Raid dans les Cerces, entre poudrette et moqueuse!

Raid dans les Cerces, entre poudrette et moqueuse!

C’est l’histoire d’un séjour qui a bien failli ne jamais exister! Passons les détails mais Antoine, Laurent et Romain ne se connaissaient pas et sans la décision de dernière minute de Romain, ces 4 fantastiques journées que nous avons vécues sur les skis n’auraient pas existé!!

Grosse révélation de ce séjour, Romain surnommé le « cutter » (de traces) qui malgré une très très récente conversion du snow au ski nous étonnera chaque jour par ses progrès et son mental! Tout ça pour finir un raid « d’initiation » dans une pente à plus de 45°!! Tout le monde n’apprend pas à la même vitesse!

Constituer un groupe de personnes qui ne se connaissent pas est toujours un pari. Et on peut dire que sur ce coup là, ça a plutôt bien fonctionné! Et les conditions du moment, bonnes sans être simple, alliée à une météo sans faille nous ont offert le parfait cadre de jeu!

Journée de temporisation dans le Vallon du Crouzet

Pas de panique, avant de partir en fanfare dans les Cerces, un petit galop de chauffe s’impose. Pour tester les troupes, le matos, la neige. Lever le maximum d’incertitudes et partir sereins dans les Cerces…Comme j’y ai rodé les jours précédents, le vallon du Crouzet derrière Freissinières me paraît une bonne mise en jambbe… Il faut y croire au départ sur ce versant sud sur ces plaques de neige faméliques! Dès le passage en versant nord, la neige est bien là et le vallon du Crouzet s’offre à nous dans une solitude totale. Déjà un petit moment qu’il n’a pas neigé et pourtant pas plus de 5 traces au fond du vallon.

Malgré un infâme bottage sur 200m de dénivelé, nous avalerons aujourd’hui nos 1200m de dénivelé syndicaux avec à la clef une pure descente avec quasiment que du bon! Bon début!

De Névache au refuge du Chardonnet par la poudre

On largue tout pour 3 jours d’itinérance dans les Cerces au départ de Névache (et même d’un poil plus haut!)… la journée d’hier nous a mis en joie! J’ai toute la confiance de mes compagnons pour tisser un programme au fil de la spatule… au diable les grands noms, les cols, les sommets… on privilégie d’abord la qualité du ski!

On dépasse le refuge de Buffère en direction de la crête de Baude. J’espérai d’abord attraper les grandes pentes plein nord de la Casse Pinière par le sud mais les pentes d’accès ne m’inspirent guère… Nous bifurquons donc vers un col, lieu idéal de pique nique. Nous redescendrons 200m entre moquette et poudre avant de remonter sur le sommet principal de Baude.

De là, nous rejoindrons des pentes excellentes après les 100 premiers mètres soufflés. Romain qui n’a que quelques jours de ski dans le compteur progresse à chaque seconde et nous suit sans pinailler. J’envoie Antoine et Laurent en éclaireur, et leurs cris de plaisir nous renseigne sur la qualité de la neige!! Malgré la fatigue et le dénivelé, nous voilà tous quitte pour une remontée dans le grand champ de poudre vierge de la Casse pinière!

L’affaire sera vite avalée avant le retour sur le bien confortable refuge du Chardonnet!

Du Chardonnet à Laval par le tour du Queyrellin et quelques poudreuses variantes

Là encore une journée placée sous le signe du furetage! En partant vers le Col de la casse Blanche, nous avons dans le rétroviseur la Pointe du Demi. Les traces faites la veille dessus sont sans appel sur la qualité de la neige sur les versants NW. Voyant ça je ne résiste pas à la tentation d’aller visiter les pentes NW sous la tête de la Cassille avant de monter au Col… Bingo, cette poudreuse matinale nous met en état d’apesanteur! Le paysage des Cerces est toujours aussi régalant tout en contraste entre des fonds de vallée mamelonnants et des crêtes dolomitiques!

