

Rien de difficile pour la traversée exceptée la fameuse cheminée coudée qui permet de s’initier aux joies de la reptation verticale!! Gros gabarit s’abstenir!!

On traîne pas trop au Grand Dru car on appréhende un peu la descente et ses rappels à la réputation « coinçante ». On s’en tire sans coincement en restant plus ou moins dans les rappels équipés par le Snisag…

Un beau moment de montagne en ta présence Frank! Merci!

Traversée des Agneaux

Traversée des Agneaux

Avec Elie et Antoine, mes deux avions, on part pour une course rarement parcourue : la traversée Agneaux Blanc – Agneaux Noir depuis le refuge du Glacier Blanc. Pour commencer, on emprunte le Glacier en S jusqu’à l’Agneaux Blanc puis par une traversée on rejoint l’arête de Jabel jusqu’à l’Agneau Noir. L’ensemble est magnifique et très varié avec un couloir de neige, une arête de neige, une longue traversée en neige raide sous l’agneau noir puis un final rocheux sur l’arête de Jabel. Sans compter la descente de la voie normale qui conclue parfaitement cette belle boucle.

Stage Ailefroide – Pelvoux

Stage Ailefroide – Pelvoux

Descendu le jour même de Roche Emile Pic où se concluait avec Pascal et Jacques notre magnifique session dans le secteur du Glacier Blanc, je remonte illico au refuge du Sélé pour retrouver Alain et Tristan avec qui nous avons pour projet d’enchaîner Ailefroide Orientale et traversée du Pelvoux sur 4 jours.

Premier crux déjà pour le guide fatigué : éviter l’embuscade fatale dans la cuisine de Raoul…

Les conditions du moment sont incroyables. On chausse les crampons en contrebas du refuge et on ne les quitte pas de la montée en passant par le couloir. Tristan et Alain découvrent pour la première fois l’ambiance magique d’un couloir armés de 2 piolets chacun. C’est l’éclate! Nous sommes encore loin du sommet et la joie est déjà là! Au dessus du couloir, on reprend notre bon rythme. Petite pause avant la banane et on se lance sur cette incroyable courbure de neige… Le dôme sommital n’est plus qu’à quelques pas…

Et voilà! Nous foulons l’Ailefroide orientale. L’émotion est palpable pour tous. Vue 360° incroyable. Il fait bon. Une vraie invitation à rester là haut. Je retrouve aussi sur ce sommet mon pote et voisin Tibo qui du coup nous accompagnera aussi au Pelvoux.

A la descente nous passons par les vires, l’itinéraire estival classique qui se faufile dans un des contreforts de l’Ailefroide orientale. On quitte les crampons pour les quelques passages rocheux… En dessous des vires, la neige a un peu ramolli. Du coup on se laisse glisser sans crampons dans un large couloir qui mène jusqu’au pied du refuge. Tranquilos!

Alain et Tristan peaufinent leur acclimatation en restant dormir au refuge du Sélé. Rendez-vous est pris le lendemain au refuge du Pelvoux pour la suite du périple.

La traversée du Pelvoux est elle aussi en condition exceptionnelle pour la saison (y a pas de raison). On chausse les crampons 50 mètres au dessus du refuge. Toute la partie qui précède la bosse de Sialouze habituellement constituée d’éboulis et de dalles un peu fastidieuses de nuit sont d’agréables pentes de neige. Alain et Tristan sont en pleine forme, le rythme est bon. Tibo, notre photographe attitré, gravite autour de nous et nous shoote sous toutes les coutures… Nous arrivons au sommet de la pointe Puiseux de bonne heure. Encore de belles émotions pour tout le monde. Nous aimerions prolonger ces instants au sommet indéfiniment mais un petit vent nous rafraichit l’échine… et la descente est encore longue. La descente du plateau glaciaire du Pelvoux est un moment magique suspendu entre terre et ciel… Puis c’est la grande plongée vers la vallée. La zone des crevasses est avec ces conditions là une formalité! Une petite enjambée suffit à passer la vilaine mémère qui plus tard en saison imposera aux alpinistes quelques acrobaties… Quelques rappels plus tard on s’octroie une bonne pause au soleil histoire d’alléger le sac de nos victuailles… Il reste encore beaucoup de neige. On teste donc la descente par l’itinéraire d’hiver! Bien sympathique de s’éloigner des sentiers battus. Quelques gradins herbeux puis viennent les fameuses vires d’Ailefroide où il faut rester alerte… Le chemin nous mène directement à la terrasse du bistrot, sans transition!

Alain et Tristan, j’ai passé 3 journées excellentes avec vous. Ces instants ensemble étaient pour moi un régal! La façon simple et enthousiaste avec laquelle vous abordez la montagne, ces belles émotions partagées, votre émerveillement et votre bonne humeur permanent sont vraiment les plus belles récompenses pour un guide. Merci! Et j’espère à l’année prochaine pour un nouveau voyage.

