Ecole de glace

Ecole de glace

Première journée de ce we initiation à l’alpinisme avec par ordre d’apparition : Louis, Stan, LouiJ, Perci, Henri, Justin et la toute dernière recrue Régis! Pour cette première journée, on va se dégourdir les bras et et les mollets sur la rive gauche du Glacier Blanc. On démarre sur des profils de glace peu raides pour bien comprendre comment tiennent ces drôles d’engins avant de progressivement corser la difficulté. Tout le monde se prend au jeu et les progrès sont rapides. En fin d’après-midi, nous partons vers le coeur du glacier, pour une petite balade au milieu des crevasses encore bien cachées par la neige en ce début de saison. L’encordement et la corde tendue prennent tout leur sens. On avance à tâtons en faisant quelques crochets pour contourner les zones douteuses. Le temps passe vite et nous rentrons tout juste au refuge que déjà il faut se mettre à table. C’est rude parfois!

But au Dôme des Ecrins

But au Dôme des Ecrins

Dôme des Ecrins en 2 jours. Avec Fabien et Pierre, nous gagnons un refuge des Ecrins déserté depuis la fermeture. Loin de la ferveur de l’été où pas loin de 120 personnes s’entassent dans la grosse bicoque, nous sommes une petite dizaine en cette période pré-automnale. Une ambiance bien calme. Nous faisons connaissance devant un petit apéro monté par nos soins.

Dehors, le Dôme joue les timides et se cache dans les nuages. En début de soirée, il se dégage enfin… Depuis les chutes de la semaine dernière, la trace est refaite mais passe, une fois n’est pas coutume en plein sous les séracs! La météo annonce quelques précipitations possibles cette nuit mais lorsque nous nous couchons vers 9h30, le ciel est magnifiquement étoilé!

Vers 1h30, je me lève pour aller me soulager dehors : il neige fort! Déjà 10cm de fraiche se sont posés autour du refuge. Oups!

Réveil 4h : ça s’arrange pas, il tombe une légère bruine! “OK les gars, rendormez-vous, on décale!”

5h : il ne bruine plus, la visi a un peu augmentée. Debout! On espère être dans le créneau des éclaircies annoncées par Météo france

Sur le faux plat du Glacier Blanc, l’ancienne trace est déjà bien recouverte et le plafond nuageux joue avec nous et nous englobe à plusieurs reprises… La visibilité devient quasi nulle, il faut sortir le radar!!

Nous arrivons finalement au niveau de la coulée des séracs. Je retrouve l’ancienne trace mais préfère ne pas la suivre et pour cause! Elle passe en plein dans l’axe des séracs! Nous contournons plus sagement la coulée par sa rive droite, ce qui permet de s’exposer  nettement moins… Au pied de la face, les cumuls de neige sont plus importants… En l’absence de traces, on s’enfonce parfois jusqu’au dessus du genoux… La couche de cette nuit atteint 20cm mais on brasse aussi dans l’ancienne partiellement transformée… On rejoint plus haut la trace qui coupe sous les séracs… On brasse un peu moins mais la trace est raide et pas toujours évidente à suivre surtout quand la visibilité se réduit à 2 mètres.

Plusieurs choses m’inquiètent : vers 3500m nous arrivons dans une zone assez crevassée et rien n’est visible… La neige récente masque les crevasses mais ne les bouche pas : terrain miné donc! Deuxième chose : les sections où l’on brasse jusqu’au genoux voir à mi-cuisses deviennent de plus en plus fréquentes… la neige tombée la semaine dernière est tombée avec de très forts vents et a très peu transformé. La couche de cette nuit tombée sans vent est venue la surcharger… Vue les accumulations, dans les pentes les plus raides de notre itinéraire, le risque d’avalanche est très loin d’être négligeable!! Troisième chose : du fait des conditions, nous sommes lents. Si ça continue il nous faudra encore 3h pour faire les 500 derniers mètres et il est déjà 9h… et mes compagnons ont déjà laché pas mal d’énergie dans les premiers 500m… Dernière petite chose, accessoire : vue la visibilité, il y a t’-il un quelconque intérêt à monter là haut?

