Stage autonomie Ecrins

Stage autonomie Ecrins

Clément et Raphaël sont motivés pour découvrir l’alpinisme et faire leurs premiers pas vers l’autonomie en montagne… Le chemin est long et semé d’embûche mais le jeu en vaut la chandelle et les récompenses sont à la hauteur des efforts fournis!

Durant ces 4 journées passées ensemble nous auront l’occasion de parcourir des terrains très variés et riches en enseignements… la meilleure façon d’apprendre étant de pratiquer, nous gravissons chaque jour un sommet!

Quelques belles photos ramenées de là haut

Traversée de la Meije Orientale

Traversée de la Meije Orientale

On ne mollit pas aujourd’hui avec Manu et Cyrille… L’idée est de rallier le refuge de l’Aigle en passant par la Meije Orientale. Le programme est ambitieux je le sais mais je commence à connaître un peu mes deux phénomènes et je ne doute pas d’eux! Nous prenons donc la direction du col du Pavé pour une petite mise en jambe matinale dans des pentes déjà un peu raides… Une petite longueur d’escalade au dessus de la rimaye qui nous permet d’accéder aux pentes de neige menant à la brèche Maximin Gaspard. La vue sur la suite laisse Manu dans une grande perplexitude qui nous gratifie régulièrement de : « vous êtes vraiment des grands malades, mais c’est quoi votre problème les gars? »… Même s’il dit non avec la tête, Manu dit oui avec ses pieds! Et se déjoue sans trop de problèmes de tous les pièges qui nous sont tendus sur cette belle course de grande ambiance! Cyril qui en mène un peu plus large se délecte de ce beau morceau d’Oisans sauvage offrant dans ces conditions des passages… intéressants! Notamment les courtes traversées de corniches, plus menaçantes du tout mais sur lesquelles il faut jouer avec son équilibre!

Heureusement que les crèpes de Louis sont là pour reconstituer son homme avant la descente vers la vallée!

Râteau Est

Râteau Est

Vu le manque de certitude météo du côté de Chamonix pour tenter le projet initial d’ascension du Mont-Blanc par la voie normale Italienne, je propose à Manu et Cyrille de tenter notre chance du côté des Ecrins où les conditions en ce début de mois de juillet sont particulièrement belles!

Je retrouve les deux loustics en pleine forme pour une montée par le téléphérique de la Grave… un petit luxe si rare dans les Ecrins! Petit tour de chauffe au Pic de la Grave avant de rallier le refuge de la Selle, ses gardiens bien sympathiques, sa bière artisanale et son rouge… équilibré!

Aujourd’hui l’idée est de rallier le Refuge du promontoire par le Râteau Est… La neige encore bien présente rend la course bien jolie, même si Manu commence vraiment à se demander pourquoi il s’est fait embusqué dans ce traquenard alpin! Vu démente au sommet après quelques contorsions sur l’arête… Nous descendons direct sur le refuge en versant SE, un raccourci honnête dans ces conditions bien enneigées, à éviter sinon! Belle après midi de farniente au Refuge du Promontoire inondé de soleil

Stage autonomie alpinisme

Stage autonomie alpinisme

Mathieu, Damien, Timo et Julien font appel à mes services pour devenir autonome en montagne sur des courses d’alpinisme facile dans un premier temps. Les apprentissages avant de prétendre aborder la montagne de façon autonome sont nombreux, nous avons du pain sur la planche!! Nœuds, encordement, cramponnage, gestion de l’assurage en mouvement, pose de points, confection de relais, sécurité sur glacier, préparation de course, analyse des risques et facteurs humains… C’est pas des vacances pour mes 4 comparses!!

Dès le premier contact, le courant passe avec le groupe, on va se marrer! Pour bien débuter, nous allons faire une école de glace sur le Glacier Blanc et explorer le glacier pour comprendre un peu comment ça marche tout ça! L’occasion aussi de voir les bases de l’encordement en milieu glaciaire… A ce stade, aucun des membres de la troupe ne maîtrise un nœud d’encordement, on part de loin! En revanche après quelques ateliers de cramponnage, tout le monde est bien à l’aise sur les crampons, les progrès sont rapides!

Rien de mieux pour apprendre que de faire soi même! Pour cette première journée, nous partons sur la Pointe Cézanne en traversée. Les terrains rencontrés sont variés : neige raide, arête rocheuse facile mais en crampons, pente de neige… L’occasion de travailler sur l’assurage naturel et la longueur de corde. Ca cafouille encore un peu au niveau de l’encordement et des noeuds, cet aprem révision obligatoire! La journée est magnifique et cette course en début de saison est un vrai régal! En redescendant, on retourne sur le glacier pour un atelier sécurité glaciaire : mouflage, confection de relais sur broche, corps mort… pour le principe surtout, il va d’abord falloir acquérir les bases pour bien mettre ça en pratique!

Deuxième course d’application, c’est mon pote Tom qui me remplace pour cette journée. Direction le Pic d’Arsine qui offre également une belle variété de terrain surtout lorsqu’on le fait en traversée : couloir, mixte facile, arête, pente raide… nécessitant de varier les façons de s’assurer et une bonne lecture du terrain. Les révisions de la veille commence à porter leurs fruits… Ca cafouille beaucoup moins au niveau des nœuds. En fin de course, les 4 comparses montent me rejoindre l’après-midi au refuge des Ecrins. Atelier bière et Uno pour la cohésion de groupe et un peu de cartographie le soir…

Dernier jour. Mes 4 compagnons ne savent pas trop à quel sauce ils vont être mangés aujourd’hui… Maintenant que les bases sont acquises, je décide de relever un peu le niveau technique en leur proposant une belle course variée, la traversée Roche Paillon – Emile Pic. Pour cette journée, je laisse chaque cordée se gérer et je gravite autour d’eux en électron libre pour donner des conseils au fil des situations qui se présentent. En 4 jours, les gars sont transformés… Partis sans savoir faire un nœud, il gère aujourd’hui leur encordement, leur progression et leur sécurité sur cette course déjà pas facile et impressionnante! Les apprentissages sont bien là, ça fait plaisir à voir! Une belle mise en pratique!

Stage Barre des Ecrins

Stage Barre des Ecrins

Cette année Alain vient avec Tristan tout fraîchement en vacances! C’est la 4ème année que je pars en montagne avec Alain mais Tristan n’était pas revenu dans les montagnes depuis 2013 lorsque nous avions gravi l’Ailefroide Orientale et le Pelvoux

Voie Normale du Pic Nord des Cavales

Nous nous retrouvons au refuge du Pavé où nous serons les premiers passagers de l’année. Sophie la gardienne est en plein lancement du refuge. Le Pavé est un refuge vraiment atypique. Cette curieuse cabane en métal rappelant plus l’architecture des refuges soviétique que celle des chalets suisses, est devenu officiellement le refuge du Pavé après que celui ci ait été détruit par une avalanche l’année de son ouverture à quelques dizaines de mètres de là… La cabane est spartiate, vieillissante mais dans un cadre splendide au bord du lac du Pavé à plus de 2800m d’altitude, au pied de quelques géants des Ecrins : Pic Gaspard, Grande Ruine, Pavé… Sophie déploie toute son énergie avec succès pour rendre le lieu confortable et accueillant. Nous l’aidons dans les tâches quotidiennes rendues un peu plus nombreuses en ce début de saison bien enneigé…

Quel bonheur de démarrer la journée avec un bon petit déjeuner! Pain artisanal, confitures locales… avec une mention spéciale pour la confiture de marron! Aujourd’hui nous partons pour le Pic Nord des Cavales pour un petit galop de chauffe avant des projets plus ambitieux. Alain rêvait de monter sur cette belle pyramide au granit parfait qui malgré une altitude plus modeste que les « grands » d’à côté offre une vue insolite sur la Meije et les Etançons

La météo de la veille obtenue à la radio la veille nous gratifiait d’un laconique « beau temps ». Pourtant au réveil il bruine! Nous temporisons tranquillement et partons dès les premiers signes d’amélioration. Il reste de la neige sur l’itinéraire ce qui rend l’escalade plus délicate en particulier dans les dalles d’attaque. Ensuite nous suivons l’arête au plus prêt du fil pour éviter la neige. Nous atteignons le sommet sous la bruine qui a repris. La vue ne s’est pas franchement dégagée mais on aperçoit de temps à autre la Grande Ruine sortir des nuages et loin sous nos pieds le fond du vallon des Etançons… La Meije par contre nous cache ses dessous. Retour dans notre petit refuge pour une bonne omelette et un peu de repos pour être d’attaque… Faut dire que ce soir Sophie nous cuisine une croziflette! Et demain on se lève à 3 heures avec pour ambition de traverser sur le Refuge de l’Aigle par la Meije Orientale… Sans pression aucune évidement, si les conditions ne le permettent pas, nous rentrerons sur le Pavé

Brèche Maximin Gaspard et retour au Pavé : les corniches ça fait peur!

Au réveil il fait beau comme promis! La journée d’hier bien couverte n’a pas permis à la neige de transformer suffisamment… Le regel est superficiel et nous enfonçons à mi mollet en montant en direction du Col du Pavé… Sous le col, ça brasse plus! Les 100 derniers mètres plus raides sont un peu éprouvant. Malgré ça nous arrivons de bonne heure au Col du Pavé. La rimaye qui peut être délicate à franchir est aujourd’hui inexistante. Un court passage dans les rochers verglacés donnant accès aux pentes de neige nous réveille un peu! Au dessus les conditions dans les pentes qui mènent à la brèche Maximin Gaspard sont bonnes. La neige enfonce juste ce qu’il faut pour se sentir tranquille dans ces pentes à 45° et nous sortons rapidement à la brèche éblouit par le soleil. Le spectacle est splendide! Nous prenons le temps de savourer la vue dans cette montagne si belle en ce début de saison. La suite de l’itinéraire n’est pas gagnée du tout! L’arête est encore bien enneigée avec des corniches à plusieurs endroits. Nous commençons à suivre l’arête sur quelques mètres. Le soleil tape fort aujourd’hui et la neige, versant est, file facilement sous nos pieds. Les conditions me semblent trop compliquées et dangereuses pour notre cordée, demi-tour! Tristan et Alain accueille presque avec soulagement la décision! Nous redescendons donc les pentes en direction du Col du Pavé et nous replions sur une bonne omelette à Sophie avant de gagner la vallée!

Voie normale du Râteau ouest

Aujourd’hui, 4ème jour, nous profitons du téléphérique de la Grave pour gagner facilement de l’altitude avec pour espoir d’aller au Râteau ouest. La veille, pendant que nous faisions demi-tour à la brèche Maximin Gaspard, des cordées butaient au Râteau Ouest. Suspens! Dès les premiers pas sur le glacier, les sensations sont bonnes : on ne brasse pas! La journée chaude de la veille a bien tassé la neige et le regel est bon. Ouf, pas d’opération brasse coulée aujourd’hui! L’itinéraire est en condition quasi hivernale. La première partie est entièrement couverte par la neige. Pour éviter la neige chauffée du versant sud nous prenons une variante dans le haut de l’itinéraire qui consiste à rester sur le fil de l’arête. L’escalade est un peu plus difficile mais facilement protégeable et sur un caillou parfait. Nous rejoignons la voie normale au dessus et la suivons jusqu’au sommet… enfin presque! Une courte section cornichée nous barre les 50 derniers mètres horizontaux… on va tenter le diable d’autant que la vue d’où nous sommes est la même! Fait appréciable, le Râteau ouest est une des rares courses du sud des Alpes où l’on peut se poser à une terrasse de bistrot au pied de la voie!

Voie normale de la Barre des Ecrins : le jour de grâce!

Vendredi c’est relâche pour Alain et Tristan qui refond le plein d’énergie en vallée avant de remonter au refuge des Ecrins samedi pour tenter la Barre des Ecrins Dimanche. Le beau temps s’est installé et avec ça les bonnes conditions! La plupart des itinéraires ont été tracés et le regel est bon, du pain béni pour nous. Nous voilà le jour « j »! Jour de grâce! Tristan et Alain sont en pleine forme, acclimatés et techniquement affûtés! Nous partons parmi les premières cordées en direction de la Barre. On s’élève à bonne allure entre les séracs sur un manteau neigeux parfaitement portant, enfin! Nous atteignons la rimaye en même temps que les premiers rayons de soleil. Il n’y a plus personne devant nous et c’est tant mieux, je n’aime pas trop avoir des cordées au dessus de la tête! Les conditions dans la directe Coolidge sont justes parfaites : bonnes marches pour les pieds et neige dure pour les piolets… Deux ou trois pauses mollets plus tard, nous nous embrassons au sommet de la Barre. On partage tous les 3 ces beaux moments d’émotion. Pas un souffle d’air là haut, on s’attarde, on savoure. Tristan et Alain en reviennent à peine d’être là et contemplent autant qu’ils peuvent! Une fois rassasiés, nous prenons le chemin de la descente par la voie normale encore bien mixte, partie la plus technique de la journée. Nous remontons ensuite au Dôme, miraculeusement rien que pour nous en ce jour d’affluence… La journée parfaite!

Stage initiation alpinisme

Stage initiation alpinisme

Je retrouve pour 3 jours Marion, Julien, Laurent et Nico une troupe d’amis bien bien sympathiques! Les conditions en montagne sont assez uniques pour la saison. 30cm de neige récente en bas et 70cm de neige fraîche en haut! Le glacier Blanc est entièrement enveloppé dans un manteau de neige!

L’école de glace démarre par une séance déblayage pour trouver la glace et apprendre les rudiments du cramponnage. On se croirait au mois d’avril! Petit tour prudent sur le glacier ensuite… La neige récente bouche faussement les crevasses, on insiste pas trop…

Le lendemain, c’est notre jour de grâce! Les nuages sont nombreux aux alentours mais nous profitons d’une auréole de beau temps dans notre secteur. Dément! Les traces des valeureux de la veille nous aident bien… Dans une solitude parfaite nous gagnons le sommet du Pic du Glacier d’Arsine. La neige brille, les corniches bavent et les nuages dansent autour de nous. La grande classe!

Pour prolonger un peu le plaisir, on poursuit par l’arête entre le Pic d’Arsine et le Pic du Glacier Blanc avec quelques passages d’escalade bien ludiques et aérien avant de gagner notre quartier de repos au refuge des Ecrins

Pour le dernier jour, il faudra composer avec les éléments. 10 cm de neige fraîche sont tombés cette nuit et avec le vent qui a bien soufflé, les traces ne sont plus visibles. En avant donc pour une bonne opération traçage à la Roche Faurio… Dans les pentes de la roche Faurio, les cumuls sont impressionnants avec parfois de la neige jusqu’à la taille! Les autres cordées nous rejoignent et prennent le relais pour tracer… Lorsque la pente se redresse, juste avant d’arriver sur l’arête nous décidons collectivement avec les autres cordées de faire demi-tour au vu du risque d’avalanche lié à ces conditions hivernales… plutôt rare en été!

