Initiation ski de randonnée

Initiation ski de randonnée

Quoi de mieux pour clôturer l’année que de venir découvrir le ski de randonnée et se laisser glisser sur la montagne? C’est le plan de la jeune et sympathique troupe que je guide pendant deux jours en ski de randonnée dans le Qeuyras : Juliette, Perrine et Anaïs les 3 sœurs que je ne connais pas encore et Julie et Olivier avec qui on a déjà eu l’occasion de fouler les cimes l’été dernier à la Roche Faurio

Le décor pour les deux journées : montagnes blanches sur ciel azur… le classique supplice Haut-alpin! Pour la première journée nous prenons la direction du Col Longet… La troupe avance d’abord en blaguant puis en rigolant puis progressivement le calme s’installe, la magie des lieux invite au silence et à la parole rare… en guide impitoyable, je n’accorde que de très rares pauses et mène un train d’enfer : on est pas en vacances, on a une montagne à skier!!

Sous le col Longet, je propose de monter vers le Pic Traversier. Tout le monde est d’accord avec l’idée! Sur ces 200 derniers mètres, l’image du sandwich commence à se surimposer à celle des montagnes… échouage au sommet. Papotages, restauration, contemplation… on est pas bien là?

Depuis le grand coup de vent de Noël, la montagne est quelque peu ravagée et le skieur doit employer tout son savoir faire à la descente pour jongler d’une neige à l’autre!! En cherchant bien on trouve toujours quelques mètres carrés de poudreuse se concluant souvent dans un champ de croûte! Bref, ne t’endors pas sur tes lauriers, reste actif et attends toi au pire, tu ne pourras qu’être déçu en bien!!

Ski rando initiation - Pic Traversier - A la montée

Ski rando initiation - Pic Traversier - Vers le Col Longet

Ski rando initiation - Pic Traversier - Près du sommet

Ski rando initiation - Pic Traversier - C'est bow

Le lendemain, on remet le couvert au Pic Cornivier. La journée débute par un festival de conversions dans le bas du vallon de Clausis. Un bon entraînement pour de futures sorties! Au dessus la pente se couche, le vallon s’ouvre, le soleil irradie, le ciel bleuit, on peut passer en mode méditation transcendantale… Le scénario de la veille se répète. Quelle lassitude!

On se console avec un bon casse dalle près du Rouchon, cette dent minérale planté dans la neige. De là on contemple des centaines d’années de possibilité en ski de randonnée… pour cette vie là, il faudra faire des choix!

Plus que la veille encore la descente fera appel à toute notre créativité pour s’abstraire des changements brutaux de neige! Chacun y va de sa stratégie : du tout droit advienne que pourra en passant par la technique tortue, il faut innover à caque instant! Bref même quand la neige est joueuse la montagne reste belle…

Initiation ski randonnée - Pic Cornivier - Le petit pont de bois

Initiation ski randonnée - Pic Cornivier - Converion

Initiation ski randonnée - Pic Cornivier - La caravane passe

Initiation ski randonnée - Pic Cornivier - Le meilleur moment

Initiation ski randonnée - Pic Cornivier - Sur fond de Rouchon

Initiation ski randonnée - Pic Cornivier - Descente sur fond de rouchon

On s’affaire, on s’affaire!

On s’affaire, on s’affaire!

Pendant que les dernières pommes tombent des arbres et que les gilets jaunissent l’hiver s’installe gentiment sur les Alpes… Une introduction comme ça, moi ça me laisse sans voix. Les fâcheux et les mauvaises langues qui pensent que les guides se payent du bon temps entre deux saisons devraient venir vivre notre quotidien d’intersaisonnier et voir à quel point il faut de la ressource pour rester au plus prêt du terrain et inlassablement retracer toutes ces pentes qui se détraçent à chaque nouvelle chute de neige… Braver ces gerbes de poudreuse qui te saute à la figure, ces éclats de soleil qui t’aveuglent, ces troupes de copains qui se marrent… Manger ces mêmes fruits secs, ce même morceau de saucisson… Faire l’inventaire à chaque nouvelle livraison et s’assurer de la qualité de la marchandise!!

Bref on bosse d’arrache pied pour que tout soit prêt pour tout bientôt!

Trace

Tete des raisins - Montée

La Blanche - Sur la crête

La Blanche - Montée

La Blanche - Montée

La Blanche - Pas mal la livraison

La Blanche - Pas mal la livraison

En train de dire une connerie peut-être?

