Mixte et varappe

Mixte et varappe

Reprise des activités estivales avec Quentin!

Nous avions évoqué il y a quelques mois l’idée de grimper l’Aiguille Verte… mais il faut se rendre à l’évidence, les mois de confinement ont un peu mis à mal notre condition physique et les conditions de ce début d’été sont un peu trop hivernales pour ce genre de projet.

Nous optons pour un programme mixte sur 3 jours. Le premier jour, une grande voie en terrain d’aventure, l’éperon de la voie éteinte pour reprendre ses marques verticales et poser quelques coinceurs avant de monter au refuge du Glacier Blanc.

Pour la deuxième journée, je propose à Quentin une jolie course mixte au dessus du refuge, la traversée de la pointe Cézanne, une course qui se pratique essentiellement en début de saison. Nous serons tous seuls aujourd’hui dans la montagne pour ce petit voyage sur nos arêtes de Rochefort locales!

Comme la journée déroule bien et que la neige nous permet de redescendre sans trop forcer jusqu’au refuge, je propose à Quentin d’enchainer directement sur la course du lendemain… faut dire que la météo du 3ème jour ne laisse que peu d’espoir sur la possibilité de faire quelque chose…

Une omelette et une sieste plus tard, nous voilà donc repartis vers l’Aiguille Pierre Estienne où nous gravisonns Graine de Cézanne une jolie voie en terrain d’aventure avec un joli finish en arête.

Nous passons la nuit au refuge du Glacier Blanc au milieu des cordées qui élaborent mille stratégies pour se faufiler au milieu des grosses gouttes prévues le lendemain. Nous, nous pouvons dormir tranquillement, demain nous avons juste à descendre!

Raid ski Thabor

Raid ski Thabor

En avril 2016, un trio de choc, François, Lolo et Tom me contactait pour 3 jours de raid à ski dans le secteur des Cerces. La météo était apocalyptique. Pluie en altitude, sirocco, vent à 80km/h… malgré tous mes efforts pour annuler la sortie, j’échouais devant l’inflexible motivation des 3 compères. Ainsi était lancée de façon magistrale la grande tradition du raid hivernal pour la troupe. Dans le sillage de ces précurseurs sont venus se greffer chaque année d’autres aventuriers et nous avons visité le Queyras, Terre rouge, la Dent Parrachée…

Cette année, nous revenons sur un projet qui traîne dans les cartons depuis le début : le Mont Thabor! Plusieurs fois la météo programmé, la météo en a décidé autrement. Cette année, le créneau météo reste tout en suspens mais on décide de le tenter!

Jour 1 : de Valfréjus au refuge du Mont Thabor

Nous démarrons le raid depuis la station de Valfréjus qui nous permet de gagner de l’altitude sans trop forcer, toujours appréciable le premier jour! Nous débouchons au sommet de la station avec une visibilité fantastiquement nulle. Nous temporisons immédiatement dans le restaurant le plus proche… temporisation efficace certes, mais totalement dépourvue d’effet sur la météo environnante… Nous partons sur la piste à la queue leu leu. Heureusement, un peu plus bas le nuage se déchire et nous en profitons pour glaner quelques virages en poudreuse avant de mettre les peaux de phoque.

Belle montée jusqu’au refuge du Thabor. Les corps se remettent en branle. Certains muscles se redécouvrent une fonction! Avant d’arriver au refuge François et Lolo sont chauds pour un petit run pré apéritif.

Jour 2 : Monte d’abord au Mont Thabor

C’est un morceau de choix, presque légendaire, qui nous attend aujourd’hui. Le chemin pour le Thabor n’est pas le plus direct : il faut d’abord passer une première crête avant d’attaquer la longue montée jusqu’à la chapelle. Pas une bavante mais presque!  Disons qu’on a le temps d’admirer le paysage! Les dernières centaines de mètres sont durs, les organismes sont mis à rude épreuve… à 100m du sommet, le doute s’installe chez certains membre de l’expédition qui sont prêts à prendre la tangente… nous attendons Raph qui peine un peu pour décider. Raph tire la langue mais ne laisse planer aucun doute sur le fait d’aller au Thabor. Il emporte avec lui la décision pour le reste du groupe!