Au vue de cet ensemble d’observations, je prends la décision de faire demi-tour à 3500m. C’est toujours décevant d’arriver là, de sentir le sommet à portée de main et de poumons. Mais comme dirait l’autre : “Si tu ne renonces jamais à rien, tu ne vieilliras pas, c’est certain!

En redescendant sur le Glacier Blanc, on se retourne souvent pour regarder le Dôme qui reste caché dans son nuage… vers 12h une belle éclaircie puis la mélasse revient..

Nous mettons à profit l’énergie économisée à ne pas monter le Dôme en nous lançant dans une descente effrénée vers le Pré de Madame Carle… Là, même si le sommet n’a pas été atteint, nous ne manquons pas de prétextes pour s’envoyer tartes aux myrtilles et demi au refuge de Cézanne! Puis je laisse Pierre et Fabien à leur long retour vers Paris.

Dôme des Ecrins – A la Milanaise!

Dôme des Ecrins – A la Milanaise!

Dôme des Ecrins en 2 jours. C’est en bande organisée que nous opérons un véritable hold-up sur le Dôme des Ecrins! Nous sommes 9 sur ce gros coup : 4 Milanais (Franck, Alex, Manu et Aymeric), deux Parisiens (Tom et Cyril), une Briançonnaise (Vanessa, ouf un peu de féminité dans ce monde de brute) et les deux cerveaux de la bande de provenance inconnue bien que douteuse.

Premier jour : apprentissage du maniement des armes. Dans un lieu isolé des regards, l’équipe s’entraine dur. Environnement hostile, techniques subtiles… rien n’est laissé au hasard. Après ce petit galop d’essai, nous remontons en catimini le long du Glacier Blanc jusqu’au refuge des Ecrins où nous attends Jeannot notre contact pour le Dôme… Au refuge, nous sommes nombreux mais nous nous fondons dans la masse… Personne ne doit connaitre notre projet… L’équipe se couche tôt à l’exception des deux cerveaux qui en profitent pour infiltrer le staff du refuge à coup de grappa…

Deuxième jour : branle bas de combat à 3h30…. caramba! nous ne sommes pas seuls sur le coup semble-t-il. Une véritable descente aux flambeaux est improvisée dans la Côte de la Mort sous le refuge. Beau spectacle. Nous laissons filer le gros des prétendants, c’est notre tactique… La lune nous accompagne jusqu’au pied des séracs où elle est relayée par les premières lueurs du jour… Quelques signes de fatigue dans la première côte mais la force du groupe porte tout le monde… Les deux cerveaux, plus opérationnels que jamais maintiennent le sérieux et la rigueur nécessaire à l’opération. Pas question de rigoler, l’affaire est sérieuse. Et finalement, à force de, nous réalisons un beau petit hold-up : se retrouver entre nous au sommet du Dôme alors que 80 personnes aujourd’hui ont foulé le sommet! Enfin entre nous : presque! Deux gars de la Chartreuse font de la résistance… et nous offrirons une tournée générale de ce délicieux nectar moinesque produit par chez eux… Bon moment de rigolade collectif! Mais cela ne peut durer : nous devons filer avant d’être attrapés… […] Quelques poignées d’heures plus tard, notre gang est réuni autour d’une bonne tablée où la bière et les magnums coulent à flot…

Bravo à tous, l’affaire a été rondement menée dans la rigueur, l’austérite et la discipline nécessaire au bon fonctionnement d’une  telle opération!! Au plaisir de vous revoir!

