Wadi Rum – Doodle Rum

Wadi Rum – Doodle Rum

Premier jour du trip Wadi Rum… Après les trips hivernaux dans les Ecrins changement complet de décor! M’enfin ça caille quand même pas mal par rapport à ce qu’on s’imaginait avec Ju et Jean… Grimpe en doudoune, même au soleil pour ce début de séjour!

Pour faire connaissance avec le caillou, on s’oriente vers Doodle Rum dans le wadi Shelali. On le prend cool sur l’approche avec une petite visite des sources de Lawrence… Puis avant de commencer la voie elle même, on goûte aux joies des approches locales où il faut avoir le pied et l’oeil bédouin!

La voie est bien sympathique et variée, idéale pour se mettre en douceur aux joies du grès.Ca déroule pour tout le monde là dedans. La voie finit un peu nulle part, alors on décide de pousser jusqu’au sommet. Là ça change complètement de caractère : rien d’extrême mais du Bédouin’style comme Rum en a le secret. Dalles, vires expos, recherche d’itinéraire… une bonne mise en jambe qui nous mène aux dômes sommitaux. Là on s’offre un bon casse dalle en embrassant pour la première fois des yeux ces paysages époustouflants dont on ne se lassera pas! Désescalade de la bédouinade puis descente en quelques rappels et retour à la casbah… de nuit! Pour bien commencer!

Tout ça finit par une bonne ventrée de falafels dans le boui-boui local avant de regagner nos pénates chez nos hôtes Ali et Alia.

Taghia – Il était une fois dans l’Oued

Taghia – Il était une fois dans l’Oued

Pour ce dernier jour de grimpe, on va explorer le canyon qui part de Tamdarote, l’Akka n’Tazarte pour y gravir une voie juste à l’entrée, il était une fois dans l’Oued. Elle présente un magnifique mur à trous en deuxième et troisième longueur mais avec une première longueur vraiment pourrie (dure et poussiéreuse) c’est dommage. C’est vraiment pas ce qu’on peut espérer de mieux dans le coin mais ça nous a fait découvrir un autre coin!

Voilà, fin du trip Taghia. Des images pleins la tête et l’envie de revenir dès que possible dans ce petit havre de paix, paradis du grimpeur avec la bienveillance des sympathiques et intrigants berbères.

Taghia – Baraka

Taghia – Baraka

Après une journée de repos on tente de nouveaux notre chance dans Baraka et ce coup là la Baraka sera avec nous! La voie est bien à la hauteur de sa réputation. Les 350m premiers mètres de ce versant de l’Oujdad sont vraiment exceptionnels. La première longueur peut être un peu décourageante avec un pas de 6b+ en dalle pas volé. Tout est magnifique, un vrai bonheur. Le 7b est également une belle longueur, pas un infâme pas de bloc. Le 6c est dans la catégorie grand art! A partir de 350m, on attaque des longueurs plus communes dans un terrain typé montagne.

On dit beaucoup de bien sur cette voie et c’est vrai qu’elle le mérite!

Taghia – L’allumeur du rêve berbère

Taghia – L’allumeur du rêve berbère

Du kilométrage aujourd’hui! On part pour Baraka avec Baptiste et Virginie qui sont aussi au gîte avec nous. Sur le chemin, les passages berbères et le pont construit à flanc de falaise nous laisse perplexe. Quel talent! Ces berbères sont décidément bien débrouillards…

Nous arrivons au pied de Baraka mais une cordée que nous ne connaissons se prépare… 3 cordées la dedans c’est pas terrible…. Du coup retour à la case taghia pour nous deux.

On rebondit sur un beau petit enchainement : l’allumeur du rêve berbère et princesse Msmir.

L’allumeur du rêve berbère est juste à gauche de Canyon apache et encore plus jolie que sa voisine nous avons trouvé. Au dessus, sur le Timghazine, Princesse msmir réserve aussi de belles surprises. Attention de ne pas se tromper. Princesse part dans le dièdre évident à droite du retour des Infidèles. Entre les deux, il y a une nouvelle voie pas mythique d’après ceux du gîte qui l’ont fait par erreur…

Princesse se descend en rappel.

Une belle journée de plus en moins.

Taghia – Au nom de la réforme

Taghia – Au nom de la réforme

Aujourd’hui, nous dirigeons nos chaussons vers le Taoujdad (la Mouflonne) avec pour objectif d’enchainer A boire ou je tue le chien et Au nom de la réforme. Nous attaquons par A boire. La voie gravit des murs impressionnant de raideur avec toujours ce qu’il faut de prises pour ne pas dépasser le 6c. Un vrai régal. Nous descendons en rappels dans la voie en laissant du matos au relais du haut que nous récupèrerons après l’autre voie.

Au nom de la réforme est encore plus belle, un des musts de Taghia dans ce niveau de difficulté. C’est plus facile que à boire, en tous cas moins engagé. Avec une corde de 60m, coupler L2 et L3 fait une longueur d’anthologie.

La traditionnelle sieste et séance thé nous attends au gite. La vie est belle.

Taghia – Canyon apache

Taghia – Canyon apache

Début de ce petit trip escalade berbère. L’atterrissage s’est fait en douceur avant hier à Marrakech après avoir failli très connement louper le décollage. Pourtant tout commence très bien : nous arrivons largement en avance à l’aéroport de Marseille, histoire de commencer notre voyage bien détendu. Premiers à enregistrer, la classe. Pour se détendre encore plus, on déguste quelques bières hors de prix au froid troquet de la salle d’embarquement. L’effet ne tarde pas se faire sentir : on bulle. « T’as vu on peut embarquer, y a vraiment personne, on va être tout seul dans l’avion, excellent! ». C’était sans compter sur le fait que 150 personnes avaient embarqué sans qu’on ne capte quoi que ce soit et que l’heure que nous supposions d’embarquement était en fait celle de décollage. Sprint! Passage de douane express! Remontage de bretelle par le personnel! Négociation… ca passe, on embarque in extremis… Du coup on se retrouve chacun d’un côté de l’avion pour cuver nos bières… Les ravages de l’alcool.

Détail du trajet Marrakech – Taghia :

– trajet Marrakech Azilal : 4h de bus, départ vers 8h – 8h30 de la gare routière de Marrakech. 55dh/p

– Azilal – Zaouia : 5h de navette mixte. Départ vers 14h au dessus de la gare routière d’Azilal. 60dh/p

– On dort à Zaouia au premier gîte. 100dh/p la demi pension

– Départ à 7h pour rejoindre Taghia sur le coup des 9h avec Mhamed Obnali, le très sympathique muletier

Après avoir pris le thé avec notre hôte Saïd et les deux français avec qui nous avons fait un bout de route, Jeff et Bertrand, on se décide à prendre la température des lieux en allant gravir une grande classique, Canyon apache dans l’Aka n’Tafrawt.

Sur le chemin d’accès dans le canyon, deux ados du coin nous montrent les meilleurs passages pour éviter de sortir la corde. Leur adresse est impressionnante! Avec de simples crocs au pied, les bougres ont le pied bien montagnard. Nous grimperons quelques jours plus tard avec l’un deux qui se débrouille jusque dans le 7a (pieds nus).

Canyon apache nous ravit pour cette première journée. Le caillou me rappelle la Tour Termier. Toutes les longueurs sont magnifiques. Rien à dire.

Le soir nous retrouvons tous les autres hôtes de Saïd. Nous sommes une petite dizaine, l’ambiance est bien conviviale… Saîd et sa femme nous concoctent par cycle de 3 jours : Tajine – Couscous – Pâtes. En grande quantité et qualité!

Croix des Têtes – Happy Birthday

Croix des Têtes – Happy Birthday

La première fois que j’ai vu la Croix des Têtes en descendant du Galibier vers la Maurienne, j’ai eu le coup de foudre et je me suis juré d’y trainé un jour mes chaussons! Ce monumental pilier qui domine de 2000m la vallée de la Maurienne a vraiment de la gueule! Un paquet de voie parcourent les différentes faces mais il y a du bon grain et de l’ivraie qu’il faut savoir trier… Une des références des 600m de la face NW est Happy Birthday une voie très soutenue et directe avec 18 longueurs comprises entre 6b+ et 7b+ avec environ 400m de dalles et 200m verticaux.

Coup de fil à Jb qui n’a jamais entendu parlé ni de la voie ni de la Croix des Têtes mais qui se motive immédiatement pour cette virée. Bel esprit! On décide de faire un peu de tourisme dans le coin et de dormir au refuge au pied de la face, le refuge de Bionnant. C’est que l’approche de la Croix ressemble plus à une escapade en montagne qu’a une ballade digestive : 800m de dénivellée puis redescente par une via ferrata vieillissante. Au bas mot 2h30 d’approche.

Le refuge de Bionnant se trouve en en suivant le chemin qui descend sous la face NW au bout d’un quart d’heure de marche. Matelas, ouvertures, poele, bois, casseroles.. Le minimum mais l’essentiel! Pas d’eau : il faut suivre encore pendant 15 min le chemin qui descend et croise le mini-ruisseau. Il se peut qu’au coeur de l’été, le ruisseau soit sec. Nous veillons un peu au coin du feu accompagnant nos discussions de quelques boissons digestives… Avant de se coucher, on lit quelques commentaires du livre d’or dont un nous laisse perplexe : « Happy Birthday, une voie pour amateur de dalles à phoque ». Qu’entendent-ils par là? Nous comprendrons demain.

8h : nous sommes au pied du mur. C’est vraiment impressionnant! 400m de dalles pour se mettre en jambe, ça va donner! JB attaque la première longueur donné 6b+: on s’inquiète vraiment c’est très dur et on est censé aller jusqu’à 7b+. Au fait dans d’autres topos cette lonueur est donnée 6c+ ce qui parait déjà plus cohérent avec le reste. En tous cas le ton est donné, c’est de la dallouze de première catégorie.

Rapidemment nous sommes quand même assez surpris car il ya des sections vraiment bien prisues dans ces dalles, ce que l’on ne soupçonne vraiment pas du bas. A chaque départ de longueur c’est le même tableau : « Wah ça a l’air bien lisse là! » Mais les prises sont là moyennant un peu de recherche. Dès fois la lecture est vite faite : il n’y a qu’une prise… En tous cas l’escalade est très instructive du point de vue de la pose de pied en adhérence sur un rocher sans grain. Zip-zip!