Traversée du Jebel Rum – Jour 2

Traversée du Jebel Rum – Jour 2

Suite de l’épopée Jebel Rum… La brave journée d’hier a laissé quelques traces dans les organismes… Le réveil est un peu douloureux pour certains ce matin mais la bonne humeur est là! Dans un élan d’enthousiasme, on se surprend à penser que l’itinéraire sera plus facile à trouver qu’hier et que l’on se rapprochera plus des horaires bédouins en solo… L’espoir fait vivre.

Il est 9h30 quand nous décollons et pour se mettre en jambe, nous traversons le Grand Siq. Chacun son truc. D’emblée on est replongés dans les mêmes acrobaties qu’hier. Dalles expos, désescalade, pas de IV+. En tous cas ce passage est bien sympathique et permet de gagner facilement les déserts d’Al Thalamiyah. Atelier inédit aujourd’hui : la grimpe sur arbre pour éviter un passage trop dur. Il faut monter sur les plus hautes branches qui ploient un peu sous la masse des envahisseurs! Juste après un très court pas de bloc verrait bien des larmes si les bédouins n’y avait pas taillé une salvatrice réglette (et poser un escalier bédouin)!

Chose incroyable qui ne nous est pas arrivé hier : nous venons de passer plus d’une heure sans se demander si on était sur la voie! Mais ça ne pouvait pas durer. Passée la fenêtre, c’est l’erreur! On se laisse hypnotiser par quelques kairns qui nous descendent dans un wadi vers l’W. Plusieurs voies se croisent à ce niveau, il faut être vigilant. Si hier les kairns étaient rares, aujourd’hui ils sont fourbes! Tout finit par rentrer dans l’ordre… pour quelques instants seulement! Difficile de se relâcher dans ces voies bédouines, il faut sans arrêt fouiner pour trouver le cheminement. Nous élaborons aujourd’hui la tactique dite du chien : je flaire devant et Ju et Jean ne me rejoigne que si c’est bon!

Ainsi je chercherait pendant une demi-heure le passage du grand Siq après la fenêtre. Ce canyon large de 50m et profond de 100 ne présente que peu de faiblesse. On commence par le longer vers l’E par des dômes. Mais ça commence à descendre pas mal et aussi loin qu’on voit, pas d’issue! On hésite à continuer : en effet notre petite expérience de ces bédouineries nous a appris que ce que tu descends tu dois le remonter en cas de but! On passe finalement au niveau du point haut du Siq par un passage impressionnant mais bien moins dur qu’il ne pouvait paraître de loin (comme c’est souvent le cas dans le secteur). Une fois de l’autre côté, nous longeons le Siq vers l’E et descendons des dômes jusqu’à un plateau. De là, on s’aperçoit qu’il était éventuellement possible de traverser le Siq à ce niveau. Pour  piger, jetez un oeil au topo.

Petite hâlte au plateau, à l’ombre s’il vous plaît car aujourd’hui ça tape pas mal. Quelques kairns tentent de nous perdre mais nous ne laissons avoir que partiellement et trouvons la vire qui permet de gagner le haut du couloir d’Al Thalamiyah.

Mais pour nous ça ne s’arrête pas là. Après un court conseil de guerre et un bilan des provisions, la décision est unanime : on continue! On a plus trop d’eau mais c’est pas grave, on fermera la bouche! On rempile donc pour quelques heures de crapahute en direction du sommet N du Jebel Rum. Là le topo que nous avons devient vraiment limite, voire faux. La tactique du chien vit son heure de gloire! Passé le Jebel Nord, peu de difficultés (à l’exception d’un mur de 7-8 mètres à désescalader, avec des prises taillées) mais un itinéraire pas toujours fluide.

Nous hésitons pas mal de temps avant d’être certain de trouver le wadi Abu doud par lequel nous pensons nous échapper vers Rum. Une fois dedans nous n’avons plus de doute mais il aura fallu quelques explorations, une fine lecture de photo aérienne et un coup de boussole pour lever le doute. Une fois qu’on le sait évidemment, ça ne fait pas l’ombre d’un doute! Nous laissons donc tomber la dernière partie de la traversée : jusque là on s’amuse encore mais avec quasiment plus d’eau et la fatigue qui commence à s’installer, continuer pourrait transformer cette journée en une brave galère…

La descente par Abu doud nécessite encore pas mal d’attention dans les rampes mais l’itinéraire est facile à trouver et bien kairné. Enfin on gagne le wadi Bach et les signes de civilisation. Encore plus qu’après le trip Burdah, on a l’impression d’arriver dans une grande ville en débarquant à Rum, après 2 jours sans croiser âme qui vive. On s’échoue directement à la Rest House pour un bon petit gueuleton arrosé d’une bonne petite binouze, un met de luxe par ici!