Nous atteignons le sommet, cueillis par un vent piquant. La vue est splendide et l’émotion palpable! Nous nous mettons à l’abri dans la glaciale chapelle sommitale, le temps d’avaler notre pique nique.

J’ai reperé pendant la montée un itinéraire bis pour la descente plus à l’abri du vent. Là où nous sommes montés la neige transformée et travaillée par le vent ne fait pas rêver. J’espère trouver un peu de douceur poudreuse… parce qu’en chier aussi à la descente serait vraiment rude pour le moral!

Nous attaquons dans les pentes repérées. Et la poudreuse est au rendez-vous! Yihahh! Nous devons supporter l’affront des 2 traces de JB, un copain guide, et son client… J’avais prévu de rejoindre ensuite l’itinéraire de montée mais en passant au dessus d’un petit couloir bien exposée, je ne résiste pas à la tentation d’aller voir.  Un coup d’oeil du haut d’un promontoire pour vérifier que ce n’est pas trop raide ou trop chargé… « c’est bon on va aller la dedans, c’est magnifique! »

L’itinéraire est vraiment très classe. On ski au milieu des falaises dans un couloir pas trop raide et assez large pour prendre ses aises… énorme!

A la sortie du couloir, il ne nous reste plus qu’à se laisser glisser dans la combe jusqu’à l’endroit de la remontée, inévitable.

Voilà, un monstre sacré qui tombe. Toute la bande peut s’abandonner à la satisfaction du devoir accompli! Toute? Non, un irréductible François est encore chaud pour un petit extra… nous partons roder tous les deux sur des crêtes non loin du refuge pour quelques virages poudreux de plus. Après ça, repos et apéro bien mérités!

Jour 3 : bouclage de boucle par monts et par vaux

Last day. Vent fort annoncé en altitude, on ne va pas trop monter. J’ai espoir de trouver du bon ski dans une combe sous le Grand Bagna et si c’est pas le cas, ça aura au moins le mérite de nous mettre sur la route du retour.

La météo est joueuse avec des moments dégagés et d’autres dans le nuage.

Test motivation au pied de la combe : tout le monde est chaud et la qualité de neige semble au rendez-vous. On monte 300m-400m la dedans jusqu’à l’endroit où les pentes se redressent. On attend patiemment le créneau lumineux pour descendre. La ptience paye et nous rayons sans scrupule cette belle combe qui n’attendait que nos spatules. Court repeautage et nouvelle pause dans la descente à attendre que le nuage aille voir ailleurs. Encore du bon ski avant de rejoindre la plate combe qui mène à la station.

Freerando – Serre Chevalier, Puy-Saint-Vincent

Freerando – Serre Chevalier, Puy-Saint-Vincent

Pour cette semaine, mon pote Nico, guide et barbu de son état, me propose de co-travailler avec lui. Toujours motivé pour faire quelques glissades dans la montagne j’accepte avec plaisir sa proposition! Notre rude labeur consistera à guider une meute de skieurs venus pour la plupart du grand sud pour un stage de freerando… cette nouvelle appellation sortie du chapeau pour désigner une pratique de plus en plus à la mode : un mix entre hors pistes et ski de rando, où tout en profitant des remontées mécaniques on s’éloigne des sentiers battus à coup de peaux de phoque, là où les « simples » skieurs gravitaires n’accèdent pas… Le potentiel est immense et le ratio montée/descente souvent imbattable…

Pas de programme rigide pour cette semaine, nous brodons le scénario en temps réel en fonction des attentes et des possibilités de chacun des acteurs… tout ça bien sûr sous la houlette de dame nature qui nous fournit un décor bien changeant!!