Le passage du col est presque une formalité, l’occasion de se mettre à l’aise sur les conversions! Là encore, la recherche du bon ski nous pousse à quelques efforts supplémentaires et on remonte sur le versant d’en face pour trouver un bon champ de moquette tout lisse… pour la première fois du séjour, je sens que Romain lâche les chevaux et commence à piger le truc! Laurent et Antoine aussi desserrent totalement le frein à main sur cette fine et onctueuse crème!

Le passage au pied de la crête est un peu moins bon. Ces 150 mètres de déniv’ ne sont pas revenus, la faute au petit vent du jour… m’enfin on a connu bien pire comme neige!

La journée aurait pu s’arrêter là mais la perspective d’un autre champ de poudre ou de moquette remotive toute la troupe pour une dernière montée… le vent est déjà à l’œuvre depuis un petit moment mais n’aura pas encore eu raison de la poudreuse derrière la bosse que nous montons. Encore du très très bon!

Le printemps a ça d’unique qu’il peut offrir toutes les neiges dans la même descente! Après la poudreuse, 150 mètres de crouteuse font la transition vers la suave moquette que nous ne quittons plus jusqu’à Laval. Ouf!

Ce soir nous sommes quasiment seuls au refuge et on s’en plaint pas!

Pointe des Cerces depuis le refuge Laval

La journée moisie sur le papier qui se transforme en journée féérique! La météo nous avait promis des nuages et un vent à nous arracher la peau… Bref, on se consolait presque déjà de cette moins bonne journée par les 3 premières fantastiques que nous avons vécue…

Ce matin au réveil c’est un ciel bleu radieux qui nous attrape sur la terrasse du refuge!! On part en direction du lac des Beraudes. L’idée est éventuellement de monter sur les contreforts de la pointe des Cerces pour éventuellement trouver un peu de neige décaillée… avec la brise fraîche du jour c’est pas gagné! Et le fort vent qui a soufflé toute la nuit à anéanti les espoirs de poudreuse en NW…

Nous nous engageons dans les pentes de la pointe des Cerces. Je m’attends à recevoir la gifle du vent en arrivant sur l’arête… mais rien. Tout juste une brise. Et nous voilà les skis sur le sac en direction de la pointe des Cerces. Sommet sans un poil de vent. Inespéré! Quelques centaines de mètres au dessus, nous voyons passer des nuages à mach 2. On a un peu l’impression d’être dans l’oeil du cyclone.

Ce sommet sera une faveur inespérée dans notre séjour, un moment de grâce!

La seule partie lisse à la descente est assez raide, entre 40° et 45°, déjà pas mal pour Romain, quasi débutant à ski et qui s’en sortira haut la main! Nous enchaînons ces pentes avec le vallon en neige lissée derrière avant de retrouver plus bas les océans de moquette…

Une fois de plus on ne résiste pas à la tentation de remonter pour bien finir d’user la moquette locale!

Une fois notre forfait accompli, on se laisse glisser jusqu’à Laval pour un apéro casse dalle bien mérité avant la session skating qui cloturera ces 4 journées collector!

Team building

Team building

Après la belle journée d’hier dans les couloirs de Ceillac, pas de répit! Au lieu de se poser devant un écran d’ordinateur pour remettre en état notre site commun, nous décidons sagement avec Sylvain d’opter pour une journée de popow. Nous avons bien plus de prédilection et d’entrain dans ce terrain que dans la résolution de schismes informatiques!! A défaut de faire avancer le schmilblick, au moins parviendrons nous peut-être à l’oublier?

En ces temps de sécheresse, on peut déjà monter jusqu’à 1700m sur la piste au dessus de Freissinières. Grâce à quelques plaques de neige épargnées sous la forêt on peut quasiment monter sans déchausser. On se contente de peu en ces temps de disette…

Direction la tête des Raisins par la crête des Lauzières, sans programme défini, le radar à poudreuse à l’affût. Les couloirs qui descendent vers le vallon du Crouzet nous fond du gringue. On se laisse séduire pour une petite minute de pur bonheur!