Au fur et à mesure que l’on monte dans les dalles, on est conquis par la qualité de l’escalade… on en bave mais cette voie est une perle.

Pour que tout ne soit pas trop facile quand même, je décide lors d’un hissage de ne pas fermer mon sac afin deme délester de l’ensemble de mon casse croûte qui part rejoindre le sol 300m plus bas. Ca c’est fait!

Après deux dernières longueurs difficiles dans la partie dalleuse, on rejoint le bastion sommital, une belle cerise de 200m sur le gâteau de 400m. On s’attendait à de l’escalade plus classique mais là la surprise fut totale. Variété de grimpe, rocher bien classe, ambiance, homogénéité. Rien à dire c’est superbe!

Après 9h de grands moments de plaisir et de baston on retrouve avec bonheur l’horizontalisme. Nous sommes répus d’escalade, comblés par l’esthétique et la classe de cette voie.

Au niveau des cotations, on a trouvé celle du Mussato pas toujours très justes dans les deux sens. Voici ce que l’on propose :

L1 : 6c+ (au lieu de 6b+), L2 : 6b au lieu de 6c+, L3 : 7a, L4 : 6c+ (au lieu de 6c), L5 : 6a, L6 : 6b (au lieu de 6c), L7 : 6c, L8 : 7a+ (au lieu de 7a), L9 : 7b, L10 : 7b+ (au lieu de 7a+), L11 : 6c+, L12: 7b, L13 : 6b (au lieu de 6c), L14 : 6c+, L15 : 6c, L16 : 7a (au lieu de 6c), L17 : 7b+

Presles – Le Temps des guenilles

Presles – Le Temps des guenilles

En regardant le topo la veille, nous avons envisagé éventuellement de gravir Luxe, Calme et Volupté qui récolte d’élogieux commentaires sur le topo  mais il faut se rendre à l’évidence, les 450m de grimpe de la veille ont laissé quelques séquelles dans nos avant bras et un projet plus modeste sera le bienvenu! Dans le même secteur, il ya le Temps des guenilles, 250m soutenu dans entre le 6a et le 6b+ une voie à l’excellente réputation. Parfait!

Grâce à la corde de 80m, nous grimpons la voie en 4 longueurs (65m, 70m, 50m et 50m). L’escalade est un vrai enchantement de plus en plus belle au fur et à mesure que l’on monte avec une variété de rocher et de style de grimpe assez hallucinante. Même le final est exceptionnel Une voie à ne manquer sous aucun prétexte…

Il faut juste faire attention au piaf : ce sont de vrais terroristes qui balancent des cailloux sur les grimpeurs!

Presles – Voie Béatrix et Topomaniak

Presles – Voie Béatrix et Topomaniak

Après la déconvenue d’hier au Dôme des Ecrins, quoi de mieux que d’aller se dorer la pilule sur le chaud calcaire de Presles?

Je rejoins Muriel à Grenoble et c’est partie pour une journée et demi bien remplie! Pour ce premier jour, nous avons choisi d’enchainer deux voies : la voie Béatrix et Topomaniak soit 450m de grimpe avec pas mal de longueurs dans le 6b…

La voie Béatrix est bien sympathique. L’escalade est très jolie avec même une longueur majeure au dessus de la vire… Dommage que les dites vires cassent un peu l’ambiance… Avec une corde de 80m on a pu doubler toutes les longueurs s’offrant ainsi de belle envolées.

Pour notre deuxième voyage du jour, Topomaniak, on entre dans la cour des grandes! Vraiment la très grande classe cette voie tant du point de vue de l’itinéraire, de l’ambiance que de la qualité de la grimpe… Petite cerise sur le gâteau : avec la corde de 80m on s’octroie une magnifique envolée de 75m en enchainant les trois premières longeurs!! Le 7a au dessus de la vire est très bloc et patiné.

Après ce bel enchainement, on s’échoue chez Ezio, le très sympathique aubergiste de Presles avec qui on taille une petite bavette devant quelques rafraichissements avant de rejoindre nos quartiers du soir au refuge communal. Presles a un petit parfum de dolce vita pas désagréable!

Voie du Pierrot – Tête d’aval

Voie du Pierrot – Tête d’aval

Après être allé vérifier en montagne que rien n’était entreprenable vue la quantité de neige tombée (40cm quand même!), on se « rabat » sur des projets en vallée. Seb n’est jamais allé à la Tête d’Aval, quant à moi j’aimerai explorer ce côté de la falaise.

Sur le papier, cette voie du Pierrot est bien appétissante : 550m, un tracé plutôt direct… La réalité est un peu plus décevante : 3 premières longueurs péteuses jusqu’à la vire puis pas mal de longueurs moyennes… Mais quand même une chouette ambiance et quelques très belles envolées (les 4 longueurs au dessus de la vire sont bien jolies et les longueurs finales aussi). En tous cas la grimpe se mérite, les cotations sont bien frappées et il ne faut pas mollir d’un point à l’autre! La section en Ao du haut passe bien en libre (7a). C’est d’ailleurs une des plus belles longueurs.

Bref un ensemble pas inoubliable mais que l’on ne regrette pas d’avoir parcouru même si ça ne vaut pas Ranxerox et les voies de ce secteur.

Voie de la Grand Mère

Voie de la Grand Mère

Avec le père Tibo, on profite d’un court créneau pour s’envoyer la voie de la Grand Mère dans le vallon de la Moulette au dessus de Monetier. C’est une jolie classique avec deux longueurs majeures en dièdre (L2 et L3). Le reste est plus commun mais bien sympathique quand même si l’on aime l’esprit serpentant des vieilles classiques. On a couplé certaines longueurs bien que n’ayant qu’un brin simple de 45m  : L2 et L3 (45m, relais à la sortie du dièdre sur un camalot 2 et un goujon de 12mm ou sinon sur le vrai relais 8m plus haut, en oblique à droite), L6 – L7 (45m), L9 – L10 (55m, départ facile en corde tendue). Les deux passages d’Ao passent bien en libre aux alentours de 6b/6b+.

Une bien belle promenade même pour Tibo qui ne sait plus la dernière fois qu’il a grimpé! Il nous aura fallu 2h30 pour en finir avec la voie de la Grand Mère. Nous sommes accueillis au sommet par quelques embruns, les Ecrins ont disparus dans la mélasse… Le temps s’est très nettement dégradé, on entend même tonner au loin… Filons! Comme nous n’avons pas pris de rappel, il faut sortir par le haut… cette option est bien pratique et pas longue puisqu’il faut un petit quart d’heure seulement pour en finir avec l’arête et rejoindre une bonne sente qui ramène vers le sentier d’approcheet la voiture en 3/4h de marche… on sera finalement épargnés miraculeusement par la drache!

Ranxérox – Tête d’aval

Ranxérox – Tête d’aval

Ca faisait déjà quelques années que je devais retourner finir cette Ranxérox de laquelle on avait été chassée avec Sylvain par une météo trop capricieuse à notre goût… On avait parcouru les deux tiers de l’itinéraire mais il manquait le plus beau. Cette fois c’est fait!

Aujourd’hui No stress météo, le bleu est de rigueur, il ferait même presque trop chaud…

Comme on a pas envie de se lever trop tôt avec Mathieu, on opte pour une technique qui peut nous faire gagner pas mal de temps : une corde de 60m et un brin de hissage.. Et effectivement ça nous a permis de coupler un paquet de longueurs et de s’offrir de belles envolées de 60m.. On a couplé L1 et L2, L3 et L4 (65m). L7 (7a) et L8 (6b+). L9 (7a) et L10 (6c). L11 (5a) et L12 (6a+). L13 (6b) et L14 (6b). L15 (6a) et L16 (6a). L17 (6a) et L18 (6b+).

Bref un bien beau voyage qui dépose un Mathieu complètement occis au dernier relais. Faut dire que pour une presque reprise, Ranxerox c’est pas trop mal!

Pointe de l’Aigle – Princesse de Feu

Pointe de l’Aigle – Princesse de Feu

Aujourd’hui grand saut dans l’inconnu avec Nico : on franchit le col du Galibier pour aller en Savoie!! Mais l’aventure extrême est de courte durée puisque si l’accès se fait par la Savoie, la pointe des Aigles est dans les Hautes Alpes. Il s’agit d’un beau bout de falaise de 250m qui surplombe directement le camp militaire des Rochilles. La proximité avec ce camp nous permet ce jour de réduire considérablement la marche d’approche puisque par la piste on vient se garer sous la paroi, à 10min de l’attaque… Un cinquantaine de bidasses sont là pour surveiller le véhicule. Parfait!

Grâce à la corde de 60m, on couple pas mal de longueur : L1 et L2 jusqu’au pied du toit. L4 et L5. L6 et L7. Pour de bien belles envolées. Le caillou est excellent, très abrasif… Le pas de 6c est vraiment très dur et très bloc… L’ensemble est vraiment bien plaisant avec une descente pépère de l’autre côté…

Une belle découverte, on reviendra pour les voies d’à côté!

Le Duc – Série limitée

Le Duc – Série limitée

Pour clore cette petite verdonnerie de 3 jours, nous partons un peu plus frais qu’hier en direction du Duc où nous voulons gravir Série limitée. On s’attendait à quelque chose de classe mais pas à si beau! Les premières longueurs jusqu’à L4 déjà bien sympathiques ne sont rien comparées au final. A partir de l5 c’est de la pure folie : un calcaire colorée, varié avec des gouttes d’eau monstrueuses, des bouts de colo, des sections dévers à bac et un final dans du gris ultra sculpté. Boudi, c’est trop pour nous! On n’en demandait pas autant! Malheureusement pas la moindre photo pour illustrer tout ça.

Avant de quitter le Verdon, je ne résiste pas à l’envie de me faire mouliner dans une voie depuis la route des Crêtes. Arno me mouline sur 100m dans Nécronomicon. On se sent bien seul tout en bas avec juste le Verdon et un peu d’air sous les fesses. Ca me motive pour remonter dare dare dans cette petite perle de 7a pas bien facile avec de bien précaires équilibres. La section clé est relativement courte et plutôt en fissure (bouchée par endroit) et le reste déroule un peu plus… Juste à côté, sur le pilier, le Gris qui tue a l’air encore plus joli. La prochaine fois!