Jour 1 : Puy-Saint-Vincent, la presque protégée

Sur le papier, la donne de cette première journée n’est pas très ragoutante : vent tempétueux et pluie jusqu’à 2000m le matin, le genre de journée où si tu regardes trop la météo, tu restes au bistrot. On opte pour un départ pas trop matinal pour laisser passer l’épisode perturbé et nous partons pour la Vallouise, espérant se mettre à l’abri de la tempête qui sévit sur l’Alpe, une fois de plus. Bon, nous verrons que par vent d’ouest, Puy-Saint-Vincent est certes moins exposés que Serre Che, mais tu pisses pas dans n’importe quel sens non plus!

Pour cette première journée, l’idée est de prendre contact avec la troupe. Nous skions tous ensemble… La partie haute de la station est fermée à cause du vent mais les peaux de phoque nous permettent d’accéder au hors piste de Narreyroux. Le vent à ramené le peu de poudreuse tombé dans les zones abritées. Le ski reste tonique mais bien meilleur qu’espéré! En tous cas nous sommes dans une parfaite solitude aujourd’hui sur ce très beau hors piste… avec même en guest star le soleil himself!

Nous célébrons cette première descente par une pause revigorante devant les meilleurs burgers de la station.

Pour l’aprem, nous allons faire un petit tour du côté d’Oréac. Avec une partie de l’équipe nous basculons versant sud pour un court mais très bon run de 200m… qu’il nous faut ensuite remonter! Des vrais glisseurs de l’inutile…

Fin de journée en redescendant par Tournoux…

Jour 2 : petit tour du propriétaire à Serre-Chevalier

Aujourd’hui les oracles nous promettent des vents déclinant, on dit pas non! Nous tentons notre chance à Serre-Chevalier, au départ de Chantemerle. Une petite dizaine de centimètres de fraîche rend nos premières descentes en bord de piste fort sympathiques!

Nous quittons ensuite la civilisation mécanisée par un hors piste bien plaisant versant sud… belle combe large d’abord et un finish forestier. Nous regagnons la station par une petite demi-heure de peau de phoque.

Après la pause, on part pour un tour du Prorel amélioré… en montant sur le Prorel! La station est là partout autour de nous si proche, pourtant on a vraiment l’impression de s’en écarter. La montée est belle et paisible, et le vent nous laisse enfin tranquille.

Au sommet nous divisons le groupe en 2 équipes pour deux descentes différentes, les uns dans le couloir nord du Prorel, les autres dans le grand champ de poudreuse qui nous fait de l’oeil juste à côté! Finish dans les bois sous le Prorel d’où nous gagnons le front de neige et le chaleureux réconfort d’un débit de bières.

C’est le verre de bière à la main que se met en place un fantastique moment d’intelligence collective nous menant en moins d’une heure d’un néant organisationnel à deux plans et deux groupes presque définis… épatant!

Jour 3 : traversée du MontBrison par la Condamine et la Lauzière

Tempête de ciel bleu annoncée, sans vent pour cette journée : voilà une belle invitation à l’évasion en montagne… Sans complètement sacrifier au thème freerando de la semaine, nous partons aujourd’hui en comité réduit sur un plan plus typé ski de rando, même si la station de Serre-Che nous donne un sérieux coup de pouce sur le départ…

En 3 remontées mécaniquement assistées, nous gagnons le sommet de l’Eychauda d’où nous quittons la station pour une longue journée! C’est quand même bon de démarrer une journée de rando par une descente, pas mauvaise du tout en plus!

Nous mettons les peaux direction la Condamine par la crête de la Groselière. La montée est entrecoupée d’une courte redescente à ski qui permet d’éviter une traversée scabreuse. Une fois rejoint la large croupe qui mène vers la Condamine, nous chaussons les crampons pour plus de sécurité : le passage est un peu raide pour rester à ski est l’exposition maximale!

