Piz Badile – Arête Nord

Piz Badile – Arête Nord

Pour cette nouvelle sortie avec Antoine on monte le curseur d’un petit cran… Jusqu’au dernier moment, Tonio n’a aucune idée de ce que je lui concocte… d’ailleurs c’est bien le moindre de ses soucis, car il est plutôt affairé à trouver une façon de rejoindre notre point de rendez-vous en Engadine, vu qu’au dernier moment il n’a plus de voiture! Un bon départ banzaï tout en rebondissement de son côté!

Nous partons boutiquer pour cette session du côté du Piz Badile, une montagne emblématique des Alpes. D’altitude modeste, seulement 3300m (même pas le Pic d’Arsine), la face nord présente des morceaux de choix aux dimensions déjà intéressantes! Pour ce premier soir, nous créchons à la cabane Sasc Fura, un petit coin de paradis où nous sommes accueillis comme des rois… Il nous reste un peu de temps pour aller au pied du Badile, tâter le terrain… Après quelques hésitations, la météo nous orientera sagement vers l’arête nord… choix que nous ne regretterons pas un seul instant, surtout après avoir discuté au retour avec la cordée qui s’est fait treuillé dans la Cassin, pris dans un orage et réduite à appeler les secours après avoir lutté contre des cascades d’eau dans les cheminées…

De notre côté les choses se passent un peu mieux… Le réveil est pas glorieux : il pleut, c’était pas prévu dans le contrat ça! Une cordée renonce au refuge. J’aperçois quelques étoiles fugitives, derrière les nuages : on tente le coup, si vraiment c’est pas bon, on redescend! Finalement, le temps se dégage dans la nuit et le beau s’installe pour quelques heures. Ouf! Passé l’appréhension des débuts dans la nuit, la machine Antoine se met en route et nous fusons vers le sommet en profitant de cette incroyable escalade que propose le Piz Badile, probablement une des plus belles arêtes des Alpes s’il était utile des les classer!

L’affaire est vite pliée… 6h après le départ nous sommes au sommet du Badile… Pendant ces quelques heures passées à grimper, les cumulus ont pris de l’embonpoint et on est pas mécontents d’être sortis des difficultés avant que ça se gâte

La spécificité du Badile est qu’il n’offre pas de retour commode “à la journée”, le plus sage étant de prévoir une 2ème journée pour le retour ou un retour taxi long et coûteux. Notre plan initial était de dormir au refuge Gianetti au pied du versant sud du Piz Badile et de rentrer le lendemain en faisant une autre course… Petit imprévu : Gianetti complet! Et le gardien ne semble pas décidé à nous trouvé une solution… Alors on boit des bières pour oublier… Soit on descend dans la vallée et on se débrouille pour rallier la bagnole… soit on tente une percée vers le bivouac Pedroni mais alors on risque de se faire saucer… le temps semble s’améliorer, la bière fait son effet, on tente le bivouac.

Le bivouac presque complet, l’eau potable faisant défaut et la tentation d’un bon repas à Sasc Fura nous motiveront finalement pour faire le retour dans la journée… une bonne bavante que nous plions en moins de 4h… et une belle récompense quand nous nous vautrons dans les confortables couettes du refuge!

Le lendemain, on part sur une virée plus modeste au Pic Balzet et sa bellissime arête sud… l’approche en téléphérique n’est pas pour nous déplaire!

Piz Bernina à ski

Piz Bernina à ski

On profite des toutes récentes chutes de neige pour aller se balader avec Seb dans l’Engadine à la frontière franco suisse. L’objectif est de monter au Piz Bernina, le 4000m le plus oriental des Alpes, depuis la capanna Boval. Malgré l’altitude modeste, les glaciers sont autrement plus dodus que dans les Ecrins et nous chaussons les skis dès 2000m. Pour rejoindre la voie normale du Piz bernina, nous franchissons le Labyrinthe, une zone assez tourmentée du glacier de Morteratsch. Nous sommes en territoire romanche : les noms et les sonorités des patronymes sur la carte sont assez fendards!

Le temps peine un peu à se dégager et le léger vent du nord maintient une atmosphère bien fraîche pour la saison… Du coup on se paye une petite sieste au Rifugio Marco et Rosa. 2h plus tard, on reprend la route du sommet par la voie normale en finissant par une sympathique arête neigeuse.

Descente moins bonne que ce que l’on espérait… Les conditions de neige ne sont pas idylliques et qui plus est un peu piégeuses. A deux reprises, dans les pentes sous le sommet, nous déclenchons des plaques de peu d’épaisseur mais suffisantes pour nous embarquer les skis. Une fine couche de neige roulée semble être la couche fragile. Plus la neige descend, plus ça s’alourdit mais on arrive à faire du bon ski jusqu’au plat qui mène à la cabane. Descente à pied de la cabane au parking de Morteratsch.

Bien content d’avoir découvert cette sympathique région!

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