Verdon – Empreinte des Millénaires

Verdon – Empreinte des Millénaires

Réveil tardif et vasouilleux. Le mélézin a coulé à flot hier. Il va nous falloir une petite demi journée de trempette dans le Verdon pour définir un programme et être en état de le réaliser…

Finalement après de nombreux rebondissements on opte pour l’Empreinte des Millénaires en face de la Paroi du Duc. C’est un itinéraire récent qui recueuille des avis partagés… On s’y jette.

Et bien pour notre part on a pas été déçus par ce sympathique voyage même si bien sur on est pas dans le mythique Verdon et ses itinéraires directs. Il faut jouer le jeu et se faufiler dans les plus belles parties de cette face. Le grand mur blanc du bas est exceptionnel, les deux derniers ressauts aussi et les connections ma foi plutôt bien réussies!

La descente par le sentier du Baou complète à merveille cette petite excursion qui se termine par un bon petit plouf dans le Verdon

 

Verdon – Les Caquous et Ras l’bolchoï

Verdon – Les Caquous et Ras l’bolchoï

Une après midi bien remplie…

Avec Arno nous partons faire les Caquous, classique incontournable des Gorges, qui passe à l’ombre vers 14h. Le temps de descendre en rappel et nous sommes à l’ombre au pied de la deuxième longueur et son passage d’A0 (Petit conseil pour cette voie : ne pas descendre jusqu’au pied du A0 mais s’arrêter juste au dessus là où démarre le libre). Le reste est dément avec de la bonne fissure mais aussi de la goutte d’eau labellisée Verdon.

Comme on a un peu peur de s’embêter d’ici l’apéro, on enchaine sur Ras l’bolchoï, une voie récente à l’Imbut. Un vrai petit bijou sur du rocher gris à trou…

Ces deux voies nous on occupé juste le temps d’arriver à l’heure pour une bonne assiette du grimpeur à la Palud. Miam, miam.

Tête d’aval – La mémoire de l’eau et le Pilier rouge hebdo

Tête d’aval – La mémoire de l’eau et le Pilier rouge hebdo

Dernier jour de notre périple grandes voies dans le grand Briançonnais avec Murielle. On ne saurait éviter une visite à la Tête d’Aval de Montbrison. Nous voulons combiner le départ de la Mémoire de l’eau avec la deuxième partie du Pilier Rouge Hebdo pour un ensemble direct et bien soutenu. Si la force est avec nous, peut être qu’en guise de gourmandise nous terminerons au sommet par la voie Kelle. Programme bien ambitieux donc!

Les premières longueurs de la Mémoire de l’eau sont bien exigeantes et grignote lentement mais surement nos réserves glycogéniques en les inondant d’acide lactique. En tous cas c’est de toute beauté. A la terrasse, nous enchainons sur le pilier rouge hebdo en empruntant la variante dure à Fiaschi (6b+). La encore, les longueurs sont exceptionnelles…

Ce qui devait arriver arriva. Nous parvenons au sommet du premier ressaut avec déjà 300m de varappe derrière nous. Après la pause casse croûte, la motivation pour parcourir les 200 derniers mètres du Pilier Kelle s’effrite complètement…

Nous filons donc vers le bas par le très aérien rappel du grand toit. 4 rappels mène à la vire équipée de cordes fixes qui permet de rejoindre rapidemment le pied de la face.

Fin de ce beau séjour sur les plus belles falaises du Briançonnais qui regorge de petites pépites! Murielle en a plein les bras, nos doigts sont bien broutés par les 1500m d’escalade parcourus ces derniers jours… Mission remplie : pas de longueurs moches, pas de caillou péteux, pas de points ou de relais hasardeux!

Tour termier – Marmotta Impazzita

Tour termier – Marmotta Impazzita

Les températures redeviennent clémentes on va donc se mettre au frais au dessus des alpages. Retour à la Tour Termier, que l’on gagne tranquillement par une heure de marche à flanc d’alpage. On est au pied de la face sur les coups de midi, nickel pour grimper au soleil. La température est idéale. Plusieurs cordées sont engagées dans la face : dans la voie du Ponant Neuf, dans le Feu Sacré, dans ici mieux qu’en face. On choisit une voie où l’on sera tranquille : Marmotta Impazzita, 300m qui oscille entre le 6a et le 6c. Mussato n’en dit que du bien dans son topo. Il faut avouer que la qualité de l’escalade est au rendez vous avec quelques longueurs majeures. Deux bémols quand même pour cette voie : la vire centrale qui coupe l’élan de l’escalade et le finish dans les longueurs en 3. M’enfin, ça ne suffit pas à nous faire bouder notre plaisir. L’escalade est jouissive!

Freissinières – Mamagama

Freissinières – Mamagama

Après les Clématites, nous nous décalons vers le Pilier de la Saint Jean. Une cordée est déjà engagée dans le Pilier. Nous partons dans la voie voisine Mamagama, 4 longueurs dans le 6a/6b. Nous sommes au soleil mais l’air est juste délicieux aujourd’hui à Freissinières. L’escalade, exigeante dans ce niveau se déroule sur un rocher parfait, sauf deux mètres au départ de la deuxième longueur. Les longueurs sont magnifiques. Un ensemble qui vaut autant la visite que le  plus connu Pilier de la Saint jean. La section en 6b+ de la dernière longueur est brêve et pas très difficile. Nous sommes descendus en deux grands rappels (50m et 45m).

Pour être bien sur que l’on a notre compte d’escalade pour aujourd’hui on finit la journée sur une couenne du secteur Clématites.

Freissinières – Les Clématites

Freissinières – Les Clématites

Suite à la mini perturbation d’hier les températures du jour en ont pris un coup. Pas question d’aller se percher à 3000m sur une paroi expo à tous les vents on s’oriente vers la vallée. Et c’est pas une punition d’aller à Freissinières, bien au contraire! C’est un vrai mini-Verdon cette falaise avec des voies de 3-4 longueurs sur un calcaire gris parfait… Pour démarrer nous attaquons par les 4 premières longueurs des Clématites que l’on s’envoie en 3 grandes longueurs en prenant une variante de départ plus directe, Clématites 2010. Une vraie pépite!

Descente facile en deux grands rappels. Il est aussi possible de redescendre par le sentier ou de continuer au dessus dans le deuxième ressaut.

Tenailles Montbrison – Vol et Volupté

Tenailles Montbrison – Vol et Volupté

Les Tenailles de Montbrison! c’est vrai qu’elles nous narguent. On les voient à tous les coins de rue à Briançon. Pour ma part j’y ai déjà trainé mes chaussons une paire de fois mais pour Murielle et Mathieu c’est le baptême du feu. Nous choisissons de gravir Vol et Volupté, une voie qui borde l’éperon Renaud mais qui est un peu plus difficile. La météo n’est pas au mieux de sa forme. Le mauvais temps annoncé en milieu d’après midi semble un peu en avance. On débute la voie dans la grisaille avec un vent de plus en plus fort qui finira par presque nous décoller du rocher! De temps en temps un bref rayon de soleil, quand même… Nous serons finalement épargnés par la pluie.

Vol et Volupté est un splendide voyage de 350m avec que des belles longueurs avec des sections très originales. La palme revient quand même à la longueur clé, le 6b+ de la deuxième partie mais la fissure Rudolph n’est pas en reste! Malgré la rudesse des éléments, on ne boude pas notre plaisir aujourd’hui. On finit quand même un peu saoûlé par ce courant d’air permanent.

Merci à la personne qui a prévu un porte sac anti marmotte au pied de la voie, c’est une bien louable attention.

Chemin du Roy – Hélène et les garçons

Chemin du Roy – Hélène et les garçons

Après notre petit galop d’essai aux Contreforts de Roche Robert, nous partons dans Hélène et les garçons légèrement inquiètés par le commentaire alarmiste du topo : « La première longueur est très dure, 6b ». Bon, en guise de digestion on va rigoler. Que nenni. Il s’agit d’un 6b plutôt facile à lire sur bonnes réglettes et qui ne dure pas longtemps… pas la peine de s’affoler. Le reste de la voie est très joli, homogène, le rocher nickel et l’ambiance monte progressivement. Que du bon!

Du sommet on descend rapidemment en 3 rappels (50m pourle dernier) mais il est aussi possible de faire le tour à pied en rejoignant la descente des contreforts de Roche Robert.

Roche Robert – Le miel et les abeilles

Roche Robert – Le miel et les abeilles

Première d’une longue série de grandes voies avec Murielle. On attaque pépère par les contreforts de Roche Robert. Ca paye pas de mine mais le rocher y est excellent et on peut facilement enchainer plusieurs voies. Pas mal de cordées sont engagées dans Ché Guévaroux, la voie des Quarantes ou L’éperon de la Route. Pour notre part nous allons chercher la tranquilité dans le miel et les abeilles une  belle voie de 150m soutenue dans le 6a. Les 3 longueurs du bas sont très belles,. La dernière est un peu plus tarabiscotée pour aller chercher les plus belles parties… Une voie à parcourir!

Ce petit apéritif envoyé, nous redescendons tranquillement par le chemin avant de filer vers la paroi du Chemin du Roy à 20min de là.

Tour Termier – Feu sacré

Tour Termier – Feu sacré

A la Tour Termier on verticalise aujourd’hui nos prétentions par rapport à hier à la crête du raisin. Nous partons avec Mathieu pour le Feu Sacré une voie que Mussato conseille dans son joli topo. Et nous ne sommes en effet pas déçus par la voie! Le calcaire de la tour Termier est vraiment magnifique, haut en couleur et très sculpté… parfois trop même! Les picots martyrisent nos pauvres petits doigts… Toutes les longeurs ou presque sont classes. Le 7a nécessite d’être un peu plus alerte que dans les autres longueurs mais se fait bien.  Au relais, pendant que le leader s’emploie, on flane tranquillement en matant du coin de l’oeil la Meije, la Barre des Ecrins, les Agneaux…

Si la Tour Termier en impose vraiment sur le versant que l’on grimpe, elle n’est côté Nord qu’un anodin pilastre d’une trentaine de mètres qui se désescalade en trois mouvements. C’est pourquoi, même sans nos baskets nous optons pour le retour pédestre par le Col termier, l’occasion de prolonger quelques instants le contact charnel avec le calcaire local…

Crête du Raisin

Crête du Raisin

Il fait toujours aussi beau par chez nous… Vive le Sud! On part cavaler dans les Cerces avec Mathieu. Envie d’une escalade pépère, typée montagne, parsemée d’edelweiss et de génép’… allons explorer la Crête du raisin! Le cadre est exceptionnel. Au dessus du refuge du Chardonnet, cette arête se déploie sur plus d’un km avec une vue imbattable sur les Ecrins.