Ce trip de 2 jours dans le Jebel Rum nous a vraiment marqué, autant (sinon plus!), que toutes les merveilles que l’on peut faire en escalade. Venir à Rum sans faire l’expérience d’une voie bédouine est un vrai sacrilège!

Traversée S-N du Jebel Rum – Jour 1

Traversée S-N du Jebel Rum – Jour 1

En ce premier avril, c’est pas de la blague, on part pour une belle aventure de 2 jours! Comme on voulait pas faire simple, plutôt que de partir sur la classique traversée W-E du Jebel Rum, on double le tarif avec la traversée S-N : plus longue et surtout bien moins fréquentée….

Le topo que nous avons donne l’intégrale en 9h30 avec toutefois une précision inquiétante : « J’ai parcouru cet itinéraire avec un bédouin qui connaissait intégralement l’itinéraire. Nous avons mis 9h30 sans sortir la corde et sans erreur d’itinéraire ». Comme on est pas bédouins, qu’on veut pas faire du solo intégral tout le temps et que de toute façon on porte le bivouac, nous pensons honorablement doubler le timing en étalant ça sur 2 jours.

Et bien on sera pas déçu pas cette première journée qui nous emploiera de 10h du matin jusqu’à 19h! Au programme visite de moultes wadi, enjambement de crevasses, descente dans les Siq, escalade de dômes, et j’en passe…. rien d’extrême en termes purement technique mais une recherche d’itinéraire corsée avec un topo succinct qui nous vaudra quelques errances passagères! Dès lors qu’on se plante pas mal et que l’on cherche à s’assurer un tant soit peu dans les passages expos, le timing explose…. Mais qu’importe, on est équipé en conséquence.

Après cette bonne journée de crapahutage, l’arrivée au sommet est jouissive dans les lueurs du couchant…

On profite des dernières lumières pour gagner les excellents bivouacs du désert de la Hamad’s route. Il fera quand même un peu frais en fin de nuit mais ça nous permettra de profiter de la splendeur du ciel étoilé

Traversée des Ailefroides et descente du Glacier long

Traversée des Ailefroides et descente du Glacier long

Il est minuit… Pus que 7heures et le soleil nous inondera à nouveau de sa délectable chaleur! 7 heures! C’est rien! On se recroqueville sur nous mêmes avec la couverture de survie qui nous offre une chaleur plus psychologique que réelle. Etat très étrange où l’on se sent à la fois endormis et conscient, en train de rêver mais aussi de penser à ce caillou qui fait mal ou ce courant d’air froid insupportable. Nous tiendrons 2h à ce petit jeu.

2h du mat’ : « faut qu’on se bouge, c’est l’horreur là! ». « Tiens regardes, il reste un petit morceau de chocolat ». « Pfoudi! ». « Bon allez, on avance, on se pellera moins et ça nous occupera le cerveau ».

Et nous voilà partis pour la traversée de la Centrale à l’Occidentale dans une ambiance complètement insolite avec les lumières de la vallée comme soutien! On avance piano, piano… De temps en temps on s’affale pour gratter quelques minutes de sommeil! On dose l’effort au maximum… on cherche une fois ou deux l’itinéraire… On fait les choses calmement puisque de toute façon rien ne presse… On s’assure au maximum… Et encore une petite sieste… je m’endors, en assurant Ju, pourtant mes mains continuent de lui faire venir la corde… Etat paradoxal mais presque!

Et puis très timidement d’abord, on distingue, une vague lueur orangée à l’est… Il est 5h30… Puis la tendance se confirme, la lumière revient peu à peu… puis enfin, à 7h c’est l’apothéose, on est au sommet de l’Occidentale, le soleil est là qui réchauffe un peu… je m’abandonne à une délectable sieste d’1/4h… C’est trop bon! Et bien voilà ce ne fut pas si terrible cette nuit (qu’on se surprend à penser)!  5h pour une traversée qui en prend 2 de jour…

De là, on n’a que de vagues indications sur la descente mais on s’en sort bien. Par un système de pentes de neige et de couloirs à 45° max, on arrive au pied de la brêche des frères Chamois, en plein soleil matinal, le froid n’est déjà plus qu’un lointain souvenir. 100m de remontée jusqu’à la brêche où nous parvenons avec le reste de gaz restant désormais réchauffé à faire fondre 30cl d’eau, les premières gorgés depuis minuit, il est 9h…