Voyage escalade Corse

Voyage escalade Corse

Habituellement avec Frank à l’automne, notre regard se porte plutôt vers les froides et austères faces nord du massif des Ecrins à la recherche d’une belle envolée mixte à se mettre sous le crampon…

Mais l’idée lancée 3 semaines plus tôt sur le ton de la boutade à la Bérarde a fait mouche. La montagne est bien sèche en ce début d’automne et Frank ne connaît pas du tout la Corse : il n’en faut pas plus pour se laisser tenter! Nous voilà donc en route pour l’île de beauté en cette fin octobre, période idéale sur l’île redevenue presque calme, à condition d’attraper un bon créneau météo… de ce côté là nous serons gâtée puisque nous arrivons juste après une grosse perturbation méditerranéenne et repartons 24h avant la tempête… orgie de soleil et de granit au programme!

Dimanche : Restonica / San Teofalu et La Manu

Arrivée de bonne heure au bateau à Bastia, j’attrape Frank à son hôtel et nous filons directement vers les montagnes. Pour cette première journée, nous allons faire connaissance avec le granit Corse au fin fond de la Restonica au dessus de la Bergerie de Melu, sur la Punta san Teofalu. Une voie pas trop longue sera parfaite pour une mise en jambe : la San Teofalu sera notre hors d’œuvre du jour… douceur parfaite pour grimper au soleil, paysage de rêve, grimpe parfaite, ça s’annonce bien tout ça!

Restonica - San Teofalu - Très belle entrée en matière

Restonica - San Teofalu - Dièdre

Restonica - San Teofalu - Pins

Évidemment en couplant les longueurs, l’affaire est vite pliée et une fois redescendu de la voie, le constat est sans appel : on a encore le temps et la voie d’à côté a l’air très belle. Et nous voilà partis dans la Manu, très belle voie également…

Tout ça nous mène gentiment à la tombée de la nuit… grâce au stock de course dans le camion, nous sommes autonome et pouvons rester 3 jours dans la Restonica sans repasser par la case civilisation… la vallée est bien calme à la Toussaint et nous posons notre camp au calme près de la rivière. Le programme du soir est intense et sera notre yoga quotidien : montage du camp, apéro, repas et au pieux avec les gallinacées!

Lundi : Restonica / Queue dalle et les autostoppeuses

Notre plan du jour est d’aller rendre une petite visite à l’incontournable Symphonie d’automne au dessus du lac de Capitellu… mais c’était sans compter sur le vilain courant d’air qui traverse l’île aujourd’hui. Au lac Di Mello, la décision est sans appel : la goutte au nez, engoncés dans nos gore tex, bousculé par les rafales de vent et au vue des gros paquets de nuages en altitude il va falloir trouver une autre idée pour aujourd’hui!!

Heureusement la Restonica a plus d’un tour dans son sac et la vue ensoleillée des contreforts de Cima San Gavino nous redonne un peu d’espoir! Un plan B parfait vue les conditions du jour. Nous y sommes à l’abri du vent et au soleil, le caillou est parfait alors on fait peut-être pas dans la world classic mais on reste dans le haut de gamme! Premier tour de chauffe dans Queue Dalle puis comme il reste du temps et de la motivation dans les grimpeurs on enchaîne sur les Autostoppeuses, je parle de la voie bien sûr. Voilà de quoi finir encore dans le jour déclinant avec nos 400m de grimpe syndicaux!

San Gavino - Queue dalle / Autostoppeuses - Dalles

San Gavino - Queue dalle / Autostoppeuses - Dièdre

San Gavino - Queue dalle / Autostoppeuses

San Gavino - Queue dalle / Autostoppeuses - Heureux

Yoga du soir et dodo dans la paisible vallée de la Restonica

Mardi : Restonica / Esméralda

Déjà le 3ème jour de grimpe et comme tout se déroule à merveille, je propose à Frank un projet plus copieux à la Punta U Finellu : Esméralda. Pas encore bien réveillés au moment du départ, on se gare trop haut ce qui nous vaudra une petite séance maquis matinale pour bien digérer le petit déj’! Une fois rentrés dans les rails, on suit le « canyon » qui mène jusqu’à la face, sans souci. La journée est radieuse, ça sent bon la grimpe en tee-shirt!

Dès la première longueur on est mis dans le bain : ça va être classe! La grimpe est très variée sur un rocher juste irréprochable… Les longueurs de taffonis passent bien mieux que les raides longueurs en dalle. C’est fou comme on se sent meilleur pendu plein gaz à un taffoni que les pieds en adhérence sur des dalles à friction… je comprends pas!

Le finish est vraiment de toute beauté avant une descente en rappel plutôt efficace. Pas déçus du voyage!

