par admin | 8 Mar 2011 | Ecrins, Ski, Ski de randonnée, Ski pente raide
Avec mon plus fidèle acolyte, j’ai nommé ArnoK alias Michel, nous nous sommes laissés bercer par les charmes des ratios D+/D- favorables à savoir descendre plus que ce que l’on monte. Ce prodige n’est malheureusement réalisable que par l’emploi de moyens artificiels aussi désastreux pour le réchauffement climatique que pour l’amaigrissement de nos bourses anorexiques….
Nous tenons en nous excuser auprès des personnes qui se sentiraient offensées, nous ça va.
C’est donc par un petit passage aux caisses de Monetier que la journée débute où d’âpres négociations nous permettrons de réduire partiellement la facture du jour.
Nous croisons Julia et Julien qui partent pour la combe du Riou et partagerons avec eux une partie de cette belle journée.
Du départ du hors piste de la Montagnolle (sommet du télésiège de l’Yret), nous accédons par une grande traversée et une courte remontée (50m) skis sur le sac au col de la Montagnolle qui fait la jonction entre le ravin de la Montagnolle et le lac de l’Eychauda.
Un petit bout d’arête (100m) permet de rejoindre le couloir qu’il faut descendre juste avant le roc de la Montagnolle.

Le petit bout d'arête entre le col de la Montagnolle et le Roc de la Montagnolle
Un court passage raide mène à une grande traversée à flanc au dessus du lac de l’Eychauda. Au début de la traversée, un spit permet de protéger un passage rocheux (qui passe avec les skis).

Le passage raide avant de traverser au dessus du Lac de l'Eychauda

Comment rentrer un double backflip sans mes bispatulés?
Après la trav’, c’est le phoquage et en avant pour environ 900m de montée jusqu’au Pic du Rif. Vers 2800m, on traverse une pente exposée SE qui chauffe pas mal (elle a déjà coulé d’ailleurs). Attention, cette pente est surplombée par une falaise de facture assez douteuse qui s’est séparée juste après notre passage de quelques éléments minéraux désireux de perdre un peu d’altitude. Pas de panique, il y a le temps de les voir venir et de les éviter mais voilà une raison de plus pour prendre quelques distances de sécurité avec ses comparses.

La fameuse pente SE et son chapeau tout pourri
Petit coup de chaud dans la montée pour trainer nos skis bien trop fats pour notre rythme de spermato (comprenne qui peut). Puis c’est l’apothéose au sommet, où dans une ambiance bien printanière, le panorama nous explose en pleine figure!

Un bout de vue au sommet du Pic du Rif: tout y est!
Pause bien grassouillette, profitons en c’est pas tous les jours qu’on peut se dorer au sommet!
A la descente nous décidons d’aller zieuter les couloirs des Italiens qui font une belle variante à la classique. Nous optons pour celui de droite à la descente qui nous parait mieux rempli. Et c’est parti pour quelques bons virages dans la popow…

Arno tâte la popow dans le couloir des italiens
… avant une section moins enneigée qu’il n’y parait, où le caillou se joint à la partie. M’enfin ça reste tout de même correct.
Au pied du couloir, c’est l’extase : de la bonne bien fine à faire palir Escobar entre ombre et soleil. S’arrêter pour prendre une photo est un supplice!

Là c'est vraiment pas dégueu!

A droite le couloir Pergnot, à gauche les couloirs des Italiens
Et en choisissant bien la skiabilité restera de très bonne à excellente jusqu’à la jonction avec le hors piste de la Montagnolle.
par admin | 6 Mar 2011 | Alpinisme, Ecrins, Face Nord, Goulotte, Massif
Le 6 mars 2011
Vallon du petit tabuc, 7ème!
Décidemment cette année je suis aimanté par ce coin! C’est donc pas un hasard si à force d’y trainer mes guêtres, le nez toujours fourré en l’air à regarder les montagnes, une ligne m’est soudain apparue évidente.
Et il aura pas fallu longtemps à Sylvain Audibert alias Pascal, de passage dans le coin, pour se laisser hypnotiser (ha! ha!) par ce sympathique projet.
Le projet consiste à remonter la Compagnie des glaces jusqu’avant la longueur de glace finale. De là bifurquer à droite pour atteindre par des rampes de neige et un couloir la rampe mixte parallèle à la voie qui existe déjà, la Marguerite effeuillée.

Le tracé de la Marguerite défouraillée (800m, TD+, M4+, IV+)
La voie s’appelle la Marguerite défouraillée et en voici le topo.
Topo de la Marguerite défouraillée
Lorsque nous quittons la Compagnie des glaces, un léger flottement s’installe : la rampe de neige dans laquelle nous espérions gambader s’avère être du mauvais gobelet plaqué sur des dalles. Les 100 premiers mètres prendront une bonne heure, le doute s’installe.