Back to the Dôme

Back to the Dôme

Retour au Dôme des Ecrins avec Clément, un autre pote de fac entraîné dans le mouvement par son Tonton François qui révait depuis plus de 50 ans de gravir cette bosse blanche visible depuis tous les sommets de la Clarée! Le pote Jacques et le gendre Gilles sont aussi de la partie…

Le suspens est entier jusqu’au petit matin. Le regel sera-t-il assez bon pour tenter le Dôme? La météo sera-t-elle avec nous?

Sur la fin du plat, le doute s’installe… Sur près de 200m nous enfonçons dans une croûte infâme rendant la progression fatigante et désagréable. Heureusement, le parcours de la veille me rend optimiste et je sais que plus haut dans la face les conditions vont s’améliorer.

On brasse encore un peu dans le début de la montée puis tout rentre dans l’ordre, sur une bonne neige portante. On peut caler le rythme et en plus les nuages se déchirent nous laissant espérer un beau hold up.

Le reste se passe sans anicroche. L’altitude aidant, le rythme baisse un petit peu dans la dernière côte avant la traversée. Pas de hold-up pour la vue qui restera finalement bouchée au sommet. Chacun est là pour des raisons différentes mais l’émotion est collective! On fête tout ça avec une petite tournée de génépi!

Alpinisme au Dôme des Ecrins

Alpinisme au Dôme des Ecrins

Une belle découverte de la haute montagne en 3 jours avec Fred, Rémy, Aurélien et mon pote de fac Gaétan… 3 journées démentes avec une météo irréprochable et une équipe qui se marre bien!

Au programme de ces 3 jours, l’école de glace et l’exploration du Glacier Blanc, la traversée du Pic d’Arsine et ses corniches impressionnantes et après une après midi de farniente au refuge des Ecrins nous concluons par l’ascension du Dôme des Ecrins tout juste à point pour être gravi sans skis!

Tête de Gaulent – Arête Sud

Tête de Gaulent – Arête Sud

Julien est de retour cette année pour un trip montagne de 3 jours. Principale difficulté du séjour : franchir les nombreux kilomètres qui sépare l’Allemagne de l’Argentière-la-Bessée malgré la grève à la SNCF. Le suspens sera entier jusqu’au bout et je récupère un Julien surmotivé pour les 3 jours

Le plan initial était de monter à la Barre des Ecrins en prenant le temps de se préparer et de s’acclimater. Les conditions du moment en décideront autrement : trop de neige en montagne et pas de regel… Sale temps pour les piétons!

L’avantage avec Julien c’est qu’il n’est pas du tout cramponné aux objectifs. Il vient pour être en montagne et prend du plaisir où qu’il soit! J’ai donc toute sa confiance pour concocter d’autres plans et ça j’avoue c’est confortable!

Nous partons pour cette première journée à l’assaut de la Tête de Gaulent, un sommet d’altitude modeste mais qui s’impose par sa présence visuelle dans le Briançonnais. Départ par les alpages de Tramouillon où après une petite marche d’approche bucolique nous nous lançons sur l’arête Sud de la Tête de Gaulent. Pour pimenter le jeu, j’ai proposé à Ju de faire ça en grosse. Sur que ça pimente! L’essentiel de la course se déroule dans un niveau compris entre le III et le IV mais un passage de 6a vient sérieusement corser l’affaire! Après quelques doutes et au prix d’une belle bagarre, Ju vient à bout de la longueur… Plus rien ne nous barre la route du sommet!

Beaucoup de cordées s’arrêtent à la fin de l’arête sans gagner le sommet de la Tête de Gaulent. Pourtant le sommet est vraiment tout proche… et une petite centaine de mètres de dénivelé dans un terrain plus adapté aux capridés qu’aux octogradistes permet de s’y rendre. La vue de là haut n’a rien à envier aux sommets des Ecrins. On est bien!

Skitouring in the Southern Alps

Skitouring in the Southern Alps

Since one is not the norm here, I’m writing the post in the language of Shakespeare, so please be indulgent!

For that last couple of days, I was with Jane and Derick to have skitouring around Freissinieres. Weather was not perfect but in the other hand we had some fresh snow each day!

Day 1 : la Tête des Raisins, into the white!

That was quite an headache for me to decide were to go! Should we go south to find the best weather, but not the best snow? Should we go north to find hypothetic fresh snow (but also wind)? Finally I decide to make the average and to stay around Freissinieres. Just up the village, there is a fantastic skitour going to la Tête des Raisins. We climb up 1000 meters in a perfect quiet and peaceful athmosphere.. like alone in the world! We find real good ski with 10cm of packed powder on top… Low visibility but sufficient to have fun. We then skied down a good 5cm fresh snow between spaced trees almost to the car… We didn’t need to go far today to find happiness!

Day 2 : la Blanche

Today we are going to la Blanche, up to the ski resort of Pelvoux. With the lift, we get an easy departure to 2100 meters! Then we follow a ridge with a short technical section… Not easy to turn because the fresh snow packed on the hard bottom is a little bit sliding under our skis. And that takes energy! In around 2600 meters after a 500 meters climb up (and a easy but impressive ridge!), we decided to stop : snow is comming and legs are tired, we prefer to keep energy and visibility for the descent… Perfect descent in 15 cm of packed powder with almost no tracks!

See you Jane and Derick, I was really happy to meet you. Thanks to trust me and to feed me with your excellent cake! A bientôt peut-être!

Initiation poudreuse

Initiation poudreuse

Un we de ski de randonnée en mode découverte pour la plupart des participants, tous bons skieurs… Conditions très contrastées! Première journée sur une neige béton pas très dure à skier mais qui secoue un peu les chaussettes! Le lendemain changement complet de décor, au cœur du retour d’est dans 60cm de poudreuse : trop de neige en haut mais une section intermédiaire excellente!

Récit et photos sur le site d’horizon-rando

Free rando dans les Hautes-Alpes

Free rando dans les Hautes-Alpes

Changement de trip, j’abandonne Manu et sa grande tribu pour 3 compagnons Norvégiens rencontrés l’an dernier lors d’une journée hors piste à Serre-Chevalier: Tor, Karl et Eddi. Cette année nous passons 6 jours ensemble. L’idée est simple : faire du bon ski (hors piste et rando), loin des foules en profitant de la bonne bouffe et des bons vins français! J’ai carte blanche et toutes la confiance de mes Norvégiens pour combiner ça au mieux.

Pour les 3 premiers jours on reste pas trop loin de la civilisation : d’abord une journée de hors piste à Serre-che pour réviser les classiques et une descente des Guibertes rien que pour nous! Ensuite je leur propose d’aller découvrir une toute petite station avec même pas de télésiège pour une journée de free-rando, un mix entre randonnée et hors pistes qui nous permet de faire 4 descentes de rêve dans des vallons quasiment pas tracés… Nous sommes seulement le deuxième et le nirvana est atteint. Il va falloir maintenir la qualité sur la semaine, pas évident!

Troisième jour : direction l’Embrunais pour une journée aux Orres… Là encore un festival de traces dans la poudre, une bonne petite pause resto et un finish dans un vallon qui n’attendait que nous! Not so bad!

Montagne en famille – Suite

Montagne en famille – Suite

Suite de nos aventures dans la montagne… Après une journée de break (sauf pour les papas, en cascade de glace), tout le monde est chaud pour une nouvelle expédition à la journée. Baptême du feu pour moi aujourd’hui, j’encadre ma première randoluge : le concept est finalement assez simple, monter puis descendre! L’idée est de monter en direction du refuge Napoléon. La journée démarre dans les nuages mais en peu de temps le soleil fait son apparition nous offrant une bonne pause pique nique au soleil. Le pied. Ensuite on part par un itinéraire sauvage dans les bois. Il faut faire la trace et Lou et Manu s’en donnent à cœur joie… A une demi-heure du refuge, la fatigue commence à se faire sentir et le temps se durcit un peu. Des vraies conditions de montagne avec un vent « sensible »! On motive les troupes pour tenir bon jusqu’au refuge car la tentation de se retourner et de monter sur la luge est forte par moment pour les petits! L’arrivée au refuge est jouissive : chaleur, bons canapés,chocolat chauds, bière… et les magnifiques desserts qui font la réputation du lieu. De quoi reconstituer tout le monde avant la descente!

La suite est moins compliquée : les fesses dans la luge et retour à la vallée!

Montagne hivernale en famille

Montagne hivernale en famille

Après notre session montagne automnale à la Toussaint, le projet cette fois-ci est de faire découvrir la montagne hivernale à une tribu élargie comptant 9 membres de 7 ans à un peu plus! L’enthousiasme de Manu est un bon moteur, quant à moi je suis adopté et j’ai la totale confiance des parents pour laisser libre court à l’improvisation… Un régal de « travailler » dans ces conditions!

Nous partons les 2 premiers jours pour un mini-raid à ski dans un coin de montagne idéal pour tout le monde et totalement désertifié, avec à la clé une nuit dans une douillette cabane… Évidemment ce genre d’expédition nous demande un peu d’organisation : les plus petits montent en raquettes pendant que les plus grands portent les skis et tout le nécessaire pour subsister 2 journées en montagne.

Depuis quelques jours les conditions sont redevenues hivernales avec de belles chutes de neige en vallée et une montagne toute poudrée. C’est un grand bonheur de parcourir la montagne avec des petits lutins farceurs, débordant de questions et totalement envoûtés par l’ambiance! Des lutins vaillants qui grignotent à petits pas les 500m de dénivelé du jour avec une première petite descente sur le refuge avant une soirée « tout confort ». En plus ce soir c’est l’anniversaire de Lou!

Le lendemain c’est le grand bleu sur l’Alpe… Pas une seule trace d’humains autour de nous, seulement des traces d’animaux! Aujourd’hui, encore 250m de dénivelé avant une longue descente jusqu’à la voiture, l’occasion pour tout le monde de se tester dans la peuf et d’apprendre à éviter les arbres!

Initiation au ski de randonnée

Initiation au ski de randonnée

Après notre petite virée de cet été, Florian et Stéphanie voulaient revenir découvrir le ski de randonnée. Ils sont accompagnés dans cette rude épreuve par deux amis : Sylvain et Xavier.

La météo ne s’annonce pas sous les meilleurs hospices, surtout pour le dimanche… pourtant nous nous en tirerons haut la main!

Samedi, nous nous dirigeons à vue vers la zone la plus ensoleillée… le Col du Lautaret! Vue le mauvais temps prévu le lendemain, il est peut-être judicieux de s’en mettre plein les mirettes aujourd’hui. Face à la Meije et aux Ecrins, la montée au Pic Blanc du Galibier offre une vue mythique. Il fait bien (trop) chaud aujourd’hui pour la saison. La neige transforme, nous montons en tee-shirt! Le vent se lève en cours de journée et viendra contrarier un peu notre pique nique sommital! Descente un peu moins bonne que prévue à cause du vent qui a regelé la neige en peu de temps! Beau galop d’essai en tous cas sur ce presque 3000m… fin de journée à Monetier devant une bière pas volée

Dimanche c’est la journée la plus compliquée sur le papier. Quand je pars de la maison, il pleut… Je rejoins la troupe au Laus où il neige. Cool! Nous remontons la combe du Malazen… L’ambiance est magique : la forêt reblanchie, les volutes de nuage, les chamois qui nous narguent… et le soleil finit même par faire son apparition. Nous remontons ensuite les premières pentes du Petit Peygu pour aller glaner quelques courbes de plus dans la poudreuse. Le vent s’est bien levé et on ne lézarde pas pour enlever les peaux! Excellent début de descente dans une poudre dense, une première pour tout le monde (sauf moi!). Dans la première moitié de la combe du Malazen, c’est encore très bon à skier puis plus bas la manque de neige impose un peu de vigilance. Tout ça nous dépose à l’auberge de l’Arpelin pile poile à l’heure pour le gigot d’Agneau roti à la broche depuis la veille! Rude le ski de randonnée!

Initiation ski de randonnée

Initiation ski de randonnée

L’an dernier, Tom et Ségolène étaient venus pour découvrir la cascade de glace. 4 jours à roder dans les fonds de vallée! Cette année nous allons prendre un peu plus d’altitude et de soleil!

Les conditions du moment sont indécentes… Le printemps a décidé de fourrer son nez dans l’hiver! M’enfin on est quand même qu’en janvier et les contrastes entre versants ensoleillés et versant froids sont importants… ce qui permet de skier dans de la poudre après une sieste en tee-shirt au sommet!! Faut prendre les choses comme elles viennent!

Premier jour, nous roulons un peu vers le sud pour profiter de la fantastique vue sur le lac de Serre Ponçon que nous offre l’ascension du Col de la Gardette et du sommet de la Fourche… Le secteur est vraiment idéal pour la découverte du ski de rando : des sommets accessibles, des pentes modérées et des paysages de toute beauté avec le fjord de Serre-Ponçon qui donne une ambiance complètement surréaliste! Nous restons un bon moment au sommet, contemplatif… Le soleil et la contemplation nous fond gentiment glisser vers la sieste. Le quotidien harassant du skieur randonneur!

Le lendemain, changement de décor, nous prenons la direction du Queyras. Aujourd’hui Hugues, un copain guide droit venu du pays des garrigues chantantes nous accompagne. Départ de Ceillac et montée par le Vallon Albert. Je n’ai pas défini d’objectif précis, nous verrons là haut ce qu’il y a de mieux pour nos spatules. Nous prenons finalement la direction du Col de Beaubarnon qui nous laisse l’option de redescendre le vallon du même nom en faisant une boucle… et qui sait peut-être de quoi satisfaire notre appétit de poudreuse? Bonne pioche, le vallon quasi pas tracé est encore tout poudre sauf à proximité du col où c’est soufflé. Pas mal ça!

Dans la forêt, le manque de neige se fait un peu ressentir. Il faut jouer avec les obstacles! La neige, une poudre alourdie, est encore très correcte à skier. Pour pimenter un peu l’exercice, Tom s’est blessé au poignet et peut difficilement tourner à droite… Pas évident de faire que des virages à gauche!

Sortie du bois sur la route du Cristillan d’où on se laisse tranquillement glisser jusqu’à Ceillac!

Initiation cascade de glace

Initiation cascade de glace

Belle journée d’initiation à la cascade de glace avec deux joyeux compères, Sébastien et Stéphane. On va roder dans la vallée de Freissinières à la recherche de petits délices glacés.