Nous parcourons une grande partie de l’itinéraire la corde sur le sac, avalant quelques passages de IVsup jamais bien difficile.s Dès que ça grimpe, le rocher est bon. Dans les parties plates, c’est du tout venant mais ça ne gène pas puisque c’est plat! Qui plus est l’arête est essaimée sur tout son parcours de goujons récents. Même le rappel se désescalade facilement (III+)

Sur la fin de l’itinéraire, nous sortons quand même la corde pour la longueur en Vsup. La descente versant Ouest décrite comme délicate est avalée en 10 minutes. Il s’agit d’une courte désescalade facile sur une centaine de mètres. 2 heures après avoir débuté l’arête nous sommes de retour sur le GR bien comblés par cette ravissante promenade aérienne… un évènement malheureusement dramatique viendra troubler ce bonheur : nous n’avons pas pris le moindre centime pour nous offrir une bière ou une omelette au refuge du Chardonnet. Gasp!

Tour Germaine – Spigolo Boccalate

Tour Germaine – Spigolo Boccalate

La météo est venu contrarier notre projet initial de gravir la barre des Ecrins avec Gab. Mais ce n’est que partie remise! Pour se consoler on se rabat sur une grande voie à la Tour Germaine, non loin de Bardonnecchia : le spigolo Boccalatte. La Tour Germaine est un édifice rocheux typiquement dolomitique : d’aspect ruiné au premier abord, le caillou s’y révèle excellent et l’escalade bien plaisante, homogène et variée dans le niveau que nous convoitons (5a max). Cette voie a été ouverte par deux génies italiens de l’escalade : Gervasutti et Boccalatte qui ont laissé dans les Alpes quelques traces de leur passage. Suite au reéquipement de la voie, l’itinéraire a pris un peu de liberté par rapport à l’itinéraire initial pour notre plus grand bonheur.

La journée commence par la fastidieuse remontée de l’éboulis. De quoi mettre en marche ses mollets! Nous voilà au pied des 250m de la Tour. Première grande voie pour Gab, curieux de ce qui l’attend. Une première longueur en IV permet de se mettre en jambe (et en bras) tranquillement. La suite est plus sérieuse : passage de 5 sur un magnifique rocher bien sculpté. Gab franchit tranquillement ces premières difficultés. Les longueurs se suivent et ne se ressemblent pas : passages dalleux, arête effilée, fissure à verrou : la totale! Un vrai plaisir… Et en deux bonnes heures, Gab en finit avec sa première grande voie. Yihaaa! Passé le rappel de descente, on rejoint rapidement l’éboulis bien plus agréable à descendre qu’à monter!

Pour ne rien gâcher nous terminons notre périple Haut Alpin sur une pizza et une glace italienne à Bardonnecchia. Merci Gab pour ses 3 belles journées!

Remonte pente direct – ailefroide

Remonte pente direct – ailefroide

Quelques photos de Remonte pente direct, une jolie grande voie dans le secteur d’Ailefroide. C’est la première grande voie pour Juliette accompagnée de son père qui découvre après une semaine de grimpe en calcaire les joies des adhérences sur le granit d’Ailefroide! C’est autre chose! Nous parcourons sans heurt les 6 longueurs de cette grande voie qui se termine en beauté par une longueur en 5c bien verticale… Nous sommes accueillis au sommet par les premières gouttes de pluie. Timing impeccable! La descente se fait sans difficulté par le chemin de la Draye où les framboises et les fraises des bois récompensent grimpeurs et randonneurs. Merci à tous les deux, au plaisir de regrimper ensemble!

Brevent – Crakoukass

Brevent – Crakoukass

Pour terminer la semaine en beauté, on opte pour une petite grimpée dans le massif des Aiguilles rouges au Brévent. Crakoukass est un itinéraire bien sympathique qui parcourt plusieurs ressauts avec entre de bons échappatoires. L’escalade est entièrement équipée sur un caillou sain. La longueur la plus dure (6b) peut facilement être shuntée par la gauche. Nous restons toute la matinée à la limite des nuages, nous garantissant une certaine fraicheur. Sans accroc nous parcourons avec Anne toutes les longueurs de cette voie. Bravo Anne pour ton premier 6b grande voie! Et merci à tous pour cette semaine bien sympathique!

Flammes de Pierre – La Reprise

Flammes de Pierre – La Reprise

Suite et fin du we granit à Chamonix. Avec un seul des deux compères de la veille nous partons au premier train pour une petite ascension dans les Flammes de Pierre au pied des Drus. C’est toujours un moment d’émotion pour nous autres gars des montagnes pas trop aménagées que de partir en montagne dans une crémaillère bondée d’alpinistes et de touristes! Enfin sortis du train, nous nous retrouvons rapidemment seuls à monter par les balcons de la mer de Glace en direction du refuge de la Charpoua. Le chemin est identique jusqu’à la moraine du glacier de la Charpoua. Pour aller vers les flammes de pierre, il suffit de suivre le fil de la moraine jusqu’à la paroi. Le chemin est bien tracé.

A notre grand étonnement, des grappes de grimpeurs se battent déjà dans plusieurs des itinéraires de la face que nous convoitons. Au moins 8 cordées en tout! En fin stratèges, nous choisissons une des seules voies pas fréquentée ce jour : la Reprise. Et ça tombe bien puisque c’était un de nos deux projets.

L’attaque de la voie se fait dans une cheminée humide puis légèrement à gauche. Cette première longueur est franchement pas inoubliable. Le mieux c’est de la shunter par les vires herbeuses… Après ça devient carrément joli. La deuxième longueur emprunte une très belle fissure puis part à droite (un spit, 6b) pour se rétablir sur une vire. Relais tout confort. La troisième longueur démarre par une fissure large pas difficile pour se rétablir sur une vire. De la vire il faut emprunter la fissure la plus à gauche, à protéger, et qui finit par se boucher rendant un rétablissement délicat. C’est là le pas dur (6c). La fin de la longueur est balisée par des spits. Relais sur une vire au top du confort! Suite à droite dans un dièdre de plus en plus marqué, classos (6b+). Relais tout confort une fois de plus. La longueur suivante est vraiment magnifique aussi. Les trois spits ne sont pas visibles du relais. Il faut passer dans une partie qui parait très lisse vu d’en bas mais qui est bien pourvue en prises (voir photos)(6c). Il faut faire gaffe de ne pas partir trop à droite vers des spits bien visibles mais qui appartiennent à une autre voie (et c’est plus dur en plus, 7a+). La longueur suivante est une longueur de transition avec un court passage en fissure (6a+). Au dessus ça devient carrément démoniaque avec 40m d’anthologie dans une fissure magazinesque (7a). Relais toujours au top. Un départ coquin (6c) et puis c’est la fin des difficultés avec encore un peu de 5 jusqu’au sommet.

Pour la descente, il n’y a qu’à faire le chemin en sens inverse puisque tous les relais sont équipés. La descente nous prendra une demi heure. Avec deux brins de 60m on a pu sauter deux rappels.

Bref une voie bien jolie jolie avec des passages dignes des plus belles envolées du massif! Les relais sont tous très confortables et équipés pour descendre en rappel. Les passages non protégeables sont équipés en spits de 8mm. Pour se protéger le reste du temps, nous avons utilisé un jeu de camalot du 0.3 au 3 en doublant le 0.4, 0.5, 0.75 et 1 plus deux C3 (petits camalots).

Et comme hier sans speeder nous avons regagné la vallée en usant bravement des moyens mécaniques mis généreusement à la disposition de l’alpiniste Chamoniard.

Aiguille du Peigne – Contamine Vaucher

Aiguille du Peigne – Contamine Vaucher

Nous profitons du généreux anticyclone pour aller goûter le temps d’un we aux joies de la varappe en granite. Notre objectif initial avec les deux Julien était de faire Postcriptome, une voie moderne sur le gendarme du Peigne juste à droite de la classique Contamine Vaucher. Nous sommes deux cordées à l’attaque avec le même objectif. On trouve un peu idiot que les 5 grimpeurs présents au Peigne ce jour s’entassent dans la même voie. Du coup changement complet de programme, on opte pour la Contamine Vaucher en grosses. Aucun de nous ne connait cette classique des 100 plus belles de Rébuffat, elle fera bien notre bonheur! On a pas le topo mais on tâchera de suivre l’itinéraire au mieux, au flair!

Et ben ce fut loupé (pour le flair, pas pour le bonheur). Dans le socle pas de souci, les lignes de faiblesse sont multiples et évidentes. On avale en courant les 5 premières longueurs. Dans le haut, on attaque une exploration en règle de la face! Plusieurs passages évidents du bas se révèle assez difficile et surtout complètement humides. Est on dans la voie? Juste à côté? Tiens un piton ça doit être ça… Au fait la moindre fissurette de ce gendarme a connu la visite d’un grimpeur égaré ou ouvrant un nouvel itinéraire ce qui fait qu’il y a du matos de partout! et de tout âge! Juste après avoir buté dans un dièdre trop humide, on fera même deux longueurs dans Peigne perdu (6c et 7a+), une voie moderne à gauche de la Vaucher. Un peu vexé de ne pas terminer ce que nous avons commencé (la Contamine Vaucher) on décide de redescendre en rappels pour tenter de retrouver la voie originale. Trois rappels plus tard et grâce aux indications de la cordée dans Postcriptôme, nous retrouvons le bon itinéraire! Le reste ne sera qu’une formalité, mais une bien agréable formalité : 4 grandes longueurs de quasi 50m sur un rocher bien classe et avec des relais 5 étoiles!

Bilan de la journée : 550m de varappe au lieu des 400m initiaux et de bien sympathiques moments passés avec les deux compères! Malgré nos fourvoiements du jour on arrive sans stresser à prendre la dernière benne et ça à Chamonix c’est une partie du plaisir!

Le Brévent – Ex Libris

Le Brévent – Ex Libris

Avec la bande (david, Tibo et Vinc’) on part faire un petit tour dans ex libris au Brévent. C’est une belle ligne dénichée par Pallandre et qui (au prix d’un bon nettoyage de la part de l’ouvreur) se révèle être une escalade très belle. Trois longueurs magnifiques en dièdre et fissure jusqu’à 6b. Dans la première, un camalot 4 pourra assister un mental défaillant. La fin est moins classe mais pas du tout péteuse comme indiquée sur certains topos.

