Stage autonomie alpinisme

Stage autonomie alpinisme

Mathieu, Damien, Timo et Julien font appel à mes services pour devenir autonome en montagne sur des courses d’alpinisme facile dans un premier temps. Les apprentissages avant de prétendre aborder la montagne de façon autonome sont nombreux, nous avons du pain sur la planche!! Nœuds, encordement, cramponnage, gestion de l’assurage en mouvement, pose de points, confection de relais, sécurité sur glacier, préparation de course, analyse des risques et facteurs humains… C’est pas des vacances pour mes 4 comparses!!

Dès le premier contact, le courant passe avec le groupe, on va se marrer! Pour bien débuter, nous allons faire une école de glace sur le Glacier Blanc et explorer le glacier pour comprendre un peu comment ça marche tout ça! L’occasion aussi de voir les bases de l’encordement en milieu glaciaire… A ce stade, aucun des membres de la troupe ne maîtrise un nœud d’encordement, on part de loin! En revanche après quelques ateliers de cramponnage, tout le monde est bien à l’aise sur les crampons, les progrès sont rapides!

Rien de mieux pour apprendre que de faire soi même! Pour cette première journée, nous partons sur la Pointe Cézanne en traversée. Les terrains rencontrés sont variés : neige raide, arête rocheuse facile mais en crampons, pente de neige… L’occasion de travailler sur l’assurage naturel et la longueur de corde. Ca cafouille encore un peu au niveau de l’encordement et des noeuds, cet aprem révision obligatoire! La journée est magnifique et cette course en début de saison est un vrai régal! En redescendant, on retourne sur le glacier pour un atelier sécurité glaciaire : mouflage, confection de relais sur broche, corps mort… pour le principe surtout, il va d’abord falloir acquérir les bases pour bien mettre ça en pratique!

Deuxième course d’application, c’est mon pote Tom qui me remplace pour cette journée. Direction le Pic d’Arsine qui offre également une belle variété de terrain surtout lorsqu’on le fait en traversée : couloir, mixte facile, arête, pente raide… nécessitant de varier les façons de s’assurer et une bonne lecture du terrain. Les révisions de la veille commence à porter leurs fruits… Ca cafouille beaucoup moins au niveau des nœuds. En fin de course, les 4 comparses montent me rejoindre l’après-midi au refuge des Ecrins. Atelier bière et Uno pour la cohésion de groupe et un peu de cartographie le soir…

Dernier jour. Mes 4 compagnons ne savent pas trop à quel sauce ils vont être mangés aujourd’hui… Maintenant que les bases sont acquises, je décide de relever un peu le niveau technique en leur proposant une belle course variée, la traversée Roche Paillon – Emile Pic. Pour cette journée, je laisse chaque cordée se gérer et je gravite autour d’eux en électron libre pour donner des conseils au fil des situations qui se présentent. En 4 jours, les gars sont transformés… Partis sans savoir faire un nœud, il gère aujourd’hui leur encordement, leur progression et leur sécurité sur cette course déjà pas facile et impressionnante! Les apprentissages sont bien là, ça fait plaisir à voir! Une belle mise en pratique!

Couloir de Roche Paillon et traversée vers Emile Pic

Couloir de Roche Paillon et traversée vers Emile Pic

Météo capricieuse au programme de ce début de séjour avec Jacques et Olivier. Le projet initial (la traversée de la Meije) a vite été remis au chaud!

Première tentative en début de semaine du côté des Bans (Coste Counier) mais la météo est beaucoup trop aléatoire et on préfère sagement s’arrêter avant de commencer! Pas de souci, on décale tout!

Vu le plâtrage copieux, je propose à mes deux compères de partir sur des courses plus typée neige et mixte. On se tourne vers la traversée Roche Paillon – Emile Pic, toute patagoniesque! Un guide Suisse – Allemand nous a fait de belles et hautes marches dans le couloir, sympa. Sur l’arête, les conditions sont hivernales. 30 à 40cm de poudre rendent la course encore plus magique que d’habitude.

Couloir de Roche Paillon et traversée

Couloir de Roche Paillon et traversée

Le grand jour démarre avec une petite météo! Jef le gardien réveille les 3 guides présents au refuge pour un conseil de guerre à 2h30 du matin. La décision est vite prise : il flotte, on retourne au pieu! Re-réveil à 3h30 et même constat. pas brillant-brillant! Re-pieutage… pourtant hier, météo france était un peu plus optimiste. Finalement vers 4h15, Francis un des guides qui guette sans relâche la fenêtre météo par la fenêtre du dortoir décèle un semblant d’éclaircie nocturne… Branle-bas de combat. Pour moi la décision est déjà prise. Vue les précipitations ici, il a du bien neigé là haut. Et la météo, un peu moins pire est loin d’être idyllique… Un plan B s’impose!

Je propose à Hans et Catherine de conclure ce stage par une course technique, plus technique que la Barre, qui sera l’occasion de pratiquer un peu tous les terrains de la haute montagne. La neige tombée cette nuit pimentera un peu cette course déjà très intéressante en temps ordinaire… Nous attaquons donc le couloir de la Roche Paillon où il nous faut faire la trace dans la neige fraîche. Une étroiture nous impose de passer dans la goulotte centrale avec quelques spindrift… ambiance mixte hivernal de toute beauté! Malgré la neige récente, pas de risque de coulée ce jour dans le couloir vue les températures… Nous sortons sur l’arête en même temps que le soleil. C’est bon ça! 10 à 15cm de fraîche sont tombés cette nuit. Esthétiquement c’est la classe, par contre c’est sur ce sera plus technique mais tant mieux… on est là pour jouer!