Premier galop d’essai à Madame Tape Dur où on trouve de quoi s’amuser sur la gauche de la cascade… Idéal pour voir les bases et apprendre à décrypter un peu les mystères du glaçon…

On migre ensuite pour un petit casse croûte au pied de Paulo Folie suivi de l’ascension de la cascade… rendue un peu plus rude par les conditions de cette année. Le premier ressaut est moins facile que d’habitude, avec une partie qui tire sur les bras et qui verra le renoncement d’un des membres de la cordée après un honorable combat!

Merci à tous les 2 pour cette belle journée de rigolade à refaire le monde entre deux coup de piolet!

Voir les sorties cascade de glace

Trop dur la vie d’Alpin!

Trop dur la vie d’Alpin!

Trop dur la vie à Champcella! Entre deux tâches de la vie quotidienne, je cède à l’appel du wild! A deux pas de la maison, je trouve de quoi jouer et même de quoi pousser des petits cris de bonheur dans de la bonne popow! Tellement bon que je remonte illico pour m’offrir un deuxième tour…

Ski de randonnée – Vallon du Fontenil

Ski de randonnée – Vallon du Fontenil

Après les deux journées de hors pistes démentes que nous venons de passer, je propose à Pierre et Nico de découvrir le ski de randonnée… Au départ de Monetier, nous partons dans le Vallon du Fontenil où j’espère que l’on sera à l’abri du vent et que l’on trouvera poudreuse à se mettre sous la spatule… Et bien la pioche est plutôt bonne! On fera du très bon ski malgré quelques zones cartonnées qui nous surprennent et nous plongent à tour de rôle dans les profondeurs du manteau neigeux!

Popow day – deux fois!

Popow day – deux fois!

Ce qui nous arrive avec Pierre & Nico est terrible… De la poudreuse à ne plus savoir qu’en faire et pas assez de temps pour tout rayer! Dès les premières minutes c’est l’orgie, on fait connaissance de façon honorable! Les premières descentes nous détendent bien… Pas grand monde à Serre-che ce jour, on a tout le loisir de tracer tranquilement, un must!

Le lendemain on tente notre chance à la Grave où malgré la fermeture du deuxième tronçon, on passe une journée démente dans les bois avec une poignée de riders!

Quelques photos du combat (dur de s’arrêter quand c’est trop bon!)

Voie sans nom du Pic sans Nom

Voie sans nom du Pic sans Nom

L’état d’urgence est déclaré en France. De jeunes humains le cerveau gangréné par des idées nauséabondes ont massacré des innocents. Maintenant l’armée a carte blanche pour chasser la vermine terroriste. Le délire sécuritaire est en marche. Et tout ça attise les pulsions guerrières des dirigeants de notre empire imaginant les alliances les plus douteuses. L’engrenage….

Avec Seb on décide de s’extraire de ce monde de merde. On connaît des endroits où on devrait à priori ne pas croiser trop de militaires ni de djihadistes et encore moins de dirigeants de notre classe politique!!

L’insolent anticyclone qui sévit depuis plus d’un mois sous nos latitudes se poursuit.

Plusieurs projets sont évoqués… Finalement c’est sûrement le plus loufoque et sûrement le moins adapté aux conditions du moment que nous choisissons!! Mais l’idée est de vivre une belle aventure et d’aller joyeusement vers des gros points d’interrogation!

L’objet de nos désirs? Une vague ligne caractérisée par un immense dièdre entre la Cambon-Francou et la voie du Souvenir au Pic sans Nom. Aucune info dans les topos. Nous partons à la découverte!!

Dimanche nous allons bivouaquer au pied de la face sur le Glacier Noir. Le jumelage de la face nous fait bien rigoler! Nous pronostiquons déjà les lieux de buts potentiels qui sont nombreux dès le départ!! C’est pas grave, on est en mode détendu, content de venir faire un petit tour en montagne, sans pression. Le reste, on verra bien.

Pic sans Nom - Bivouac

Lundi. Pas de grasse mat. Le projet le plus optimiste est d’essayer de franchir les difficultés aujourd’hui pour aller bivouaquer à la jonction granite- gneiss. Pour ça il nous faut remonter une partie du « socle » de nuit. On est mi-novembre, les jours sont courts… C’est pour cette raison qu’on se retrouve à l’attaque de la face à 5h du matin! D’entrée de jeu il faut s’employer. Rien de méchant. Des dalles qui doivent bien courir en chaussons et en été mais là en grosses et avec un gros sac c’est pas la même. De nuit nous peinons à choisir le meilleur itinéraire. Une zone bien raide nous oblige à un petit crochet par la droite. Je croise un relais de but au pied d’une partie raide. Ca m’encourage à mettre les chaussons et à poser le sac. Je fais bien le passage s’avère bien dalleux, pas très dur en chaussons (6a). Au dessus nous repartons en oblique vers la gauche en alternance rocher neige pour revenir à l’aplomb de la ligne.

Seb tire une longueur en grosses (5c) et relaye au pied d’une zone trop compacte pour envisager grimper en grosse sereinement. Au dessus de nous, le dièdre se rapproche et on commence à sérieusement imaginer des plans B!

Pic sans Nom - Le chantier!

Par une belle fissure (6a+) j’accède au névé en forme de flèche. Au début de la longueur, je croise une cordelette, de rappel sûrement. Les variantes d’accès à la voie du souvenir sont nombreuses et on a vite fait de s’égarer dans ce « socle ».

Nous voilà donc au pied de la première zone à forte probabilité de but! Bonne surprise, une ligne évidente se dessine, au moins sur une longueur, on continue!

Difficile de juger du bas, je m’attends à un peu d’artif au début mais finalement ça randonne! Excellentes prises et très bonnes protections dans la première partie raide avant un petit crux qui permet de rejoindre une ligne de faiblesse oblique. 6a+. De la belle grimpe. Ca motive!

Pic sans Nom - En arrivant dans le dièdre, 6a+ Pic sans Nom - En arrivant dans le dièdre, 6a+

Seb me rejoint au relais. A lui. La seule ligne de faiblesse c’est ce gros dièdre oblique évident. Partout autour c’est compact et dalleux. La vue de ce dièdre n’est pas des plus galvanisante. Sur environ 3-4 mètres le dièdre est encombré de neige et de glace… Bof.

Pic sans Nom - Moments de doute

Seb revient au relais. Les trompettes de la retraite ne sont pas loin de sonner.

Sans trop y croire, Seb va quand même voir dans la dalle. Un bon piton protège le relais. Seb prend son envol et va de surprise en surprise. Il y a de la prise et même de quoi protéger! De l’escalade engagée mais pas exposée. 6b obligé. Seb rejoint le dièdre et franchit une partie déversante mais prisue (6a+). Un mystérieux piton est déjà en place dans le dièdre. En second avec les grosses et un bon sac sur les épaules j’ai l’impression de grimper du 7b mais l’escalade est tellement belle et inattendue que j’en profite bien quand même!

Pic sans Nom - A gauche dans la dalle Pic sans Nom - Dément, 6b! Pic sans Nom - Dément, 6b! Pic sans Nom - Dément, 6b!

Défiant tous nos pronostics, nous voilà sans trop de difficultés au sommet du dièdre après avoir senti soufflé de très près le vent du but!!

Nous arrivons dans la deuxième partie clé qui de loin nous semblait déversante et qui l’est aussi de près!

Seb fait un essai à gauche.

Pic sans Nom - Essai à gauche

Puis finalement part à droite.

Pic sans Nom - Puis finalement à droite Pic sans Nom - Mais où ça va c't'affaire?

La difficulté vient des conditions. La neige encombre certaines zones et les chaussons ne sont pas les armes ultimes en neige! Seb se dépatouille bien de ce 5c neigeux. Il relaye au bout de 30m. On est pas sorti d’affaire! A gauche 7-8m de dalle d’une lissitude parfaite! Au dessus, rien qu’en regardant on a peur! Reste une option de traversée suivant une faiblesse vers la droite mais sans visuel sur la suite. L’opération fuite en avant est lancée! La traversée s’avère protégeable et pas extrême du tout en chaussons (6a) mais en grosses c’est pas la même. C’est mon tour d’être devant, je me régale. Enfin léger!

Pic sans Nom - Fuite en traversée

Cette traversée m’amène au bout de 10 mètres à peu prêt nulle part! Le rocher est quand bien compact dans ce secteur. Un coup d’œil plus à droite. On oublie, c’est pire!

De nouveau les sirènes de la vallée nous appellent. Les espoirs de poursuivre complètement anorexiques.

Je commence à me demander comment je vais bien pouvoir rejoindre Seb après cette traversée!!

Au dessus de moi moyennant un pas d’escalade je peux placer 2 bons camalots qui me permettrait de jeter un coup d’oeil sur les 15 mètres raides au dessus. Je regarde. Il y a de l’espoir. Je vois quelques prises et une fissure qui redémarre 3 mètres au dessus. De toute façon ça me motive plus que la réchappe et on a encore du temps quel que soit le sens que le sens que prend notre ascension!

Je me lance dans ce passage et après 2 ou 3 pas d’escalade obligatoires (6b/6b+) j’arrive au prix de quelques contorsions à placer un piton correct. Maintenant j’ai une fissure pour me protéger, c’est mieux! Ca grimpe encore mais plus facile pour aller jusqu’au pied du dièdre suivant. Relais et l’espoir renaît!

La longueur suivante nous paraît nettement plus évidente! Les possibilités de protection semble nombreuses, ça va dérouler! Pas tant que ça finalement… Il faut grimper sur des œufs dans ce terrain vertical ou de beaux volumes sont prêts à se faire la malle. 6a quand même.

Pic sans Nom - 6a pourri

Je passe le relais à Seb au pied d’un autre dièdre. Le dièdre se termine en surplomb. Il y a de la neige. Ca n’a pas l’air donné. Finalement Seb opte pour l’éperon qui se protège bien grâce à une fissure avant de revenir au dessus du dièdre (6b). Et un alien récalcitrant abandonné!

Pic sans Nom - Seb dans un 6b Pic sans Nom - Seb dans un 6b

Le jour commence à sérieusement décliner, il va falloir commencer à se chercher un coin pour la nuit!

30 mètres de mixte plus haut, un court névé quasiment au pied du dernier dièdre de la voie du Souvenir nous tend les bras. Ca tombe bien il fait nuit!

Illico nous démarrons les travaux de terrassement et de production d’eau. 1h30 plus tard nous sommes tous les 2 dans nos duvets, chacun sur une petite plateforme à 10 mètres l’un de l’autre… Quasiment dans la foulée, le vent se lève et avec lui les spindrifts, ces petites coulées de poudreuse farceuse.

La longue transe du bivouac démarre avec des allers retours incessant entre conscient et inconscient, quelques morceaux de sommeil profond et des minutes à regarder les étoiles ébloui comme un enfant. Les idées, les images, la musique s’agitent et se brassent dans la tête, évasion totale! Mais le vent et le bruit des spindrifts qui fouettent le duvet me rappelle à la réalité de notre situation!!

Pic sans Nom - Au bivouac dans la face

4h30. Le réveil sonne mais ne me réveille pas. Ca fait déjà au moins une heure que j’échafaude mille stratégies pour organiser le petit déjeuner et sortir du duvet sans rien laisser tomber!

Finalement c’est pas si dur et à 5h45 nous sommes prêts pour la suite, presque un peu trop tôt du coup!

La journée démarre pour moi dans le dièdre en 6a de la voie du Souvenir! Gros sac, quelques spindrifts qui ramène un peu de poudre sur les prises, froid, nuit, pieds et mains insensibles…  Le cocktail parfait pour transformer une sympathique longueur en 6a en un combat de rue acharné!Pic sans Nom - Dièdre de la voie du Souvenir

Pic sans Nom - Dièdre de la voie du Souvenir

1h plus tard je sors au relais après avoir cramé quelques cartouches. A priori plus rien d’extrême nous attend ensuite.  Nous sommes dans les bandes de neige de la transition granite – gneiss. Pic sans Nom - Dans les bandes de neige à la jonction granite-gneissDe nombreuses options de sortie nous attendent.

Nous ne voulons pas rejoindre l’arête à droite qu’on a déjà fait tous les deux deux fois.

L’éperon du centre nous semble trop grimpant vues les conditions du jour (pas mal de vent). Nous aimerions ne pas quitter les gants, ni les crampons. On se déporte doucement vers la gauche pour retrouver la sortie Kehrès qu’on a pris avec Ju la semaine dernière. Je propose à Seb d’aller voir une faiblesse, lieu de passage probable d’Hervé Dégonon lors de sa descente en ski (oui, oui, à skis!). Un passage mixte, un bouchon de neige. Je bataille. J’abandonne. Deux pitons, un rappel et je rejoins Seb qui poireaute depuis une heure!

On se casse! Le sommet n’est pas notre objectif principal, on y a déjà traîné quelques fois nos guêtres… A nous la belle goulotte de glace fossile et la sortie à la brèche. Le froid, le vent et l’austérité de la face cède la place à la généreuse chaleur du soleil. Les contraste de l’automne sont hallucinants!

Descente en plein jour qui nous permet de profiter d’un magnifique rappel en fil d’araignée.

Pic sans Nom - Beau rappel à la descente Pic sans Nom - Beau rappel à la descente

On se cale une grosse heure à la bosse de Sialouze afin de liquider tout ce que nous trouvons de comestible dans nos sacs!

Dernière petite mission pour Seb : remonter au Pré de Madame Carle à pied puisque les clefs de sa voiture garée à Ailefroide sont restées dans ma voiture garée au Pré!!

Nom(s) de la voie :

– une voie sans nom au Pic sans Nom c’est logique!

– sinon pourquoi le Presbyte des Ecrins ou l’Eloge de la cuite??

Prestige Russemberger – Pic sans Nom

Prestige Russemberger – Pic sans Nom

Bonne petite mission en face Nord du Pic sans Nom avec misteur Loste himself pour aller « répéter » la voie la plus médiatique du moment!! Au final on sait pas trop comment l’appeler cette combinaison : la Prestige Russemberger Kavarec? La Georges des Ecrins?

Tout d’abord prenons un peu de recul pour une mise en perspective de certaines polémiques alimentées (pas très longtemps) par quelques forumeurs excités du clavier…

Ceci est la Voie Lactée, notre galaxie parmi des milliards de galaxie et le rond jaune indique notre système solaire.

La_Voie_lactee_271_fre

Au sein de ce système solaire, une planète ellipsoïde principalement composée de fer et d’oxygène a réuni les conditions pour qu’émerge il y a plus de 4 milliards d’années des formes primitives de vie, probablement sous forme de protéines codantes voisines de l’ADN…

… quelques  milliards d’années plus tard, après un lent processus d’évolution, la terre et la vie ont bien évolué. Des continents entiers se sont déplacés, des chaînes de montagne se sont érigées avant d’être érodées, le magnétisme des pôles s’est inversé de nombreuses fois et notre soupe de protéines a évolué en de nombreuses formes nettement plus complexes.