On passe une belle matinée malgré le brouillard accroché au Brévent et qui nous fait garder la polaire pour grimper. En redescendant par le téléphérique, on sort du nuage et autour il fait grand beau!

Artif au Verdon – Pourquoi j’ai mangé mon père

Artif au Verdon – Pourquoi j’ai mangé mon père

Déjà un petit moment que nous parlions avec Nico d’aller faire une petite voie d’artif au Verdon. Ce qu’il y a de génial avec cette activité, c’est qu’elle est complètement à contresens des pratiques « outdoor » actuelles où ça va vite, c’est fun sous le soleil! Pour l’artif, tout est lent, fastidieux et une bonne journée bien pourrie sera idéale. C’est là le plaisir de l’artificier : lors de s journées pluvieuses, pendant que les grimpeurs de libre se morfondent chez eux où au fond d’une obscure grotte poisseuse ou salle résineuse, lui s’épanouit telle une fleur sous la rosée matinale! Aux premières gouttes de pluie, il remplit à ras bord son sac de hissage, le plus lourdement possible car il aime cela. Il ne prend pas une, ni deux mais trois cordes! Il ramasse tous les objets en métal qui trainent chez lui et même du bois! Tout l’atelier y passe…. Au diable la liberté et l’esthétique épurée du grimpeur de libre qui dans une casi nudité danse sur le rocher pour la beauté du geste… Au diable la grimpe à main nue… Au diable les lolottes, les arquées, les carres externes, les mouv’ dynamiques, la fluidité et tout le tintouin… Non là on est dans le lourd, le méthodique, le bricolage, le lent, le technologique. Plus question d’effleurer le rocher en ne laissant comme seule trace de son passage une perle de sueur : non là il est question d’entrer dans un corps à corps avec le minéral, le pénétrer avec toute cette ferraille, jouer avec sa résistance, opposer aux forces de gravité  tout un attirail d’outils…

Enfin donc du pourri nous est promis par Météo France. On remplit la voiture de tout notre matos plus celui qu’on a gratté à droite à gauche et on file dans le Verdon, petit paradis de l’artificielle. Nous choississons de gravir une voie pas trop difficile, « Pourquoi j’ai mangé mon père? » à la Paroi Rouge. Nous y serons abrité sur les 3/4 de l’itinéraire en cas de pluie. Elle se déroule une 100 de mètres à droite de la Castapiagne, la voie mythique du secteur, voie d’artif référence des années 1970, libéré partiellement en solo autoassuré par Jérôme Rochelle (hallucinant!) puis complètement par Graou avec un équipement partiel sujet à polémique. Mais c’est une autre histoire…

Vu les contraintes de timing que nous avons, notre plan est de gravir les  trois premières longueurs le soir en arrivant, bivouaquer à la voiture et terminer la voie le lendemain matin. Arrivée vers 17h au Belvédère du point Sublime au milieu d’une foule de préestivants, randonneurs, kayakistes, grimpeurs, rafteurs et autres on s’engouffre dare dare dans le tunnel du sentier Martel. Cette endroit est quand même vraiment insolite, l’engouement pour le Verdon se comprend!

A la sortie du tunnel, la Paroi rouge apparait d’un coup avec ses 200m complètement surplombants! L’oeil d’abord effrayé finit par trouver ses repères. En y regardant mieux, les lignes de faiblesse se dessinent… Pourquoi j’ai mangé mon père emprunte une fissure évidente qui permet de rejoindre une beaume. De la beaume ensuite, une fissure quasi horizontale mène dans un bombé gris d’environ 20m puis la sortie se couche jusqu’à gagner les jardins sous le sommet de la falaise.

Vue d'ensemble sur l'itinéraireItinéraire vue du pied

La première longueur est vite négociée : c’est du libre. Un pas de 6b puis tranquille jusqu’au relais. Là on s’organise tranquillement parce que l’artif c’est avant tout de l’organisation! J’attaque la deuxième longueur une belle longueur à dominante fissure. Très peu de matériel en place (3 pitons en tout). Je négocie la première partie avec un seul pitonnage. Camalots et petits petits aliens se coincent pas trop mal dans les trous agrandis par les multiples pitonnages – dépitonnages qu’a connu la voie. La deuxième partie de la longueur avant le relais est plus compacte. Un pitonnage délicat, un couplage alien piton, 2 pas sur crochets qui permettent de « sauter » deux pitonnages. C’est déjà plus fin! L’avantage du crochet c’est le gain de temps indéniable pour le premier comme pour le second. L’inconvénient c’est que plus le nombre de pas sur crochets augmente, plus la dernière bonne protection s’éloigne! Un choix… 1h15 pour cette longueur qui vaut A2 (A2 moderne). Pas simple les cotations en artif puisque trois choses au moins sont à prendre en compte : la difficulté technique intrinsèque d’un pas (la progression), le risque potentiel de chute (l’assurage) qui donne toute la dimension psycho à cette activité et le matériel en place. Ne faudrait-il pas alors au moins une cotation à double entrée?

Cette longueur pourrait probablement se faire en libre aux alentours de 7c – 8a, les pitonnages ayant élargies les prises.

Dans la troisième longueur, un peu de libre au départ (5b) puis quelques mètres délicats où il faut user du couplage avant de repartir en libre (6a). On propose aussi A2 pour cette longueur. 45min pour la longueur.

Notre contrat du jour est rempli! Nous arrivons au relais de la beaume avec la nuit, timing impeccable… On laisse tout le matos, on fixe la corde (80m) et on glisse jusqu’au sol. On arrive à la voiture quelque minutes avant une bonne saucée. Nickel.

Levé matinal à 6h : ça flotte dru comme toute cette nuit! Ralements… pas envie… Et 10 min après ça se calme. Je jette un oeil au ciel : trouées bleues, peut être un créneau pour faire l’approche au sec?

A la sortie du tunnel, le chemin se faufile dans les buis, trempés par la drache nocturne. On arrive dégoulinants au pied de notre corde fixée la veille. Au programme matinal : 75m de remontée sur une corde dynamique dans une ambiance tropicale : 20°/90% d’humidité. Ca réveille.

Aujourd’hui il nous reste deux longueurs : la longueur en traversée et une longueur de libre pour sortir.

Moments magiques dans la traversée avec la brume qui remonte du fond des Gorges les fesses pendus dans le gaz. Un peu de matos en place dans la trav’ c’est presque dommage (2 pitons, un spit au milieu et un spit à la fin). Bong, coins de bois, couplage, lunules, c’est varié avant d’arriver sur l’échelle à spit du bombé entrecoupée de trois ou quatre pas sur bons crochets (dont un foré). Longueur de 40m démoniaque et pas extrême, A2 aussi. 1h30 pour la longueur.

La longueur suivante est comment dire légèrement humide et nous obligera à encore un peu d’artif sur les premiers mètres. Dommage car en libre ça a l’air sympathique et pas mutant (6b).

On en finit donc avec cette petite virée artif bien sympathique. Un ratio temps voiture / temps de grimpe et un bilan carbone déplorable je vous l’accorde, on s’est promis de plus le faire pour moins de deux journées sur place!

Pilier Livanos – Archiane

Pilier Livanos – Archiane

Après l’escalade résolument « moderne » d’hier dans No pasaran au Glandasse, changement complet de registre aujourd’hui. Nous partons pour une vieille classique du Vercors à Archiane : le Pilier Livanos ouvert en 1959.

Georges Livanos. Le Grec. Un monument de l’escalade et de l’alpinisme. Très actif dans les Calanques et dans les Dolomites il signe à Archiane un chef d’oeuvre avec ce pilier. L’escalade est homogène et très belle tout du long, l’itinéraire se faufile toujours au plus facile, l’ambiance est là… Rien à jeter. On pensait pas prendre autant notre pied. Merci Georges, si tu nous entends, tu es notre idole! Pour ma part je trouve ça plus joli du point de vue de l’escalade que la Paroi rouge même si l’ambiance y est moins prenante. Et puis elle parcourt l’ensemble de la falaise.

Attention tous les pitons présents dans la voie ne sont pas certifiés Livanos lui qui disait : « Quand je garantis un piton, on peut y pendre un porte avion dessus« . Notamment le premier piton de la deuxième partie au dessus des vires. D’ailleurs ce piton ne doit pas lui appartenir puisqu’il expliquait qu’ils enlevaient toujours tous leurs pitons, pas forcément par engagement écolo mais plus pour embêter ceux qui passent derrière

La fatigue d’hier se fait un peu sentir mais nous sortons en 4h15 sur le plateau, comblés par cette très belle ascension. La encore, nous avons en tête la galéjade du maitre : « le meilleur horaire c’est celui qui consiste à arriver à 70 ans! « .

Décidemment toujours le mot juste ce Georges…

Allez deux dernières pour la route.

Parlant de sa conception de l’escalade : « Pour moi l’idéal, c’est de partir d’en bas, d’arriver en haut et de revenir en bas. Et pas trop vite… « 

Et enfin probablement la plus connue : « Mieux vaut un piton en plus qu’un homme en moins, surtout si cet homme c’est moi! « .

No Pasaran – Glandasse

No Pasaran – Glandasse

3 jours avant de partir réaliser cette voie, ni l’un ni l’autre ne soupçonnons son existence. En glanant sur le web quelques informations pour notre séjour « Diois », je tombe sur le topo de No Pasaran, une voie fraichement équipée (mai 2007) à Glandasse. Beau morceau sur le papier : 500m d’escalade soutenue entre le 6b et le 7b. Ca nous motive!

Je ne connais pas encore le Glandasse et ce sera la belle découverte escalade de ce début d’année!

Bivouac humide au parking à côté de l’abbaye avec un chat gratteur… départ matinal, c’est que l’ascension est donnée en 10h!

Ce que j’aime au Glandasse comme à Archiane, c’est les marches d’approches champêtres dans les fraiches forêts de fayard fleurant bon le champignon. Pour rejoindre le pied de la falaise il faut deux bonnes heures, peut être une des raisons de la faible fréquentation du site… La difficulté des voies y est aussi surement pour quelque chose…

Enfin aujourd’hui, il ya quand même une cordée dans le pilier Leprince Ringuet et deux cordées au Pestel.