Restonica Esmeralda - 6b taffonisant

Restonica Esmeralda - Les amis

Restonica Esmeralda - Dalle en 6b+

Restonica Esmeralda - Frank dans les dalles

Restonica Esmeralda - Finish!

Restonica Esmeralda - Pin

Bien apaisés par cette journée de marche et de grimpe, on préfère temporiser dans la Restonica et se garder la route pour demain…

Mercredi : Bavella / Patrimonio et Arète de Quenza

Petit bout de route de Corte à Bavella… on en profite pour ravitailler et remplir le camion de nourriture pour les 3-4 jours qu’il nous reste.

Rien que la route qui monte à Bavella est un beau spectacle, je ne m’en lasse pas et Frank est sous le charme! Nous posons le camp au Col avant de partir grimper vers les Aiguilles de Bavella… après la journée d’hier, un projet pas trop exigeant fera très bien l’affaire! Nous nous dirigeons vers les contrefort de la Punta di a Vacca où nous gravissons Patrimonio. Une première partie pas très intéressante avant un second ressaut très classe… nous tirons jusqu’au sommet. Il est 16h. Les conditions sont parfaites. On traînasse…

Bavella - Patrimonio - Ambiance Bavella

Bavella - Patrimonio - Ambiance Bavella

Bavella - Patrimonio - Ressaut du haut

Évidement à la vue des Tours toutes proches (l’Accellu et l’Arghjetu) mes mains transpirent et je commence à imaginer un plan diabolique : on s’excite, on s’allège au maximum et on part sur l’arête de Quenza en mode sprint pour se faire le couché de soleil là haut… va pas falloir traîner. Frank est emballé par cette idée douteuse, on y va!

J’en profite pour louper le vrai départ de l’arête et on fait deux longueurs de variantes un peu plus dur. Le reste est vraiment classe avec des champs de taffonis plutôt faciles pimentés de quelques passages quand même grimpants… comme prévu la nuit nous rattrape au sommet dans une ambiance complètement délirante avec le couché de soleil d’un côté et le levé de pleine lune sur la mer de l’autre côté!!

Bavella - Arête de Quenza

Bavella - Arête de Quenza - Couché de soleil

Descente par la voie normale à la frontale et au feeling avant la marche de retour à la lueur de la pleine lune jusqu’au col de Bavella où nous attends notre petit festin du soir… voilà comment transformer une journée de relâche en petite bambée!

Jeudi : Bavella / U Haddad et Omerta

Aujourd’hui il fait tellement doux qu’on tente la grimpe à l’ombre. L’occasion d’aller rendre une petite visite à la Punta di U peru. L’idée est aussi de marcher un peu moins qu’hier. Sagement nous nous disons qu’une voie sera suffisante pour aujourd’hui mais Frank ne se fait plus trop d’illusions sur le guide maintenant et sait qu’à peine le sommet atteint, j’aurais déjà un œil sur la voie d’à côté!!

D’abord dans U Haddad on s’étire sur les premières longueurs pas trop dures avec une longueur assez rigolote dans une sorte de taffoni géant… Une courte longueur bloc donne accès à la suite… et quelle suite! Le haut est vraiment fantastique (on a tiré ça en deux longueur) avec une première longueur qui passe dans une arche et la longueur finale juste majeure sur un granit rouge de toute beauté… Comment alors ne pas se laisser tenter par la voisine!

Bavella - U Haddad - Le taffoni géant

Bavella - U Haddad - dernière longueur

Deux grands rappels plus tard nous rattaquons dans Omerta au dessus du passage en 6b+… style un peu différent mais très classe aussi surtout la dernière longueur… un court passage au soleil finit de nous convaincre qu’on a fait le bon choix en grimpant à l’ombre aujourd’hui!

Après toutes ses soirées en camping, Frank m’invite à l’auberge ce soir histoire de rompre grassement avec notre régime quasi végétarien! De la barbak digne de ce nom servi en bonne quantité!

Vendredi : Bavella / Le Dos d’éléphant

Quand Frank se réveille le matin je sens bien qu’il m’interroge déjà silencieusement sur le programme de la journée… après 5 jours de granit et 400m de grimpe en moyenne par jour, l’épaisseur de la peau des doigts de Frank a drastiquement diminué mais il y a peut-être moyen encore de s’offrir une dernière belle envolée… comment résister l’envie d’aller se promener sur le Dos d’éléphant visible de partout? Frank se doutait bien que je finirais par lui proposer et même s’il redoute le supplice des dalles à friction, il s’emballe sans hésiter pour le projet…

Ma seule crainte pour aujourd’hui c’était d’avoir trop chaud… c’était sans compter sur les passages nuageux et le vent qui se lève et se renforce tout au long de notre ascension. Les rafales qui claque sur le Dos rajoutent un peu de piment dans les passages en dalle où l’équilibre est parfois précaire!! Nous nous arrêtons en haut du Dos. Nous sommes repus et fourbus par ces 6 journées de grimpe, pas la peine d’en rajouter!!