Au sommet, un vent léger mais bien frais nous incite à nous hâter vers la descente. J’avais repéré une possibilité de descente versant Vallouise. Une courte reconnaissance solitaire et je valide cette option! Nous voilà dans de belles pentes soutenues très bonnes à skier et sans la moindre trace de passages… belle petite entrée en matière!

Bon cette option rallonge d’environ 300m notre dénivelé du jour, mais on est quand même là pour skier et on ne regrette pas ce plongeon en versant sauvage!! Nous remontons par un croûteux couloir jusqu’au Col de vallouise. De là nous tirons jusqu’à notre deuxième et dernier sommet du jour, la Lauzière… Il est 15h, nous avons déjà pas mal de dénivelé dans les pattes, et à cause d’un guide sadique, le ventre toujours vide. La pause s’impose.

La descente de la Lauzière se déroule dans un magnifique vallon encaissé surmonté de falaises aux allures dolomitiques. La poudre ramené par le vent dans les combes du début de la descente nous assure une très bonne descente… puis lorsque le vallon se tourne vers l’est, nous entrons en plein délire! La poudre se fait de plus en plus légère et nous finissons dans 20cm de sucre posé sur un fond tendre! L’hallucination totale!

Au bas de cette descente, il nous faut repeauter pour environ 50m pour passer une bosse et finir la descente sur la piste forestière… je sens au moment de remettre les peaux comme un petit coup de mou collectif! J’avais noté dans un coin de ma tête une option de descente plus directe par un court couloir en dessous de nous au milieu d’un océan de barres rocheuses… je pars en reconnaissance et valide l’option!

Après 100mètres un peu délicats où la poudre ne suffit pas à masquer d’anciennes boules de purges, le couloir s’ouvre et on fait encore un peu de bon ski jusqu’à la piste forestière… 20minutes de remontée puis nous nous laissons glisser « tranquillement » sur la piste avec autour de nous de moins en moins de neige, et de plus en plus de chevreuils! Quelques déchaussages (ou pas selon!) et nous voilà à la voiture déposée ce matin… le jour commence à décliner, il est temps de rentrer!

Jour 4 : freerando à Serre-Che

Après la grosse journée d’hier et les belles surprises sous la spatule, la tentation était grande de repartir dans les montagnes, d’autant que je n’avais pu m’empêcher de repérer dans le montbrison quelques projets de descente prometteurs! Mais bon aujourd’hui il nous faut composer avec une météo moins généreuse que la veille avec un bâchage complet prévu à la mi-journée… pas compatible avec une grosse virée en montagne.

On reste donc sagement sur du freerando de proximité.

D’abord nous montons à la Tête des grands près pour 1200m de hors piste loin des foules, avec un finish un peu sport quand même mais heureusement pas trop long!

Nous voyons le mauvais temps s’installer en direct… nous avons encore juste la fenêtre pour une descente « en sud » sur les Partias. Descente bien douce dans une visibilité déclinante!

La remontée des Combes aux pistes prend une petite demi-heure… nous en restons là pour aujourd’hui! Nous guettons pour demain le radar des chutes de neige car un petit scénario poudreux se met en place dirait-on!

Jour 5 : ouverture et fermeture du Bal à Puy-Saint-Vincent

Le choix de la destination du jour nous mets dans tous nos états avec Nico! Nous aimerions bien ne pas à passer à côté de la petite chute de neige de la nuit tout en restant à l’abri du vent (encore grrr!) et en trouvant des objectifs de dénivelé adaptés à tous!

Je pars en éclaireur aux caisses de Puy. Apparemment tout va ouvrir aujourd’hui. Banco, on part la dessus!

Nous voilà donc tous en position pour le sommet de Pendine que l’on gagne après un petit quart d’heure de portage, skis sur le sac. Nous skions en direction du col du Bal, le grand hors piste de Puy-Saint-Vincent. Ce jour, nous aurons le grand privilège d’ouvrir cette descente fabuleuse, dans des conditions juste parfaites!