Dans la grande rampe de neige juste avant d'attaquer la session couscous!
Nous sortons heureusement de cette ignoble couscoussière, la neige redevient portante et on avale rapidemment le couloir d’accès à la rampe du haut. Ca nous rebooste!

Le couloir qui mène à la rampe. Pour un peu ça skierait!

La fin du couloir qui nous mène au pied des difficultés
Très bonne surprise arrivé à la rampe : elle est entaillée sur une longueur de corde par une goulotte bien accueillante et très esthétique.

Au pied de la rampe

Un des crux en mixte de la voie, M4-M5 bien protégeable
Suit une longeur de varappe, un bon IV sup à protéger sur pitons (une cornière laissée en place au début).

Sylvain, au départ du IV+

Sylvain dans le IV+ au niveau du cornière abandonné!

Sylvain au relais après le passage en IV+
Nouvelle surprise au départ de ce relais : une rampe facile se dévoile au dernier moment!

Rampounette de dernière minute après le IV+
Plus haut une longueur mixte donnera un peu de fil à retordre à Pascal. Nous sommes passés juste derrière ce petit éperon où Pascal pose, dans une partie non visible sur la photo.

Trouverons nous de quoi se faufiler derrière ce mur?
En haut de cette longueur, le couloir de neige à gauche est très attirant!

Mais où cela peut-il bien nous mener?
Et nous extrait à peu de frais de la face 50m sous le sommet! Un petit bout d’arête et voili! Une affaire rondement menée!
Il est possible de sortir plus directement et plus difficilement au sommet en allant rejoindre la Marguerite effeuillée, mais c’est peu logique car ça oblige à rechercher la difficulté.

Les Pascals, une triste cordée
par admin | 28 Fév 2011 | Alpinisme, Ecrins, Face Nord, Goulotte, Massif
Escapade 100% Lozérienne à la tête Ste-Marguerite avec le Matiou et l’père Antoine avec pour objectif la goulotte Grassi.
Première goulotte pour les deux frangins qui s’en sortirons plus que bien même dans le ressaut Hillary (un bon petit ressaut mixte dans le haut de la goulotte). J’étais pas très inquiet, un Lozérien ça bartasse et ça passe!
Soucieux de rentrer tôt, nous avons opté pour un départ très matinal à 10h du Casset!
Tout s’est super bien goupillé pour les deux gugusses qui randonnent tout le long comme s’ils avaient fait de la goulotte toute leur vie.
Mathieu était là pour s’entraîner avant son départ pour le Népal ou il partait ouvrir le plus grand canyon du monde avec l’Himalayan Canyon team. Apparemment l’expé est une réussite. Chapeau les gars! Faut aimer ça l’eau à 6°C!
En guise de conclusion, ce petit mot de Mathieu : « mais la goulotte c’est juste un canyon que tu remontes et qu’est plein de neige, au fait, hein? »
par admin | 10 Fév 2011 | Ecrins, Massif, Ski, Ski pente raide
Après ma virée de la veille aux Agneaux, je me sens encore en forme ! En redescendant j’ai repéré une ligne qui me semble bien skiable et qui s’avère être No Fiesta aux Pic du casset, un itinéraire répertorié dans le topo de S. Constant et apparemment jamais descendu à ski. Vue les conditions du moment, ça me semble oppurtun d’aller faire un petit tour la dedans.

- No Fiesta
Je prévoie quand même un corps mort au cas où et un petit bout de corde au cas où. Je laisse crampons et piolet à la maison : si ça doit servir c’est que c’est pas skiable!
Le couloir se redresse progressivement jusqu’à buter sur un ressaut. Du bas je pensais emprunter la rampe suspendue mais arrivé à ce niveau ça me paraît complètement illusoire ! De toute façon ce n’est pas la peine, une bonne écharpe monte en oblique à gauche avec un court passage à 55° et un ou deux cailloux.
Au dessus, le couloir redevient plus large et moins raide (45°) jusqu’à ce qu’il se divise en deux parties. Je prends la branche de droite qui se redresse immédiatement à 50°, voire légèrement plus par endroit. Une étroiture de 1m20 compromet le ski en continu. A moins de 30m sous la brêche je dépose mes skis car la suite ne sera pas skiable et je sort à la brêche prendre le soleil (un pas de mixte et 3m de mauvais rochers faciles).
De la brêche, la descente qu’on du emprunter les ouvreurs de No Fiesta est évidente, par un couloir à 45° plein Sud qui peut faire un excellent échappatoire.
Mais pour moi aujourd’hui c’est le versant Nord !
Je chausse les skis et déclenche les premiers virages impressionnant dans cette partie à 50° au dessus de l’étroiture. Je descends au max jusqu’à ce que mes lattes de 1m84 m’obligent à déchausser sur 3m. Les conditions de neige sont moins bonnes que la veille aux Agneaux. Cette poudre tassée irrégulière est piègeuse, j’assure les virages dans le 50°. Dans la partie moins raide avant l’écharpe, je peux me lacher un peu plus. Je descend l’écharpe en dérapage. Puis le bas du couloir sera la petite friandise du jour, avec une poudre tassée nettement plus régulière qu’en haut, un régal.
Je file ensuite dans le vallon du petit Tabuc, pas trop mécontent de ce petit hold up à deux pas de la maison!
par admin | 9 Fév 2011 | Ecrins, Massif, Ski, Ski pente raide
Après deux bonnes journées de repos suite à notre virée hivernale à la Couzy-Desmaison à l’Olan, et après avoir vidé trois fois le frigo, j’ai des fourmis dans les jambes. C’est le terrible effet face Nord : j’ai l’impression de pouvoir casser un mur à coup d’épaule! Plutôt que d’essayer cette stupide activité, je préfère mettre à profit cette énergie pour me hisser avec mes deux enclumes en haut du Piaget aux Agneaux, un vieux projet.