A noter aujourd’hui la présence d’une cordée devant nous… c’est bien la première fois qu’on voit des grimpeurs cette semaine!!

Bavella - Dos d'éléphant - première longueur

Bavella - Dos d'éléphant - deuxième  longueur

Bavella - Dos d'éléphant - dalles

Bavella - Dos d'éléphant - dalles bis

Bavella - Dos d'éléphant - la cordée devant nous

Bavella - Dos d'éléphant - ultime dalleries

Bavella - Dos d'éléphant - main à plat

Nous filons en direction de la mer sur la côte est et trouvons un petit bout de plage privé pour y passer la nuit…

Samedi : glandouille à la plage et promenade dans les châtaigneraies avant le retour!

Réveil paisible ce matin. Depuis ma couette au fond du camion je me laisse envahir par la beauté du levé de soleil… on traînasse, on laisse le temps s’étirer. Une baignade dans la mer encore bien clémente et on file se dégourdir les pattes sur un petit sommet non loin de Bastia dans une vallée paumée… la balade est ponctuée de rencontres pittoresques!!

J’abandonne mon Frank à son avion et je passe la fin d’après midi à errer dans les rues de Bastia à la recherche de quelques victuailles à ramener sur le continent. Un bel intermède musical avec un improbable accordéoniste hongrois et la parenthèse Corse se referme avec plein de projets pour la prochaine fois!

Levé de soleil

Arête de la Convention

Arête de la Convention

Bon on avait dit pas de réveil ce matin puis finalement les collègues qui se lèvent tôt et la météo du jour nous incitent à reporter la grasse matinée au lendemain! Par contre on reste sur l’idée du moins d’approche possible et du pas trop dur… Une course s’impose à l’évidence, l’arête de la Convention, l’occasion de faire une petite incursion en Meije. On s’excite pas trop quand même au petit déjeuner, accordons nous quelques instants de flânerie dans ce monde d’accélérés! Depuis qu’on est partis c’est plus le temps qui nous a regardé passer que l’inverse!

Donc course de moindre envergure aujourd’hui mais sérieuse quand même et vraiment complète! Les brumes qui s’accrochent à la Meije et aux sommets nous plongent dans une ambiance cotonneuse…

Arête de la convention - Longueur clé

Nous partirons dans l’ivresse

Nous partirons dans l’ivresse

Après notre petit trot de chauffe de la veille à la Tête des Fétoules qui a fini à la nuit tombante, il me paraît normal et pas volé de s’accorder une douce journée d’approche tranquille agrémenté d’une petite grimpe divertissante… pour meubler un bout d’après midi…!!! Ah la bonne blague!

J’aime tellement voir Antoine le soir sur les bancs du refuge, l’œil brillant, concéder au détour d’une bière : « là, je suis un peu fatigué », ce mot qui n’apparaît dans son champ lexical qu’au cours de ses séjours en montagne!! En guise de petite approche, nous montons donc au refuge du Promontoire et notre petite grimpette de l’aprem se fera dans la face Sud-Ouest, dans une des perles du secteur « Nous partirons dans l’Ivresse »… La varappe tient ses promesses et malgré nos cuissots et mollets tout raides, nous hissons nos 3 corps au sommet avec beaucoup de plaisir… La journée se passe dans un juste dosage entre relaxitude et rythme, vu qu’on s’est pas levé tôt, pour avoir une chance de finir la voie fallait pas chômer… joli coup d’accélérateur collectif dans les dernières longueurs et dans les rappels où on profite des lueurs embrasantes du soir…

Meije - Nous partirons dans l'ivresse - Frank après le premier toit

Meije - Nous partirons dans l'ivresse - Des longueurs d'anthologieMeije - Nous partirons dans l'ivresse - Des longueurs d'anthologie

Meije - Nous partirons dans l'ivresse - Je suis suivi!

Meije - Nous partirons dans l'ivresse - Dans les dernières longueurs

Meije - Nous partirons dans l'ivresse - Lueurs du soir

Contrairement à la veille, notre bercail est tout proche, point de descente interminable aujourd’hui… une soirée en petit comité avec deux autres collègues guides venus faire de l’entretien en face sud, nous trouvons l’énergie d’honorer les bouteilles de bière et le génépi que nous avons monté avant un repos salvateur!

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