Nous en sommes quittes pour un deuxième tour!

Une partie de l’équipe remonte ensuite vers le Col des Queyrettes tandis que le reste de la troupe décide d’approfondir le thème bière au soleil!

On pouvait pas rêver mieux pour clôturer en beauté cette semaine!

Raid ski Vanoise

Raid ski Vanoise

Que de bonheur et de virages poudreux inespérés pour ce trip de 3 jours en Vanoise!

Quand je propose à Antoine, Frank, Josh et Thomas de partir pour la Vanoise, j’espère bien sûr trouver du ski un peu meilleur que dans les Hautes-Alpes… dans tous les cas, la météo parfaite qui nous est promise est une belle invitation au voyage en altitude et en fouinant un peu on trouvera toujours quelques doux virages à se mettre sous la spatule. Jamais je n’aurais parié un kopek sur des runs d’anthologie comme ceux que nous avons eu!!

Déjà notre séjour démarre par un revirement comme on les aime… j’apprends la veille de notre départ juste avant d’aller dormir que le téléphérique d’Orelle vient d’être victime d’une chute de bloc et qu’il est fermé pour 15 jours… oupsss! Branle bas de combat, je sors les cartes et j’imagine une autre logistique… départ comme des vrais depuis la vallée. Même si c’est toujours déstabilisant, je sais d’expérience que ces changements de dernière minute qui nous orientent vers des itinéraires qu’on aurait pas imaginé au début sont parfois une chance et donnent un autre regard sur la montagne… j’aime aussi d’une certaine façon quand les choses se font d’elle même, que tout n’est pas sous contrôle, que nos sens sont en éveil pour capter les signes et composer en direct avec ce qui nous est offert. Un subtil dosage entre préparation et improvisation, entre décision et lâcher prise…

Je connais très bien maintenant Frank et Antoine. Je sais qu’il me font totalement confiance sur ce mode opératoire… et qu’au plus on s’éloigne du tout cuit, au plus notre aventure sera riche et authentique! Antoine ramène pour ces 3 jours 2 potes a lui, Josh et Tom, triés sur le volet après toute une batterie de test physique et mentaux… on est pas là pour faire 2h de ski par jour, le message est clair!! Avant le récit, une belle vidéo concoctée par Tom. Ca se passe de commentaires!

Jour 1 : de Modane à Péclet Polset

C’est donc quelques virages au dessus de Modane qu’on laisse notre voiture… j’ai toujours eu un vilain à priori sur ce coin là que j’ai toujours systématiquement écarté des options de départ possible. J’avoue que sans le revirement de dernière minute, je n’aurais jamais imaginé partir de là… on se gare vers 1400m au terminus hivernal de la route de l’Orgère. Première surprise : on chausse les skis de suite sur la route. Après quelques minutes de montée on s’éloigne de l’ambiance Maurienne/autoroute et on se retrouve dans de belles forêts de mélezes où scintillent une dizaine de mystérieux centimètres de poudreuse… Antoine mort de faim s’imagine déjà skier chaque talus!!

On bifurque dans le vallon de Polset. L’ambiance est bien sauvage. Aucune trace de montée et juste deux traces de descente dans ce vallon géant… il fait bien chaud mais nous montons dans une belle poudreuse…. vers le Grand planay, non loin de la source du Vin, Antoine craque : il enlève ses peaux et pose quelques virages dans la poudreuse… le reste de l’équipe continue prudemment à monter se réservant un peu de marge pour la suite. Qui connaît Antoine sait qu’il n’est pas forcément sain de se caler sur son rythme!