La suite : une grande traversée sous la Tour tatra pour rejoindre le Glacier Long. Un passage expo nous oblige à un petit rappel. Nous désescaladons d’abord le couloir puis ensuite en rappel sur lunules… ce sera l’occasion de sympathiques parties de n’importe quoi : mon porte broche casse : un piolet, une broche et un ropeman prenne la voie du bas! Piolet et broche retrouvés. ouf! Ensuite c’est mon bonnet rouge, mon fidèle bonnet rouge qui se fait la malle! Je t’aimais mon cher. Adieu! Pour continuer je fais tomber le crochet abalakov (heureusement qu’on l’a en double!). Ultime nimperie : en tirant l’avant dernier rappel, la corde ne vient pas! Pas possible ça! En glace, un rappel qui coince? On le bourrine : rien! Ju le moufle avec la poulie bloc jusqu’au max : rien! On crie à l’injustice! C’est pas vrai, merde! Plus le choix, il faut couper la corde pour débrayer la poulie bloc, sinon on va aussi laisser la poulie et la broche sur laquelle elle est installée. Et là, en coupant la corde tendue comme une arbalète, comme par miracle, elle se décoince la coquine et chois devant nous sans que nous puissions l’attraper. Elle part en glissade dans le couloir, la conne, nous laissant avec notre pauvre bout de cordelette de 6mm que nous risquons de devoir fixer là pour finir la descente! La loose totale! Heureusement, la corde s’arrête quasiment au pied des 60m de ficelou. Je descends sur ce filin de 6mm, et fixe la corde coupée au ficelou. Ju peut alors la remonter et installer un rappel « normal » … Fin des nimperies. Le reste du couloir se descend tranquillement à pied et par une traversée, nous rejoignons enfin les skis…

Encore quelques efforts et une ou deux gamelles dans la neige lourde à la descente et c’est l’arrivée à la Bérarde. Ca y est on peut tout relâcher, devant les sacs de bouffe en rab qu’on avait laissé 2 jours avant. Ultime difficulté : trouver quelqu’un pour nous ramener à la Grave, vu qu’il est trop tard pour rentrer par les 2 alpes. Après une petite heure de temporisation, 1 sympathique Guillestrois nous propose la bière et le transport! Dément! Je m’endors à l’arrière du véhicule comme un bébé, pendant que Ju essaye de maintenir la conversation devant… C’est bon quand ça avance tout seul!

Après deux nuits quasiment blanches et une orgie de pizza et de bières, on s’abandonne à un profond coma réparateur… Trop bon!

!

Traversée du Pelvoux

Traversée du Pelvoux

Après notre préparation de lundi sur le glacier Blanc, à la faveur d’un bon créneau nous partons avec Benjamin et Julien « pour la fameuse traversée du Pelvoux. Il a reneigé une quinzaine de cm la veille jusqu’à 2500m! Une bonne période de fraichicule comme on les aime. Notre objectif est le couloir Coolidge, encore une voie ouverte par ce bon vieux révérend. Ce n’est cependant pas la voie originale puisque les premiers ascensionnistes (1828), le capitaine Durand et ses acolytes, ont empruntés les rochers rouges inférieurs pour aller établir un campement la haut et faire 3 jours durant des mesures géodésiques. Cette voie est abandonnée aujourd’hui, on lui préfère les rochers rouges supérieurs, plus logiques ou bien sur le couloir Coolidge. Durand ne mentionne pas dans ses écrits l’ascension de la Pointe Puiseux, le sommet du Pelvoux mais seulement celle de la pointe Durand, plus basse de 11m. Il est quand même probable qu’il est trainé ses guêtres jusqu’à ce sommet vraiment tout proche… Il n’en reste que la première ascension certifiée conforme de la Pointe Puiseux est attribué à Victor Puiseux (original) monté là haut sans guide…. Le couloir Coolidge ne sera lui défloré qu’en 1881 par le plus grand écumeur du massif de cet époque, le révérend Coolidge et ses fidèles guides Almer, père et fils. Enfin bref passons sur ces basses considérations historiques…

Aujourd’hui, avec la neige tombée, l’itinéraire du Couloir Coolidge est le plus approprié. Après une nuit un peu courte pour tout le monde, nous décollons du refuge vers 3h45. Nous sommes les premiers. Derrière nous, une dizaine de petites lucioles nous suivent. La marche tranquille du début de l’ascension permet de se rendormir un petit peu. Nous franchissons sans encombres un petit ressaut de dalles sous la bosse de Sialouze. La neige tombée permet une marche agréable dans ce qui d’habitude est un éboulis. Nous sommes vers 5h à la bosse de Sialouze où nous accueille un vent glacial qui descend le long du Couloir Coolidge. A l’abri, nous nous équipons pour les 500m du couloir. D’abord très large et peu raide, le couloir se rétrécit au fur et à mesure qu’il se redresse, jusqu’à 45°. Nous avançons bien, même si le mollets commencent à se faire sentir. Il faut rester concentré car quelques bourrasques de vent viennent parfois nous déséquilibrer. Après une bonne pause à la sortie du couloir, nous prenons pied vers 7h sur le plateau glaciaire du glacier des Violettes. L’ambiance est bien fraiche à cause du vent mais le soleil nous offre quelques calories bienvenues! En tous cas le spectacle est magnifique dans les lumières du petit jour. Encore quelques efforts et à 7h30 nous foulons la pointe Puiseux. Quel bonheur!