Parmi ces formes nous trouvons l’humain.

humans-evolve

Certains humains qui finiront en poussière et nommés alpinistes aiment à gravir les montagnes qu’ils nomment et qui finiront en sable et minéraux au fond des océans.

Bref sur une particule d’univers, des formes de vie qui n’avaient à priori aucune chance d’exister grimpent des futurs tas de sable par des lignes éphémères…

Afin de ne pas se faire aspirer par ce grand tourbillon métaphysique, l’humain essaye de donner du sens à tout ça en décrivant et classant le monde. Le même travail qu’entreprirent les shadocks en leur temps. Ranger, nommer, décrire, expliquer, classifier. Mais les humains ne sont pas tous d’accord sur la façon de faire. Les montagnes n’échappent pas à cette folie.

Entre le 19 et le 21 octobre 2015, trois alpinistes, solidement constitués, rompus aux techniques de survie dans du M6+, maîtrisant l’art du bivouac improvisé et de la danse du soleil, ne craignant ni les spindrifts, les couplages de broches et la nourriture lyophilisée, parviennent à surmonter les difficultés d’une ligne éphémère d’eau solidifiée sur un sommet nommé Sans Nom. Et ils sont probablement les premiers à passer par là. Leur joie est grande.

A leur retour après une bonne douche ils s’empressent de faire part de leur première à leurs congénères. Grâce à un subtil codage binaire, ils émettent leur message pour diffuser leur information sous forme de mots et d’images. Convertis en impulsions électriques ou en onde et grâce à d’autres récepteurs, les rétines d’autres humains décodent le message qui après traitement par leur cortex produit à peu près la même réaction chez la plupart des congénères : « Bravo les gars! ».

Pourtant, certains humains semblent remettre en question la primeur de ce parcours avec quelques « maigres » arguments à l’appui.

évolution

Et si on décidait simplement qu’on en a rien à foutre? Que pianoter sur un clavier est aussi inutile que de gravir une montagne, sauf pour celui qui le fait… que l’on donne le sens que l’on veut à tout ça et qu’en définitive tout ça n’a aucune importance?

Alors oui c’est vrai, certains alpinistes modernes aiment à exciter les rétines d’autres humains car cela leur permet éventuellement de tourner encore plus leur vie vers les montagnes, d’obtenir quelques outillages nécessaires à l’ascension d’autres édifices minéraux, où ils se dépasseront, auront faim et soif, vivront de belles histoires d’amitiés la goutte au nez et nourriront leurs âmes et leurs égos. Mis à part les questions d’outillages, je me classe volontiers dans cette catégorie.

Puisse seulement les Ecrins garder leur charme et leur discrétion!

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Bref nous en tous cas, nos rétines elles ont été bien excitées à la vue de cette belle ligne. Je ne pensais pas avoir l’occasion de la parcourir cette année. Pas vraiment entraîné, pas de pote de cordée disponible et milles petits chantiers à terminer…

Après le parcours des copains guides d’écrins prestige, le ver montagnard s’installe dans mon petit cerveau de suceur de face nord et l’idée d’aller y faire un tour ne me quitte plus!

Ju rentre du Sri Lanka… Après un mois de vie sous les tropiques, il est bien détendu!! Je lui tombe dessus avec ce projet et bien sur il s’emballe tout de suite! Avec nos agendas de papas, nous ne pouvons pas y aller avant 5 jours… Impeccable! Comme ça on peut se préparer… Bon grimper dans du dur, ça fait des mois qu’on a pas fait, on laisse tomber c’est trop tard… On opte pour deux balades grimpantes pour faire un peu de dénivelé et dérouler dans du 5… C’est du souffle et des mollets qu’il faut!!

On profite de ces journées pour glaner de l’info auprès des copains (Ecrins prestige) et les répétiteurs (merci Tough)… La vue de la « cueva » creusée par Tough et Antoine nous motive bien!!

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Mardi 10 novembre, c’est parti. Nous décollons à 3h15 du Pré de Madame Carle avec nos sacs chargés de ferraille, de textile, de plumes d’oie et de substances potables et comestibles. D’après les infos que nous avons le bivouac semble incontournable…

Ca a pas mal rodé dans le secteur ces derniers temps. La trace jusqu’au pied du Pic Sans Nom est excellente. Nous brassons un peu dans le replat au pied de la face mais dans les pentes crevassées c’est de nouveau bon.

6h30 nous sommes à la rimaye où nous retrouvons le bâton de papi Brochard.

Pic Sans Nom - Prestige des Ecrins - Le bâton de papi Brochard

J’attaque la traversée qui permet de rejoindre le début des difficultés. Les traces de Jonathan et Antoine ainsi que celles des Espagnols et des Italiens sont visibles. Petit démêlé avec la corde pour bien commencer la journée. No stress, ça va le faire!

Au départ de L2 (bon becquet avec une sangle laissée par les italiens qui ont réchappé après leur premier bivouac). Il fait encore sombre. On temporise. On s’organise et on satisfait tout ce qui peut l’être.

7h25, c’est parti. J’attaque la longueur. Au pied de ce ressaut quasi vertical, je feins d’être détendu mais les questions fusent dans tous les sens dans ma petite cervelle : « Suis-je à ma place ici au pied de ce tas de caillou et de glace vertical? ». Les débuts sont hésitants. Je monte un mètre, redescend. Deux fois. Ju m’encourage et je sens qu’il doute aussi. Puis gentiment la mécanique se met en route, les questions s’évaporent, une réglette par ci, un piolet par là… Le plus dur c’était de démarrer!

Pic Sans Nom - Prestige des Ecrins - Au départ de L2 et quelques interrogations!! Pic Sans Nom - Prestige des Ecrins - Nico dans L2 (M5+) en top conditions

Les conditions sont excellentes dans la longueur! Pure neige couic et de bonnes protections pas trop dures à trouver. Tout ce qu’il faut pour une pure régalade!

8h05 : relais! On hisse le sac lourd avec le deuxième brin, c’est notre « stratégie »! Comme ça le premier grimpe sans sac dans les longueurs dures. Comme on a pas pris de brin de hissage, le sac est un vrai compagnon de cordée à ceci près qu’il ne sait pas enlever les protections et se décoincer tout seul! Le second a donc en charge en plus de grimper, de gérer les frasques du sac… plutôt très coopérant ce jour!

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8h20 : nous sommes tous les deux au relais boosté par cette première très belle longueur de 30m et les conditions bien prometteuses!

Ju enchaîne sur la suite, un départ finaud pour rejoindre un dièdre en parti englacé. Ju se mets en route et déroule. Bonnes protections, on se fait pas peur.

Pic Sans Nom - Prestige des Ecrins - Départ de L3 finaud Pic Sans Nom - Prestige des Ecrins - Ju s'en sort avec L2

9h20 : tous les deux au relais 60 mètres plus haut (relais équipé par les italiens lors de leur réchappe, il y en a un aussi à mi longueur), confiant pour la suite!

Un peu de mixte au dessus et on arrive au premier névé lieu du bivouac des « ouvreurs ».

20151110_Pic Sans Nom - Prestige des Ecrins - L4

J’enchaîne sur les placages de glace. Le vent du nord a un peu séché la face, ça fait moins de nettoyage mais les placages s’amincissent!! Je me résout rapidement à ne plus trop mettre de broches puisque celles-ci butent sur le caillou après seulement quelques centimètres de course… Débranchage de cervelle. Comme d’habitude, lorsqu’on en aurait besoin les pitons se trouvent au fond du sac ou 60m plus bas au baudrier du copain!!

20151110_Pic Sans Nom - Prestige des Ecrins - Dans les placages du bas

Les conditions excellentes permettent de se lâcher et d’exposer sereinement. Passé le premier placage je bétonne comme je peux, je pose deux tiblocs et on file corde tendue.

Ju prend le relais 100m plus haut pour amorcer la courbe qui nous amène vers le bivouac. Encore des placages exposés et toujours des conditions démentes!

Pic Sans Nom - Prestige des Ecrins - Ju en finit avec les placages du bas

12h : nous sommes au bivouac dit de la « cueva ». C’est là qu’on pensait dormir!! Il reste 6 heures de jours, l’effet du sous-entraînement commence à se faire sentir mais l’envie de continuer est trop grande!! Nous prenons 3/4 d’heure pour nous restaurer et reconstituer nos réserves d’eau à sec puisque nous avions prévu juste ce qu’il faut pour venir jusque là…

12h45 : c’est Ju qui repart dans la longueur de M5+ ou 5c de la Russemberger. Après quelques hésitations Ju opte pour de la bonne grimpette à l’ancienne, sans crampons ni piolet, croise un piton et relaye sur une terrasse de neige.

Pic Sans Nom - Prestige des Ecrins - Départ de la longueur de M5+ ou 5c de la Russemberger Pic Sans Nom - Prestige des Ecrins - Dans le 5c

On laisse au dessus de nous la variante en dry des ouvreurs et on continue par la Russemberger à gauche. L’occasion de sortir les fesses (et de les serrer) dans cette petite dalle psycho avec les pieds sur des petites bossettes verglacées, protégé par le plus micro de nos camalots! Sinon 4c en chaussons!

Pic sans Nom - Dalle psycho!

Suis un couloir de rocher beaucoup plus sympathique à grimper maintenant qu’en été je suppose!

Pic Sans Nom - Prestige des Ecrins - Couloir rocheux de la Russemberger

Je relaye au départ de la longue traversée des gueux. En fait ça ne fait pas que traverser, ça descend aussi par moment. L’ambiance est de plus en plus prenante et les protections de moins en moins bonnes sur la fin de la traversée… Un excellent becquet permet de relayer sereinement.

Pic Sans Nom - Prestige des Ecrins - La trav des gueux20151110_Pic Sans Nom - Prestige des Ecrins - Dans la trav des gueux

15h25 : c’est fou comme le temps s’échappe dans ces faces nord! Je repars dans une section raide de placages dont une partie quasi verticale en neige couic.

20151110_Pic Sans Nom - Prestige des Ecrins - Content après la trav des gueux20151110_Pic Sans Nom - Prestige des Ecrins - AU départ des placages du haut

Tout ça au dessus du grand surplomb sur lequel vient mourir la ligne de placages que nous remontons. Ca laisse pas tout à fait insensible. Je n’essaye quasiment plus de mettre de broches. On trouve d’excellentes protections dans le rocher mais souvent espacées de 10m ou plus… Une grande longueur de 80m me permet de relayer sur 3 broches correctes au pied d’une belle goulotte. Ju prend le relais.

Pic Sans Nom - Prestige des Ecrins - Placage et goulotte du haut

Une longueur de 60m et d’autres placages nous attendent. Je repasse devant. Rien d’extrême mais toujours des difficultés à protéger correctement. Quand l’escalade ressemble à du solo! Maman ne t’inquiètes pas les photos sont toutes truquées!!

20151110_Pic Sans Nom - Prestige des Ecrins - Dans les placages du haut

Je bétonne dès que je peux, deux ti-blocs et nous filons à corde tendue dans un système de goulottes puis de rampes ascendantes vers la gauche pour aller le plus haut possible avant la nuit.

20151110_Pic Sans Nom - Prestige des Ecrins - Rampe de traversée vers la goulotte de sortie

Il est 18h quand nous nous affalons au pied de la goulotte sommitale. La nuit nous prend, la pause s’impose! Nous aurions su nous serions partis beaucoup plus léger et à cette heure là on serait peut-être déjà en train de se pavaner au sommet!

Nous prenons une heure… Faire un break… Débrancher le cerveau, sortir un peu de l’univers des placages, s’extraire… Nous gloutonnons les 500 grammes de pâtes. Pas lyophilisées du tout. Bien lourdes, mais bien bonnes!! Puis tout ce qui passe, biscuits, fruits secs, du thé… Faut dire qu’on a deux jours de bouffe avec nous et même un peu de rab, alors on peut se lâcher. On refait quelques réserves d’eau pour le finish. On est rousti mais ultra motivés par l’idée de bivouaquer au refuge du Pelvoux. Je chante à Ju une chanson d’amour en espganol. Ju aime l’espagnol mais je suis pas sur qu’il apprécie autant ma voie!!

19h : en selle Marcel. On remonte en 2 grandes longueurs by night la goulotte de glace fossile qui descend de la brèche. Pour le coup les broches nous servent enfin!!

20h30 : c’est fait! Après l’interminable goulotte terminale, nous nous embrassons au sommet! Trop de bonheur! De l’autre côté on voit les lumières de la vallée, la vie d’en bas qui se rappelle à nous. Un coup de fil aux copines surprises et rassurées! Merci les filles de nous laisser faire mumuse dans la montagne!!

Le vent soutenu (50km/h) en haut de la voie nous encourage vers la descente. Nous n’avons maintenant plus de doute, ça sera dodo au Pelvoux!

3-4 rappels, bandes de neige puis on descend au feeling de nuit dans une gorge surplombante en 3 rappels et un peu de désescalade. La fatigue commence à bien nous gagner et tout devient lutte : marcher, lover la corde, décoincer le matériel qui se coince, les nœuds qui se font, le sac qui fait mal, les cailloux qui roulent sous le pied… aïe aïe aïe…

Minuit : titubant, on pousse la porte du Refuge du Pelvoux, complètement déchenillés! Nous savons que la plus grosse erreur à commettre serait d’aller au lit direct sans boire ni manger. Alors on tient devant le réchaud. On ingurgite ce qu’on peut avant un bon petit coma des familles jusqu’au lendemain!

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Quelques détails techniques pour les suivants : moyennant des conditions excellentes comme celles qu’on a eu, le parcours à la journée est une base!

Nous avons mis 14h de la rimaye à la sorte sachant :

  • que nous avons fait fait une pause d’une demi-heure au pied de L2
  • que nous avons passé 3/4 d’heures à faire de l’eau au bivouac de la cueva
  • que nous avons passé une heure à manger et faire de l’eau au pied de la goulotte sommitale
  • que nous avons trimballé environ 3 kilos chacun de matos inutile qui a bien pesé sur les sacs.

Une cordée bien rodée, pas trop chargée et en forme doit pouvoir sortir en 10h à la brèche.

Pour le matos : nous étions trop chargés!! Nous sommes partis avec deux jeux complets de camalots du 000 au 1 plus le 2 et le 3. 10 broches. 4 pitons. 5 sangles. Un ballnut. Nous avons systématiquement fini les longueurs avec beaucoup de matos au baudrier. Les pitons n’ont pas servi. Et nous avons rarement posé plus de 5 broches par longueurs vu l’épaisseur des placages (sauf pour la goulotte terminale ou on mis les 10 broches mais en corde tendue, il y a moyen de fractionner en plusieurs longueurs et de protéger dans le rocher).