Nous attaquons la voie complètement frigorifiés. Le vent de NW s’engouffre jusqu’à nous. Brrrr… Chants Espagnols de rigueur pour se motiver dans le premier 7a+. Nous saccageons la première longueur qui pourtant à l’air belle mais là avec la caillante qu’il fait c’est bizarre on a pas du tout envie de se battre sur les gouttes d’eau. La longueur à l’air quand même très belle. Ce sera le pire moment de la journée…

A partir de L2, le vent nous lâche, le rocher reste bien froid mais la grimpe devient possible (en doudoune quand même!).

Toute la première partie de la voie jusqu’à la vire est vraiment belle avec une mention spéciale pour L5, L6 – L8.

Pour la deuxième partie de la voie, c’est autre chose. Son principal intérêt c’est de nous faire sortir sur le plateau. Sans être complètement moche, l’escalade est beaucoup plus irrégulière. De jolis passages quand même dans les deux dernières longueurs.

Quel bonheur en tout cas de sortir sur le plateau. Dans les belles pelouses du plateau, parsemée d’androsace et de gentiane, le grimpeur fourbu profite de la vie, sous un doux soleil… Petite sieste donc…

… avant d’entamer la longue mais plaiante descente jusqu’à l’abbaye…

Superbe journée qui se termine sur le parking d’Archiane. Demain Pilier Livanos!

A la descente

Descente classieuse

Voie des Briançonnais – Queyrellin – Cerces

Voie des Briançonnais – Queyrellin – Cerces

Décidemment en ce moment avec Nico on yoyote entre escalade sportive et terrain d’av… Après la Voie des Grands Surplombs au vallon de la Moulette (vieux terrain d’aventure), un épisode escalade « sportive » hier à la Paroi du Lys, on part aujourd’hui pour notre deuxième TA dans les Cerces en quelques jours. En tant que Briançonnais, nous ne pouvons louper cet itinéraire à la troisième tour du Queyrelin baptisé prosaïquement la Voie des Briançonnais (TD+, 350m)…

Une fois de plus, les infos ne sont pas surabondantes sur l’itinéraire et nous partons sans trop savoir à quelle sauce nous allons être mangés tant au niveau de la qualité du rocher que de l’équipement en place.

Notre curiosité sera finalement payante. L’itinéraire est beau et se déroule globalement sur du rocher de bonne facture. Quelques zones pétouilleuses, mais rien de bien terrorisant! Les trois longueurs d’artif se parcourent bien en libre (6c+/6c/6b+) même en tête.

Il y a de l’équipement en place surtout dans les longueurs dures mais il faut compléter. Les pitons et les camalots sont indispensables.

Paroi des Lys – Rouge désir et le haut dans le Gaz

Paroi des Lys – Rouge désir et le haut dans le Gaz

Rien à voir avec la dernière virée terrain d’av à la voie des Grands Surplombs dans les Cerces! Les voies de la Paroi des Lys se déroulent à plus basse altitude sur un rocher quasi irréprochable. Le vent du Nord qui s’est levé depuis vendredi rafraîchit nettement l’atmosphère et permet de grimper au soleil en ces lieux où l’on pourrait se faire rapidement dessécher.

La Paroi des Lys ne paye pas de mine mais on y trouve des longueurs fantastiques.

Nous attaquons par Le Haut dans le gaz (ED-, 200m). Une voie très belle, soutenue dans le 6b/6c avec un final de toute beauté! La descente en 4 rappels est rapide.

Chauffé par cette première ballade, nous enchaînons avec Rouge Désir (ED+, 100m). Première et troisième longueur (6c+) splendides avec pour ne rien gâcher en deuxième longueur un 7a+ anthologiesque!

Fin des acrobaties avec le passage du soleil de l’autre côté de la falaise! Nickel : c’est que ça caillerait presque…

Cerces – Vallon de la Moulette – Voie des grands surplombs

Cerces – Vallon de la Moulette – Voie des grands surplombs

Changement d’ambiance après la grimpe tranquille de Freissinières hier : aujourd’hui l’objectif c’est d’aérer toute la quincaillerie indispensable pour les vieux terrains d’aventure. Pitons, camalots, coinceurs… Notre dévolu est jetté sur la voie des grands Surplombs au vallon de la Moulette dans les Cerces. Une voie ouverte par une équipe de 4 forts grimpeurs en 1961, dont Raymond Renaud, l’auteur du fameux éperon Renaud aux tenailles de Montbrison

nico dans la 5èle longueur

Pendant que nous grimpons, l'orage se ramasse tranquillement

Peu d’infos dans le topo Cambon (dont le tracé est d’ailleurs partiellement faux), sinon que la voie est rarement reprise, l’équipement léger et que c’était une des plus dures escalades des Cerces à la date de son ouverture. Exactement ce qu’il nous faut!

Départ depuis le Col de Buffère sous un soleil rayonnant avec en toile de fond une bonne partie du massif des Ecrins et du Queyras. Dur de croire aux orages annoncés en fin d’aprem, mais nous sommes en montagne!

La voie est à la hauteur des promesses du topo : relativement peu équipée et des pitons en place qu’on enlève à la main!! Le passage des grands surplombs est le clou du spectacle. Une longueur d’artif (ou 7b?) puis une traversée plein gaz juste au dessus du toit…  l’escalade est vraiment sympathique sur un rocher globalement sain. Comme la voie est peu parcourue, il faut quand même se méfier de se qu’on attrape.

A quelques encablures du sommet, nous prenons une petite averse de grésil… il reste 100m à faire : on file en corde tendue jusqu’au sommet (où quelques années avant après l’ascension d’Ayla j’avais oublié un magnifique altimètre, flambant neuf!). Les rappels par Ayla sont vites expédiés ainsi que le retour à la voiture.

Nous échappons de peu à la grosse saucée!

Freissinières – Escalade : Bonjour l’ambiance et Pilier de la Saint Jean

Freissinières – Escalade : Bonjour l’ambiance et Pilier de la Saint Jean

Avec Tibo, on part pour une petite journée d’escalade plaisir à Freissinières. Objectif : se faire plaisir en déroulant dans du 6a – 6b!
Les grandes voies de Freissinières sont idéales pour ça : un rocher excellent, onirique par endroit! Certaines longueurs n’ont rien à envier au Verdon…. La descente peut se faire tranquillement à pied. Avis aux amateurs : la grande falaise de Freissinières c’est aussi la première via ferrata de France (1986), rééquipée aujourd’hui et toujours très parcourue.

Notre choix aujourd’hui se tourne vers le pilier de la Saint jean et Bonjour l’ambiance, combinaison qui nous permet d’empiler une dizaine de longueurs et de sortir tout en haut de la falaise.

Ambiance délicieuse, avec juste ce qu’il faut de brise… Et pas un pelé sur la falaise… le pied!

Le pilier de la Saint Jean fait 120m et se parcourt en 4 longueurs ou 3 grandes. Il se descend en rappel mais il est aussi possible de rejoindre la vire centrale.

L1 : dépasser le premier relais pour faire relais 10m au dessus à droite. 40m, 6a

L2 : là aussi on a sauté un relais ce qui donne une belle longueur de 45m en 6b

L3 : le pas de 6c au départ, plutôt bloc puis un joli 5sup qui déroule.

La jonction avec le sentier n’est pas « tracé » : c’est du tout terrain, mélange escalade – jardinage mais jamais dur.

 

Bonjour l’ambiance. A part la première section en Vsup, tout est classe voire grandiose avec une mention spéciale pour les deux dernières longueurs digne du verdon (avec en plus des inclusions de silex). Le 7a est coriace en libre.

On a chinté le premier relais pour faire une longueur de 50m.

 

St-Guilhem-le-désert – La Cardaire

St-Guilhem-le-désert – La Cardaire

Photos du petit trip artif à Saint-Guilhem-le-Désert dans une belle petite face toute penchée.

La Cardaire : 180m, A2 et 6b obligatoire.

Le passage du toit sommital est probablement un des passages les plus aériens de toute la Côté d’Azur, sinon de toute la Méditerrannée. Parole!

Après un début un peu laborieux dans le bas de la voie (grimpeurs mous, cerveau lents, …) le haut de la voie nous offre un vrai moment de grâce, suspendu dans ce toit avec 180m d’azote sous les pieds!

Merci à Jo, plus habitué en ce moment aux chantiers poussièreux qu’aux belles falaises déversantes de m’avoir suivi dans ce plan!

Mitchka – Grand Pic de la Meije

Mitchka – Grand Pic de la Meije

Mitchka deuxième!

Après les déboires de la tentative précédente une 15aine de jours avant, je retourne avec Seb pour essayer de terminer Mitchka et au passage récupérer ce malheureux chausson que j’ai égaré sur le Fauteuil.

Cette fois ci, nous dormons au refuge du Promontoire où nous sommes seuls avec les gardiens le premier soir.

L’ascension se déroule sans accroc. Forcément vue la fraicheur de ma dernière visite dans le secteur l’itinéraire en bas, je le connais par coeur! Par contre pas la moindre trace de mon chausson sur le Fauteuil malgré 1/2h de recherches. Tant pis, ça aurait été trop beau!

La seconde partie de la voie au dessus de la vire du glacier Carré est vraiment magnifique. Rien à dire! Seul un pas nous échapperas à vue dans le dernier 7a. Sortie au sommet du Grand Pic pour la deuxième fois en 15 jours et encore le même bonheur!

Mitchka – Grand Pic de la Meije – But

Mitchka – Grand Pic de la Meije – But

Mitchka au Grand Pic de la Meije, la voie à la mode de l’été 2010! A peine terminée, cette voie équipée par Christophe Moulin en plusieurs étapes a connu de nombreuses répétitions et des commentaires élogieux. La première partie déjà équipée depuis plusieurs années se déroule sur la partie gauche de la face sud de la Meije, sous le glacier Carré. La partie fraichement ouverte se faufile dans le bastion sommital avant de rejoindre le point de jonction de l’ensemble des voies de la face sud (Pierre Allain, Vaches qui rippent, Dossier du Fauteuil).

Il nous fallait aller voir!

Première tentative avec Sylvain et Raph en cette fin de mois d’août.

Malheureusement cette essai ne sera pas transformé suite à une succession de facheux évènements : perte d’un chausson, section d’une des deux cordes, perte du topo. On n’a fait « que » la première partie jusqu’à la vire et on est sorti par la Pierre Allain pour quand même aller au sommet.

