Raid ski Queyras

Raid ski Queyras

Après nos 3 jours déments entre Lautaret et Ubaye, nous prenons la direction du Queyras avec André et Patrick pour un tour de 4 jours sur le fil de la frontière italienne… Tranquillité, super neige, bons refuges. On boude pas notre plaisir!

Jour 1 : montée au refuge Agnel. Météo mitigée aujourd’hui. C’est pas un problème, notre ambition du jour est “seulement” de monter au refuge Agnel! Tant qu’à faire, on espère que le mauvais temps sera productif et nous posera une petite couche de poudreuse! A la faveur d’une vague éclaircie, je pars faire un petit tour au Pic de Caramantran au dessus du refuge… Un petit run en solitaire avant l’apéro.

Jour 2 : traversée vers le refuge du Viso par l’Aiguillette d’Asti et la gorge de Ruine. Belle ambiance au réveil ce matin. 10cm de fraîche sont tombés dans la nuit et il fait grand beau! Pas mal ça! Il n’y a quasiment personne au refuge et nous sommes les seuls à partir en direction du Viso… Montée splendide vers la brèche de la Ruine dans les lumières du matin avec la mer de nuage… Le vent souffle bien à la brèche et toutes les crêtes fument aujourd’hui! On fait pas de vieux os! On s’élance sur notre première descente dans une neige de cinéma! Du coup je propose à mes comparses de descendre plus bas que prévu… Trop dur de s’arrêter quand c’est si bon! 500m de poudre matinale, ça détend! Belle remontée ensuite jusqu’à l’Aiguillette d’Asti dans ce vallon sauvage entièrement vierge de traces… La montée se mérite avec un final raide où la neige file un peu sous les skis nous obligeant à finir à pied… Au sommet, le vent est tombé, comme une invitation au casse croûte! La croûte nous la casseront au sommet mais aussi dans les 150 premiers mètres de la descente… Le vent a un peu martyrisé la neige dans les zones exposées… On se sent tout de suite moins bons! Heureusement rapidement on retrouve de la neige plus flatteuse à base de poudre sur fond dur! Nous poursuivons la descente le long de la crête de Mouloun. L’endroit est de toute beauté et l’itinéraire se faufile de façon astucieuse dans ce secteur au premier coup d’œil pas spécialement taillé pour le ski… Jusqu’à la gorge de Ruine la qualité de neige est démente. La gorge est encore bien enneigée mais pas pour longtemps. 100m de border cross dans cette profonde gorge et nous voilà au bord du Guil comblés par cette descente de caractère! Ne reste plus qu’à remonter au refuge du Viso! 400m au soleil pour rendre encore meilleur la bière face au Viso et l’incontournable petite sieste au soleil… Superbe accueil, gardien aux petits oignons et un piano pour ne rien gâcher à l’affaire!

Jour 3 : Rocca del Castello – Pas du Sellard – Rifugio Jervis. Journée en deux temps aujourd’hui. Ce matin, on se dirige naturellement vers la Rocca del Castello avec pour vague intention de skier un couloir. Finalement le couloir ne semble pas si bon mais par contre les pentes que nous avons remontées, elles, le sont! 500m de pur bonheur entre poudre sur fond dur et moquette, on déguste. Retour au refuge du Viso où on s’octroie une bonne pause, l’occasion d’user un peu les transat de la terrasse et de tester les omelettes de Paulo et son fondant au chocolat! Ainsi requinqués, on peut partir sereinement vers le Pas du Sellard d’où nous basculerons en Italie. La Pas du Sellard est moins couru que le Col Sellière et j’espère bien qu’on y fera les premières traces… C’est qu’on devient fine bouche maintenant! Bingo! Le vallon s’offre à nous vierge de traces. Il va encire falloir supporter ça! Bonne poudre tassée jusqu’à 2300m où il faut trouver un passage entre les barres pour “sortir” du vallon et rejoindre le Lago Lungo… Ensuite, la neige est plus revenue, faut dire qu’après notre large pause au refuge du Viso nous sommes un peu tard pour la moquette… Enfin ça reste quand même bien skiant et on gagne rapidement le fond du Val Pellice. Les 3km de plat jusqu’au refuge Jervis passent mieux que prévu en pas de patineur. La neige est présente jusqu’à 300m du refuge… Nous débarquons à Jervis dans une ambiance complètement hors du temps… Nous sommes seuls dans le refuge qui a plus une allure d’hôtel… A nous le canapé, la chaleur du poêle, la douche et les bières qu’on enchaîne joyeusement! Avant un repas magistral où chaque assiette (3 quand même sans compter les antipastis) est une célébration de la gastronomie italienne que nous arrosons comme il se doit d’un petit vin local!