Autour de nous, nous voyons que une bonne partie des Ecrins et tout le nord des Alpes est dans la mélasse. Finalement, nous sommes sur un des ilots de beau temps du massif, la classe! Si ce n’était ce glacial vent de NE qui nous refroidit bien vite lorsque nous nous arrétons, nous resterions bien un long moment ici. Mais au bout de 20 min, la goutte au nez commence à geler, nous repartons! Sur le plateau glaciaire, le vent a effacé les traces des passages des jours précédents. Descendre ce plateau au petit jour, dans 15 cm de neige fraiche qui amortit agréablement nos pas avec un soleil juste délicieux est un vrai moment de béatitude que nous partageons tous les trois…

Sur le bas du glacier, nous contournons quelques grosses crevasses. Pour l’instant, cela passe encore sur les ponts de neige mais plus tard en saison, un rappel sur corps mort est fréquemment nécessaire.  La vigilance est de mise sur cette section est nous évoluons corde plus tendue que jamais! Nous quittons le domaine des glaces et démarre la partie longue de la descente : les rappels et les désescalades successives qui mènent au névé Pellisier. Il faut encore courrir pour traverser le plateau glaciaire à 3100m sous les séracs. vers 11h nous prenons pied sur le névé Pellissier. En quelques glissades bien sympathique nous le descendons jusqu’au bout… c’est quand même plus agréable que la pierraille de la moraine! Nous découvrons sur le névé une ou deux crevasses de 6-7m de profondeur…

En bas du névé nous pouvons nous déssapper et se mettre dans une tenue confortable pour la suite de la descente. Bonne pause casse croûte. Les difficultés sont derrières nous, on savoure.

Mais au Pelvoux, la descente n’est jamais fini! Il faut encore avaler les 1000m qui nous séparent d’Ailefroide. Mes deux compagnons du jour ont de bonne guiboles de chamois et ne feront qu’une bouchée de cette descente et des fameuses vires d’Ailefroide. Vers 13h nous sommes rendus à la civilisation avec plein de belles images dans la tête. C’est aussi l’heure idéale pour un bon poulet frite au bistrot d’Ailefroide! Nickel.

Félicitations les gars pour cette belle ascension. C’était un régal de partager ça avec vous!

Traversée des Aiguilles d’Entrêves

Traversée des Aiguilles d’Entrêves

On prend les mêmes et on repart aujourd’hui direction la traversée des Aiguilles d’Entrêves, une des courses classiques du massif du Mont Blanc. Depuis Torino, l’accès est rapide jusqu’au col d’Entrêves. Cette petite traversée est vraiment très esthétique si l’on reste sur le fil. Quelques passages un peu plus durs viennent pimenter l’ascension. Par contre on s’interroge vraiment sir l’intérêt des spits qui ont été posés à plusieurs endroits alors que le terrain se prête à merveille à l’assurage sur becquets. La course est courte, on prend notre temps, on savoure la vue magnifique…

Traversée Tré la Tête – Aiguille des Glaciers

Traversée Tré la Tête – Aiguille des Glaciers

Pour nos cobayots et cobayettes nous avons choisis une course longue, sauvage et peu fréqentée : la traversée de la Tête N de Tré la Tête jusqu’au Dôme de neige au pied de l’Aiguille des Glaciers. Cette course se réalise au départ des Conscrits, sur la rive gauche du Glacier de Tré la Tête. La plupart des cordées présentes au refuge partent pour la populaire et plus accessible traversée des Dômes de Miage ou plus simplement pour l’aiguille de la Bérangère.

Pour nous l’aventure commence d’abord par une bonne montée en refuge! Le bassin de Tré la Tête a été épargné par les remontées mécaniques. Il faut donc monter au refuge by fair means! L’approche par Notre Dame de la Gorge permet une montée au frais, à l’ombre de la forêt. Peu avant d’arriver au refuge de Tré la Tête, on emmerge des arbres, la vue sur le verrou glaciaire de Tré la Tête est magnifique! Au fond, le Dôme de Neige au pied de l’Aiguille des Glaciers. Demain nous serons là haut!