Dôme des Ecrins

Dôme des Ecrins

Dôme des Ecrins en 2 jours. Après la bonne relâche d’hier après midi sur la terrasse du refuge des Ecrins, la journée attaque sous un angle nettement moins vacancier qu’hier. j’en veux pour preuve l’heure de réveil : 3h15. Mais bon sang on a pas idée de se lever si tôt? Dans l’agitation matinale du refuge il n’est pas toujours facile de s’organiser et de retrouver ses affaires… C’est là qu’on est content de s’être un minimum préparés la veille! Passée la descente de la Côte de la mort, on peut chausser les crampons et reprendre jusqu’au pied du Dôme une paisible somnolence sous un plafond étoilé de toute beauté. Nous laissons passer une cordée d’italiens bien trop bavarde à notre goût… Aux résultats du Championnat de foot italien nous préférons, c’est curieux, notre silencieuse méditation! Nous parvenons au bout du faux plat où débute la véritable montée au Dôme. Nous profitons de la sécurité de l’endroit pour nous ravitailler. Malgré les préconisations de Jeannot le gardien du refuge des Ecrins, plusieurs cordées filent droit dans la chute de séracs et certaines y font même leur pause. No fear.

Pour notre part, nous contournons au plus bas et le plus à gauche possible ce monstre de glace. La trace est du coup bien raide mais  nous expose beaucoup moins aux chutes potentielles de séracs. Nous avançons d’un rythme régulier vers le replat au milieu de la face où nous sommes accueillis par les premières lueurs matinales. Tout au long de notre montée, le soleil levant joue avec la crête de Barre Noire et tantôt apparaît, tantôt se cache… C’est ainsi à trois levés de soleil que nous assistons!

Au dessus du replat, l’altitude devient palpable, le souffle se fait plus court, les pauses plus fréquentes… Enfin la grande traversée sous la Barre des Ecrins et l’on attaque le dernier raidillon où l’on passe la barre des 4000m. Ensuite c’est comme dans un rêve, l’arrivée au Dôme est féerique, tout en rondeur complètement Samivéliennes. Nous nous embrassons. La belle émotion de mes compagnons fait vraiment plaisir à voir. Bravo à tous les trois!

Les conditions météo sont excellentes aujourd’hui et l’on peut prolonger ces instants de bonheur à souhait sans fuir immédiatement vers le bas. L’occasion de faire connaissance avec nos voisins de cordée à la répartie un peu brutale! Bref… Si certains sont convaincus que la montagne est à tout le monde d’autres ressentent avec peut être un peu plus d’humilité qu’elle n’est à personne!

Nous filons ensuite dans la longue descente. Comme le plongeur qui revient des abysses, nous faisons plusieurs paliers…

… avant de refaire surface au Pré de madame Carle à la terrasse du refuge Cézanne. Le temps de quelques rafraîchissements, encore ivres de toutes ces sensations et ses images que nous ramenons de là haut puis nous nous séparons là où nous nous étions trouvés quelques jours plus tôt à Ailefroide. Merci à vous deux Valérie et Fred. Cette petite semaine en votre compagnie était un vrai plaisir… Isabelle, j’espère t’avoir apporté ce que tu attendais pour évoluer dans ta pratique. Merci de m’avoir fait confiance!

Graine de Cezanne

Graine de Cezanne

Au départ du refuge du Glacier Blanc, nous partons ce matin avec Isabelle pour un petit tour d’horizon des techniques d’assurage en terrain rocheux. La voie Graine de Cezanne, à quelques encablures du refuge (30min) nous fournit le terrain idéal : passages raides où l’on tire des longueurs, pose de protection, évolution en corde tendue, assurage naturel, rappel… le tout sur un rocher plus que correct et avec quelques passages bien aériens sur fond de Pelvoux, pour changer! Les manoeuvres nous occupent un bout de la matinée puis on retrouve Fred et Valérie pour monter au refuge des Ecrins. Nous montons par le centre du Glacier Blanc ce qui offre une variante bien sympathique et guère plus longue que la traditionnelle montée en rive gauche du glacier.


Après la petite Côté de la mort comme l’a baptisée Jeannot le gardien des Ecrins, nous nous échouons au refuge devant la désormais traditionnelle omelette complète accompagnée de bière ou de coca selon. De quoi bien démarrer une après midi d’une rare intensité tant sur le plan physique qu’intellectuel. Témoignage avec le document ci-dessous.

Refuge des Ecrins - C'est pas facile tous les jours

Refuge des Ecrins - C'est pas facile tous les jours

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