Cette première partie n’est certainement pas comparable au Grand Capucin n’en déplaise à Mr. Cambon mais tout de même très belle avec notamment deux longueurs magnifiques : le 7a et son bidoigt et le 6b avant la vire avec un bon dülfer des familles.

Malgré le changement de programme (les 7a du haut en grosses, je les sentais pas), on s’est régalé. La sortie par la Pierre Allain est vraiment classe et c’est toujours un grand moment que d’arriver au grand Pic.

Pour Mitchka la partie ne fut que courtement remise puisque nous parcourerons la partie supérieure une 15aine de jours plus tard avec Seb : deuxième tentative à Mitchka, Grand Pic de la Meije

Grand Capucin – O solé mio

Grand Capucin – O solé mio

Suite du trip avec la Vergeat…
Direction le mythique grand Capucin, passage obligatoire pour tout grimpeur-montagnard qui se respecte!
Petit biwouac au pied.
Je pars avec la galinette dans O Sole mio, le reste de l’équipe ne sera pas loin dans la Voie des Suisses.
Cette voie « O Solé mio », c’est une vraie perle! A part au début, les choix d’itinéraire ne sont pas très complexes : dans les fissures, et vaille qué vaille! Tout se déroule sans anicroche… Un relais un peu saturé mais rien de bien méchant à côté du joyeux bordel dans la voie des Suisses.

Nico dans o Sole Mio Grand Capucin

Dans O Sole Mio au Grand Cap

Martin en technicolor dans la voie des Suisses

Au sommet du Grand Capucin

Jady - ouné gran capuccino per favor!

Du sommet, nous traçons avec la galinette sans attendre les collègues coincés dans les bouchons de la voie des Suisses. C’est que la demoiselle à une benne à prendre!
Croyons leur faire gagner du temps pour la suite, je démonte le biwouac et plie leurs affaires (finalement ils redormiront là et me maudiront d’avoir tout plié!).
Pour ma part j’ai reçu un petit coup de fil de Sylvain qui veut faire le pilier Gervasutti le lendemain à la première benne. Du coup je reste bivouaquer au col du Géant. Toute la soirée j’attends les collègues de la Vergeat imaginant qu’ils viendraient rebivouaquer par ici. Je me prépare un bon gueuleton avec tout ce qu’il me reste comme bouffe : deux biscuits et quelques pruneaux. Ca me fait une curieuse petite soupe….

Envers des Aiguilles avec la Vergeat

Envers des Aiguilles avec la Vergeat

Petite session varappesque avec la Vergeat team ainsi baptisée par la gardienne de l’Envers des Aiguilles…
Objectif tater du beau granit en montagne en piégeant du camalot partout où ça peut!
On démarre par deux belles journées à l’Envers des Aiguilles dans le massif du Mont-Blanc.
Avec Arno nous allons faire un tour dans Vaisseau Fantôme. C’est dingue comme quelques mois après je n’ai aucun souvenir de cette voie. Rien! Foutue mémoire… (ni aucune photo d’ailleurs)
Au retour par contre on s’est arrêté au pied de la pointe des Nantillons pour s’exciter dans une fissure en 6c d’une divine pureté (la fissure de « Une gueule du Diable »). On retrouve là nos compagnons de la Vergeat qui redescende en grande forme de la Guy Anne. Du coup une petite séance de couenne collective s’organise pulvérisant par la même le record de densité de sudistes dans le massif. On a laissé un peu de grain sur le rocher pour les suivants

Le lendemain avec la galinette, on part grimper California Dream, pure petite beauté!
Suite des aventures au Grand Capucin.

Paroi rouge et Pluie en août – Archiane

Paroi rouge et Pluie en août – Archiane

Petit pélerinage avec Sylvain à Archiane pour parcourir une des grandes classiques du Vercors, la Paroi rouge, ouverte dans les années 1960 par Leprince Ringuet auteur aussi d’une très belle autre classique au Glandasse, le pilier Leprince Ringuet. Cet itinéraire est pour le moins « couillu » puisqu’il se faufile dans une paroi déversante, un peu comme la voie des Parisiens aux trois Becs.

Pour accéder au départ de la voie il y a plusieurs options : soit monter par la grande vire qui traverse toute la falaise d’Archiane, soit gravir la première partie par une des voies qui existe.

Nous optons pour la deuxième solution par Pluie en août une voie « moderne ». Celle ci ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Une première longueur sympathique en dièdre et une troisième très jolie sur du beau rocher gris. Le reste très moyen, sans intérêt… M’enfin bon ça nous dépose sur la vire, c’était ça le but!

Suite des aventures dans la Paroi rouge. Nous traversons trop à gauche et démarrons dans ce qui semble être une voie sans trop de conviction. Je monte quinze mètres. Il me manque 5-6 mètres pour me rétablir sur la vire mais sans pitons c’est vraiment trop banzaï et pas facile du tout! Il s’avère que c’est le départ des copains d’abord une voie d’artif. Longueur donnée en 6c. Retour au point de départ et en se concentrant un peu on trouve la longueur de jonction avec la vire qui mène au départ de la paroi rouge.

L’escalade est sympathique bien que moins jolie à mon goût que le Pilier Livanos mais l’ambiance est hallucinante!

Notre ascension se déroule sans accrocs. L’évènement du jour sera la rencontre avec un vautour et son oisillon qui ont élu domicile à R2. Sylvain sera contraint de négocier ferme avec la maman pour qu’elle le laisse manoeuvrer et me faire monter. Pour déranger le moins possible tout ce beau monde, nous décalons notre relais le plus qu’on peut et tâchons de ne pas trop trainer. Pendant que je grimpe la longueur suivante, l’oisillon regarde Sylvain terrorisé pendant que la mère qui à pris les airs d’un coup de thermique nous surveille de prêt! Ambiance…

Calanques, futurs croulants, dents de la mer et toits branlants

Calanques, futurs croulants, dents de la mer et toits branlants

Petite session Calanques avec Tibo sur deux jours avec pour objectifs deux terrains d’aventure comme les Calanques en ont le secret. Le critère de sélection des voies gravies était que le nom fasse peur!

C’est donc tout naturellement que nous nous dirigerons le premier jour vers la voie des toits branlants à Castelvieil et le deuxième jour vers la voie des futurs croulants à la falaise du Belvédère. En bonus, après les toits branlants, nous gravissons les dents de la mer une superbe voie moderne. Je me demande bien comment Tibo m’a fait confiance pour me suivre dans ces voies aux patronymes si effrayant!

FutursCroulants

La classique photo des Croulants

y a t'il quelqu'un au bout de la corde

Y a t'il quelqu'un au bout de la corde?

Magie des Calanques

Magie des Calanques

Les toits branlants, c’est une très belle voie non équipée (2 pitons et quelques lunules en place) globalement bien protégeable au niveau des difficultés.
Et dans quel cadre!!!

On s’est fourvoyé dans la troisième longueur. On a posé R3 dans le champignon (à l’ombre). Du coup en L4 on est parti dans une large cheminée qui vient buter sous un toit pour retraverser ensuite sur la gauche dans une zone un peu sale, peu prisue et délicate à protéger (6a+, variante sans intérêt).

Ensuite malgré notre état de déshyratation avancé nous n’avons su résister à la tentation d’une petite visite dans les Dents de la mer si proches. Deuxième sortie sur le plateau avé le soleil qui se couche. Et bé sas qué s’était beau putaing!!!

Meije Grand Pic – Voie Allain-Leininger

Meije Grand Pic – Voie Allain-Leininger

La Face Sud Directe du Grand Pic de la Meije dite aussi la Pierre Allain est un monument historique de l’alpinisme dans les Ecrins. La voie a été ouverte en deux fois en septembre 1934 jusqu’à la vire du glacier Carré et l’été 1935 jusqu’au sommet. En 1934, arrivés aux vires du glacier Carré, Raymond Leininger et Jean Vernet jugent que la voie est terminée et souhaitent contourner le bastion sommital par la gauche pour rejoindre la voie normale. Pierre Allain lui veut ouvrir une directe mais devra bien pour cette fois se rallier à la majorité. C’est l’année suivante qu’il convaincra Raymond Leininger d’aller achever cette directe qui deviendra par la suite une des plus grandes classique des Ecrins. Il atteindront le sommet à 14h30, horaire qui en dit long sur leurs bonnes qualités de grimpeurs!

Cette directe se déroule sur un rocher excellent de haut en bas et se faufile astucieusement, toujours au plus facile dans cette face.

Pierre Allain qui a donné son nom à cette voie fut un des plus grands alpinistes et grimpeurs français. On lui doit de nombreuses premières dans le massif du Mont Blanc (face Nord des Drus, traversée des Aiguilles de chamonix, 3ème de la Walker, etc…) et des Ecrins (Directe à la Meije, Arête Sud Ouest Pic Sans Nom) ainsi que des expéditions lointaines. Ce Bleausard est par ailleurs le père de quelques inventions : le chausson d’escalade, le mousqueton en alliage léger, le descendeur, le sac de couchage en duvet, excusez du peu! Il a aussi inventé le décrocheur, une sorte de rappel éjectable qui n’a jamais vraiment conquis les foules, bien qu’apparemment très fonctionnel. Bref, une figure incontournable de l’alpinisme.

Tous les amoureux du massif (et pas que) rêvent de parcourir un jour ce monument qui n’a pas pris une ride en 70 ans. L’escalade jamais extrême reste sérieuse avec un bon sac sur le dos. Au fil des répétitions, de nombreuses variantes ont vu le jour mais toutes plus difficiles que l’itinéraire original. Le jeu est donc d’avoir le flair pour passer au plus facile. Le caillou est excellent tant dans les granites jusqu’aux vires du Glacier carré que dans les gneiss au dessus. Tout ça sur le sommet emblématique du massif : une voie parfaite quoi!

C’est avec Ben que je pars gravir cette voie dont nous rêvons tous les deux et que nous avions évoqué lors de notre précédente ascension du Pilier Desmaison au pic de Bure. Nous remontons le long vallon des Etançons, sur lequel regne la reine Meije, pour aller dormir au refuge du Promontoire.

La Meije au fond du vallon des Etançons

La Reine règne sur son domaine

A notre grand étonnement, le refuge est blindé! C’est la soirée de cloture du refuge et de nombreux amis des gardiens sont montés en plus des alpinistes. Ambiance conviviale donc et une nuit dans les combles dans un concert de ronflement et une chaleur torride. Les grands moments de la vie en refuge!