Plus haut dans le vallon, j’ai la spatule qui commence à frétiller en voyant la belle combe ouest qui monte au Col du Ravin Noir. Le projet motive tout le monde. On allège donc nos sacs et on monte les 500m jusqu’au Col. C’est à ce moment que le séjour commence à prendre une tournure sympathique… On voit bien en montant que la neige est très bonne! Est-ce juste un bon coup de flair, une chance, le dernier endroit épargné de toutes les Alpes? Trouverons nous de la neige comme ça à d’autres endroits?

Ne sâchant répondre à toutes ses questions, on préfère bétonner en faisant deux rotations dans ce run d’anthologie dans 20cm de poudre tassée, au soleil. Instants parfaits avec en toile de fond la Meije et les Ecrins…

Il ne nous reste ensuite plus qu’à passer le Col de Chavière pour descendre sur le refuge de Péclet Polset… la descente est en fait une traversée descendante peu skiante mais on quand même le temps de se rendre compte que la poudreuse est aussi un peu là sur ce versant… mais dur de se faire une véritable idée des conditions à cette heure là, la nuit n’est pas loin.

Ce soir nous ne mettons pas les pieds sous la table, c’est le local d’hiver du refuge qui nous attend. En peu de temps nous sommes installés dans notre tanière, le poêle ronronne, la neige fond et les bières sont ouvertes! Après notre platrée de pâtes, je jette un coup d’oeil dehors. La pleine lune éclaire tout notre vallon : un petit tour dehors s’impose! Evidement il ne faut pas longtemps à Antoine pour se motiver et nous voilà reparti sur notre dernier run du jour, 200m, sur un ski pour moi, boulette oblige.

Jour 2 : de Péclet Polset au refuge de la Dent Parrachée

Il est 8h quand nous sortons les skis de notre terrier… le premier projet du jour est d’aller voir la combe qui descend sous le glacier de la Masse. Et pourquoi pas remonter un peu sur le glacier si les conditions de ski y paraissent bonnes. Excellente pioche! On remonte le glacier quasiment jusqu’en haut et on s’envoie un premier run parfait de 600m. De quoi être détendu pour le reste de la journée.

Sans me l’avouer complètement, à ce moment du raid, commence à grandir en moi une sournoise pression de réussite. Quand tu commences à t’apercevoir que t’as plutôt tiré une bonne main mais que tu pourrais aussi tout gâcher en jouant les mauvaises cartes… On se rend tous compte des runs magiques qu’on fait mais on voit bien aussi le haut potentiel de neige de merde!

On poursuit notre route en remettant les peaux pour traverser sous la Pointe de l’Observatoire et la Pointe de Rosoire. La vue est splendide. Le Mont-Blanc nous fait face. La montagne est paisible. Nous descendons 200m jusqu’au chalet de Rosoire. Nous rencontrons pour la première fois la neige prévisible sur ce versant qui a écumé une tempête et un redoux pluvieux : neige croutée, vitrifiée, ondulée… La partie dégueulasse dure une centaine de mètres, largement assez pour moi pour perdre un ski… autour de nous quand on lève les yeux, on devine partout les ondulations dans la neige qui nous font passer presque toute envie de skier dans le secteur. Ca tombe bien, nous avons prévu aujourd’hui de passer le Col d’Aussois pour basculer sur le secteur Dent Parrachée. En remontant au Col, j’imagine le nez sur la carte des variantes de descente pour échapper aux nombreuses traces que j’imagine de l’autre côté.

Arrivé au col, il faut bien se rendre à l’évidence, c’est une nouvelle descente vierge qui nous attend! Après la pause pique nique, on s’offre un run digestif exceptionnel sur la partie haute et encore très bon en dessous… si bon qu’après avoir déposé les sacs, on s’en repaye une tranche!! Cette fois on glisse dans les combes poudreuses jusqu’au Fond d’Aussois… La fin de la journée sera consacrée à remonter jusqu’au Refuge de la Dent Parrachée où nous arrivons à la nuit tombante, juste à l’heure de l’apéro. Franck, le légendaire gardien des lieux est en train de servir l’apéro à une 40 aines de joyeux convives. Nous lâchons nos bâtons pour attraper les verres qui nous sont tendus. Ce soir l’ambiance est festive!