Au fond du vallon du Crouzet, une bonne partie de nous nous invite à un retour immédiat et une sieste bien méritée… Un petit coup de fil inopiné nous relance sur un plan en traversée vers le Fournel. Moults inconnues certes mais avec la possibilité motivante d’un taxi! On se refait pas.

Remontée donc sur la crête de la Seyte, skis sur le sac. De là haut un plan finit par germer dans nos caboches. Évidemment un plan à haute dose d’incertitude, avec aucune autre information qu’une vague photo prise 10 jours avant depuis Puy-Saint-Vincent. La photo semble montrer qu’il y a un chemin possible assez évident depuis le sommet de la Seyte au fond du Fournel via le torrent de l’Alpet…

On se lance donc dans le couloir en question la fleur au fusil et le cœur battant. Très très bon mais le bas du couloir est bien plus sec que sur la photo et laisse apparaître 10 mètres en mixte bien pentus… oupsss! Va-t-on s’offrir le plaisir de remonter ce que nous venons de descendre? Rive gauche, aucun espoir, falaises et tout le toutim! Finalement c’est rive droite qu’on trouvera le biscuitage salvateur et le salut vers le bas! Une très large rampe permet la jonction vers le torrent de l’Alpet. Superbe ambiance dans ce ravin bordé de falaises où nous trouvons une neige bien transformée…

Rodage à Ceillac

Rodage à Ceillac

Deux lascars bien motivés pour cette virée improvisée à Ceillac et son élevage de couloirs! On commence par une montée au soleil qui nous amène pas du tout où on avait prévu mais c’est pas grave, ça à l’air très bon aussi!

Gas trouve l’exercice trop facile et en profite pour larguer un ski dans le couloir qu’on mettra un peu de temps à retrouver!!

Désespéramment seuls pour tracer ces océans de poudre, nous nous attelons à la tâche sans broncher! La remontée d’un long couloir et sa descente nous occuperons une bonne partie du reste de la journée, de quoi louper les gosses à l’école, comme prévu! Indignes parents skieurs, prêts à troquer leurs progénitures pour une poignée de poudre!

Free Rando aux Orres

Free Rando aux Orres

Ca faisait déjà un bon bout de temps qu’on devait faire connaissance avec Alexandre, c’est maintenant chose faite! Le courant passe de suite, on se retrouve à blaguer sur un télésiège comme deux vieilles copines au bout de quelques minutes!

En purs adeptes de la freerando, nous jouissons d’une montée sans effort au sommet du domaine des Orres. Malgré la fraîcheur du jour, les premiers rayons de soleil ont commencé à décailler les pentes est que nous voulons descendre en direction du Petit Vallon. En quelques virages on déconnecte de la station, de la civilisation… nous ne sommes plus que deux amas cellulaires temporairement conscients jouissant de plaisirs gravitaires!

Comme d’habitude le programme se bâtit au fil de la spatule et nous finissons au sommet de la Tête de l’Aupet qui ferme le vallon en direction de l’Ubaye… De là nous attend une descente de plus de 10 km jusqu’aux Ribes où un sursaut d’intelligence nous a fait déposer une voiture, comme ça au cas où! Du très bon ski dans la descente par endroit, un cadre fantastique et une solitude totale… Encore une journée stressante!

Col du Bal – Puy Saint Vincent

Col du Bal – Puy Saint Vincent

Plutôt que de rester deux heures à boire des cafés en attendant que le cours des petits soit fini, on opte à la dernière minute avec Nirmal et Ludo pour un petit plan hors piste entre papas du village.

Un choix plutôt récompensé par les excellentes conditions du jour et encore plein de traces à faire. Ca passe vite deux heures quand on s’occupe comme ça!

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