Après cette courte nuit, nous attaquons l’approche par les rappels du Crapaud. En une petite heure nous sommes à l’attaque. Trop gourmand, nous partons à corde tendue à 50m, ce qui n’est absolument pas conseillé quand l’itinéraire tortille. Le tirage finit par avoir raison de notre progression et nous perdons une bonne demi-heure à retrouver une configuration plus adaptée. Nous parcourons l’itinéraire tranquillement et sans souci et débouchons en 7h au sommet, légèrement fourbus par le poids des sacs.

 

Passage en V+ dans la Pierre allain

Passage en V+

Rassemblement au relais avant la cheminée verte

Meeting point

Alpinistes au niveau de la dent Zsigmondy

Alpinistes au niveau de la dent Zsigmondy

Dans le bastion sommital de la Pierre allain

Dans le bastion sommital

Grand moment de bonheur au sommet, à se dorer la pilule et pour la première fois contempler les arètes que nous avons déjà tous les deux traversées mais dans le brouillard!

 

Vue sur la traversée de la Meije

Les arêtes les plus connues du massif?

C’est vraiment le pied de pouvoir savourer l’ivresse d’un sommet et ne pas s’enfuir à peine arrivés!

 

Nico avec la vierge du grand Pic

Marie mon amour

Cette douce béatitude a malheureusement une fin et nous entamons la descente de la voie normale que je connais déjà pour y avoir pris un but avec Jade et Arno. Les rappels s’enchainent jusqu’au Glacier carré.

 

Les rappels au dessus du Glacier carré

Rappels au dessus du Glacier Carré

La désescalade du glacier, en glace sur le haut nous demanderons encore toute notre attention.

 

Désescalade du Glacier Carré

Rester concentré!

Puis nous reprenons les rappels à partir du Pas du chat. En bas nous bifurquons dans les rappels de l’Horreur du Bide, une voie « moderne » que j’avais parcouru peu de temps avant.

En 3h45 nous mettons pied sur le Glacier des Etançons en même temps que les premiers coups de tonnerre et quelques gouttes d’eau!

Nous serons finalement épargnés par l’orage jusqu’à la Bérarde où nous jouissons autour d’une bonne bière de la satisfaction du rêve accompli!

 

 

Pic de Bure – Pilier Desmaison

Pic de Bure – Pilier Desmaison

Avec l’ouverture du Pilier Est du Pic de Bure, le fameux pilier Desmaison, René (notre maitre à tous!) signe là un des chefs d’oeuvre de l’époque. Cette ascension restera pendant plusieurs décennies une entreprise très difficiles, probablement la plus dure des massifs calcaires des Alpes françaises. Aujourd’hui évidemment des itinéraires bien plus difficiles ont été ouverts dans les Alpes, évidemment le matériel rend l’escalade moins délicate et exposée mais ce pilier n’en reste pas moins une ascension sérieuse et incontournable pour les afficionados !

C’est avec Benoit que je pars tenter cette ascension. Nous optons pour un bivouac dans les prairies sous le pas du Follet. Au pied de la face Est du Pic de Bure!

La descente du pas du Follet au petit matin en baskets réveille bien. Ce passage vraiment délicat est à prendre avec beaucoup de précaution : c’est le passage le plus délicat de la journée!

A 7 heures du matin nous sommes à l’attaque: il y a beaucoup de vent, ça meule sévère, on grelotte! La journée va être longue! Effectivement la goutte au nez ne nous quittera pas de la journée et nous frissonerons à tous les relais, toute la journée! Gla gla!

L1 et L2: avalés en une longueur, c’est conseillable d’ailleurs. Le relais sous le toit est confort. Sinon c’est relais pendu avant d’attaquer l’artif. Et une petite onglée au relais! Toujours à l’ombre. 45m

Première longueur du Pic de bure

Première longueur

Dans la première longueur de la Voi Desmaison

Fin de la première longueur (6c ou A1)

L3: ça courre, on se réchauffe, soleil timide – 40m

L4: longueur très (trop?) équipée. D’ailleurs, trois pitons tout neufs et inutiles à récupérer pour les amateurs (nous on avait malheureusement pas de marteau) – 30m

 

Dans L4 du pilier Desmaison

L4, un beau 6a+

Dans L4

Un calcaire assaini au fil des passages

L5: longueur en traversée – 35m

Nico à R4

Relais avant la traversée, ça pèle!

La traversée de L5

Le gaz se creuse dans la traversée de L5

L6: magnifique rampe! 45m

Quelque part dans la Voie desmaison

Quelque part entre le pied et le sommet du Pic de Bure!

La rampe de L6
La rampe de L6

L7: faire attention où on met les pieds, Ben a failli s’envoler 10 m au dessus d’un camalot et s’est rattrapé inextrémis. ouah! ça fait froid dans le dos! En fait il a loupé un piton en montant d’où l’engagement!. Un peu calmé, il a préféré passé dans le dièdre à droite que l’on quitte tout de suite à gauche par un pas en traversée pour rejoindre les gradins. Ca passe également tout droit dans les blocs comme le dit le topo (piton) – 35m

L8 et L9: gravit en une longueur moyennant environ 10m en corde tendue. III+ pas équipé du tout. L’écaille décollée est de toute beauté, un vrai régal! (garder à l’esprit qu’un jour elle partira sans préavis) – 60m

L10 et L11: en une longueur de 40m à condition de bien gérer le tirage…

L12: le passage le moins bon niveau qualité du rocher. y a quand même bien pire!

L14: après le relais facultatif monter droit voir légèrement à droite pour récupérer la zone la plus faible. Rejoindre le fil de l’arète le plus haut possible. Relais sur le fil (blocs + 2 pitons).

L15-L16-L17: corde tendue. 70m

L18-L19: une longueur de 50m en gérant le tirage.

L20: remonter la fissure sur 5-6 m puis traverser franchement à gauche. Franchir un petit mur (V) et ateindre facilement un relais. 40m.

L21: pas de L21! Puis corde tendue jusqu’au sommet, c’est de la marche.

Le plateau du Pic de Bure est un paysage insolite, complètement lunaire!

Sur le Plateau du Pic de Bure

Retour par la Lune

Descente en 1h30 sans problème par la combe de Bure (le rappel se trouve facilement: il n’est pas au bord du vide mais en retrait sur une dalle). Nous récupérons sans trop de détour les affaires de bivouac.

 

L’ascension nous a demandé 7h d’effort avec le froid du jour.

L’approche : 1h jusqu’au bivouac et 30 minutes jusqu’au pied de la voie.

Eperon Renaud aux Tenailles de Montbrison

Eperon Renaud aux Tenailles de Montbrison

Après la Traversée des Aiguilles de Sialouze d’avant hier et la belle escalade d’hier au Pilier rouge hebdo, j’enchaine avec Tibo toujours dans le massif de Montbrison mais de l’autre côté, aux Tenailles de Montbrison. Les Tenailles de Montbrison c’est ce joli bout de caillou qui domine Briançon et qui est, en quelque sorte l’envers, de la Tête d’aval de Montbrison…

Les voies font 300m, le caillou est excellent et le style exigeant!

Nous choississons la voie la plus facile pour faire connaissance avec ce lieu : l’éperon Renaud. Cette voie historique a été ouverte en 1965 par Raymond Renaud, guide local qui sera le plus jeune prof de l’Ensa (l’école des Guides). Avec cette ascension, Raymond Renaud souhaitait faire vivre à ses compagnons de cordée une vraie première (et aussi éviter que la cordée Desmaison-Kelle qui sévissait au même moment à la tête d’Aval ne leur « vole » cette ascension).  La compétition existe parfois en montagne.

La face SE des TEnailles de montbrison

Les Tenailles

La voie prend le soleil dès le levé… Dans la deuxième longueur et à L2 : des édelweiss!

Edelweiss dans le bas de l'éperon Renaud aux Tenailles de Montbrison

L'edelweiss et son duvet moelleux

Les premières longueurs sont faciles et l’on rejoint la zone du « totem ». Jeux d’ombres.

Jeux d'ombres Tenailles Montbrison - Eperon Renaud

Jeux d'ombres

Etrange totem Tenailles Montbrison - Eperon Renaud

Etrange Totem

De là on peut contempler la Diagonale, cette belle fissure oblique que Raymond Renaux à l’époque à gravi en libre avec trois pitons! Aujourd’hui, l’équipement est nettement plus moderne et rapproché ce qui permet de grimper sereinement dans ce 6a bien athlétique. Respect l’ancien!

La fissure en 6a+ Tenailles Montbrison - Eperon Renaud

La fisstrouille

Au dessus encore une très belle longueur dans le dièdre (antépénultième longueur) avec un passage pas évident non protégeable à l’ouverture (fissure large) avec un beau spit maintenant! Respect encore aux anciens!

Cette voie permet de comprendre l’explosion vers le haut du niveau en escalade. Les anciens n’étaient ni plus manches, ni moins physiques qu’aujourd’hui mais les techniques d’assurage et le matériel utilisé bridaient en quelque sorte les possibilités. Aujourd’hui le 6a, autrefois limite des possibilités en escalade, est un niveau démocratisé grâce aux chaussons d’escalade et aux spits.

L’éperon Renaud n’en demeure pas moins une vraie petite merveille!

Tête d’aval – Pilier rouge hebdo

Tête d’aval – Pilier rouge hebdo

De retour de la traversée de Sialouze, l’envie de grimper à la Tête d’aval nous démange avec Ben. Nous choississons de gravir le Pilier Rouge Hebdo, une des voies les plus abordables de la paroi. Si nous avons la frite, nous sortirons le deuxième bastion par la voie Kelle.

Le pilier Hebdo fait 300m. La voie suit une ligne de faiblesse évidente. L’escalade est soutenue dans le 6a avec une ou deux pointes au dessus. Le rocher est parfait et l’ambiance, comment dire interressante! Si la voie n’était pas équipée, le Pilier pourait se gravir presque intégralement en trad…

A la sortie de la voie, nous avons du temps et de l’énergie à revendre et nous enchainons donc avec la seconde partie du pilier Kelle qui complète à merveille le Pilier rouge Hebdo. Nous descendons par les rappels de Ranxerox puis les rappels dans les grand toits toujours aussi classes!

Du bonheur cette Tête d’aval!

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