Dans ces conditions nous pensons que le matériel suivant suffit :

  • un jeu complet de camalots jusqu’au 2 en doublant le petit jaune, le bleu et le violet
  • 8 broches
  • 2 pitons lames
  • un ballnut (pas indispensable mais comme on l’avait il a servi)

Arête des Cinéastes

Arête des Cinéastes

Automne de rêve à la douceur presque inquiétante mais qui nous ouvre de belles possibilités en montagne! Sortie programmée de longue date avec les deux compères Oisin et Vincent… Lorsque nous discutions des éventuels programme, je n’avais quand même pas imaginé que nous grimperions en petite tenue sur l’arête des Cinéastes par des conditions quasi estivales, le monde en moins!

Nous montons à la fraîche dimanche soir pour aller dormir au refuge du Glacier Blanc. L’occasion de transpirer un peu tout l’alcool ingurgité séparément par notre cordée la veille!! Tout le monde dort quand nous arrivons au refuge (6 personnes quand même un dimanche soir de novembre, du jamais vu!). Le matin au réveil dans le faisceau de la frontale, une voie amicale me salue. C’est Olivier avec qui j’ai fait la Pschitt il y a 15 jours. C’est toujours sympathique de se revoir en montagne!

Aujourd’hui nous parcourons avec les deux loustics l’arête des Cinéastes une très belle escalade ensoleillé au dessus du refuge. Les conditions exceptionnelles de ce mois de novembre nous permettent de laisser piolet et crampons au pied de la face. Nous débutons par la variante chaud un peu plus dure que la voie normale.

Oisin et Vincent « déroule » tranquillement en blaguant comme si tout ça était naturel pour eux alors que c’est leur première. Des débuts prometteurs!

Journée parfaite en montagne à peine entachée par une vilaine blessure à la main pour Oisin. Blessure qui nous aura permis de tester un nouveau type de pansement!!

A bientôt les gars!

Session montagne en famille!!

Session montagne en famille!!

Changement complet de délire pour ces 3 jours… Loin de l’austérité des faces nord je retrouve Manu (Voir notre dernière virée autour des Bans) qui vient ce coup ci avec toute sa petite tribu pour leur faire découvrir la montagne : sa Manue déjà et sa nombreuse progéniture (Nathanaël, Mathilde et Titouan).

Jour 1 : après une courte nuit suite au retour un peu compliqué de la Pschitt (voir le récit ici), c’est un guide un peu diminué que la tribu récupère… On temporise tranquillement à la maison avant de partir grimper à l’école d’escalade du Chambon. Une première pour toute la famille. On coupe la journée en deux avec repas à la maison… C’est pas mal de bosser en local! Cette première journée permet aux enfants d’apprivoiser la corde, la grimpe et leur guide… Les parents essayent de rester au niveau des enfants mais c’est pas facile!! Rapidement je suis adopté par cette tribu au grand cœur! Soirée ensemble à la maison.

Jour 2 : aujourd’hui, découverte de la via ferrata. On part explorer la via des Gorges d’Ailefroide que je ne connais pas… La parcours est intelligemment aménagé sans rien enlever à la beauté des lieux… Passerelles, ponts de singe, échelles. Les enfants cavalent! Titouan (6 ans) et Mathilde (8 ans) ouvrent la marche. La première partie est expédiée : en route pour la partie « sportive », plus physique et plus impressionnante… Cette partie emprunte un verrou au dessus la rivière. La via passe 10 mètres au dessus de l’eau par un pont de singe et une traversée qui se finit pas un surplomb. Tout ça dans le grondement de la rivière. Belle ambiance. Quelques petits coup de main à deux trois endroits (forcément à 6 ans y a des barreaux qui sont un peu hauts!!). La troisième partie ne sera pas pour cette fois, c’est que la journée n’est pas terminée, nous partons dormir en cabane cette nuit….

… bouclage des sacs, on essaye de rien oublier et on part pour notre petite cabane dans la montagne où nous arrivons à la nuit. Les réflexes primitifs sont vites retrouvés par la tribu : couper du bois, faire du feu, manger… Les petits artistes improvisent milles jeux pendant que les adultes rêvassent et discutent. On se couche quand même tôt pour faire le levé du soleil qui, changement d’heure oblige se lève un peu plus tôt!! Un lérot farceur va un peu perturber notre nuit… Conclusion de Nathanaël (10ans) : « Quel blaireau ce lérot! ».

Jour 3 : 5h. On est sur le pied de guerre. Nous partons dans la nuit bien fraîche encore en direction de notre petit perchoir pour aller contempler le levé de soleil. 300m de montée au programme. Nous attendrons un peu le levé de soleil là haut, le temps de faire le petit déjeuner. Il y a un peu de vent et l’ambiance est glaciale! Tout le monde trouve des stratégies pour se réchauffer! Notre patience est récompensée… Le soleil se lève et ramène des calories et des belles images. Trop bien! Nous quittons notre perchoir pour rejoindre le mon de hommes. Vers 9h nous sommes dans la vallée. La journée commence à peine pour certains et nous nous avons déjà l’impression d’avoir vécu pleins de belles choses! Et c’est pas fini. Pour conclure notre trip nous faisons une deuxième via ferrata. J’hésite entre une via très facile et ludique et une un peu plus aérienne que je ne connais pas non plus, celle des Vigneaux. Finalement nous partons faire celle là!! L’ambiance aérienne est effectivement là ce qui vaudra un peu d’émotions, surtout aux parents!! Mais en prenant le temps, tout le monde s’en tire très bien et sans prendre de risque…

A cette hiver pour la suite des aventures de la tribu!!!

Goulotte Pschitt – Ailefroide Orientale

Goulotte Pschitt – Ailefroide Orientale

Après un court passage perturbé quasi hivernal, l’anticyclone se recale sur les Alpes. Olivier me contacte pour aller profiter des belles conditions (supposées) dans les faces. Nous ne nous connaissons pas et l’objectif envisagé est déjà assez sérieux pour faire connaissance!! J’hésite un peu… mais Olivier a déjà roulé un peu sa bosse avec d’autres guides et mon petit doigt me dit que les conditions dans la Pschitt devraient être pas mal!! Au pire on en sera quitte pour une belle balade!

C’est donc à 2h30 du matin que je découvre dans le faisceau de la frontale le visage de mon compagnon de cordée! Le contact passe rapidement (enfin à cette heure là rien n’est rapide!)… Nous décollons du Pré vers 3h pour une petite balade nocturne sous les étoiles jusqu’à la rimaye de la Pschitt… Une autre cordée (julien et Robin) s’engage dans la Fourastier :  on sortira exactement ensemble au sommet!! Rencontre bien sympathique, l’ambiance est détendue dans le massif…

Vers 8h30 nous franchissons la rimaye et le pronostic se confirme : c’est que du bon! Olivier déroule tranquillement dans ce terrain nouveau pour lui, les conditions sont parfaites… Premier passage clé : un peu de glace à 85° et une section aux alentours de 80° avant une chattière. Esthétique. De la bonne glace pour brocher et de la neige couic pour grimper. What else?

Quelques pentes de neige permettent de rejoindre la deuxième partie… Olivier ne perd pas une miette de ce beau voyage à facenordland qu’on est en train de s’offrir. La deuxième partie commence par un peu de glace à 75° avant le passage clé de la voie, une section d’environ 5m verticale et un peu plus fine suivi d’une section à 75 – 80°. Là encore, la glace permet de se protéger et de grimper en sécurité. Tranquilos! On demande rien de plus….

Pour moi le voyage va comment à se transformer en galère à partir de là… Une intoxication alimentaire va me permettre d’expérimenter pendant 24h la joie de l’ultra déshydratation… Pas le bon plan pour gérer un effort en montagne. Le retour sera très très long!!! 3 jours après j’en perds encore mon pantalon. Pour ceux qui savent pas comment perdre 4kg en quelques heures je peux leur trouver des idées!

Bref sortie du passage clé nous attendent encore de jolies pentes avec quelques passages qui brassent, en particulier sur les 100 derniers mètres. Ambiance semoule sur dalle. Puis c’est la sortie au soleil! Olivier est radieux, enchanté par ce qu’il vient de vivre! Les luttes intestines qui m’habitent ne m’empêchent pas de profiter aussi de ce beau moment. Julien et Robin sont également avec nous là haut…

On s’envoie les rappels, sans trop de souci grâce à Julien et Robin qui nous éjectent la corde… Eux en seront par contre quitte pour un petit coinçage de corde et personne derrière! Merci les gars!

On traverse vers la voie normale, on remonte au pied de la banane avant de descendre la voie normale… J’ai besoin de pauses fréquentes. Impossible de boire et de manger depuis plusieurs heures et je continue de me vider… Les microsiestes me permettent de récupérer un peu d’énergie pour assurer correctement Olivier dans les vires d’Ailefroide. Enfin on sort des dernières difficultés et nous n’avons « plus qu’à » nous laisser rouler pendant 3h sur les sentiers caillasseux du vallon du Sélé. Arrivée vers 23h à Ailefroide dans un état de totale lyophilisation pour ma part!!

Oliv’ encore bravo pour cette belle réalisation et qu’elle te donne de l’élan pour tous tes projets futurs!!

Goulotte Grassi – Ailefroide Occidentale

Goulotte Grassi – Ailefroide Occidentale

Suite de nos aventures avec Frank et les belles réalisations se poursuivent!! Ce coup ci, c’est la goulotte Grassi à l’Ailefroide Occidentale qui reçoit la visite de nos crampons.

L’automne est généralement la saison idéale pour les grandes courses de mixte dans les Alpes : des accès pas trop compliqués et à pied, des journées encore assez longues, des températures pas trop hivernales…

Après le récent passage perturbé et le retour de l’anticyclone, il semblerait que quelque chose de bon se profile… Hésitation : Mont-Blanc ou Ecrins. Finalement c’est l’option locale (pour moi) qui l’emporte. Nous partons sans aucune information sur les conditions en montagne, au feeling. Rapidement la vue des grandes faces nord du Glacier noir nous envoûte. La montée au col de la Temple (avant de basculer sur Temple Ecrins) nous laisse le temps de se tordre le cou dans tous les sens pour admirer ces grandes faces effrayantes et fascinantes.

2015-10-10 18.21.39-1 Les faces nord

Pour cette première journée de longue approche, nous prenons bien le temps. Nous dosons chaque pas pour conserver le maximum d’influx pour le lendemain. Col de la Temple, soleil couchant et volutes de nuage qui dansent autour de nous. Féérique. Les lumières d’automne sont vraiment magiques.

Ailefroide Occidentale - Soleil couchant sur la face NWGoulotte Grassi - Soleil couchant sur le Pic sans nom Ailefroide Occidentale - Soleil couchant sur la face NW

Arrivée au refuge de nuit. Nos frontales font briller les yeux des chamois qui profitent d’une montagne quasiment vierge de présence humaine. En ce samedi soir, nous perturbons la solitude d’un alpiniste qui prendra le lendemain la destination du Pic Coolidge.

Nous ne profiterons pas longtemps des couvertures du refuge puisqu’à 2h sonne le réveil. Dur! Ne sachant pas exactement à quelle sauce on allait être cuisiné on préfère mettre le maximum d’heures de jours dans notre besace, ça peut servir.

Deux mois après la Devies-Gervasutti avec Ju me revoilà à l’approche de cette face. La neige récente recouvrant un peu les éboulis rend l’approche moins pénible.

Nous remontons le couloir du Glacier long. Les conditions y sont globalement bonnes. Quelques passages avec la glace pas loin quand même histoire de chauffer un peu les mollets!

Comme il fait encore nuit à l’attaque de la goulotte (7h), nous prenons l’option qui shunte la première longueur en poursuivant 50m dans le couloir puis en ascendance à gauche. Un pas de désescalade (un piton) permet de rejoindre la goulotte.

Une fois dans la goulotte, les bonnes conditions se confirment. L’ambiance est sublime dans ce canyon perdu dans cette grande face…

Goulotte Grassi - Juste avant le premier crux Goulotte Grassi - On devine le premier mur raide

Nous remontons un couloir jusqu’au crux de la voie : une goulotte d’abord pas trop raide puis une section renfougne de 6-7 m pas vraiment protégeable (du moins sur broches) où je m’amuse quelques minutes à faire péter un bouchon de neige. Charme de la renfougne : pas plus de 10cm d’amplitude pour planter le piolet, pas mal pour retravailler le swing du poignet!

Ensuite les longueurs suivantes c’est moins raide, 70° max, la glace est bonne et bien brochable.

Goulotte Grassi - Après le premier crux Goulotte Grassi - Longueur à 65°

Après une section pente de neige on vient buter sur le deuxième passage clé, qui fait un peu moins de 10m. La glace est fine mais bonne… Puis une goulotte / couloir.

Goulotte Grassi - Après le deuxième crux

On s’écarte un peu de l’itinéraire au dessus en partant à droite sur la vire dite horizontale, avant de revenir à gauche. Du coup on fait un peu de mixte (M4).

Goulotte Grassi - A la sortie du passage mixte

Une courte désescalade pour récupérer dans l’axe de la goulotte précédente une pente de neige qui se prolonge en couloir.

Quelques pentes et courts passages mixtes plus tard, on sort en bordure de la plaque de glace. On suit le bord de la plaque qui finit par un couloir jusqu’à l’arête faîtière. Sur cette partie, les conditions sont un peu moins optimales, du couscous posé sur la caillasse. On travaille le pédalage. 100m de pas top sur les 1250m, on accepte la sanction!

La sortie sur l’arête, plein ciel et plein soleil nous arrache des petits cris de jouissance!

Goulotte Grassi - Sortie sur l'arête sommitaleGoulotte Grassi - Ailefroide Occidentale - Sur l'arête

La goulotte ne sort pas directement au sommet. Nous pourrions attaquer directement la descente mais pour bien faire les choses on poursuit l’arête jusqu’au sommet, petit parcours qui dans ces conditions bien enneigées nous demande encore un peu d’énergie…

Echouage au sommet. Les doutes de la veille et l’excitation du jour laissent place à la plénitude… Nous savourons ensemble ces bons moments. Notre histoire de cordée s’étoffe et la confiance est au beau fixe. Ca fonctionne!

On se prélasse et on se restaure une petite heure sur notre perchoir… avant d’attaquer la deuxième journée! La descente de l’Ailefroide occidentale n’est pas ce qui se fait de plus court et déroulant! D’abord retour en arrière sur l’arête, puis désescalade des rochers, des pentes et couloirs avant d’attaquer une longue section morainique (ta mère) jusqu’au refuge du Sélé. Et comme on se voit bien dans une bonne couette dans la vallée, on enquille jusqu’en bas.