Les itinéraires à ski de la face nord ouest des Agneaux
Des calories, il en faut déjà pas mal pour accéder au pied de cette magnifique face NW des Agneaux, l’accès depuis le Casset est relativement « plat ». Mais c’est tellement beau. Sortir seul en montagne donne une dimension vraiment particulière à cet espace. Dans la régularité du mouvement, les pensées et préocupations s’évaporent progressivement et l’on finit par être complètement « présent » et disponible à ce qui est offert. Dans cet état de légèreté, j’atteinds le bas du couloir Piaget. La méditation est interrompue car à présent tout redevient matériel : attacher les skis au sac, boire, manger un bout, faire la trace. Pas l’ombre d’un passage dans le Piaget. J’enfonce à mi-mollet et dans certaines zones de gobelet je fais le morceau de poulet dans la couscoussière, jusqu’au bassin Un peu usant mais très prometteur pour la descente. Tout en remontant, je suis irrésistiblement attiré par un couloir plus à droite que le Piaget, (Transhumance hivernale). Je me sens en forme et je choisis de le remonter avant de remonter le Piaget. Je me demande si ce couloir aboutit à l’arête, ça serait vraiment classe. Malheureusement, 30m de mixte dispersent tous mes espoirs… L’enneigement n’est pas des plus exceptionnel cette année. Je m’arête sur une bonne plateforme et m’octroie une petite pause.
Première descente, passage court et raide pour descendre la plateforme (55°) puis 52° sur une 50aine de mètres (mesuré à l’inclinomètre sur l’Arva, c’est pratique!). Ensuite la pente faiblit, 45° encore sur 150m puis 40° là où l’on rejoint le Piaget. La neige est d’une qualité indécente, j’ai de la face plane plein les narines!
Arrivé au niveau du Piaget, je décide de traverser vers les trois Fils du Métèque, la ligne à gauche du Piaget que nous avions (probablement) ouvert à la montée 5 ans auparavant avec Jade Zaouit et Steve Van Stuphen, les potes de Montpellier (voir l’ouverture des Trois Fils du Métèque). Vu de loin, le couloir m’a semblé entièrement skiable à l’exception d’une courte section. Finalement tout sera skiable à l’exception des 3 derniers mètres. Le ski est plus technique que dans Transhumance avec un passage à 45° de la largeur des skis et un mêtre de mixte que je désescalade ski au pied. La encore grande qualité de neige, y a pas de raison. Je refais la jonction avec le Piaget.
Car après tout j’étais quand même venu pour le Piaget initialement. J’entame la remontée et la remontée m’entame. 50m sous l’arête, une courte section de brassage dans les gobelets porte l’estocade à ma motivation. J’ai 2500m de déniv’ dans les pattes dont 1100m à tracer à pied dans le raide, basta!
Je savoure chacun des virages de cette dernière descente. Je rebascule dans les trois Fils du Métèque pour en skier le bas, un peu plus raide et étroit que le bas du Piaget. La qualité de la neige aujourd’hui est irréprochable, chaque courbe est un poème!
Je sors finalement de la face nord ouest après complètement euphorisé par ces descentes d’anthologie. Et je ne suis pas en reste car la suite est encore plus qu’excellente. Je skie sur le fil de la moraine d’Arsine, toujours dans la poudre… A partir de la cabane d’Arsine, la neige est transformée. Tant mieux d’ailleurs car je traverse sans difficulté le long plat. En redescendant mon regard est attiré par un couloir dans les Pics du casset, No Fiesta. Mais je ne savais pas encore que j’irais le skier dès le lendemain!
Le topo de Transhumance du Métèque sur skitour