Le verrou du Glacier de Tré la Tête avec en fond l'Aiguille des GlaciersOn profite du glacier de Tré la Tête pour faire une petite révision des techniques de cramponnage. Les débuts sont timides mais les progrès très rapides! Il faut un peu de temps pour bien appréhender ces techniques pas forcément instinctivesTré la Tête - Ecole de Glace - Version plus stableTré la Tête - Ecole de GlaceTré la Tête - Ecole de Glace - Aurélie, appliquéeTré la Tête - Ecole de glace - Delphine à l'aiseAprès avoir transformé notre terrain de jeu en glace à poisson, nous filons vers le refuge des Conscrits où une petite bière et une sieste pas volée nous ferons patienter jusqu’au repas. Pas question de veiller ce soir : le réveil est fixé à 2h30, il va falloir dormir un peu…

Hormis une cordée partie pour enchainer Dôme de Miage – Bionassay, nous sommes les premiers levés. Le ciel est grand étoilé, les premiers névés que nous rencontrons bien gelés : la course s’annonce bien. Après une heure d’approche sur de vagues sentes kairnées et après quelques zipettes sur des dalles verglacées nous prenons pied sur le Glacier de Tré la Tête. Le glacier bien bouché nous dévoile de temps à autre une crevasse dont on peine à voir le fond.

Après une fraiche halte au pied de la face N de l’Aiguille N de Tré la Tête, nous franchissons la rimaye sans souci complètement à gauche de la face puis traversons au dessus des séracs. Les premiers dans les raides pentes au dessus de la rimaye sont impressionnants mais en quelques minutes, tout le monde trouve ses marques et la quadrupédie est vite délaissée! On est quand même mieux debout!

Gabriel dans la face Nord de l'Aiguille N de Tré la Tête

Tré la Tête - Petite halte prés des séracs

200m sous le sommet, l’altitude commence à bien se faire sentir, surtout pour Delphine. On se regroupe pour décider de la suite des opérations.

Tré la Tête - Rimaye avant de rejoindre l'arête faitière

Tré la Tête - Regroupement sous la rimaye

Malgré le froid bien sensible quand on s’arrête, l’ambiance est au beau fixe dans notre petit groupe. Delphine avec beaucoup de courage continue l’ascension jusqu’au sommet de tête Blanche. Bravo miss! L’arête avant d’arriver au sommet est très esthétique est impressionnante! Heureusement mis à part deux très courts passages en glace, les conditions sont excellentes… Nous nous retrouvons tous au sommet de Tête Blanche.Tré la Tête - Sur l'arête faitièreTré la Tête - Bisous sommital!

Tré la Tête - Quelques minutes plus tard, le temps s'est bien levé!Au sommet on fait une bonne pause pour recharger les accus. Le levé matinal commence à se faire sentir et si ce n’est le froid, certains se laisseraient bien aller à une petite sieste! Mais la route est encore longue pour terminer cette traversée, nous reprenons la marche. La descente du sommet remet tout de suite dans l’ambiance : il faut désescalader une pente d’une centaine de mètres  à 40° pour prendre pied sur le glacier suspendu. Les techniques apprises hier à l’école de glace sont mises en application, c’est du concret! Passé cette difficulté, la descente sur le Glacier de la Lée Blanche ne pose pas de problème… La vue sur la suite de la course est magnifique!Tré la Tête - L'Aiguille des Glaciers et la Lée Blanche vues du Glacier suspenduNous profitons de l’arrivée sur le glacier pour faire encore une bonne pause restauratrice ! Cela nous laisse le temps de décider si nous poursuivons la course d’arête jusqu’au Dôme de Neige ou si nous réchappons vers la vallée. Un petit point météo : ça se couvre de plus en plus mais pas d’orages annoncés… Banco, on continue! On remonte donc sur l’arête. L’arête n’est pas trop difficile mais pour contourner une partie rocheuse nous devons traverser versant Tré la Tête dans une neige qui ne porte pas. On s’enfonce jusqu’aux genoux, plus parfois! Finalement nous atteignons tous ensembles la Lée Blanche dans la purée de pois! Sur l’arête, nous contournons une jolie corniche.Tré la Tête - Corniche vers la Lée BlancheUne courte redescente et encore 60m de montée et nous arrivons au pied de l’Aiguille des Glaciers dans le grand blanc. Visibilité plus que modérée. Nous en avons fini avec la montée c’est déjà ça. La boussolle est sortie pour s’orienter sur le Dôme de Neige. Le cheminement sur le glacier est imposé par les crevasses. Quelques centaines de mètres plus bas, nous sortons des nuages.Nous perdons rapidemment de l’altitude sur le glacier. La fin de la journée semble proche. Il faudra quand même encore mériter la remontée au refuge Robert Blanc ou devant une bière on peut savourer le repos bien mérité après cette belle GBM! En tous cas chapeau à Gabriel et Aurélie pour leur première course et à Delphine pour s’être bien battue toute la journée! Notre excursion n’est pas terminée : demain nous gravirons le Pain de Sucre et le Mont Tondu par l’arête NE…

Aiguilles Dorées – Traversée

Aiguilles Dorées – Traversée

Après une montée très pénible la veille à la Cabane d’Orny, sous une pluie froide et battante, nous espérons avoir aujourd’hui des conditions climatiques plus favorables pour la traversée des Aiguilles Dorées. Et c’est pas gagné du tout puisqu’au premier réveil à 5h il pleut encore. On rempile donc pour une heure de sommeil supplémentaire! A 6h, l’ambiance est toujours très nuageuse mais un peu moins humide. Branle bas de combat! A l’approche sur le plateau de Trient, quelques trouées nuageuses maintiennent l’espoir mais le froid et l’humidité sont tenaces!