Je prends un peu d’avance sur Frank pour régler un petit détail logistique : la récup de la bagnole au Pré de Madame Carle! Avec une arrivée à 20h à Ailefroide un dimanche soir au mois d’octobre le stop c’est pas gagné d’avance. Je furète dans le village. Pas âme qui vive. Je me serais bien vu les fesses posées sur un fauteuil propulsé par un moteur à explosion. 200m après le bled, déjà résigné à ce petit supplément de marche, l’intervention divine en laquelle je plaçais beaucoup d’espoir se manifeste… Derrière un bloc une pale lumière apparaît. Je m’approche. C’est une frontale, même deux. Sous ces frontales, des humains. Et autour de ces humains, un véhicule. Je tape au carreau. En plus de partager la condition d’êtres humains bipèdes, il s’avère que les deux lascars débusqués sont également guides de haute montagne dans les Dolomites. Le temps de partager un coup de rouge, de leur laisser finir leur repas et me voilà sur le fauteuil propulsé tant convoité!

Encore bravo Frank!

Détails techniques pour ceux que ça intéresse : niveau TD-TD+ (M4 max et 4+ en glace). 1200m  (dont 500m de couloir). 7-8 broches (on en avait 6 ça passe!). Quelques camalots (j’avais pris la totale des micro au rouge mais ça a pas beaucoup servi, un jeu plus réduit est suffisant). Câblés inutiles. 2 lames éventuellement pour protéger le premier crux (si glace pas bonne) et bétonner certains relais.

Traversée de Sialouze automnale

Traversée de Sialouze automnale

Un moment en suspension… hors du temps… Voilà ce que nous offre la montagne en ce début d’automne. Les alpages sont désertés, les refuges aussi. Guillaume me rejoint de Paris et profite d’un créneau parfait pour aller parcourir la traversée des arêtes de Sialouze avec une mer de nuage joueuse qui restera sagement juste sous nos pieds toute la journée!! De la joie d’être en montagne!

Pour le récit complet de la course et pleins d’autres articles passionnant, il faut visiter le site du dahu libéré!!

La Mafia aux Rouies

La Mafia aux Rouies

Conséquence de ces 5 derniers été à guider par là haut : un nombre de siestes en augmentation constante mais une chute libre des courses pratiquées en amateur l’été!!

Cette année j’ai prévu un petit break de 10 jours en milieu de saison… Alors quand mon vieux pote de cordée ArnoC alias Michel me propose quelques ébats verticaux sur quelque empilement minéral épargné par l’érosion sur notre massif, il me faut peu de temps pour me motiver…

En fait je me tape une incruste en règle dans la cordée de Raphaëlle et Arno! Je les rejoint à 4h30 du mat’ au Pigeonnier pour aller visiter cette face sud des Rouies à la terrifiante réputation! Pour moi c’est une journée de vacances… Je reste tranquillement derrière loin des préoccupations du premier de cordée!!

C’est pas désagréable de glander tranquillement au relais en papotant et en faisant la sieste en regardant bosser les autres…

Au final une belle balade en bonne compagnie dans une face qui demande un peu d’expérience (pour le premier et les seconds!) quand même pour en sortir en bon état… Une approche en terrain mouvant, un itinéraire rusé, des pitons qui apparaissent au dernier moment et parfois pas dans l’état où on les espère, des longueurs plus faciles mais interactives…

Expériences intéressantes vécues ce jour là :

– la vue de Michel me regardant grimper le premier 6b tranquillement en train de libérer ses entrailles

– les siestes à répétition au relais

– un footing en baskets encordés sur le glacier des Rouies.

C’est bien les vacances, on en profite pour faire des choses complètement différentes!

L’approche par l’éperon SE…

Les rouies - Eperon SE

Fin de l’approche

Les rouies - Dans le bastion

La face se raidit avant les longueurs clés

Les rouies - Dans le bastion

Alpiniste pas fâché d’être content.

Les rouies - Michel happy

Raphaëlle c’est le petit point bleu dans la première longueur clé (6b).

Les rouies - Première longueur raide

Michel en termine avec L1. Que de progrès Michel!!

Les rouies - Fin de L2

Raphaëlle à la sortie de la rampe malcommode…

Les rouies - Au départ de la rampe malcommode

Squatteur de haute montagne en proie à une béate satisfaction après sa deuxième sieste…

Les rouies - Squatteur du jour

Michel like ses pieds

Les rouies - ArnoC grimpe

Fin de L3 pour Micheline

Les rouies - Raph grimpe

Traversée de la Meije again!

Traversée de la Meije again!

4 jours après la traversée de la Meije avec Jacques et Oliv , retour sur la belle.

Quand Jean & Marie me contactent la semaine précédente pour réaliser la traversée de la Meije, je suis d’abord un peu sur la défensive… Partir avec des « inconnus » sur cette grande course, engagée, en altitude, sans réaliser au préalable une course de rodage ne m’enchante pas trop… En discutant plus longuement au téléphone, Jean me lâche le morceau : ce sont d’excellents grimpeurs qui n’ont certes pas une grosse expérience alpine mais déjà pas mal de courses de rocher à leur actif (et pas des moindres), notamment dans les Pyrénées… Je commence à me détendre un peu et leur propose de bloquer un créneau de 3 jours pour se garder le temps de redormir à l’Aigle si besoin… De toute façon, nous verrons déjà en remontant les Enfetchores si tout baigne! Il n’y a plus qu’à attendre un bon créneau pas trop orageux et zou!

Et bien je n’ai pas été déçu par ce petit pari! Le contact passe vite avec Marie & Jean qui gambadent comme des isards dans les Enfetchores… Bonne condition physique, pied montagnard, gestion du rythme… Les Enfetchores ne disent pas tout non plus, mais c’est quand même un bon indicateur! Seul le terrain un peu miteux de la descente de Brêche ne les enchante pas, mais faut reconnaître qu’il n’y a pas de quoi!! De toute façon ce genre de passage putride est totalement absent de la traversée!

On arrive en milieu d’après midi au refuge pour profiter tranquillement du lieu et de l’accueil des gardiens, Fredi, Nathalie et leur stagiaire Guillaume… Qu’on est bien à ce Promontoire!

Seul zone d’ombre, la météo… Il semblerait que de l’activité orageuse soit prévu demain. Quand Fredi nous fait part de la messe du soir, deux écoles s’affronte : les prévisionnistes de Briançon et leurs premiers orages à 13h contre les prévisionnistes de Grenoble, pas d’orages avant 17h… Nous surveillerons ça de très prêt!

Réveil 3h, ce coup là je me réveille!

3h40, décollage de la terrasse du refuge… Nous sommes la première des 4 cordées du jour au Pas du Crapaud. J’apprends grâce à Philippe que ce que je crois être le Pas du Crapaud n’en est qu’une variante!! Y a du bon parfois à croiser les collègues sur le terrain!! Nous filons devant à bon train. J’essaye de temporiser mes deux compagnons mais il semble que le rythme soit bon pour eux.. Bon ben OK on continue comme ça alors!

Tout déroule, les passages s’enchaînent comme les notes sur une partition : campement des demoiselles, couloir Duhamel, Mirroir, Dalle Castelnau, Dos d’Ane, Vire aux Encoches, Dalle des Autrichiens, Pas du Chat, Vire du Glacier Carré, Glacier Carré, Cheval Rouge, Chapeau du Capucin… et Grand Pic!

Il est 7h45… Nous sommes toujours devant et sereins pour la suite! On profite du sommet!

La suite du voyage se déroule sans bavure jusqu’au Doigt de Dieu entre manips de cordes, couloir englacé, parcours d’arête… le glacier du Tabuchet passe encore bien (mais pour combien de temps!) et nous sommes vers 12h45 au refuge… J’en demandais pas tant!! Peut-être mon briefing de la veille sur les orages et les prises de décision a mis un peu la press’ à Jean & Marie!!

Bref on est large et on décide de redescendre dans la foulée après une bonne pause de 2 heures le temps d’avaler quelques crêpes et écouter les p’tits airs d’accordéon de Louis… Du bonheur!

Jonction établie avec le Pont des Brebis en 2h30… Le temps d’aller chercher la deuxième bagnole à la Grave, de se caler au bistrot et s’abat soudain un rideau de pluie qu’on est content d’observer la bière à la main!! C’est donc finalement les prévisionnistes Grenoblois qui avaient raison!

Merci à tous les 2, c’était parfait!

Traversée Meije - Belle crevasse sur l'approcheTraversée Meije - Levé de soleilTraversée Meije - Jean à la sortie du CapucinTraversée Meije - OmbreTraversée Meije - Jean à la sortie du Capucin Traversée Meije - Marie en finit avec le Grand PicTraversée Meije - Jean & MarieTraversée Meije - Le guidossTraversée Meije - Les arêtes jusqu'au Doigt de Dieu

Traversée de la Meije

Traversée de la Meije

L’an dernier,la météo exécrable de l’été n’avait laissé que peu de créneaux pour réaliser la traversée de la Meije… Avec Jacques et Oliv, nous nous étions rabattus sur des courses mixtes, dans des conditions hallucinantes pour l’époque (30 à 40cm de fraîche et gros blizzard) : Traversée roche Paillon – Emile Pic, Traversée de neige Cordier

Un an plus tard, rien à voir! C’est la canicule et la montagne et sèche, un peu trop même! Le terme de regel a disparu des dictionnaires d’alpinisme! Pas terrible pour les courses de neige mais excellent pour le caillou, tant que les accès glaciaires restent praticables….

Cette année nous nous attaquons donc au grand rêve de Jacques, la traversée de la Meije. Nous étalerons la course sur 3 jours en dormant au Promontoire et à l’Aigle. Le créneau météo est parfait, tout baigne!

Rien ne vaut un bon casse dalle avant d’attaquer la montée

Traversée de la meije - Ptit casse dalle

Aujourd’hui, c’est la montée par les Enfetchores qui nous attend. 1000m de montée plutôt ludique le long de ce bel éperon rocheux…

Traversée de la meije - Les Enfetchores

Puis un petit bout de glacier jusqu’à la brèche de la Meije et une rimaye qui s’ouvre de plus en plus!

Traversée de la meije - Brêche en vue

Vue sur le glacier au dessus des Enfetchores

Traversée de la meije - Le Glacier après les Enfetchores

Et après la descente de la Brèche, le refuge du Promontoire, terminus du jour!

Traversée de la meije - Le Promontoire

Vautrage en règle sur les canapés en terrasse!

Traversée de la meije - Affalage en règle au Promontoire

Le point météo et conseils avec Fredi le gardien et le petit Rhum planteur offert par la maison!! Décidément, la Meije est bien entourée entre Fredi et Nathalie au promontoire et Louis et Laura à l’Aigle…

Traversée de la meije - A l'heure de l'apéro offert

D-day : la journée commence pour moi par la douce phrase suivante : « Putain Nico qu’est-ce-que tu fous? Il est 3h30! »… Effectivement je me suis un peu loupé sur le réveil!! Je saute du lit, avale deux tartines et envoie mon sac sur le dos… Finalement je suis prêt avant mes compagnons : « Alors les gars qu’est-ce-que vous foutez? »…

Dans la nuit, après le Pas de Crapaud, nous déroulons sur l’arête puis dans le Couloir Duhamel. On trouve notre rythme… Nous avons toute la journée devant nous, pas d’orages annoncés et nous redormons à l’Aigle… Tranquille!

Nous atteignons le pied de la Muraille Castelnau avec le jour.

J’arrive au Dos d’Ane…

Traversée de la meije - Le Dos d'Ane

Et oliv en sort! Granit irréprochable…

Traversée de la meije - Oliv sort du Dos d'Ane

Vire aux encoches, un petit surplomb et c’est la dalle des Autrichiens que nous gravissons par le dièdre…

Traversée de la meije - Dalle des Autrichiens

 Oliv et Jacques à la sortie de la dalle des AutrichiensTraversée de la meije - Oliv dans la Dalle des Autrichiens Traversée de la meije - Jacques dans la Dalle des Autrichiens

Pas du chat, vire du Glacier Carré… On enchaîne. Le glacier est en excellentes conditions avec une belle trace diagonale…

Nous voilà au pied du Grand Pic. Ca déroule jusqu’au Cheval rouge. Oliv et Jacques se délectent de ces mythiques passages!

Traversée de la meije - Cheval Rouge

Oliv dans le Chapeau du Capucin.

Traversée de la meije - Sortie du Chapeau du Capucin

Sur le petit bout d’arête menant au Grand Pic

Traversée de la meije - Sortie du Chapeau du Capucin Traversée de la meije - Sortie du Chapeau du Capucin

9h30 : alléluya!

Traversée de la meije - La vierge

Quand le génie montre le ciel…

Traversée de la meije - Doigt de Jacques sur Doigt de Dieu Traversée de la meije - Vue du sommet Traversée de la meije - Pause casse croute pour OlivTraversée de la meije - Guide au grand Pic Traversée de la meije - La sablé compagnie

Mais ce n’est là que la moitié de la course! Il reste un peu de chemin avant les crêpes de l’Aigle!

Les rappels du Grand Pic, la brèche Zsigmondy et le couloir du même nom tout en glaçon!

Traversée de la meije - Dans le couloir ZsigmondyTraversée de la meije - Goulotte Zsigmondy

A la sortie du couloir, Oliv considère que son piolet a assez vécu et le laisse choir dans la face nord!

Les arêtes sont bien sèches, nous quittons les crampons et reprenons notre progression.

Nous sommes stoppés au niveau de la 3ème dent par un secours (rien de grave une entorse au genou). On s’octroie 3/4 d’heure de pause et on admire le spectacle…

Traversée de la meije - Secours sur les arêtes

Suite des manœuvres sur l’arête sans encombre. Le Doigt de Dieu s’offre à nous, on commence à la tenir cette traversée!

Le glacier est encore bien praticable même si ça ne va pas durer des lustres. Quelques gros ponts de neige vont vite devenir problématiques!!

Traversée de la meije - Crevasse à la descente

16h30 : Echouage à l’Aigle. C’est le bonheur pour tous… Après les doutes de la veille Jacques savoure encore plus que nous cette belle réussite, qu’il n’a pas volé! Nous sommes contents de passer la soirée tranquilles ici pour redescendre au petit jour demain…

D’autant que le petit déjeuner fait plaisir avec du vrai pain, du cake et des petites confitures maison… Sans oublier la fameuse pâte à tartiner!