Jour 4 : Col d’Urine et Valpreveyre. Pour ce dernier jour, la météo est plus maussade que prévue. Nous profitons d’un petit déjeuner gargantuesque avant de se lancer sur notre dernière étape. L’étape du jour attaque par un portage d’une heure au dessus du refuge. Nous remontons le vallon en direction du Col d’Urine avec un vent soutenu de face, pas des plus agréables. La neige n’a pas regelée, pas très prometteur tout ça! Le ciel se bouche et rapidement il devient évident que nous ne monterons pas à la Maït d’Amont notre objectif initial… Passé le col nous fuyons donc vers la France où nous attend du ski finalement très correct de ce côté là. Nous descendons jusqu’à Valpréveyre sans déchausser! Grâce à la voiture déposée là quelques jours plus tôt, nous gagnons facilement notre dernière étape, le charmant petit resto de Ville Vieille pour finir de belle façon cette fantastique semaine que nous avons passés ensemble

C’était un plaisir de se re-trouver les skis au pied cette fois. Merci pour tous ces bons moments et pour votre totale adhésion à mon fonctionnement à l’impro! Rendez-vous l’année prochaine!

Raid dans le Queyras

Raid dans le Queyras

Je guide pour 3 jours une bande d’énervés dans les confins du Queyras. Les jours se suivent et ne ressemblent pas! Une première journée dans le beau et la moquette, une seconde journée dans une ambiance changeante autour du refuge de la Blanche et enfin un final en apothéose dans une poudre made in Japan en plein coeur du retour d’est. Le tout agrémenté de bons gueuletons, de bonnes rigolades et d’une cohésion de groupe à toute épreuve! Pas tous les jours évident ce métier!

Le compte rendu complet du raid est visible sur le site d’Horizon-Rando

Tour des Ailefroides – Col de la Temple

Tour des Ailefroides – Col de la Temple

4h30 : le chat du refuge vient me réveiller de ses doux ronronnements. Plutôt pas désagréable comme réveil. 4h45 : j’attends mes amis à table pour le petit déj’ mais ça ne semble pas trop bouger. Je vais faire un tour dans le dortoir et découvre une bande de marmottes récalcitrantes. Boules Quiès et fatigue de la veille, personne ne bouge. Une mutinerie? Soyons indulgent, nous ne sommes pas pressés aujourd’hui, nous n’avons qu’à rallier le Pré de Mme Carle. Une rigolade pour nous si habitués à coupler les journées! Nous nous levons si tôt car le gardien ne fait qu’un service de petit dej’ en même temps que les prétendants au Pic Coolidge. On le comprend.