Nous attaquons la traversée complètement à sa gauche par une corde fixe et deux longueurs équipées par les guides Suisses pour éviter la cheminée originale. On bascule par une petite brêche sur le versant Sud où l’on attrape tout de suite quelques dégrés supplémentaires! Un peu de cheminement sur une vire versant Sud et dans des Rochers brisés nous mène au pied de l’aiguille Javelle où l’ambiance est à l’opposé de celee de l’attaque : il fait bon chaud, la mer de nuage est sous nos pieds, le magnifique granit mordorée tiédit gentiment… La journée s’annonce très belle! Motivé par l’amélioration soudaine des conditions, nous tentons l’ascension de l’Aiguille Javelle (facultative) par sa fameuse cheminée, un IV+ d’antan comme les anciens en avaient le secret! De la bonne fissure large et expo dans laquelle les grimpeurs modernes perdent vite leurs repères! Sitôt gravie, l’Aiguille Javelle est redescendue en rappel pour retrouver les sacs laissés au pied.

La suite jusqu’au Col Copt ne présente pas de difficultés. Nous choississons de gravir le beau dièdre Copt (6a) plutôt que le contournement par le versant Nord. A la sortie du dièdre, il faut remettre les crampons pour contourner l’Aiguille sans nom et remonter au pied de la Tête Biselx. Quelques rochers faciles et une courte fissure mène au summit…

La suite de l’itinéraire est plutôt bien enneigée. Après avoir contourner la pointe Fynn par la gauche, on rebascule en versant Nord pour contourner les Aiguilles Penchées par des pentes de neige et glace et du mixte. Le rocher est parfois douteux…. On rejoint le fil de l’arête après la dernière des Aiguilles Penchées. Jusqu’à l’Aiguille de la Varappe, il n’y a plus vraiment de difficultés, on progresse rapidemment. La descente orientée NW est encore bien enneigée, rendant la désescalade trop délicate. On fait trois petits rappels entrecoupés de courtes désescalades et un grand rappel pour accéder à la brêche (40m, qu’il est possible de couper en deux). De la brêche, on raboute nos deux cordes pour franchir la rimaye avec un rappel éjectable sur crocher Julio.

Cette très belle journée se terminera devant une marmite de fondue et un petit fendant Suisse aimablement servie par Raymond le gardien de la cabane d’Orny. Merci pour l’accueil et ta gentillesse Raymond!

Zinalrothorn, en traversée

Zinalrothorn, en traversée

Top! Sommet au nom imprononçable excepté pour les Suisses Allemands, appelé également « Mont rouge de Zinal », je dois mon nom à la couleur du caillou qui me constitue. Situé dans le Valais Suisse sur la couronne impériale qui compte également la Dent Blanche et l’Obergabelhorn, je suis un des 82 sommets de plus de 4000m des Alpes. Très apprécié des Alpinistes, ma voie normale depuis la cabane des Mountet est une pure merveille, comportant des passages mythiques comme le Rasoir, le Spynx, la Bourrique. J’offre depuis mon sommet un panorama unique sur le Valais, l’Oberland, le massif du Mont-Blanc, la Vanoise entre autre. Je suis, je suis…

… le Zinalrothorn pardi!

Arête Sud de l’Olan

Arête Sud de l’Olan

Un semaine après notre virée à la traversée des Aiguilles de Sialouze et à l’éperon Renaud aux Tenailles de Montbrison, nous reconstituons avec Tibo et benoit le trio de choc!

L’arête Sud de l’Olan. Je ne sais pourquoi notre choix s’est porté vers cette voie un peu abandonnée… Au refuge déjà où nous sommes allé boire quelques coups avant de rejoindre notre bivouac, le gardien accueille hilare notre projet d’ascension : « c’est marrant ça fait deux fois en 20 ans qu’on me parle de cette arête, et les deux fois c’est cette année! ». Normal après tout puisque le précédent a lui en avoir parlé ben c’était moi lors d’une précédente visite!

Au final c’est un itinéraire qui mérite une visite : le rocher demande un peu d’attention par endroit mais est globalement bon à très bon, avec des belles petite section de grimpe se prêtant plutôt bien à la pose de camalots

Vu l’enneigement (face platré la veille par 10cm de fraiche), nous avons préféré rejoindre l’arête S au plus haut en passant par le glacier de l’Olan mais il est possible d’attaquer l’arête bien plus bas en passant par le pas de l’Olan pour aller chercher une vire en face W de l’arête.