Traversée de la meije - Réveil à l'Aigle

Au petit jour nous filons pour les 3h de descente avec à l’est une bien belle enclume!

Traversée de la meije - Belle enclume

Bravo à tous les 2 pour ce beau voyage réalisé sans anicroche!

Stage autonomie

Stage autonomie

Un stage avec une bande bien sympathique franco-basque! Avec Oisin, Flore&Raphaël, Orti, Immanol et Pierre Emmanuel…

Certain viennent pour s’initier à l’alpinisme, d’autres pour acquérir les bases de l’autonomie… Je tiendrais compte des objectifs de chacun!!

Premier jour, l’école de glace est l’occasion de découvrir ou de rappeler les bases du cramponnage… Rapidement tout le monde gambade dans cet univers de glace et nous partons à l’assaut des éperons de glace… 2 cordées autonomes avec un guide qui gravite en électron libre de l’une à l’autre… Anneaux de buste, brochage, gestion de la longueur d’encordement, choix de l’itinéraire sur le glacier…

Stage autonomie alpinisme - Ecole de glace Stage autonomie alpinisme - Ecole de glace Stage autonomie alpinisme - Ecole de glace

Une bonne mise en jambe qui se conclue par le traditionnel apéro et dîner à la terrasse du Glacier Blanc!

Deuxième jour, nous partons en direction du Pic d’Arsine qui va nous permettre de voir les bases de l’assurage en mouvement dans les pentes de neige et sur les arêtes rocheuses. Mes deux cordées autonome manipent dans la bonne humeur.

Stage autonomie alpinisme - Pente de neige Stage autonomie alpinisme - Arrivée au Pic d'Arsine

Le petit bout d’arête qui sépare le sommet du Col du Glacier Blanc est très ludique et pédagogique, parfait pour apprendre sans se faire peur!

Stage autonomie alpinisme - Traversée d'arête Stage autonomie alpinisme - Traversée d'arête Stage autonomie alpinisme - Traversée d'arête

On rejoint ensuite le refuge des Ecrins pour la séquence pasta Carbonara et boisson houblonneuse… Là aussi c’est important d’être autonome!

Avant manger, on fait quelques manips d’autosauvetage….

Dernier jour : Roche Faurio, ce sommet tellement plus tranquille et moins dangereux que le Dôme, nous offrira un terrain intéressant pour les objectifs d’autonomie des deux cordées.

Orti au passage de rimaye…

Stage autonomie alpinisme - Passage de rimaye

Grâce à un choix judicieux d’horaire, nous sommes déjà haut quand pointe le soleil, pour le régal des yeux!!

Stage autonomie alpinisme - Levé de soleil sur le dômeStage autonomie alpinisme - Panoramique levé de soleilStage autonomie alpinisme - Sur la Roche Faurio

L’esthétique parfaite de cette course très photogénique! Heureusement qu’un défaut de réglage de mon appareil gâche un peu les photos!!

Stage autonomie alpinisme - Devant la Roche Faurio Stage autonomie alpinisme - Cordée plein ciel

 

Arrivé à l’antécime de Roche faurio au pied de l’arête sommitale, une partie de l’équipe préfère en rester là et profiter tranquillement du soleil…

Pendant ce temps là, je pars avec les autres, toujours en autonomie, gravir ce petit bout de rocher très aérien!!!

 

Stage autonomie alpinisme - Sur la Roche Faurio Stage autonomie alpinisme - Oisin au sommet de la Roche Faurio Stage autonomie alpinisme - Oisin au sommet de la Roche Faurio Stage autonomie alpinisme - Immanol et OrtiStage autonomie alpinisme - Flore et Raphael

 

Initiation sieste de haute montagne

Initiation sieste de haute montagne

Encore une initiation placée sous le signe de la canicule!!

Cindy, Gabriel, Vincent, Yolaine, Alain, Lætitia, Jean Michel, Alicia & Florian sont tombés entre les griffes de 2 guides sur lesquels l’altitude semble avoir occasionné des dégâts irrémédiables!!

Le groupe est très réactif et apprend vite les fondamentaux de l’activité : la souffrance et l’abnégation. Certains individus tentent toutefois de prendre du plaisir mais heureusement les guides veillent et les ramènent dans le droit chemin de l’alpinisme.

Autre fondement de l’activité, particulièrement approprié à ces temps de canicule : la sieste sommitale… Peut-être les seuls endroits de France où une sieste est envisageable au soleil!

Bref des moments vraiment rudes, surtout pour les guides qui doivent veiller sans arrêt sur ce groupe qui a un peu trop tendance au bonheur. Pas facile!

initiation alpinisme - Inspection de la glace initiation alpinisme - Yeah initiation alpinisme - Un groupe dans une crevasse IMG_2597initiation alpinisme - Chamois initiation alpinisme - Sieste on topinitiation alpinisme - Sieste on topinitiation alpinisme - Barreinitiation alpinisme - Groupe après la sieste initiation alpinisme - El Viso initiation alpinisme - Levé de soleil à la Roche Faurio initiation alpinisme - Meije initiation alpinisme - Et la lune

Arête sud – Pic du Glacier Blanc

Arête sud – Pic du Glacier Blanc

C’est la troisième fois que nous partons ensemble avec Alain. Il y a deux ans c’était avec son fils Tristan sur les flancs de l’Ailefroide et du Pelvoux. L’an dernier nous étions aller roder du côté de la Grande Ruine… Cette année Alain vient faire découvrir à Delphine sa compagne, les charmes de la montagne!

Je propose de commencer par un petit enchaînement de couloir et d’arêtes entre la Pointe Cézanne et le Pic du Glacier Blanc. Un joli voyage ponctué de petits passages… intéressants!

Chose assez rare dans le secteur, la mer de nuage est côté Hautes-Alpes! Pas vilain!

Traversée Pointe Cézanne - Pic du Glacier Blanc - Mer de nuage

Après le couloir Sud de la Pointe Cézanne, un beau parcours d’arête et le couloir Sud du Pic d’Arsine, on se balade plein ciel sur la large croupe sommitale entouré par un océan de coton.

Traversée Pointe Cézanne - Pic du Glacier Blanc - Mer de nuage

Petit passage d’escalade avant d’arriver au Pic d’Arsine…

Traversée Pointe Cézanne - Pic du Glacier Blanc - Avant le Pic d'Arsine

Entre le Col du Glacier Blanc et le Pic du Glacier Blanc, un rasoir sympathique!

Traversée Pointe Cézanne - Pic du Glacier Blanc - Rasoir

Gendarmes rigolos. Oui oui ça existe!

Traversée Pointe Cézanne - Pic du Glacier Blanc - Sur l'arête du Pic d'Arsine

Et le sommet… Honoré comme il se doit par une petite sieste! Il faut bien que le réchauffement climatique ait quelques avantages!

Traversée Pointe Cézanne - Pic du Glacier Blanc - Sommet

Et forcément, quand on voit ça, ça donne envie!

Pic du Glacier Blanc - Arête S - La classe

Hypnotisés par la belle arête sud du Glacier Blanc, Alain et Delphine me demande si cette course est envisageable… Ce que j’ai vu aujourd’hui m’a convaincu, je suis d’accord pour remonter au Pic du Glacier Blanc!

La difficulté principale de cette course est concentrée dans la première longueur… Ensuite ça déroule beaucoup plus même s’il faut être concentré tout le long.

Pic du Glacier Blanc - Arête S - Première longueur

Un Eritriche nain qui jouit d’une belle vue!

Pic du Glacier Blanc - Arête S - Erytriche nain

Cette arête est un petit bonheur, saine, aérienne, avec une vue *****.

Pic du Glacier Blanc - Arête S - Vue sympa Pic du Glacier Blanc - Arête S - Vue sympa Pic du Glacier Blanc - Arête Sud - Devant la Barre

Nous ne faisons qu’une bouchée de cet élégant bout de caillou et 2h30 après notre décollage, nous prenons la même photo qu’hier mais ce coup là c’est Alain et Delphine dessus!

Pic du Glacier Blanc - Arête Sud - Dernier gendarme

La team Pic du Glacier Blanc

Alain, Delphine&Moi

Ciao ciao tous les deux, à l’année prochaine!

Free Ride Serre Chevalier

Free Ride Serre Chevalier

Je retrouve aujourd’hui une bonne équipe internationale pour aller explorer les hors piste de Monetier…

Allemagne, Nouvelle Zelande, Angleterre… et même un Haut-Alpin!!

Les conditions ne sont certes pas dantesques (le vent n’a laissé que peu de chance à la poudreuse) mais on trouve encore du très bon ski à faire (et même parfois de la poudre!!) sur une neige froide et lisse.

Deux ptits tours le matin dans le secteur de la Montagnolle avant un bon petit gueuleton au soleil sur la terrasse du Peyra Juana. La journée pourrait s’arrêter là tout le monde est déjà ravi. Mais le génep du patron nous remotive!

L’après midi, on grimpe à bon train à la Cucumelle dans une ambiance bien ventée avant de descendre le vallon des Corneilles… Une fois passé la zone ultra soufflée du haut, on fait du bon ski dans une ambiance seuls au monde.

La team est encore bien vaillante alors je propose un dernier run dans une forêt un peu éloignée dans laquelle nous pousserons quelques cris dans une poudreuse miraculeusement épargnée!

Esprits poudreux

Esprits poudreux

Est-ce l’effet combiné du manque d’oxygène et de la rareté des produits vitaminés qui altère à ce point notre imagination?? Quand la poudre est si légère qu’elle s’insère jusqu’au plus profond de nos synapses, notre cerveau est sous contrôle! Pas d’autre choix que d’aller batifoler dans la blanche…

Une petite collective fort joyeuse s’organise fortuitement aujourd’hui pour aller trainer une douzaine de spatules du côté des crêtes de la Seyte, sans prétention aucune. L’occasion de taper le bout de gras pendant la montée, enfin dans la limite des capacités pulmonaires…

Si certains expérimentent à quelques encablures de là les joies du traçage à la montée comme à la descente, nous nous contentons benoitement du simple plaisir du traçage à la descente.

Notre religion nous interdisant de s’arrêter dans la descente, la production photographique s’en est légèrement ressentie!!

Par les temps qui courrent il est quand même franchement conseillé de rester sagement dans des pentes inférieures à 30°…. ce qui laisse largement de quoi s’amuser!

Stage initiation cascade de glace

Stage initiation cascade de glace

Marie, Ségolène et Thomas m’ont rejoint dans nos montagnes paumées pour 4 jours d’initiation à la cascade de glace… Aucune pratique de l’escalade, pas de connaissance non plus en alpinisme… Il en faut plus pour impressionner mes 3 comparses!!

Petit galop de chauffe le premier jour sur la cascade artificielle de Pelvoux qui propose une petite dizaine de lignes variées histoire de se familiariser avec le matos, la gestuelle, les techniques d’assurage… et le guide! Lequel guide quand même cumulé sur la journée une panne d’essence, une panne de casse croûte et une panne d’appareil photo… classe!

Deuxième jour, tout le monde est chaud bouillant après la première journée. On part sur le secteur de Cervières qui offre de belles possibilités de perfectionnement dans un cadre magnifique. Seul au monde ce jour là, avec un festival de couleur sur la plaine du Bourget… Un ptit run de chauffe dans les cascades à gauche de l’Arche puis tout l’monde s’excite à tour de rôle sur la cascade du Bourget, bien raide! Et tout l’monde ira au sommet s’il vous plaît!

Troisième jour : après les 2 premières journées je sens que notre équipée est prête pour larguer les amarres sereinement dans un itinéraire plus long. Avant les chutes de neige prévues, on aurait tort de ne pas profiter de la route de Freissinières ouverte jusqu’au terminus. L’objectif du jour est Paulo Folie, belle cascade d’environ 180m. Au parking pas mal de cascadeurs mais tous partent vers Impatience, magnifique délice givré au dessus du canyon des Oules… Pour nous ça sera la solitude, on s’en plaint pas! Personne pour nous mitrailler, personne non plus pour nous pousser au cul. Comme ça on fait toutes les pauses qu’on veut. Spécial big up au biscuit couvert de crême marron trempé dans le thé… ça te refait un glaciariste en deux-deux! Tout le monde assure le steack comme prévu et nous sommes en début d’aprem au summit! Pour compléter la journée, en vue des objectifs du lendemain, on se fait un petit atelier rappel sur la falaise du Chambon avant un ptit apéro à la maison. Au top!

Quatrième jour. Aujourd’hui la neige est prévue mais au réveil rien n’est encore tombé. Tant mieux! On opte pour un objectif un peu plus ambitieux que la veille, Fracastorus, cette belle ligne à l’entrée de la vallée de Freissinières. Quelques Toulousains égarés nous précèdent. On leur laisse un peu d’avance pour grimper à l’abri des projections diverses et variées. Y a pas à dire l’accent chantant dans les cascades ça réchauffe!! Après quelques tasses de thé, vient notre tour. Tout déroule. On s’offre des petites variantes pour passer derrière un stalactite. Les parties raides du milieu sont en bon sorbet, un régal à grimper! La neige fait petit à petit son apparition… Au sommet de la cascade, nos amis Toulousains s’échappent dans la forêt et nous abandonnent à notre solitude. Je propose à mes amis givrés de finir la cascade et la semaine en beauté par une dernière longueur raide de 10m… Surmotivé tout le monde essaye à tour de rôle et réussit! Tom en mode fuite en avant, Marie avec de délicats crochetages et Ségo à coup de « gna » de plus en plus sonores!! Reste plus qu’à descendre tout ça en rappel!! L’heure à tournée, on rentre en toute fin d’aprem à la voiture just in time… pour un ptit apéro bière chips rillette à la maison! C’est bon de finir comme ça! Merci à tous les 3 pour votre bonne humeur constante et pour la totale confiance! A bientôt…

Orgie de poudre à Pelvoux

Orgie de poudre à Pelvoux

Après quelques bonnes sessions à Crévoux et aux Orres, on monte en puissance avec Ju avec une grosse opération poudreuse à Pelvoux! Partis avec comme vague projet de monter en peaux de phoques jusqu’à la Blanche, on attaque par quelques rotations dans le Ruisseau, un des hors pistes de Pelvoux. La fraîche est bien là en quantité et qualité mais mefiat!! Les cailloux sont pas loin non plus!

Poussé par une motivation sans faille nous collons les peaux sur nos fats pour monter en direction de la Blanche. L’objectif est clair : chercher du bon ski sans taquiner les pentes trop raides. L’ivresse de la poudre ne doit pas faire oublier que les conditions actuelles sont délicates. Un début d’hiver sans neige n’est pas gage de sécurité, bien au contraire…

Montée ennivrante sur la crête du Chastellet. Ambiance Patagoniesque mais presque! La poudre nous vole dans le museau. On est déjà content et on oublie les skis trop lourds et les cuisses pas encore assez affutées!