Nous démarrons tranquillement au petit jour la montée vers Temple Ecrins. Les organismes sont rouillés. On y va piano piano. Sous le col quelques névés que nous franchissons sans crampons puis enfin le Col de la Temple, point culminant de notre tour. Fini donc les montées! Nous y sommes accueillis par un franc soleil. On s’accorde une bonne grosse pause pour savourer ces instants merveilleux en se dorant la pilule. D’ici, le bassin du Glacier Noir est magnifique. Détendus, l’ambiance est à la rigolade…

Si les montées sont finies, il n’en est pas de même pour la descente. Pas moins de 1500m jusqu’au Pré de Madame Carle, de quoi satisfaire les guiboles. La descente du Col de la Temple demande un peu d’attention comme au Col du Sélé mais en moins dur. On rejoint le Glacier Noir, pour un peu de tourisme glaciaire. La descente du Glacier à cette période n’est pas de tout repos. Hormis la première partie, le Glacier Noir est un vaste tas de caillou, parfois mouvants (!) où il faut bien surveiller où on laisse trainer ses pieds. Et c’est long! L’ambiance est sacrément austère au milieu de toutes ces faces Nord de plus de 1000m. Mes compagnons me regardent incrédules quand je leur explique que régulièrement des êtres humains trainent dans ces hautes parois. Enfin nous arrivons à la jonction des deux parties du glacier Noir. Une main courante rive gauche permet de franchir un court ressaut dalleux dégagé par le retrait glaciaire. L’occasion pour tous de découvrir les joies de la double moulinette débrayable avec double demi cabestant et noeud de mule. Encore quelques blocs et nous gagnons la magnifique moraine rive gauche du Glacier Noir au niveau des Balmes de François Blanc. Après les champs de blocs parcourus, ce final aérien et facile quelques dizaines de mètres au dessus du Glacier est un vrai moment de suspension…

Enfin c’est l’arrivée des braves au refuge de Cezanne où une opération bière-tarte-glace est organisée illico. L’occasion de faire le bilan sur les journées passées ensembles. Place aux commentaires!

Tour des Ailefroides – Col du Sélé

Tour des Ailefroides – Col du Sélé

C’est en bande organisée que nous partons pour le magnifique Tour des Ailefroides! Un tour des Ailefroides express puisque nous comptons le parcourir en 2j et demi au lieu des 3 et demi usuels. Un tour des Ailefroides minéral aussi puisqu’en fin de saison, nombre de section habituellement en neige sont sêches.

La fine équipe constituée par Mathieu, Jeff, Clémence, Valérie, Fred et votre serviteur s’est lentement mise en mouvement hier pour la montée au Sélé. Retrouver tout le monde, louer le matériel manquant, défaire et refaire les sacs (allégés de précieux grammes!), poser une voiture au Pré de Madame Carle… Nous partons légèrement en retard sur l’horaire prévu mais rien de bien grave. Nos 3 jours s’annoncent sous de bons hospices. Les cieux sont avec nous, il fait beau et chaud! Nous négocions la montée au Sélé à un rythme soutenu afin de ne pas louper le repas et s’attirer les foudres de Raoûl, notre hôte, gardien du Sélé! Ouf, nous arrivons 1/4 h avant le repas, le temps pour mes compagnons de sêcher un peu et pour moi de me faire connaissance avec Raoûl et son pastis. Acceuil excellent tout comme cette petite gélinotte qui ravira nos papilles à table. Nous pouvons faire connaissance tranquillement, car dans la montée, on a pas trop discuté!

Aujourd’hui le réveil est matinal 4h30, ça met directement dans le bain! Petite marche nocturne donc pour se réveiller doucement sur un vague chemin balisée par quelques kairns. Aux premières lueurs du jour on atteind la grotte de glace du Glacier du Sélé où sortent toutes les eaux collectées par le glacier. Grâce aux pierres posées sur le glacier, on évolue sans crampons jusqu’à rejoindre le plateau glaciaire. Petite pose sur le glacier. On en profite pour mettre les crampons et s’encorder. La vue sur les Ailefroides éclairées par les premièrs rayons de soleil est bien sympathique. Comme pour bien démontrer l’intérêt de l’encordement sur glacier, nous visiterons à tour de rôle une petite crevasse… Quelques pentes de neige plus tard, nous gagnons le Col du Sélé, premier objectif du jour… Bonne pause bien méritée entre Hautes-Alpes et Isère. Il faut prendre des forces car la route est longue jusqu’à Temple Ecrins!