Jour 3 : bouclage de boucle par monts et par vaux

Nous quittons de bonne heure le chaleureux refuge de la Dent Parrachée! L’idée du jour est de rentrer vers la voiture en passant le Col de la Masse… mais pour commencer, on remonte un peu sur le plan de la Gorma pour skier les combes qui ramènent au Fond d’Aussois (plutôt que le petit couloir vitrifié), l’occasion de croiser un ou deux lagopèdes. Descente bien plus agréable qu’imaginée. 

Nous attaquons la montée vers le col de la Masse. Inmanquablement mon regard se porte vers les grand champs de poudreuse vierge à gauche de notre montée auxquels on accèdent par une pente d’une centaine de mètres à 40°… Aucune décision n’est prise pour l’instant, nous montons. Même si nous n’avons skié que des pentes autour des 30°, ces dernières 48h dans la montagne nous ont quand même donné de bons signaux sur la stabilité du manteau neigeux… et sur la solidité de l’ambiance et du physique de l’équipe! Adjugé, on y va!

Un petit verrou rocheux donne accès aux grands champs qui se révèlent à la hauteur de la promesse… Ce qui devait arriver arriva : après un run comme ça, les esprits s’échauffent et l’envie de refaire une rotation fait vite surface… D’abord on remonte, ensuite on voit! Antoine craignant de voir cette deuxième rotation lui échapper part à son rythme devant nous et se paye un petit extra de 150m au cas où!!

Finalement le groupe se scindera en deux : les conditions sont clémentes aujourd’hui en montagne et attendre une heure au soleil en regardant le ciel bleu et les montagnes est parfaitement envisageable… nous voilà reparti de plus belle avec Josh et Antoine pour un deuxième run dans la combe de droite… pour ne pas faire attendre trop Frank et Tom, on enquille la descente d’une traite sans pause. Orgasmique! 1 minute 30 douche comprise.

Nous remontons à bon train au col de la Masse où on termine les dernières victuailles… en dessous de nous encore 1500m de deniv’ jusqu’à la voiture… du sommet du Col on fait des pronostics sur la qualité de la neige. Tout le monde est confiant, il faut dire que la chance nous a plutôt souri jusque là!

Les 10 premiers virages sous le sol un peu changeants laisse la place à une parfaite poudre tassée que nous ne lâcherons plus qu’à quelques dizaines de mètres du fond de la vallée d’Orgère. Là encore pas une seule trace de skieur… je sens bien que l’on commence à s’accoutumer à ces descentes de rêves, non pas qu’on trouve ça banal, mais au minimum normal… c’est le problème quand tu croises pas assez de croûte!

Du Refuge de l’Orgère après 10 minutes de skating, nous nous laissons paisiblement glisser jusqu’à la voiture…

Fin de ces 3 jours de comme je rêverai d’en guider tous les jours : des conditions joueuses, une météo parfaite et un groupe joyeux, fluide et solide! Merci les gars, merci la montagne!

Grimpe au Ponteil

Grimpe au Ponteil

Après avoir tutoyé la perfection glissante hier à la Tête des Raisins, on avait peur de gâcher tout ça en faisant moins bien, surtout que le redoux œuvre sévèrement aujourd’hui… comme julien est touche à tout dès qu’il s’agit d’aller en montagne, je lui propose de renouer avec le caillou sur notre spot local au Ponteil.

Sous l’oeil des Faucons pélerins qui nichent dans le haut de la falaise, nous enchaînons Nid d’Aigle, la Martine et les deux premières longueurs de Rôle en dalle… Pas mal pour une reprise Ju!

Reviens quand tu veux nous apporter poudre et soleil! A bientôt!

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