A environ 100m du sommet, la pente se redresse et le nuage commence à nous descendre dessus. Autant de raisons de renoncer au sommet et de profiter du bon ski qui nous attend avec un minimum de visibilité. Session démente dans une poudre de rêve! Ca détend… du coup on s’en remet une tournée. On s’arrête ce coup là 200m avant le sommet pour basculer directement dans la combe. Rebelotte. Du délire!

Un dernier run sur le Ruisseau et on s’échoue au bistrot bien calmés!

Le plus dur c’est de s’arrêter prendre des photos quand c’est comme ça!

Cascade de glace au Fournel

Cascade de glace au Fournel

Rebelote aujourd’hui avec Ju pour une matinée à tater le glaçon. On part du côté du Fournel sur une courte cascade qu’on s’amuse à grimper par plusieurs lignes. Cette cascade répondant au doux nom de Brutus est en bonnes conditions, avec pas mal de crochetages naturels. On est aussi allé faire un ptit tour dans périphérique ouest, en condition un peu moins bonnes. Descente à pied du sommet puis un rappel sur lunule pour rejoindre le pied du grand mur de Brutus.

Impatience – Freissinières

Impatience – Freissinières

Petit dérouillage de piolet aujourd’hui avec Ju. On décide d’aller voir ce qu’il y a de grimpable dans le vallon de Freissinières. Bon comme prévu avec l’extrême douceur de ces temps-ci, c’est pas le paradis de la glace!! Quelques glaçons qui pendouillent par ci par là, va falloir que ça se mette sérieusement au froid pour espérer parcourir les grandes classiques du coin… En attendant pour aujourd’hui on profite de la route déneigée pour aller tout au fond du vallon où l’on a bon espoir de trouver quelques longueurs grimpables. Un peu de marche et nous sommes au pied d’Impatience qui démarre du canyon des Oules… Superbe ambiance à l’attaque. Pour démarrer tranquilos on attaque par la première longueur des larmes de Nicodème puis on fait la jonction avec la partie haute d’Impatience, un joli mur de 50m couronné par un court cigare. Idéal pour se refaire des sensations dans ce monde interactif… On gravit également la partie haute de Nicodème, pas très fournies mais intéressante.

Initiation alpinisme en famille

Initiation alpinisme en famille

Après la sortie en petit comité avec Audrey et Fabrice, je retrouve une sympathique troupe au refuge du Glacier Blanc : Kom, Pascal, Christophe, Gaby, Jens et Pierre Yves… Pour certains, le séjour est l’occasion de rafraichir les vieux souvenirs d’alpinisme, pour d’autres c’est la découverte totale! Sur la glace, tout le monde trouve vite ses repères… et les jeunes commencent à avoir la dent longue! Une heure de plus et je les retrouvais pendus à leur piolet dans les dévers… Plutôt que de s’orienter vers la performance, on part pour une « balade » ludique et pédagogique sur le Glacier Blanc… La corde est pas juste là pour faire joli! Elle peut même servir à arrêter les glissades de ses compagnons de cordée (n’est-ce-pas!)… …. une petite nuit plus tard, on prend la direction du Pic d’Arsine, ce sommet tellement idéal pour l’initiation! La troupe se réparti en 2 cordées et moi je gravite autour pour dispenser quelques conseils et faire les photos. Les conditions sont excellentes, on en profite pour jouer dans quelques variantes plus difficiles. La montée nous permet de voir quelques façons d’assurer et de progresser dans des terrains variés.

La neige porte bien pour (presque) tout le monde : y a plus qu’à cueillir notre sommet, rien que pour nous une fois de plus! C’est le bonheur…

Un crampon mal placé à la descente laissera quelques souvenir à Pierre Yves, heureusement sans gravité…

Initiation à l’alpinisme, c’est reparti!

Initiation à l’alpinisme, c’est reparti!

Le début de saison c’est du velours! La montagne est toute blanche et ça c’est beau… La neige est bien présente, pas besoin d’aller chercher le bonheur trop haut au risque de brasser dans la molle. Je retrouve deux compagnons inconnus avec qui le contact passe rapidement. Audrey et Fabrice venus du sud sont clairement là pour se faire plaisir! J’adore. Pas de prise de tête… La montagne en toute simplicité. Audrey, passionnée de photo, trouvera de la matière paysagique de premier choix… Un ptit tour sur le glacier la première après-midi histoire de s’en mettre plein les mirettes en apprenant les bases du cramponnage. Puis le lendemain, le Pic d’Arsine, en traversée s’il vous plaît, par un couloir plus facile qu’il n’y paraît et un final quand même aérien! Évidemment on a réservé le sommet rien que pour nous, on est pas embêtés par la foule! Panorama 4 étoiles histoire de rêver aux projets futur. Le pied quoi!

Face Ouest de la Blanche et Pelas Vernet

Face Ouest de la Blanche et Pelas Vernet

Aujourd’hui on décide de privilégier une logistique plus simple et adaptée à nos capacités intellectuelles. Après une longue discussion, nous pensons que c’est une boucle que nous devons faire.

Nous attaquons la montée sur les chapeaux de roues par une usante et pénible montée en télésiège. Nous peinons à trouver notre souffle. Heureusement tout cela prend fin et nous pouvons enfin nous reposer sur nos skis poilus jusqu’au sommet de la Blanche. Nous n’avons rien laissé au hasard aujourd’hui. Le matériel a été savamment choisi, en privilégiant la légèreté. Là encore, une idée simple l’emporte : le plus léger, c’est le matériel que tu prends pas. Enfin bref…

La face ouest de la Blanche est tapissée d’une parfaite imitation de poudreuse frisottée qui s’avère être une excellente croutaille partiellement skiable. Enfin dans le bas, on retrouve le doux manteau poudreux.

La remontée à la brêche Victor Chaud est une formalité. A peine 4 litres de sueur à 2.

Parmi les non-oublis du jour, 2*60m de cordelettes, bien pratiques pour atteindre la partie skiable du couloir.

Court espoir de poudre dans le haut mais ça sera finalement de la neige dure bien grippante. Là encore, une formalité pour nos corps surentraînés. A peine 256 pauses dans le couloir. A peine le temps de sentir l’ambiance et la beauté de cet incroyable corridor que nous nous retrouvons dans le cône tout moelleux de popow avant de descendre en quelques minutes le vallon de Celse Nière, bien plus bavant en été!! Quelle punition le ski!

La Grave – Vallon de la Selle et itinéraires

La Grave – Vallon de la Selle et itinéraires

Conditions excellente en ce moment à la Grave!

Le premier jour avec Muriel, Laurent, Lara et Lou anne on part sur la descente sur Saint Christophe par le vallon de la Selle par une journée impeccable! Neige un peu transformée sur le haut de l’itinéraire puis rapidement c’est la poudre et plein de traces à faire, on s’en donne à coeur joie! Les conditions sont vraiment bonnes sur l’itinéraire avec de la neige jusqu’à Saint-Christophe. Petite halte gastronomique à la cordée avant de rebasculer sur la Grave par les 2 Alpes pour terminer par le vallon de Chancel… Tout le monde a sa dose de plaisir et d’acide dans les cuisses!

Le lendemain, c’est une équipe un peu diminuée que je récupère!! Seule Muriel a survécu! La frangine Sonia l’accompagne pour pas qu’elle se sente trop seule! On fait un coup les vallons de la Meije en intégrale pour Muriel qui ne connait pas ça. La descente sous la Meije est un spectacle à ne pas louper… On remonte ensuite au Dôme de la Lauze pour une grande descente par Chirouze gauche. Conditions excellentes avec de la poudre et des traces à faire. Juste un mini-passage en neige dure… Un petit un petit saucissonage sur la tyrolienne au dessus de la Romanche et nous finissons la journée comme il se doit par un bon petit resto et bain de soleil à la terrasse du Castillan. Rude la vie!

Roche Faurio

Roche Faurio

Une dernière virée dans le secteur du Glacier Blanc…

Dernier soir d’ouverture pour le refuge des Ecrins… après 6 mois passés là haut!! Avec mes compagnons on profite d’un créneau parfait et pas trop de monde : le pied… Levé de soleil toujours aussi dément dans  la montée, je m’en lasse pas! Ne manquera que la pause omelette au refuge du Glacier Blanc déjà fermé… Ca attendra la vallée!

Y a de la belle crevasse!! Levé de soleil à la montée

4 jours dans les Ecrins

4 jours dans les Ecrins

Après notre première session de juin où nous avions pu faire connaissance, Caroline et François revienne pour 4 jours. La confiance règne et mes deux tourtereaux ne savent pas jusqu’au dernier moment à quelle sauce ils vont être mangés!!  Finalement, rendez-vous est pris à la Grave… On va faire un eu d’alpinisme « à la benne » comme on a rarement l’occasion d’en faire par chez nous.

Premier jour : remise dans le bain. Le Pic de la Grave. Les conditions sont exceptionnelles en cette fin de saison! Rien de difficile. On savoure la montagne tranquillement…

Vue sur le Pic de la Grave Au sommet du Pic de la Grave Les crevasses à la descente

Deuxième jour : on monte d’un petit cran la difficulté avec le Rateau ouest. Ca grimpe déjà plus!Heureusement qu’un bon casse dalle nous attend au sommet. Bonne pause gastronomico-philosophique au sommet…

François s'intérresse à la rimaye Des bons produits pour le moral des troupes Caroline et François heu-reux!

Pour les 2 derniers jours on s’éloigne des commodités de la Grave pour gravir un des beaux sommets du massif : l’Ailefroide Orientale. Loin des foules! Le Sélé est quasi désertifié, Raoul toujours aussi accueillant!! Moins de difficultés techniques qu’au Rateau Ouest mais un peu plus d’engagement physique. Un sommet qui se mérite! Encore de belles émotions partagés ensembles…

Juste le bon créneau Un couple au top! Bienvenue au Sélé

Allez les Janvier – Planche, j’espère que nos chemins se croiseront encore car ces moments ensembles étaient bien cools!

Pic Nord des Cavales

Pic Nord des Cavales

Comme chaque année, je retrouve Pierre pour une course dans le massif des Ecrins. Comme je suis dans le secteur du Pavé et pour économiser mes genoux, je propose à Pierre de gravir l’arête ouest du Pic Nord des Cavales. Mais l’ambiance un peu fraîche ce jour et le vent d’ouest qui nous cueille au trou d’eau glaciaire nous pousse sagement à renoncer… On est là pour se faire plaisir, pas pour lutter. Nous nous orientons donc finalement vers l’arête sud du Pic des Cavales. Pierre en bon connaisseur de caillou apprécie le grain hallucinant de ce granit d’altitude… Bref pas d’exploit mais du plaisir!!! C’est avant tout ça la montagne!!

Pic Nord des Cavales Pic Nord des Cavales

Arête ouest Pointe des Aigles

Arête ouest Pointe des Aigles

Après le déroulage d’hier, on s’attaque aujourd’hui à un gros poisson : l’arête ouest de la Pointe des Aigles, nichée au fond du vallon des Etançons, presque contre la Meije. Mais qui a dit que le beau caillou était réservé aux Chamoniards? La pointe des Aigles a tout d’une grande!! L’escalade s’y déroule sur un granit de rêve avec des passages de plus en plus aériens… Le rocher se prête relativement bien à la grimpe en grosses et quelques passages sont biens aériens. Tout ça pour finir sur une vraie pointe où on tient à 3 pas plus!

Comme on est gourmand et qu’on a le temps, on enchaîne derrière la Pointe des Chamois avec encore 3 belles longueurs, assez atypiques dans le coin… Du sommet de cette Pointe, après une rapide désescalade, on enquille les névés jusqu’au refuge du Pavé… C’est bon pour les genoux ça!

Pic Nord des Cavales

Pic Nord des Cavales

Pour attaquer en douceur rien ne vaut une bonne bambée dans les Ecrins! Avec Tom et Nico, on traversée aujourd’hui de Villar d’Arène au Chatelleret en passant par le Pic Nord des Cavales, cette petite merveille de granit haut perché entre Etançons et Haute Romanche… La voie normale est vraiment une course d’une rare beauté dans ce niveau de difficulté. Vue démente sur tout le secteur dont l’indétronable Meije. On bascule versant Chatelleret par le trou d’eau glaciaire en 2 grands rappels et un peu de terrain à Chamois avant la longue descente sur le refuge où l’on s’échoue devant quelques rafraichissements…

Pointe Claire – Arête Sud

Pointe Claire – Arête Sud

Cette année, Gab, fidèle parmi les fidèles, est parti pour un triptyque en montagne. Le premier épisode, avec Aurel, avait du être déplacé dans les Calanques pour cause de météo désastreuse. Pour le deuxième volet, on se retrouve entre hommes, du côté de Villar d’Arène, pour un petit tour dans le secteur du Pavé. Le troisième volet aura lieu fin août autour du refuge d’Orny.

Après une courte marche et une nuit passée au refuge de l’Alpe de Villar d’Arène, la première journée a pour objectif la Pointe Claire et la jonction avec le refuge du Pavé. C’est une course confidentielle du massif… On part de bonne heure, car le programme est copieux. Le jour se lève juste pour nous permettre de distinguer la vague sente qui remonte à la grotte des Pichettes, qui marque le début du terrain plus technique. Nous arrivons au pied de la voie et nous délestons de l’inutile, nous y repasserons en redescendant du sommet. Un couloir inhabituellement enneigé pour la saison nous attire. Gab est bien excité par l’idée de faire un peu de neige raide… Petite improvisation qui nous fait shunter les premières tours… Autant de réserves économisées pour la suite du périple! Du coup, rien ne presse, nous avons le temps de lézarder un peu au soleil et de faire par-ci par là un peu de cueillette… dans la limite de la légalité, naturellement! Nous enchainons les ressauts et les parties plus horizontales avec entrain et bonne humeur, sur un caillou magnifique. Nous arrivons bientôt au sommet, mais la journée n’est pas finie! La descente encore tout en neige est vite dévalée… Il faut ensuite remonter pour gagner le Pavé… J’opte pour un couloir qui s’avère n’être pas le moins raide!! Du coup un petit atelier désescalade pour Gab qui commence à en avoir plein les mollets!!

C’est pas la foule au Pavé. On se remet avec une bonne omelette. Le Programme du lendemain est open. Pas mal d’options sont évoquées. Le parcours de la Pointe Claire aujourd’hui m’a permis de voir que la descente du Pic Gaspard est en super conditions… Il n’en faut pas moins pour me motiver et proposer cette course à Gab. Je sens que cette course l’intimide autant qu’elle l’excite : tous les ingrédients pour une belle aventure!!

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