La descente du Col du Sélé versant Pilatte demande de la concentration. Des rochers faciles sans difficulté technique mais demandant d’être attentif et sûr sur ces pieds. Sur la fin des rochers, le retrait du névé à dégagé un passage plus raide. Cette première difficulté technique est franchie avec brio par tout le monde! On remet les crampons pour franchir un névé malheureusement trop court… Ce qui nous attends ensuite est malheureusement typique des fins de saison et symptômatique du retrait glaciaire : des champs de caillou parsemées de dalles moutonnées… Là encore pas de difficultés mais la progression est bien plus exigeante que sur un beau névé.

Enfin nous atteignons la branche basse du Glacier de la Pilatte où l’on ressort corde et crampons pour un cheminement insolite au milieu des crevasses. Après le tas de caillou que nous venons de traverser, cette balade prend des airs de promenade digestive… Le refuge de la Pilatte est en vue mais il faut d’abord vaincre les câbles qui permette de gravir le ressaut qui sépare le glacier du refuge. Là encore le retrait glaciaire fait des siennes. Il faut faire un court mais poussiéreux pas d’escalade pour rejoindre la corde fixe et les câbles. L’occasion pour chacun de dévoiler son style et son élégance en varappe!

Nous atteignons enfin notre première escale, le refuge de la Pilatte où nous nous accordons une bonne grosse pause. La gardienne doit soudain faire face à une très forte demande de boissons et d’omelettes. Les organismes ont déjà un bien souffert et la journée n’est pas finie! Car aussi fou que cela puisse paraître, plutôt que de passer la nuit dans ce havre qui nous tend les bras après avoir passer l’après-midi à glandouiller sur cette terrasse bien ensoleillée, notre projet est de joindre le refuge de temple Ecrins. C’est beau sur une carte mais vue de la Pilatte quel désanchantement! Redescendre pour remonter…

Sans broncher, on se lance dans la longue descente de la Pilatte. Heureusement que l’équipe est vaillante, le mental solide et l’humour à tout épreuve! Dans ces moments là tout compte. Au pied de l’intersection vers le refuge de Temple Ecrins, l’heure est solonnelle. On fait le point sur le dénivellé restant : 400m de montée. J’ai pour mission de crier tous les 100m de dénivellée.

Au dessus de nous, les nuages commencent à se ramasser sérieusement. Je presse le pas. Derrière, tout le monde regarde ses pieds… Fred légèrement inquiet me demande mon avis sur l’orage qui s’annonce déjà vers la Bérarde.  “Oh t’inquiètes pas en général ça pète juste quand on arrive au refuge” dis-je en rigolant mais craignant tout autant que lui une saucée quasi certaine. Et bien finalement la prophétie sera autoréalisatrice! Jeff en queue de cordée ferme la porte du refuge en même temps que claquent les premiers éclairs suivis quelques secondes après par un véritable déluge d’eau puis de grêle qui nous aurait mis dans un bien pitoyable état…

La remontée a été bien longue et nous arrivons un peu en retard pour le repas. Guillaume, un peu débordé ce jour, ne nous en voudra pas longtemps. Quelques instants plus tard nous sommes attablés devant un petit apéritif maison et un repas 3***. Malgré la fatigue générale les discussions vont bon train. Jeff s’interroge sur le système de cotation des courses en alpinisme. “Rassures moi  Nico c’est pas une course Facile ça hein?””Non, c’est pas une mais deux courses faciles empilées! On peut classer ça dans la catégorie des petites bavantes”. “Petite gavante ouaih” surenchérit Fred. Grosse journée donc pour tout le monde. Pas de java jusqu’à 21h, ce soir tout le monde au lit à 20h30!

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