Les volutes de nuages nous engloutissent parfois mais jamais bien longtemps. Sous le Pic Emile Pic (ça s’invente pas comme nom!), une petite longueur en 3 plâtrée de neige nous transporte directement dans le Ben nevis! L’ascension sur le fil de l’arête jusqu’au sommet est magnifique, aérienne à souhait… Encore de beaux moments de béatitude sur ce petit sommet où nous nous échouons quelques minutes…

Direction ensuite la vallée. Un long atterrissage… Mais on revient toujours différent de la planète haute montagne enrichis par toutes ces belles sensations et ces belles images récoltées!

Traversée Roche Paillon – Emile Pic

Traversée Roche Paillon – Emile Pic

Après la sublime escalade rocheuse d’hier à la pointe des Cineastes, changement de registre aujourd’hui avec une traversée nettement plus typée haute montagne : la traversée  Roche Paillon – Emile Pic. Escalade plus facile sur la papier mais avec nombreuses désescalades, courts passages de mixte et un rocher plus joueur qu’aux Cinéastes.

Le couloir de Roche Paillon n’a pas survécu à la période de beau temps. Nous partons donc sur l’arête S qui borde immédiatement la rive gauche du couloir. Cette itinéraire est peu parcouru. Le rocher demande un peu d’attention mais est très loin d’être catastrophique! Nous évoluons tous les trois assez rapidement. On rejoint l’arête de Roche paillon au débouché du couloir complètement sec. 10 minutes d’escalade facile nous conduisent au sommet. L’ambiance n’est pas au farniente. Le temps est nettement plus mitigé que prévu et quelques sommets ont déjà disparus dans les nuages. Tant qu’il pleut pas ça va!

Alors soit ne trainons pas! On descend sans encombres le bout d’arête qui relie la Roche Paillon à Emile Pic. Après un court passage en neige où il faut remettre les crampons, on embraye sur la traversée d’Emile Pic. L’ambiance climatique a carrément viré de bord : il tombe un mélange de pluie et de neige avec un petit courant d’air glacial. J’ai du mal à vanter à mes deux compagnons la clémence du climat haut-alpin! La traversée Emile Pic n’est pas très longue et nous en finissons en une petite demi-heure avec les dernières difficultés rocheuses du jour. Une nouvelle fois on chausse les crampons pour accéder au col Emile Pic. Sous le col il reste suffisamment de neige pour s’économiser les genoux et rejoindre presque en douceur le Glacier Blanc.

Pour demain nous envisagions de gravir la Barre des Ecrins avec Gab mais les conditions météo ne sont pas idylliques. A quoi bon gravir la Barre pour finir dans un nuage et brasser de la soupe toute la journée? La décision est vite prise, nous filons avec Pierre et Gab vers la vallée. Nous profiterons de ce contre temps pour faire demain une grande voie!

Les conditions étaient pas des plus faciles et quand l’altitude vous met en plus les jambes en coton, la course prend de la dimension! En tous cas bravo à tous les deux pour avoir bravé les éléments sans sourciller!

Roche Paillon – Couloir S et traversée

Roche Paillon – Couloir S et traversée

J’accompagne aujourd’hui Perrine et Bertrand pour une bien jolie course dans le bassin du Glacier Blanc : le couloir S de la Roche Paillon suivi de la traversée vers le col Emile Pic. Le couloir s’atteint sans difficulté en 2h de marche depuis le refuge des Ecrins, le temps de se réveiller tranquillement. Au fur et à mesure que l’on s’élève dans le couloir, la pente s’accentue  jusqu’à 45° et l’ambiance devient vraiment prenante. Le couloir est par endroit bien étroit, moins d’1m de large! Perrine et Bertrand sont concentrés! il nous faut une petite heure pour gravir les 200m du couloir. Le spectacle au débouché du couloir est fantastique avec la vue qui s’ouvre d’un coup vers le Nord. L’occasion de souffler un chouya après les émotions de la montée et contempler ce paysage qui s’ofre à nous. De là nous voyons bien la suite des réjouissances : un parcours d’arête mixte très esthétique et aérien que nous parcourons en crampons. Quelques acrobaties plus tard nous sommes au pied de l’arête rocheuse qui mène à Emile Pic. Nous pouvons soit la gravir par son fil, soit tout contourner par de belles pentes de neige qui forment un balcon suspendu au dessus de la plate des Agneaux. Bertrand et Perrine préfèrent la neige nous optons donc pour la deuxième option.

Arrivé au col Emile Pic, on laisse un peu souffler les organismes, une belle terrasse neigeuse nous accueille pour une bonne pause regénératrice. Si ce n’était ce petit courant d’air frais, on se laisserait bien aller à une petite sieste! Nous reprenons notre route. Le passage du col Emile Pic est un peu délicat mais à plutôt meilleur mine que d’habitude avec la neige. Il se descend en deux rappels de 20m ou un grand rappel de 40m. Passé le col Emile Pic, nous redescendons vers le Glacier Blanc, sans difficulté grâce à la neige encore présente en abondance cet année. Notre escapade se termine sur la terrasse du refuge du Glacier Blanc devant un bon gueuleton que nous degustons en évoquant la belle matinée que nous venons de passer!  Mes deux compagnons reprennent ensuite le chemin de la vallée tandis que je reste au refuge pour accueillir Denis et Ludo qui viennent dans les Ecrins pour s’acclimater et préparer le Mont Blanc.

Bertrand et Perrine : merci! j’ai passé une très bonne journée avec vous! Perrine m….. pour ton Mont Blanc!

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