Jusqu’à la brèche Escarra tout s’est déroulé à merveille, malgré un peu de lenteur due à la neige et au froid.

La descente du couloir issu de la brèche s’avère impossible vu les conditions de neige. Nous optons donc pour une descente en rappel en se disant qu’on rencontrera forcément un relais vu qu’on doit pas être les premiers à redescendre. Et bien que nenni!! La descente a été bien fastidieuse à chercher des becquets acceptables sous la neige.

Comble de bonheur, absorbés par l’action (et probablement un peu atteint par la fatigue) nous avons loupé la vire de la voie normale et donc continué notre descente hasardeuse jusqu’au bout du couloir qui aboutit au dessus d’une barre rocheuse verticale voire surplombante qui domine le glacier. Et là paroxysme de la suprême béatitude, non content de ne pas savoir du tout comment poursuivre la descente, nous trouvons opportun de ne pas parvenir à rappeler cette fichue corde celle ci-étant par ailleurs purement et simplement coincée.

Chance dans notre malheur, étant donné que nous n’avons pas pu tirer la corde d’un seul centimètre, nous disposons des deux brins pour remonter. Le couloir à cette endroit présente plusieurs ruptures de pente nette que les grimpeux nomment « surplomb » d’où une remontée sur corde pas piquée des vers (avec une corde détrempée et donc des autobloquants qui coulissent mal). Finalement la corde été coincée uniquement par le frottement de la corde trempée sur la sangle de relais (on avait cru bon d’économiser un maillon rapide, l’avarice et la paresse sont deux péchés!).

Bilan : il commence à se faire presque huit heures du soir, on est au dessus d’une barre de plus de 50m à vue de nez et pas le moindre becquet pour y faire relais. ça sent donc pas très bon. Finalement par une grande traversée puis une désescalade un peu foireuse sous le départ du pilier Anne, un becquet candidate… après moult tergiversations de groupe portant notamment sur la solidité du becquet, sur la hauteur qui nous sépare du glacier et sur certains aspects météorologiques et temporels nous parvenons à la conclusion que la meilleure solution pour éviter de passer une nuit à grelotter vachés à ce pauvre becquet au lieu de boire des bières et manger des pâtes dans la vallée, c’est de fixer la corde pour descendre 100m d’un coup avec, en plus de l’abandon de notre bonne vieille corde, un petit passage de nœud dans une zone que nous suspectons très verticale.

C’est donc la queue entre les jambes que je me lance dans ce rappel et ô miracle! Allah est grand! La corde caresse délicatement la lèvre de la rimaye. Que d’érotisme! J’en verse une larme d’émotion. Donc grand bousculement dans le programme : pas d’abandon de corde et tout le monde sur le glacier un quart d’heure après!

Longue et éprouvante descente jusque dans la vallée mais heureux de vider quelques bières en pensant à la bien pénible nuitée qui nous pendait au nez!

Traversée des Aiguilles de Sialouze

Traversée des Aiguilles de Sialouze

La traversée de Sialouze est un des itinéraires incontournables du massif des Ecrins. Encerclée par les Ailefroides, le Pic sans nom et le Pelvoux, cette belle traversée aérienne se déroule sur un granit irréprochable (sauf au tout début), ce qui n’est pas toujours le cas dans le massif, loin s’en faut!

Fidèles à notre amour du bivouac, nous installons avec Ben et Tibo notre campement sur la Bosse de Sialouze (3200m). La montée est plus longue que si l’on dort au refuge du Pelvoux mais il ne reste plus le lendemain qu’une centaine de mètres de dénivelé pour aller à la brèche, c’est appréciable!! Le bivouac est très confortable mais il n’y a pas d’eau courante : il faut la prendre en montant au niveau des dalles ou faire fondre de la neige (à 2 min)…

Un peu de neige est tombée la veille ce qui nous a rendu délicates les désescalades des trois premières tours après l’aiguille… mais en revanche une belle ambiance automnale! c’est quand même plus joli les montagnes avec de la neige!

L’escalade ne dépasse pas le V mais il faut protéger soit même et on grimpe en grosses chaussures ce qui change un peu la donne.

Il y a pas mal de variantes possibles plus ou moins difficiles et protégées/protégables selon les affinités de chacun donc inutile de faire une fixette sur le topo. Privilégier le feeling!! C’est quand même pas très paumatoire (on sent vite quand on est pas au bon endroit)

Depuis notre passage, les guides de la compagnie Oisans – Ecrins ont mis en place 5rappels sur chaines le 03 juillet 2009. Toutes les informations et le topo de la traversée de Sialouze sur camptocamp.

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